Horatio Nelson, vice-amiral britannique né le 29 septembre 1758 à Burnham Thorpe (Norfolk), remporte la bataille de Trafalgar contre la flotte franco-espagnole le 21 octobre 1805 et y est mortellement blessé d'une balle de mousquet, devenant le héros national du Royaume-Uni.
Sixième des onze enfants du révérend Edmund Nelson et de Catherine Suckling, Horatio Nelson s'engage dans la Royal Navy le 1er janvier 1771 à l'âge de douze ans, grâce à l'appui de son oncle maternel, le capitaine Maurice Suckling. Après des missions dans les Indes orientales — où il contracte le paludisme — et dans les Caraïbes pendant la guerre d'indépendance américaine, il est nommé capitaine à vingt ans. En 1793, il prend le commandement du HMS Agamemnon et rejoint l'escadre de l'amiral Samuel Hood en Méditerranée. Lors du siège de Calvi en Corse, le 12 juillet 1794, un tir ennemi projette des éclats sur son visage et le rend durablement aveugle de l'oeil droit. Le 14 février 1797, à la bataille du cap Saint-Vincent, il désobéit aux ordres de l'amiral John Jervis en engageant seul plusieurs vaisseaux espagnols, capture deux d'entre eux et est promu contre-amiral. Il reçoit la même année l'Ordre du Bain.
En juillet 1797, Nelson perd son bras droit lors de l'assaut manqué de Santa Cruz de Ténérife, blessé par une balle de mousquet qui fracture l'humérus. Après amputation, il reprend le service moins d'un an plus tard. Le 1er août 1798, à la bataille d'Aboukir, il attaque la flotte française de l'amiral François-Paul de Brueys ancrée en baie d'Égypte et la détruit presque entièrement, condamnant l'expédition d'Égypte de Napoléon Bonaparte. Nelson reçoit le titre de baron du Nil. Le 2 avril 1801, à Copenhague, il dirige contre la flotte danoise une attaque que son supérieur, l'amiral Hyde Parker, tente d'interrompre par un signal de retraite. Nelson affecte de ne pas le voir et remporte la victoire. Promu vice-amiral, il prend le commandement de l'escadre de Méditerranée à bord du HMS Victory en 1803 et bloque le port de Toulon pendant deux ans jusqu'à la bataille de Trafalgar.
En juin 1799, à Naples, après la restauration du roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles, Nelson fait arrêter l'amiral napolitain Francesco Caracciolo, qui avait rallié les forces républicaines de la République parthénopéenne. Nelson refuse la demande de Caracciolo d'être fusillé plutôt que pendu, n'accorde pas le délai de vingt-quatre heures sollicité par le tribunal militaire napolitain et autorise l'exécution par pendaison le jour même de sa capture. Il supervise également la détention prolongée de républicains pris en vertu d'une amnistie négociée par le cardinal Fabrizio Ruffo, dont une grande partie périrent en captivité. Ces événements, documentés dans de nombreuses biographies et sources institutionnelles, ont été qualifiés par plusieurs historiens de violation des conventions militaires de l'époque.
1771 : embarquement comme aspirant sur le HMS Raisonnable sous le commandement de son oncle Maurice Suckling
1773 : participation à une expédition en Arctique à bord du HMS Carcass
1777 : promotion au grade de lieutenant ; affectation aux Caraïbes à bord du HMS Lowestoffe
1779 : nomination au grade de capitaine à vingt ans ; commandement du HMS Hinchinbrook
1787 : mariage avec Frances Nisbet sur l'île de Niévès (Caraïbes), le 11 mars
1793 : reprise du service à bord du HMS Agamemnon en Méditerranée sous l'amiral Samuel Hood
1794 : perte de la vue de l'oeil droit lors du siège de Calvi en Corse
1797 : victoire à la bataille du cap Saint-Vincent (14 février) ; perte du bras droit à Santa Cruz de Ténérife (juillet)
1798 : victoire décisive à la bataille d'Aboukir (1er août) ; création baron du Nil
1799 : reçoit le titre de duc de Bronte de Ferdinand Ier des Deux-Siciles
1801 : naissance de sa fille Horatia (29 janvier) ; victoire à la bataille de Copenhague (2 avril) ; création vicomte Nelson du Nil
1803 : commandement de l'escadre de Méditerranée à bord du HMS Victory depuis Portsmouth
1805 : mort au combat à la bataille de Trafalgar le 21 octobre, blessé par un tireur d'élite du Redoutable
1806 : funérailles d'État à la cathédrale Saint-Paul de Londres, le 9 janvier
Sixième enfant du révérend Edmund Nelson, pasteur anglican, et de Catherine Suckling, morte quand Horatio a neuf ans, Nelson grandit dans le presbytère de Burnham Thorpe. Il étudie à la Paston Grammar School de North Walsham et à la Norwich School. En 1787, il épouse Frances Nisbet, veuve et mère d'un fils, Josiah, lors d'une cérémonie tenue sur l'île de Niévès dans les Caraïbes. Le couple s'installe à Burnham Thorpe en 1788. La relation se détériore après que Nelson débute une liaison avec Emma Hamilton, l'épouse de Sir William Hamilton, ambassadeur britannique à Naples. Ils ne cohabitent plus après 1801.
Nelson entretient une liaison publique avec Emma Hamilton à partir de 1799, malgré leurs mariages respectifs. Le 29 janvier 1801, Emma donne naissance à leur fille illégitime, Horatia. En 1802, Nelson acquiert Merton Place, une propriété dans le Surrey. À la mort de Sir William Hamilton en avril 1803, Nelson et Emma vivent ouvertement ensemble jusqu'à son départ définitif pour la mer. Avant la bataille de Trafalgar, dans un codicille à son testament, il confie Emma et Horatia à la protection du Royaume-Uni. Son frère aîné, William Nelson, hérite du titre nobiliaire après sa mort.
Nelson est frappé par une balle de mousquet tirée par un tireur d'élite du navire français le Redoutable alors qu'il se trouve sur le pont du HMS Victory vers 13h15. La balle traverse le poumon et la colonne vertébrale. Le chirurgien William Beatty ne peut rien faire. Nelson meurt à 16h30, trois heures après avoir été touché. Ses dernières paroles attestées sont « Dieu merci, j'ai fait mon devoir ». Le vice-amiral Cuthbert Collingwood, qui lui succède au commandement, annonce la victoire et la mort de Nelson dans une dépêche officielle portée en Angleterre par le HMS Pickle. Des funérailles d'État sont organisées le 9 janvier 1806 à la cathédrale Saint-Paul de Londres.
Nelson est inhumé dans la crypte de la cathédrale Saint-Paul de Londres, dans un sarcophage de marbre noir sculpté à l'origine pour le cardinal Thomas Wolsey. Son cercueil intérieur avait été fabriqué à partir du mât du navire amiral français l'Orient. La colonne Nelson sur Trafalgar Square à Londres et le Nelson Monument à Édimbourg commémorent également sa mémoire.
1 - Après la victoire d'Aboukir en 1798, le capitaine Benjamin Hallowell fit fabriquer un cercueil pour Nelson à partir du mât du navire amiral français l'Orient. Nelson le gardait dans sa cabine, l'exhibait à ses officiers, et fut finalement enterré dedans à Saint-Paul.
2 - Nelson souffrit du mal de mer sa vie entière, dès son premier embarquement en 1771 sur le HMS Raisonnable. Cette susceptibilité au roulis ne le quitta jamais, malgré trente-quatre ans de navigation et cinq grandes batailles navales.
3 - Après Trafalgar, le corps de Nelson fut conservé dans un tonneau d'eau-de-vie mélangée de camphre et de myrrhe pour son transport jusqu'en Angleterre. À Gibraltar, il fut transféré dans un cercueil en plomb rempli d'eau-de-vie de vin.
4 - Le célèbre signal de Trafalgar ne correspond pas au texte voulu par Nelson. Il proposa « England confides that every man will do his duty » mais le lieutenant John Pasco suggéra de remplacer confides par expects, déjà codifié. Nelson accepta le changement.
5 - En septembre 1800, Nelson et Emma Hamilton assistent à Vienne à une représentation de la Missa in Angustiis de Joseph Haydn, composée en 1798. La messe est désormais communément appelée « Messe Nelson », ce nom étant associé à cette rencontre.
- Métier(s) : vice-amiral de la Royal Navy
- Résidence principale : Burnham Thorpe, Norfolk (enfance et retraite) ; Merton Place, Surrey (dernières années)
- Relations de couple : Frances Nisbet (épouse, 1787, séparation 1801) ; Emma Hamilton (compagne, 1799-1805)
- Enfants : Horatia Nelson (née le 29 janvier 1801, décédée en 1881, fille illégitime avec Emma Hamilton)
- Distinctions : chevalier de l'Ordre du Bain (1797) ; baron du Nil (1798) ; duc de Bronte (1799) ; vicomte Nelson du Nil (1801) ; Ordre du Croissant (sultan Sélim III, 1798)
« Dieu merci, j'ai fait mon devoir. »
— Dernières paroles attestées par le chirurgien William Beatty, bataille de Trafalgar, 21 octobre 1805 (traduit de l'anglais)
« L'Angleterre attend de chacun qu'il fasse son devoir. »
— Signal hissé sur le HMS Victory avant la bataille de Trafalgar, 21 octobre 1805 (traduit de l'anglais)
« Un amiral gaucher ne sera plus jamais considéré comme utile, donc plus tôt je pourrai obtenir un humble cottage, et plus vite je libérerai de la place pour un homme plus à même de servir l'État. »
— Lettre à l'amiral John Jervis, août 1797, après l'amputation du bras droit à Ténérife (traduit de l'anglais, d'après la Wikipédia francophone citant les dispatches de Nelson)