Ferdinand Foch, né le 2 octobre 1851 à Tarbes et mort le 20 mars 1929 à Paris, est un général et maréchal de France, seul officier de la Grande Guerre à recevoir ce titre en exercice avant l'armistice. Généralissime des armées alliées à partir du 26 mars 1918, il conduit la contre-offensive décisive qui force l'Allemagne à signer l'armistice du 11 novembre 1918 dans la forêt de Rethondes.
Ferdinand Foch naît dans une famille bourgeoise catholique de Tarbes, sixième des sept enfants de Bertrand Jules Napoléon Foch, percepteur originaire du Comminges, et de Marie Sophie Jacqueline Dupré, dont le père était capitaine ayant servi sous Napoléon Ier. Sa scolarité l'amène à fréquenter les collèges jésuites de Saint-Michel à Saint-Étienne puis de Saint-Clément à Metz, d'où il est évacué lors de la guerre franco-prussienne de 1870. Après un engagement sans combat au 4e régiment d'infanterie, il intègre l'École polytechnique en novembre 1871, dont il sort en 1873 comme officier d'artillerie, avant de compléter sa formation à l'École d'application de l'artillerie et du génie à Fontainebleau. Affecté comme lieutenant au 24e régiment d'artillerie à Tarbes, il devient capitaine le 30 septembre 1878. Il entre en 1885 à l'École supérieure de Guerre, dont il sera professeur d'histoire militaire, de stratégie et de tactique générale de 1895 à 1901. Ces enseignements lui permettent de formuler sa doctrine de l'offensive, exposée dans deux ouvrages : Principes de la guerre (1903) et La Conduite de la guerre (1904), qui influencent profondément la pensée militaire française d'avant 1914.
En 1907, Foch est promu général de brigade. Nommé par Georges Clemenceau à la tête de l'École de Guerre en octobre 1908, il y reste jusqu'en 1911, année où il atteint le grade de général de division. En août 1913, il prend le commandement du 20e corps d'armée stationné à Nancy. À l'entrée en guerre, en août 1914, il commande ce corps au sein de la IIe armée du général de Castelnau lors de la bataille de Lorraine, puis est désigné pour commander la IXe armée lors de la première bataille de la Marne, avec Maxime Weygand comme chef d'état-major. Sa contre-attaque dans les marais de Saint-Gond contribue à arrêter l'avance allemande. Il coordonne ensuite les armées alliées lors de la course à la mer et de la première bataille d'Ypres. À la tête du groupe d'armées du Nord de 1914 à 1916, il dirige les opérations à la bataille de la Somme. En disgrâce provisoire fin 1916, il est rappelé en mai 1917 comme chef d'état-major général et envoyé en Italie pour rétablir la situation après le désastre de Caporetto. Le 26 mars 1918, à la conférence de Doullens, il est nommé généralissime du front ouest, avec autorité sur Douglas Haig, Philippe Pétain puis John Pershing. Par décret du 7 août 1918, il est élevé à la dignité de maréchal de France, avant de planifier et conduire l'offensive des Cent-Jours qui contraint l'Allemagne à capituler. Il est élu à l'Académie française le 11 novembre 1918, jour même de l'armistice. Après la guerre, il reçoit les dignités de maréchal du Royaume-Uni (1919) et de maréchal de Pologne (1923). En 1919, il devient président du Conseil supérieur de la guerre. Il publie ses Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre de 1914-1918 (posthumes, 1931).
1851 : naissance le 2 octobre à Tarbes (Hautes-Pyrénées)
1870 : engagement au 4e régiment d'infanterie lors de la guerre franco-prussienne, sans combat
1873 : sortie de l'École polytechnique comme officier d'artillerie
1878 : promotion au grade de capitaine
1883 : mariage avec Julie Bienvenüe à l'église Saint-Michel de Saint-Brieuc (5 novembre)
1885 : entrée à l'École supérieure de Guerre
1895-1901 : professorat d'histoire militaire, de stratégie et de tactique à l'École supérieure de Guerre
1903 : publication des Principes de la guerre
1904 : publication de La Conduite de la guerre
1907 : promotion général de brigade ; prise de direction de l'École de Guerre
1914 : commande la IXe armée lors de la première bataille de la Marne (septembre)
1916 : commande les forces françaises lors de la bataille de la Somme ; relevé de commandement en décembre
1917 : nommé chef d'état-major général (mai) ; mission en Italie après Caporetto (octobre)
1918 : nommé généralissime à Doullens (26 mars) ; élevé à la dignité de maréchal de France (7 août) ; élu à l'Académie française et à l'Académie des sciences (11 novembre) ; signe l'armistice dans la clairière de Rethondes
1919 : maréchal du Royaume-Uni ; président du Conseil supérieur de la guerre
1921 : discours du centenaire de la mort de Napoléon aux Invalides (5 mai)
1923 : maréchal de Pologne
1929 : mort le 20 mars à Paris d'une syncope cardiaque
Ferdinand Foch est le sixième enfant de Bertrand Jules Napoléon Foch, percepteur originaire du Comminges, et de Marie Sophie Jacqueline Dupré, fille d'un capitaine de la Grande Armée. Son frère cadet Germain Foch (1854-1929) entre dans la Compagnie de Jésus, ce qui freine la carrière de Ferdinand dans une armée républicaine fortement anticléricale. Le 5 novembre 1883, Foch épouse Julie Bienvenüe (1860-1950) à Saint-Brieuc. Leur union donne naissance à quatre enfants : Marie (1885-1972), mariée au capitaine Paul Bécourt ; Anne (1887-1981), mariée au colonel Alex Fournier ; Eugène (1888), mort en bas âge ; et Germain (1889-1914), aspirant au 131e régiment d'infanterie. Le 22 août 1914, Ferdinand Foch perd simultanément son fils Germain et son gendre Paul Bécourt, tués au combat, moins de trois semaines après le début de la guerre.
Catholique fervent, Foch pratique une messe quotidienne, que Clemenceau lui-même s'abstient d'interrompre. Avant la guerre, il est lié d'amitié avec le peintre Gustave Doré, chez qui il rencontre Sarah Bernhardt, Pierre Loti, Charles Gounod et Louis Majorelle, participant ainsi à la vie parisienne intellectuelle et artistique. Il est membre des Chevaliers de Colomb depuis 1921. Après la guerre, il réside à l'hôtel de Noirmoutier, au 138, rue de Grenelle à Paris. Convaincu de l'insuffisance du traité de Versailles, il déclare en 1919 devant Winston Churchill que les conditions signées ne constituent pas une paix mais un armistice de vingt ans, prophétie documentée par Churchill dans ses mémoires.
Ferdinand Foch meurt le 20 mars 1929 à Paris à l'âge de 77 ans d'une syncope cardiaque foudroyante. Le New York Times du 21 mars 1929 signale qu'il avait lutté contre un affaiblissement général depuis deux mois. Le décès survient dans sa résidence de l'hôtel de Noirmoutier, rue de Grenelle, alors que sa fille Marie Bécourt-Foch et l'interne Jean Falaize lui demandent de regagner son lit. Il prononce sa formule favorite « Allons-y », se lève et s'effondre sans agonie. Des obsèques nationales sont célébrées le 26 mars 1929 à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le cortège funèbre descend la rue de Rivoli, conduit par le général John Pershing et le maréchal Philippe Pétain. Le président américain Herbert Hoover adresse un message de condoléances officiel au peuple français. Sa dépouille est d'abord placée dans le caveau des gouverneurs aux Invalides.
Depuis 1937, Ferdinand Foch repose sous le dôme des Invalides à Paris, parmi les grands maréchaux de France. Son tombeau est l'oeuvre du sculpteur Paul Landowski, exécuté entre 1929 et 1937. Sa maison natale au 2, rue de la Victoire à Tarbes est classée au titre des Maisons des Illustres et accueille le musée Foch depuis 1951. Une statue équestre de Foch est érigée près de la gare Victoria à Londres en 1930, sur initiative du duc de Westminster, réplique de celle inaugurée à Cassel en sa présence en 1928.
1 - Foch est le seul militaire à avoir détenu simultanément les dignités de maréchal de trois pays : la France (1918), le Royaume-Uni (1919) et la Pologne (1923), symbolisées par trois bâtons de styles distincts conservés au Musée de l'Armée à Paris.
2 - À l'armistice du 11 novembre 1918, Foch est élu le même jour à l'Académie des sciences, puis à l'Académie française (fauteuil 18) dix jours plus tard. Ces deux distinctions intellectuelles sont rarissimes pour un militaire en exercice.
3 - En 1921, Foch devient le millionième chevalier de l'ordre laïc catholique des Chevaliers de Colomb, distinction symbolique relayée par la presse américaine de l'époque.
4 - Lors de l'occupation de la clairière de Rethondes en juin 1940, Adolf Hitler fait dynamiter tous les monuments du site, à l'exception de la statue de Foch, qu'il souhaite laisser debout pour contempler la défaite de la France.
5 - La prophétie attribuée à Foch sur le traité de Versailles - selon laquelle ce n'était pas une paix mais un armistice de vingt ans - est documentée par Winston Churchill dans ses mémoires ; la Seconde Guerre mondiale éclate exactement vingt ans après la signature, en 1939.
6 - Le cépage de raisin noir dit Maréchal Foch, toujours cultivé en Amérique du Nord, tire son nom du généralissime allié, témoignage de sa popularité outre-Atlantique au lendemain de la victoire de 1918.
- Métier(s) : militaire, maréchal de France, théoricien de la guerre, académicien (Académie française)
- Résidence principale : Paris (hôtel de Noirmoutier, 138 rue de Grenelle)
- Relations de couple : Julie Bienvenüe (épouse, mariée le 5 novembre 1883, décédée en 1950)
- Enfants : Marie (1885-1972), Anne (1887-1981), Eugène (1888, mort en bas âge), Germain (1889-1914, mort au combat)
- Distinctions : maréchal de France (6 août 1918), field marshal du Royaume-Uni (1919), maréchal de Pologne (1923), grand-croix de la Légion d'honneur, médaille militaire, Croix de guerre 1914-1918, membre de l'Académie française, 37 décorations françaises et étrangères
« Ce n'est pas une paix, c'est un armistice de vingt ans. »
— Déclaration de 1919 rapportée par Winston Churchill dans ses Mémoires de guerre, 1919-1941
« N'oublions pas qu'au-dessus de la guerre, il y a la paix. »
— Discours du centenaire de la mort de Napoléon aux Invalides, 5 mai 1921, retranscrit dans En écoutant le maréchal Foch, Charles Bugnet, Grasset, 1929
« Mon centre cède, ma droite recule, impossible de me mouvoir, situation excellente, j'attaque. »
— Attribué à la première bataille de la Marne, 8 septembre 1914 (cité dans les sources Wikiquote et areq.net)
« J'aime mieux une armée de moutons commandée par un lion qu'une armée de lions commandés par un âne. »
— Les Cahiers, 1926 (cité dans areq.net/Wikipedia francophone)
« La réalité du champ de bataille est que l'on n'y étudie pas : simplement on fait ce que l'on peut pour appliquer ce que l'on sait. »
— Les Principes de la guerre, Berger-Levrault, 1903
Accepter l'idée d'une défaite, c'est être vaincu.
Il n'y a pas d'homme cultivé ; il n'y a que des hommes qui se cultivent.
A la guerre, c'est celui qui doute qui est perdu : on ne doit jamais douter.
Une assemblée pour décider doit avoir une nombre impair, mais trois, c'est déjà trop.
Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.
Ne me dites pas que ce problème est difficile. S'il n'était pas difficile, ce ne serait pas un problème.