Résumé biographique
Historien français de la longue durée, Fernand Braudel est associé à l’École des Annales et à une histoire globale qui articule géographie, économie et sociétés, notamment à travers des œuvres majeures comme La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, Grammaire des civilisations et L’Identité de la France.
Parcours
Né le 24 août 1902 à Luméville-en-Ornois (Meuse), Fernand Braudel fait ses études d’histoire à la Sorbonne et obtient l’agrégation en 1923. Il commence sa carrière d’enseignant en Algérie, aux lycées de Constantine puis d’Alger, tout en préparant une thèse sur le monde méditerranéen. Rappelé en métropole, il enseigne aux lycées Pasteur, Condorcet et Henri-IV, puis part au milieu des années 1930 à l’université de São Paulo, où mûrit son projet d’histoire de la Méditerranée. Prisonnier de guerre en Allemagne entre 1940 et 1945, il rédige la première version de sa thèse. Après sa soutenance en 1947, il devient figure centrale de la VIe section de l’École pratique des hautes études, puis titulaire de la chaire d’Histoire de la civilisation moderne au Collège de France et administrateur de la Maison des sciences de l’homme.
Repères de carrière
1923 : Reçu à l’agrégation d’histoire et nommé au lycée de Constantine (Algérie).
1924-1932 : Enseignement à Constantine puis au grand lycée d’Alger et à la faculté d’Alger.
1934-1937 : Professeur à l’université de São Paulo, où il réoriente sa thèse vers la Méditerranée.
1er mars 1947 : Soutenance de la thèse La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II à Paris.
1949 : Publication de La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II chez Armand Colin.
1947-1948 : Participation à la création de la VIe section de l’École pratique des hautes études (Économie, sociétés, civilisations).
1950-1972 : Titulaire de la chaire d’Histoire de la civilisation moderne au Collège de France.
1956-1968 : Direction de la revue Annales (Annales. Économies, sociétés, civilisations).
1963 : Création de la Fondation Maison des sciences de l’homme, dont il devient administrateur.
1967-1979 : Publication en trois volumes de Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVe–XVIIIe siècles.
1969 : Parution de Écrits sur l’histoire et affirmation de la notion de « longue durée ».
1977 : Ouverture du Fernand Braudel Center à Binghamton (États-Unis), dirigé par Immanuel Wallerstein.
1981-1986 : Rédaction puis publication posthume de L’Identité de la France (premier tome).
14 juin 1984 : Élection à l’Académie française, au fauteuil 15 d’André Chamson.
27 novembre 1985 : Décès à Cluses (Haute-Savoie) et inhumation au cimetière du Père-Lachaise.
Vie personnelle et engagements
Issu d’un milieu d’instituteur, Fernand Braudel passe son enfance à Luméville-en-Ornois chez sa grand-mère avant de rejoindre son père à Paris, où il est élève au lycée Voltaire. Il épouse d’abord Paulette Valier en 1927 à Alger, puis, après divorce, se remarie en 1933 à Tiaret avec Paule Pradel, traductrice et éditrice qui accompagnera de près son travail et supervisera plusieurs publications posthumes. Le couple a deux filles, Marie-Pierre et Françoise, nées dans les années 1930. Braudel mène une vie largement consacrée à l’enseignement et à la recherche, entre Paris et de longs séjours à l’étranger. Soucieux de maintenir une posture de chercheur plutôt que de militant, il s’engage toutefois dans la défense de la recherche en sciences humaines, dans la coopération internationale et dans la lutte contre le négationnisme à la fin des années 1970.
Anecdotes
1 – Pendant sa captivité en Allemagne entre 1940 et 1945, il rédige l’essentiel de La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II en s’appuyant presque uniquement sur sa mémoire, ses notes étant restées à Paris.
2 – Il popularise l’usage du terme « géohistoire » pour désigner une histoire étroitement articulée à la géographie, inspirée notamment par les travaux de Paul Vidal de La Blache et de Lucien Febvre.
3 – En 1963, il joue un rôle central dans la création de la Maison des sciences de l’homme à Paris et en reste l’administrateur jusqu’à sa mort, en faisant un carrefour international des sciences humaines.
4 – En 1977, un centre de recherche américain, le Fernand Braudel Center à l’université de Binghamton, est fondé en son honneur pour étudier économies-mondes et systèmes historiques de longue durée.
5 – En février 1979, il fait partie des signataires de la déclaration rédigée par Léon Poliakov et Pierre Vidal-Naquet pour réfuter les thèses négationnistes de Robert Faurisson.
6 – À Paris, une plaque commémorative signale son dernier domicile, rue Brillat-Savarin (13e arrondissement), tandis qu’une rue Fernand-Braudel et sa tombe au cimetière du Père-Lachaise inscrivent durablement son nom dans l’espace urbain.
Lieux de mémoire
Né à Luméville-en-Ornois (Meuse), Fernand Braudel est marqué par la Lorraine rurale, puis par ses années d’enseignement en Algérie et au Brésil. Il réside longtemps à Paris, notamment rue Brillat-Savarin, près des institutions où il travaille. Mort à Cluses en 1985, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, devenu un lieu de mémoire pour ses lecteurs et ses élèves.
Contexte du décès
À l’automne 1985, Fernand Braudel intervient encore publiquement, notamment lors d’un colloque à Châteauvallon où il revient sur le rôle de l’histoire et sur l’unité des sciences humaines. Quelques semaines plus tard, le 27 novembre 1985, il meurt à 83 ans à Cluses, en Haute-Savoie, alors qu’il est encore administrateur de la Maison des sciences de l’homme et académicien français. Sa dépouille est transférée à Paris et inhumée au cimetière du Père-Lachaise, dans la 32e division. Autour de sa disparition, l’Académie française, le Collège de France, la Maison des sciences de l’homme et de nombreuses institutions étrangères lui rendent hommage, soulignant l’impact durable de son œuvre sur l’historiographie internationale.
Points clés
• Métier(s) : historien, professeur d’université
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Paulette Valier (mariage 1927, divorce), Paule Pradel (mariage 1933, jusqu’en 1985)
• Enfants : Marie-Pierre Braudel, Françoise Braudel
• Distinctions : commandeur de la Légion d’honneur, commandeur des Palmes académiques, nombreux doctorats honoris causa d’universités européennes et nord-américaines







