Jeanne d'Arc, dite « la Pucelle », née vers 1412 à Domrémy et morte sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, est une cheffe de guerre française de la guerre de Cent Ans. Elle a levé le siège d'Orléans et conduit Charles VII au sacre de Reims en 1429.
Issue d'une famille de laboureurs aisés du duché de Bar, Jeanne d'Arc déclare entendre, vers l'âge de treize ans, les voix de l'archange saint Michel, de sainte Catherine d'Alexandrie et de sainte Marguerite d'Antioche, lui ordonnant de soutenir le dauphin Charles et de chasser les Anglais. En 1428, son cousin Durand Laxart la conduit à Vaucouleurs auprès du capitaine Robert de Baudricourt, qui finit par lui accorder une escorte. Le 23 février 1429, accompagnée de Jean de Metz et Bertrand de Poulengy, elle quitte Vaucouleurs pour Chinon, où elle rencontre le dauphin Charles le 25 février. Après examen par les théologiens à Poitiers, vérification de sa virginité comprise, elle obtient un commandement militaire. Le 29 avril 1429, elle entre dans Orléans assiégée par les troupes anglaises et y retrouve Jean d'Orléans, dit le Bâtard d'Orléans, futur comte de Dunois.
Dans la nuit du 7 au 8 mai 1429, les Anglais lèvent le siège d'Orléans. Suit la campagne de la Loire : prise de Jargeau, Meung-sur-Loire, Beaugency, puis victoire décisive de Patay le 18 juin 1429. Le 17 juillet 1429, Charles VII est sacré roi de France dans la cathédrale de Reims par l'archevêque Regnault de Chartres, en présence de Jeanne portant son étendard. Sa tentative de reprendre Paris en septembre 1429 échoue ; elle est blessée à la porte Saint-Honoré. Le 23 mai 1430, elle est capturée à Compiègne par les Bourguignons de Jean de Luxembourg, qui la vendent aux Anglais pour dix mille livres tournois. Charles VII ne tente pas de la racheter ni de la délivrer.
Le procès en condamnation s'ouvre le 9 janvier 1431 à Rouen devant un tribunal ecclésiastique présidé par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, assisté du vice-inquisiteur Jean Le Maistre. Jeanne d'Arc, détenue en prison anglaise et non dans une prison d'Église comme l'exigeait le droit canon, est interrogée sur ses voix, son habit masculin et sa soumission à l'Église militante. Le 24 mai 1431, elle abjure au cimetière Saint-Ouen et est condamnée à la prison perpétuelle ; quelques jours plus tard, elle reprend l'habit d'homme dans des circonstances contestées et est déclarée relapse. Le 30 mai 1431, elle est brûlée vive sur la place du Vieux-Marché à Rouen. Un procès en nullité, ouvert à la demande de sa mère Isabelle Romée et autorisé par le pape Calixte III, conclut le 7 juillet 1456 que la procédure de 1431 était entachée de « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » et l'innocente entièrement.
1412 : naissance à Domrémy, duché de Bar.
1425 : Jeanne déclare entendre pour la première fois ses voix.
1429 : rencontre avec le dauphin Charles à Chinon le 25 février.
1429 : levée du siège d'Orléans dans la nuit du 7 au 8 mai.
1429 : victoire de Patay le 18 juin.
1429 : sacre de Charles VII à Reims le 17 juillet.
1429 : échec devant Paris en septembre, blessure à la porte Saint-Honoré.
1430 : capture à Compiègne le 23 mai par les Bourguignons.
1431 : ouverture du procès de condamnation à Rouen le 9 janvier.
1431 : abjuration le 24 mai au cimetière Saint-Ouen.
1431 : exécution sur la place du Vieux-Marché de Rouen le 30 mai.
1456 : procès en nullité, réhabilitation prononcée le 7 juillet.
1909 : béatification par le pape Pie X le 18 avril.
1920 : canonisation par le pape Benoît XV le 16 mai.
1922 : proclamation comme sainte patronne secondaire de la France par Pie XI.
Jeanne d'Arc naît dans la ferme familiale de Domrémy, village des marches de Lorraine, du Barrois et de la Champagne. Son père, Jacques d'Arc, est laboureur aisé et notable du village ; sa mère, Isabelle Romée, dont le surnom renverrait à un pèlerinage à Rome, élève cinq enfants. Jeanne ne sait ni lire ni écrire. Aînée d'une fratrie comprenant ses frères Jacquemin, Jean et Pierre ainsi que sa sœur Catherine, elle grandit dans une atmosphère religieuse, fréquente assidûment l'église paroissiale et pratique l'aumône. Aucune source documentée ne lui attribue de mariage ni d'enfants : elle se présente sous le nom de Jehanne la Pucelle, ce mot signifiant à la fois « jeune fille » et « vierge ».
Sur le plan des appuis politiques et militaires, elle bénéficie du soutien de Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII, et collabore avec Jean d'Alençon, qu'elle surnomme « son beau duc », ainsi qu'avec La Hire et Gilles de Rais lors de la campagne de la Loire. Son écuyer Jean d'Aulon témoignera lors du procès en nullité. Sa mission est exclusivement religieuse et politique : faire sacrer le dauphin et chasser les Anglais. Elle adresse en mars 1429 une lettre de sommation au roi d'Angleterre et au duc de Bedford depuis Poitiers, leur enjoignant de quitter le royaume de France.
Jeanne d'Arc est brûlée vive le 30 mai 1431 sur la place du Vieux-Marché à Rouen, en vertu de la sentence rendue par le tribunal présidé par Pierre Cauchon et après que les juges, sur la base d'avis demandés à l'Université de Paris, l'ont déclarée hérétique et relapse. Coupable d'hérésie et excommuniée par la cour ecclésiastique, elle obtient avant le supplice de recevoir l'eucharistie et de tenir une croix. Selon les témoignages réunis lors du procès en nullité, ses derniers mots invoquent le nom de Jésus. Le bourreau Geoffroy Thérage exécute la sentence devant les autorités anglaises, des ecclésiastiques et une foule rouennaise. Aucune cérémonie funéraire chrétienne ordinaire n'a lieu : les cendres et le cœur sont jetés dans la Seine près du pont actuel Boieldieu, afin qu'aucune relique ne subsiste.
Jeanne d'Arc ne possède pas de sépulture, ses cendres ayant été jetées dans la Seine à Rouen. La place du Vieux-Marché, lieu du supplice, accueille depuis 1979 l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, conçue par l'architecte Louis Arretche. L'Historial Jeanne d'Arc, ouvert en 2015 dans l'ancien archevêché de Rouen, occupe les bâtiments mêmes où s'est tenu son procès. À Domrémy-la-Pucelle, sa maison natale est classée et transformée en musée.
1 - Lors de sa rencontre à Chinon le 25 février 1429, Jeanne d'Arc reconnaît Charles VII dissimulé parmi ses courtisans, alors qu'un autre homme avait pris sa place sur le trône, selon les témoignages consignés au procès en nullité.
2 - Son épée, qu'elle dit avoir été trouvée derrière l'autel de l'église Sainte-Catherine-de-Fierbois en Touraine, lui aurait été révélée par ses voix sans qu'elle l'ait jamais vue auparavant, selon les minutes de son procès.
3 - Interrogée le 1er mars 1431 sur la maxime « Dieu aime-t-il les Anglais ? », Jeanne d'Arc répond aux juges : « Oui, quand ils sont chez eux. »
4 - Son anneau, cadeau de ses parents, portait gravés les noms « Jésus Maria » et trois croix ; elle déclare au procès l'avoir regardé avant les combats par affection pour son père et sa mère.
5 - Le 9 mai 1431, sur ordre de Pierre Cauchon, elle est conduite dans la salle de torture du donjon de Rouen, mais les juges renoncent à la soumettre à la question.
6 - Jeanne d'Arc et sa famille sont anoblies par Charles VII en décembre 1429 sous le nom de « du Lys », fait rare pour une roturière sous l'Ancien Régime.
- Métier(s) : cheffe de guerre, héroïne nationale française, sainte de l'Église catholique
- Résidence principale : Domrémy (Lorraine) avant 1429, puis vie itinérante militaire
- Relations de couple : aucune, restée vierge selon les sources
- Enfants : aucun
- Distinctions : anoblissement par Charles VII (1429), béatification (1909), canonisation (1920), patronne secondaire de la France (1922)
933 voies portent son nom en France, ce qui en fait l'une des personnalités les plus présentes dans l'odonymie française.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
« Va, fille de Dieu. »
— Minutes du procès de condamnation, déposition sur la première voix entendue, 1431
« Messire Dieu premier servi. »
— Devise rapportée par les minutes du procès de condamnation, 1431
« Dieu aime-t-il les Anglais ? Oui, quand ils sont chez eux. »
— Procès de condamnation, interrogatoire du 1er mars 1431
« Les hommes d'armes batailleront, et Dieu donnera la victoire. »
— Procès de condamnation, 1431
« Roi d'Angleterre et vous, duc de Bedford, rendez à la Pucelle qui est ici envoyée par le roi du Ciel les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France. »
— Lettre aux Anglais dictée à Poitiers, 22 mars 1429
« Va, fille de Dieu. »
— Minutes du procès de condamnation, déposition sur la première voix entendue, 1431
« Messire Dieu premier servi. »
— Devise rapportée par les minutes du procès de condamnation, 1431
« Dieu aime-t-il les Anglais ? Oui, quand ils sont chez eux. »
— Procès de condamnation, interrogatoire du 1er mars 1431
« Les hommes d'armes batailleront, et Dieu donnera la victoire. »
— Procès de condamnation, 1431
« Roi d'Angleterre et vous, duc de Bedford, rendez à la Pucelle qui est ici envoyée par le roi du Ciel les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France. »
— Lettre aux Anglais dictée à Poitiers, 22 mars 1429