Hiroshige, de son vrai nom Andō Tokutarō, est un dessinateur, graveur et peintre japonais né à Edo en 1797 et mort dans la même ville le 12 octobre 1858. Maître de l'estampe de paysage, il est l'auteur des Cinquante-trois stations du Tōkaidō et des Cent vues célèbres d'Edo, qui inspirent Vincent van Gogh et les impressionnistes.
Andō Tokutarō naît en 1797 dans les casernes de Yayosu, à Edo, aujourd'hui Tokyo, dans une famille de samouraïs. Son père, Andō Gen'emon, est pompier-chef de la brigade shogunale, un poste qui surveille le château d'Edo. En 1809, il perd ses deux parents et hérite à 12 ans du poste de son père. Il apprend d'abord la peinture auprès d'Okajima Rensai, un peintre amateur voisin de son père, selon Hendricks Art Collection, et étudie le style de l'école Kanō. Vers 14 ans, il demande à entrer chez Utagawa Toyokuni, qui n'accepte plus d'élèves. Il entre en 1811 dans l'atelier d'Utagawa Toyohiro, où il reste dix-sept ans selon Viewing Japanese Prints, et reçoit en 1812 le nom d'artiste Utagawa Hiroshige.
Il illustre d'abord des livres et réalise des estampes bon marché, dont Kyōka murasaki no maki en 1818, un livre de poèmes humoristiques. En 1823, il quitte son poste de pompier au profit d'un parent, avant de le céder définitivement en 1832. En 1831-1832, il publie sa première série de paysages, Tōto meisho. Cette même année 1832, il voyage sur la route du Tōkaidō, entre Edo et Kyoto, dans une procession du shogunat, et dessine le paysage au fil de la route.
Ce voyage donne les Cinquante-trois stations du Tōkaidō, publiées en 1833-1834 : 55 estampes, éditées par Hōeidō, qui montrent la route avec ses voyageurs, ses saisons et sa météo. La série rencontre un succès immédiat, reste son œuvre la plus célèbre et inspire plus de vingt séries consacrées au Tōkaidō, selon Nippon.com. Elle paraît à peine un an après les Trente-six vues du mont Fuji de Hokusai. Hiroshige reprend ensuite le thème en seize versions, selon Hendricks Art Collection. Il travaille aussi aux Soixante-neuf stations du Kisokaidō, série commencée avec Keisai Eisen. D'après Hendricks, il voyage dans la province de Kōshū en 1841, dans les provinces d'Awa et de Kazusa en 1853, puis en 1854 pour relever des rivières traversant le Tōkaidō pour le gouvernement du shogun, ce qui donne une série d'estampes d'éventails.
En 1856, Hiroshige se retire du monde et prend les vœux de moine bouddhiste. La même année, il commence les Cent vues célèbres d'Edo, sa dernière grande série, de 118 estampes, publiée de 1856 à 1859. Il meurt avant de l'achever, et son élève Hiroshige II la termine. Sa dernière série, Fuji sanjūrokkei, paraît en 1858. En quatre décennies, il réalise plus de 4 700 estampes, environ 120 livres illustrés et de nombreuses peintures, en travaillant avec environ 90 éditeurs, selon Viewing Japanese Prints.
À la fin du XIXe siècle, les artistes européens découvrent son œuvre. Selon Google Arts & Culture, Édouard Manet et Claude Monet collectionnent et étudient ses compositions. Vincent van Gogh copie plusieurs de ses estampes en peinture, dont Bridge in the Rain en 1887.
Hiroshige descend d'une lignée de samouraïs. Sa mère meurt au début de 1809, puis son père la même année, après lui avoir confié son poste, selon Viewing Japanese Prints. Il vit dans les casernes de Yayosu jusqu'à l'âge de 43 ans et garde son service de pompier malgré le succès de ses estampes, d'après la New World Encyclopedia.
Selon Hendricks Art Collection, il se marie une première fois et a un fils, Nakajirō, avant 1823. Sa première épouse meurt vers 1840 et Nakajirō en 1845. Il épouse ensuite Yasu, selon la New World Encyclopedia la fille d'un paysan, avec qui il a une fille, Tatsu. Yasu meurt en 1876. Faute d'héritier masculin, Hiroshige adopte un élève, Shigenobu, qui épouse Tatsu et devient Hiroshige II. Le couple se sépare plus tard et Tatsu épouse Shigemasa, qui devient Hiroshige III.
À Edo, Hiroshige habite successivement à Ogachō, à Tokiwachō à partir de 1846 puis à Kanoshinmichi à partir de 1849, d'après Hendricks. Il est peu payé pour chaque série, ce qui l'oblige à produire beaucoup, selon la New World Encyclopedia et Google Arts & Culture. En 1856, il prend les vœux de moine bouddhiste, geste que Viewing Japanese Prints juge largement symbolique.
Hiroshige meurt à Edo le 12 octobre 1858, pendant l'épidémie de choléra qui frappe la ville. Plusieurs sources font du choléra la cause de sa mort, tandis que la Public Domain Review et la New World Encyclopedia précisent qu'on ne peut pas l'affirmer. Il est enterré dans le temple zen de Tōgaku-ji, à Asakusa, selon Hendricks Art Collection et Viewing Japanese Prints.
Edo, aujourd'hui Tokyo, est la ville de sa naissance, de sa carrière et de sa mort, avec les casernes de Yayosu où il naît et travaille comme pompier. La route du Tōkaidō, longue d'environ 500 km entre Edo et Kyoto, est le sujet de sa série la plus célèbre. Asakusa, quartier de Tokyo, abrite le temple où il est enterré.
Leurs qualités esthétiques mises à part, Les Cinquante-trois stations servaient aussi de guide.
— Inagaki Tomoko, conservatrice, à propos de la série de Hiroshige, Nippon.com
Je laisse mon pinceau à l'Est et je pars en voyage. Je verrai les lieux célèbres de la Terre d'Occident.
— Poème d'adieu attribué à Hiroshige, traduction anglaise reprise par The Public Domain Review ; traduit de l'anglais