Naissance
Cauchy-à-la-Tour (62), France
Décès
démence
Nationalité
Astrologie
Taille 169 cm

Commémoration Demain

Demain marquera le 75ᵉ anniversaire de sa disparition.

Biographie

Philippe Pétain, militaire français né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour, est maréchal de France depuis 1918 et vainqueur de la bataille de Verdun. Chef de l'Etat de Vichy de 1940 à 1944, il est condamné à mort pour haute trahison en 1945.


Parcours

Issu d'une famille de cultivateurs du Pas-de-Calais, Philippe Pétain entre au collège Saint-Bertin de Saint-Omer en 1867, prépare ensuite son concours d'admission au collège des Dominicains d'Arcueil, puis intègre l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1876, dans la promotion Plewna - où il côtoie le vicomte Charles de Foucauld, futur saint catholique. Il y entre parmi les derniers (403e sur 412) et en sort en milieu de classement. Sa montée en grade est lente : dix ans pour parvenir au grade de capitaine (1890), puis professeur adjoint à l'Ecole supérieure de guerre à partir de 1901. Il s'y distingue par ses positions tactiques novatrices, contestant la doctrine officielle de l'offensive à outrance au profit d'une approche combinant puissance de feu et mouvement : sa formule "le feu tue" résume sa philosophie militaire. En juillet 1914, à 58 ans, le colonel Pétain s'apprête à prendre sa retraite quand éclate la Première Guerre mondiale.

Promu rapidement pendant la guerre pour ses succès défensifs, Pétain commande la IIe armée lors de la bataille de Verdun (février-décembre 1916). Il organise la rotation des unités, met en place une noria de ravitaillement sur la "Voie sacrée" - terme forgé par Maurice Barrès - et crée la première division de chasse aérienne pour couvrir le secteur. En mai 1917, après la désastreuse offensive du Chemin des Dames menée par Robert Nivelle, il est nommé commandant en chef des armées françaises. Il rétablit le moral des troupes, met fin aux offensives mal préparées et réprime avec mesure les mutineries. Le 21 novembre 1918, il reçoit à Metz son bâton de maréchal de France des mains de Georges Clemenceau. Dans l'entre-deux-guerres, il est élu à l'Académie française en 1929, où il succède au maréchal Ferdinand Foch, assume les fonctions de ministre de la Guerre en 1934, puis d'ambassadeur en Espagne auprès de Francisco Franco en 1939, sous le gouvernement de Paul Reynaud.


Controverse

Le 10 juillet 1940, l'Assemblée nationale réunie à Vichy vote les pleins pouvoirs constituants à Pétain par 569 voix contre 80. Dès le 11 juillet, il s'autoproclame chef de l'Etat français et abolit les institutions républicaines, dissout les syndicats et partis politiques, instaure la censure. Le 3 octobre 1940, sans exigence préalable allemande documentée, le régime promulgue un statut des Juifs excluant ceux-ci de la fonction publique. Un brouillon annoté de la main de Pétain, découvert en 2010 par l'historien Serge Klarsfeld et confié au Mémorial de la Shoah, établit que le maréchal a personnellement durci le texte pour étendre les exclusions à l'ensemble des professions de l'enseignement et de la justice. Un second statut, plus restrictif encore, est promulgué en juin 1941. Le régime de Vichy participe à la déportation de Juifs vers les camps nazis. En 1942, Pétain est emmené contre son gré à Sigmaringen par les Allemands. Jugé en juillet-août 1945 par la Haute Cour de justice, il est déclaré coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison le 15 août 1945, condamné à mort, à l'indignité nationale et à la confiscation de ses biens. Le général Charles de Gaulle commue la peine en emprisonnement à perpétuité le 17 août 1945, en raison du grand âge du condamné.


Repères chronologiques

1856 : Naissance le 24 avril à Cauchy-à-la-Tour, Pas-de-Calais.
1876 : Admission à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion Plewna.
1888 : Admission à l'Ecole supérieure de guerre à Paris.
1901 : Poste de professeur adjoint à l'Ecole supérieure de guerre ; il y développe sa doctrine du "feu tue".
1914 : Debut de la Première Guerre mondiale ; promu général de brigade dès août 1914.
1916 : Commandement de la IIe armée lors de la bataille de Verdun (février-décembre).
1917 : Nommé commandant en chef des armées françaises en mai, après la crise des mutineries.
1918 : Elevation à la dignité de maréchal de France le 21 novembre à Metz.
1920 : Mariage civil avec Eugénie Hardon le 14 septembre à Paris.
1929 : Election à l'unanimité à l'Académie française, 18e fauteuil.
1934 : Ministre de la Guerre dans le gouvernement Doumergue (fevrier-novembre).
1940 : Nommé président du Conseil le 16 juin ; armistice signé le 22 juin ; investi des pleins pouvoirs le 10 juillet ; proclamation de l'Etat français à Vichy.
1945 : Condamné à mort le 15 août par la Haute Cour de justice pour haute trahison et intelligence avec l'ennemi ; peine commuée en emprisonnement à perpétuité par Charles de Gaulle.
1951 : Décès le 23 juillet à Port-Joinville, île d'Yeu, à l'âge de 95 ans.


Vie personnelle et engagements

Philippe Pétain est le fils d'Omer-Venant Pétain, cultivateur, et de Clotilde Legrand, morte en couches. Eleve au collège Saint-Bertin de Saint-Omer, il est ensuite élevé par ses grands-parents maternels après le remariage de son père. Célibataire jusqu'à 64 ans, il épouse civilement Eugénie Hardon le 14 septembre 1920 à la mairie du 7e arrondissement de Paris, dans une cérémonie discrète. Le général Emile Fayolle est le témoin du marié. Le couple n'a pas d'enfants. Eugénie Hardon, née en 1877, avait été divorcée de François de Hérain, médecin et peintre, dont elle avait eu un fils, Pierre de Hérain.

Pétain entretient une relation professionnelle tendue avec Charles de Gaulle, dont il est le premier chef de corps en 1912 au 33e régiment d'infanterie d'Arras. Il le prend ensuite sous sa protection à l'Ecole de guerre en 1924 et l'emploie comme rédacteur à son état-major en 1925. Leur relation tourne à la brouille après un différend sur la propriété d'un ouvrage militaire. Pétain possède une propriété agricole à Villeneuve-Loubet, dans le Var. Ses contemporains le décrivent comme réservé, froid, d'une "apparence marmoréenne" selon l'historien Marc Ferro. Il est membre de l'Académie française depuis 1929 et siège au 18e fauteuil.


Contexte du décès

Le 8 juin 1951, le président Vincent Auriol autorise le transfert du prisonnier dans une maison privée de Port-Joinville, sur l'île d'Yeu, transformée en annexe de l'hôpital militaire de Nantes, en raison de son état de santé très dégradé. Philippe Pétain y décède le 23 juillet 1951 à l'âge de 95 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Les obsèques se déroulent le 25 juillet 1951 à l'église Notre-Dame-de-Bon-Port de Port-Joinville, en présence du général Maxime Weygand et de l'amiral Jean Fernet, ainsi que de la maréchale Annie Pétain. Le cercueil est recouvert d'un drapeau tricolore. Il est inhumé dans le cimetière marin de Port-Joinville.


Lieux de mémoire

Philippe Pétain est inhumé dans le cimetière marin de Port-Joinville, sur l'île d'Yeu, en Vendée. Sa tombe, orientée vers le continent, est protégée par des sapins. En février 1973, un commando d'extrême droite en vola le cercueil, retrouvé trois jours plus tard dans un garage de Saint-Ouen et réinhumé sur l'île.


Anecdotes

1 - Entré 403e sur 412 à Saint-Cyr en 1876, Pétain en est sorti 229e sur 336. Une carrière décevante le contraignait à s'apprêter à prendre sa retraite de colonel à 58 ans en juillet 1914, quand la guerre éclata et relança son ascension.
2 - En 1929, lors de son intronisation à l'Académie française, Pétain est accueilli par Paul Valéry dont le discours développe la formule "le feu tue" - devise tactique de Pétain que Valéry analyse en détail devant l'assemblée des académiciens.
3 - Pendant la Première Guerre mondiale, Pétain reçoit plus de 4 500 lettres d'admiratrices, un volume de courrier qui force l'état-major à créer une gestion administrative spécifique pour le traitement de cette correspondance.
4 - En 1938, Pétain demande à Charles de Gaulle l'autorisation de publier un ouvrage coécrit, Le Soldat à travers les âges. De Gaulle refuse en contestant la propriété du texte, laissant Pétain dans une vive rancune durable.
5 - En 1973, vingt-deux ans après sa mort, le cercueil de Pétain est volé par un commando de six militants d'extrême droite voulant le transférer à l'ossuaire de Douaumont, où le maréchal avait exprimé le souhait d'être inhumé dans son testament de 1938.


Points clés

- Métier(s) : Militaire (maréchal de France), homme d'Etat
- Résidence principale : Vichy (1940-1944), île d'Yeu (1945-1951)
- Relations de couple : Eugénie Hardon (épouse, mariée le 14 septembre 1920)
- Enfants : Aucun
- Distinctions : Maréchal de France (1918), membre de l'Académie française (1929) ; déchu de ces titres par condamnation en 1945


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Autres présidents du conseil des ministres français

Citations

Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.

— Discours radiodiffusé, 17 juin 1940

C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat.

— Allocution radiodiffusée depuis Bordeaux, 17 juin 1940

Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours.

— Discours du 25 juin 1940

Notre défaite est venue de nos relâchements. L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié.

— Discours sur les conditions de l'armistice, 25 juin 1940

Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.

— Discours radiodiffusé, 17 juin 1940

C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat.

— Allocution radiodiffusée depuis Bordeaux, 17 juin 1940

Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours.

— Discours du 25 juin 1940

Notre défaite est venue de nos relâchements. L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié.

— Discours sur les conditions de l'armistice, 25 juin 1940

Questions autour de Philippe Pétain

Quel est le nom complet de Philippe Pétain ?
Son nom complet est Henri Philippe Bénoni Omer Joseph Pétain. Il a toujours choisi d'être appelé Philippe.
Philippe Pétain a-t-il été condamné à mort ?
Oui. La Haute Cour de justice l'a condamné à mort le 15 août 1945 pour haute trahison et intelligence avec l'ennemi. Le général de Gaulle a commué cette peine en emprisonnement à perpétuité le 17 août 1945.
Où est enterré Philippe Pétain ?
Philippe Pétain est inhumé dans le cimetière marin de Port-Joinville, sur l'île d'Yeu, en Vendée, où il est décédé le 23 juillet 1951.
Philippe Pétain était-il membre de l'Académie française ?
Oui, il a été élu à l'unanimité à l'Académie française en 1929, au 18e fauteuil, en succession du maréchal Ferdinand Foch. Il en a été déchu par sa condamnation en 1945.
Philippe Pétain a-t-il eu des enfants ?
Non. Son mariage en 1920 avec Eugénie Hardon n'a pas produit de descendance. Pétain n'a eu aucun enfant connu.
Qui est né le même jour que Philippe Pétain ?
Jean-Paul Gaultier, Jean Itard, Kelly Clarkson, Richard Donner et John de Mol sont nés le 24 avril comme Philippe Pétain.
À quel âge est mort Philippe Pétain ?
Philippe Pétain est mort à 95 ans, le 23 juillet 1951.
Qui est mort le même jour que Philippe Pétain ?
Joseph Kessel, Montgomery Clift, Domenico Scarlatti, Ulysses S. Grant et Arletty sont morts le 23 juillet comme Philippe Pétain.
Quels responsables politiques français sont du signe Taureau comme Philippe Pétain ?
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