Compositeur français de l'époque romantique, Jules Massenet reste l'auteur d'opéras français le plus joué entre 1880 et 1910, avec plus de trente partitions scéniques dont Manon, Werther et Thaïs, et sa célèbre Méditation pour violon.
Né le 12 mai 1842 à Montaud, alors village indépendant aujourd'hui rattaché à Saint-Étienne, Jules-Émile-Frédéric Massenet entre à onze ans au Conservatoire national de musique et de déclamation de Paris, où il étudie le piano avec Adolphe Laurent, l'orgue avec François Benoist, le solfège auprès d'Augustin Savard et François Bazin, l'harmonie avec Henri Reber et la composition dans la classe d'Ambroise Thomas. Il obtient un premier prix de piano en 1859 et un premier prix de contrepoint en 1863, année où sa cantate David Rizzio lui vaut le Grand Prix de Rome. Pensionnaire de la Villa Médicis, il y rencontre Franz Liszt, qui lui confie quelques élèves de piano, dont Louise-Constance dite « Ninon » de Gressy, qu'il épouse en 1866. De retour à Paris, il fait jouer son premier opéra-comique, La Grand'Tante, en 1867 à l'Opéra-Comique, sous la direction de Du Locle.
Mobilisé pendant la guerre de 1870 dans la Garde nationale aux côtés de Georges Bizet, il revient ensuite à la composition avec la musique de scène des Érinnyes de Leconte de Lisle en 1873, l'oratorio Marie-Magdeleine la même année, puis les opéras Don César de Bazan et Le Roi de Lahore (1877). Soutenu par son éditeur Georges Hartmann, il aligne les succès scéniques : Hérodiade (1881), Manon (1884) d'après l'abbé Prévost, Le Cid (1885), Esclarmonde (1889), Werther créé à Vienne en 1892, Thaïs (1894), Cendrillon (1899) et Don Quichotte en 1910 à Monte-Carlo, avec Fédor Chaliapine dans le rôle-titre. Nommé professeur de composition au Conservatoire en 1878, il y forme Gustave Charpentier, Ernest Chausson, Reynaldo Hahn, Gabriel Pierné, Florent Schmitt, Henri Rabaud et Georges Enesco.
1842 : naissance le 12 mai à Montaud, près de Saint-Étienne
1848 : installation de la famille à Paris
1853 : entrée au Conservatoire national de musique à onze ans
1863 : Grand Prix de Rome avec la cantate David Rizzio
1866 : mariage avec Louise-Constance « Ninon » de Gressy
1867 : création de La Grand'Tante à l'Opéra-Comique
1868 : naissance de sa fille unique Juliette
1873 : musique de scène des Érinnyes et oratorio Marie-Magdeleine
1876 : Légion d'honneur
1878 : nomination comme professeur de composition au Conservatoire et entrée à l'Académie des beaux-arts
1884 : création de Manon à l'Opéra-Comique
1892 : création de Werther à l'Opéra de Vienne
1894 : création de Thaïs à l'Opéra de Paris
1900 : élevé au grade de grand officier de la Légion d'honneur
1910 : création de Don Quichotte à Monte-Carlo avec Fédor Chaliapine
1912 : mort le 13 août à Paris
Fils d'Alexis Massenet (1788-1863), polytechnicien, maître de forges et industriel fabriquant des lames de faux à Pont-Salomon, et d'Adélaïde Royer de Marancour (1809-1875), Jules-Émile-Frédéric est le benjamin d'une famille de douze enfants, son père ayant eu huit enfants d'un premier lit. La famille déménage à Paris en 1848 et c'est sa mère qui lui donne ses premières leçons de piano avant son entrée au Conservatoire de Paris à onze ans. En 1866, il épouse Louise-Constance dite « Ninon » de Gressy (1841-1938), pianiste rencontrée à Rome par l'entremise de Franz Liszt. Le couple a une fille unique, Juliette Massenet (1868-1935).
Membre du salon de Madeleine Lemaire et de celui de la cantatrice Marie Trélat, Jules Massenet entretient des amitiés professionnelles étroites avec Georges Bizet, compagnon de la Garde nationale en 1870, son maître Ambroise Thomas et son éditeur Georges Hartmann. Il dédie son Lamento pour orchestre de 1875 à Georges Bizet. Massenet est par ailleurs l'arrière-arrière-arrière-grand-oncle des journalistes Béatrice et Ariane Massenet. Propriétaire d'un château à Égreville, en Seine-et-Marne, il y passe l'essentiel de ses étés de travail et y a achevé plusieurs partitions tardives.
Jules Massenet meurt le 13 août 1912 à l'âge de soixante-dix ans des suites d'un cancer. Selon les sources biographiques, son décès survient vraisemblablement dans une clinique de la rue de la Chaise, dans le 7e arrondissement de Paris, mais son corps est rapidement ramené à son domicile parisien du 48 rue de Vaugirard, dans le 6e arrondissement, où une plaque commémorative lui rend aujourd'hui hommage. Les obsèques sont suivies par la communauté musicale française, parmi laquelle ses anciens élèves Gustave Charpentier, Reynaldo Hahn et Gabriel Pierné. Sa disparition est saluée par la presse internationale, qui souligne son rôle de figure dominante de l'opéra français depuis la mort de Charles Gounod.
Jules Massenet est inhumé au cimetière d'Égreville, en Seine-et-Marne, village où il possédait un château. Une plaque commémorative est apposée sur sa dernière demeure parisienne, au 48 rue de Vaugirard. Une rue Massenet existe dans le 16e arrondissement de Paris, et le conservatoire à rayonnement régional de Saint-Étienne porte son nom.
1 - Massenet commençait ses journées de travail à quatre heures du matin, alternant compositions, enseignement et auditions ; les passants de la rue de Vaugirard remarquaient sa fenêtre éclairée au milieu des façades encore noires.
2 - Il laisse derrière lui environ 450 œuvres musicales, dont environ 320 mélodies pour la plupart jamais enregistrées avant le projet d'intégrale lancé en 2020 par quatorze voix lyriques du Québec sous le label ATMA Classique.
3 - Entré à l'Académie des beaux-arts à trente-six ans en 1878, il en fut alors le plus jeune membre, et en assuma la présidence en 1910.
4 - L'air Élégie, tiré de la musique de scène des Érinnyes, comptait parmi les thèmes favoris du pianiste de jazz américain Art Tatum, qui l'a enregistré à plusieurs reprises.
5 - En 1981, la musicienne expérimentale Laurie Anderson s'inspire d'un air du Cid pour composer son tube O Superman (For Massenet), qui atteindra la deuxième place des charts britanniques.
6 - L'astéroïde (18381) Massenet, découvert en 1991 dans la ceinture principale, a été nommé en son honneur, et la Biennale Massenet est organisée à Saint-Étienne depuis 1990.
- Métier(s) : compositeur, professeur de composition, académicien
- Résidence principale : Paris (48 rue de Vaugirard) et château d'Égreville
- Relations de couple : Louise-Constance « Ninon » de Gressy, épousée en 1866
- Enfants : Juliette Massenet (1868-1935)
- Distinctions : Grand Prix de Rome (1863), Légion d'honneur (1876), grand officier de la Légion d'honneur (1900), membre de l'Académie des beaux-arts (1878)
215 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
« Vous n'avez qu'un camarade de plus, qui tâche d'être aussi bon élève que vous ! »
— Mes souvenirs, Pierre Lafitte & Cie, 1912 (paroles adressées à ses élèves du Conservatoire)
« Mes élèves, je les considérais comme d'autres nouveaux enfants, plutôt encore comme des petits-enfants dans lesquels pénétrait cet enseignement reçu par moi. »
— Mes souvenirs, Pierre Lafitte & Cie, 1912
« Sans doute, mes jeunes amis, nous sommes le crépuscule et vous êtes l'aurore. Mais un dicton prétend qu'au cœur des artistes vit un printemps éternel. Dépêchons-nous d'y croire. »
— Discours à l'Académie des beaux-arts, 5 novembre 1910, repris dans Mes souvenirs (1912)
« Vous n'avez qu'un camarade de plus, qui tâche d'être aussi bon élève que vous ! »
— Mes souvenirs, Pierre Lafitte & Cie, 1912 (paroles adressées à ses élèves du Conservatoire)
« Mes élèves, je les considérais comme d'autres nouveaux enfants, plutôt encore comme des petits-enfants dans lesquels pénétrait cet enseignement reçu par moi. »
— Mes souvenirs, Pierre Lafitte & Cie, 1912
« Sans doute, mes jeunes amis, nous sommes le crépuscule et vous êtes l'aurore. Mais un dicton prétend qu'au cœur des artistes vit un printemps éternel. Dépêchons-nous d'y croire. »
— Discours à l'Académie des beaux-arts, 5 novembre 1910, repris dans Mes souvenirs (1912)