Naissance
10 mai 1697
Lyon (69), France
Décès
22 oct. 1764
Nationalité
Astrologie

Biographie

Jean-Marie Leclair, dit l'aîné, est un violoniste et compositeur français né à Lyon le 10 mai 1697 et mort à Paris le 22 octobre 1764, assassiné à l'âge de 67 ans. Fondateur reconnu de l'école française de violon, il est l'auteur d'une oeuvre instrumentale de référence et d'une unique tragédie lyrique.


Parcours

Né à Lyon le 10 mai 1697, Jean-Marie Leclair est l'aîné des enfants d'Antoine Leclair, passementier et musicien amateur pratiquant la basse de violon. Formé très tôt à la danse et au violon, il travaille d'abord comme danseur à l'Opéra de Lyon dès 1716, avant de se rendre à Turin en 1722 où il exerce comme maître de ballet à la cour de Piémont. C'est là qu'il reçoit l'enseignement du violoniste Giovanni Battista Somis, élève direct d'Arcangelo Corelli, ce qui lui transmet les bases de la technique italienne. De retour à Paris en 1723, il publie son premier recueil de sonates et commence à fréquenter le Concert Spirituel, principale institution de concerts semi-publics de la capitale. En 1726, lors d'un nouveau séjour à Turin, il rencontre le flûtiste Johann Joachim Quantz. Leclair prend également des leçons de composition auprès d'André Chéron, théoricien et compositeur parisien, auquel il dédie ses concertos de l'opus VII. Son jeu, réputé pour la justesse, la précision et la maîtrise du double-corde, lui vaut un succès rapide dans les milieux musicaux parisiens.

En 1733, Louis XV le nomme ordinaire de la Musique du roi. Sa cohabitation avec Jean-Pierre Guignon, violoniste piémontais lui aussi formé par Somis et concurrent direct pour les faveurs royales, tourne à l'affrontement. Leclair démissionne en 1736 et quitte l'orchestre de la Chambre royale. Il se rend à Amsterdam pour perfectionner sa technique auprès de Pietro Antonio Locatelli, violoniste virtuose rencontré lors d'un concert à Kassel en 1728. De 1738 à 1743, il sert trois mois par an à la cour de la princesse Anne d'Orange, ancienne élève de Georg Friedrich Haendel, aux Pays-Bas, et travaille le reste de l'année comme maestro di cappella privé à La Haye. En 1746, son unique opéra, Scylla et Glaucus, tragédie lyrique en cinq actes et un prologue sur un livret tiré des Métamorphoses d'Ovide, est représenté à l'Académie royale de musique avec les chanteurs Marie Fel et Pierre de Jélyotte. En 1748, Leclair entre au service du duc Antoine de Gramont comme premier violon de son théâtre privé de Puteaux, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort. Son catalogue comprend quatre recueils de sonates pour violon et basse continue, deux recueils de sonates pour deux violons sans basse, plusieurs séries de trios et douze concertos pour violon publiés en deux recueils. Parmi ses élèves les plus connus figurent Pierre Gaviniès et Nicolas Capron, dont la formation témoigne de son rayonnement pédagogique.


Controverse

Le 23 octobre 1764, Jean-Marie Leclair est découvert mort dans le vestibule de sa maison d'un quartier populaire de Paris, atteint de trois coups de couteau. Une enquête judiciaire est ouverte. Deux suspects principaux sont identifiés par les enquêteurs : d'une part, Guillaume-François Vial, neveu de Leclair et violoniste médiocre qui harcelait son oncle pour obtenir une introduction auprès du duc de Gramont, et dont le témoignage s'avère contradictoire et l'alibi falsifié ; d'autre part, Louise-Catherine Roussel, ex-épouse de Leclair, graveuse de musique dont la situation financière était précaire après leur séparation en 1758, et qui aurait bénéficié de la vente des biens et partitions inédits du compositeur. Malgré l'instruction, aucune mise en examen n'aboutit à une condamnation. L'affaire reste officiellement non résolue à ce jour.


Repères chronologiques

1697 : naissance à Lyon le 10 mai, aîné de la famille Leclair
1716 : danseur à l'Opéra de Lyon, premier mariage avec Marie-Rose Casthanie
1722 : maître de ballet à la cour de Turin, début de la formation avec Giovanni Battista Somis
1723 : installation à Paris, publication du premier livre de sonates pour violon
1728 : débuts triomphaux au Concert Spirituel, rencontre avec Pietro Antonio Locatelli à Kassel
1730 : second mariage avec la graveuse Louise-Catherine Roussel en septembre
1733 : nomination comme ordinaire de la Musique du roi par Louis XV
1736 : démission de la Chambre royale après le conflit avec Jean-Pierre Guignon
1738 : début du service saisonnier à la cour de la princesse Anne d'Orange aux Pays-Bas (jusqu'en 1743)
1746 : création de Scylla et Glaucus à l'Académie royale de musique, le 4 octobre
1748 : entrée au service du duc Antoine de Gramont à Puteaux
1758 : séparation d'avec Louise-Catherine Roussel
1764 : assassinat le 22 octobre dans sa maison parisienne, à l'âge de 67 ans


Vie personnelle et engagements

Jean-Marie Leclair est le fils d'Antoine Leclair, passementier lyonnais et musicien amateur pratiquant la basse de violon, et de Benoîte Ferrière. La famille compte huit enfants, dont cinq au moins exercent la musique à titre professionnel : outre l'aîné, on recense Jean-Marie Leclair le cadet (1703-1777), Pierre Leclair (1709-1784) et Jean-Benoît Leclair (1714-après 1759), tous violonistes. Leclair épouse en 1716 Marie-Rose Casthanie, danseuse de l'Opéra de Lyon, décédée vers 1728. En septembre 1730, il épouse en secondes noces Louise-Catherine Roussel, graveuse de musique. Les témoins du mariage incluent Jean-Baptiste Forqueray et André Chéron. Le couple a une fille, Louise, qui poursuit la profession de graveuse et épouse le peintre Louis Quenet. Louise-Catherine Roussel grave l'intégralité des oeuvres de son mari à partir de l'opus II. Le couple se sépare en 1758.

Leclair entretient des relations professionnelles suivies avec plusieurs personnalités musicales de son temps, notamment Pietro Antonio Locatelli, dont il recherche activement la fréquentation à Amsterdam après leur rencontre à Kassel. Il côtoie également Jean-Féry Rebel, figure des Vingt-quatre Violons du roi présentée comme précurseur de l'école française de violon. Parmi les musiciens qui assistent à son mariage avec Louise Roussel figure Jean-Baptiste Forqueray. Ses dernières années sont marquées par un isolement croissant : après sa séparation, Leclair s'installe dans un quartier défavorisé de Paris, loin des cercles musicaux de la capitale où il avait brillé.


Contexte du décès

Jean-Marie Leclair est retrouvé mort le 23 octobre 1764 dans le vestibule de sa maison d'un quartier populaire de Paris, étendu sur le dos, atteint de trois coups de couteau au cou. La cause du décès est un homicide par arme blanche. La scène présente des indices de mise en scène, selon les sources contemporaines. Leclair est inhumé en l'église Saint-Laurent à Paris. L'enquête judiciaire n'aboutit à aucune condamnation. Aucun hommage officiel d'institution n'est documenté à la date du décès. La même année disparaissent également Pietro Locatelli et Jean-Philippe Rameau, deux contemporains avec lesquels Leclair avait entretenu des liens professionnels significatifs.


Lieux de mémoire

Jean-Marie Leclair est inhumé dans l'église Saint-Laurent à Paris, dans le 10e arrondissement actuel. Aucun monument ou mémorial spécifique dédié au compositeur n'est documenté dans les sources consultées. Son nom est associé au violon Stradivarius de 1721 dit "Leclair", propriété du chef d'orchestre Guido Rimonda.


Anecdotes

1 - Avant de se consacrer au violon, Jean-Marie Leclair maîtrisait trois activités distinctes : la danse, le violon et la passementerie, métier paternel qu'il avait appris dans sa jeunesse lyonnaise, selon plusieurs sources biographiques du XVIIIe siècle.
2 - Le violon Stradivarius construit en 1721 que Leclair aurait possédé est surnommé "Violon Noir" en référence aux circonstances dramatiques de sa mort. L'instrument appartient aujourd'hui au chef d'orchestre et violoniste italien Guido Rimonda.
3 - Louise-Catherine Roussel, seconde épouse de Leclair, grave l'intégralité de ses oeuvres à partir de l'opus II. Après leur séparation en 1758, elle continue néanmoins à graver ses partitions. Leur fille Louise reprend ensuite cette activité et grave plusieurs oeuvres publiées sous la mention "Leclair, femme Quenet".
4 - La représentation de Scylla et Glaucus à l'Académie royale de musique en 1746 mobilise les chanteurs vedettes de l'époque, Marie Fel et Pierre de Jélyotte, habituellement associés aux opéras de Jean-Philippe Rameau. La distribution inclut également la danseuse Marie-Anne de Cupis de Camargo, dite La Camargo.
5 - Leclair apprend la composition musicale formelle tardivement, en prenant des leçons de contrepoint auprès d'André Chéron à Paris. En signe de gratitude, il lui dédie ses concertos de l'opus VII.


Points clés

- Métier(s) : violoniste, compositeur, maître de ballet
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Marie-Rose Casthanie (1716, décédée vers 1728) ; Louise-Catherine Roussel (1730, séparation 1758)
- Enfants : Louise Leclair (épouse Quenet), graveuse de musique
- Distinctions : ordinaire de la Musique du roi (nommé par Louis XV, 1733)


Autres compositeurs

Citation

« L'Europe entière connait ses sonates ; et si la France a des Gaviniès et des Capron, ce sont ses ouvrages qui les ont formés. »

— Jean-Benjamin de La Borde, Essai sur la musique ancienne et moderne, Paris, fin XVIIIe siècle

Questions autour de Jean-Marie Leclair

Pourquoi appelle-t-on Jean-Marie Leclair "l'aîné" ?
Jean-Marie Leclair est surnommé "l'aîné" pour le distinguer de son frère cadet, Jean-Marie Leclair le jeune (1703-1777), qui portait le même prénom et exerçait également comme compositeur et violoniste.
Quel est l'unique opéra composé par Jean-Marie Leclair ?
Jean-Marie Leclair est l'auteur d'une seule oeuvre lyrique, Scylla et Glaucus, tragédie en cinq actes et un prologue créée à l'Académie royale de musique de Paris le 4 octobre 1746.
Comment est mort Jean-Marie Leclair ?
Jean-Marie Leclair a été assassiné le 22 octobre 1764 à Paris, retrouvé mort dans le vestibule de sa maison avec trois coups de couteau. Malgré une enquête judiciaire, le coupable n'a jamais été officiellement condamné.
Qui a tué Jean-Marie Leclair ?
L'enquête a désigné deux suspects principaux : son neveu Guillaume-François Vial, violoniste aux alibis contradictoires, et son ex-épouse Louise-Catherine Roussel, dont la situation financière était précaire. Aucun des deux n'a été condamné.
Quel instrument Jean-Marie Leclair a-t-il pratiqué avant le violon ?
Jean-Marie Leclair a débuté comme danseur et maître de ballet, notamment à l'Opéra de Lyon et à la cour de Turin, avant de se consacrer principalement au violon à partir du début des années 1720.
Qui est né le même jour que Jean-Marie Leclair ?
Bob Sinclar, Meg Foster, Bruno Madinier, Bruno Wolkowitch et Bono sont nés le 10 mai comme Jean-Marie Leclair.
À quel âge est mort Jean-Marie Leclair ?
Jean-Marie Leclair est mort à 67 ans, le 22 octobre 1764.
Qui est mort le même jour que Jean-Marie Leclair ?
Pablo Casals, Charles Martel, Guy Môquet, Paul Cézanne et Lino Ventura sont morts le 22 octobre comme Jean-Marie Leclair.
Quels compositeurs sont nés à Lyon comme Jean-Marie Leclair ?
Quels compositeurs français sont du signe Taureau comme Jean-Marie Leclair ?
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