Laurent Joffrin, journaliste et écrivain français né le 30 juin 1952 à Vincennes, a dirigé les rédactions du Nouvel Observateur et de Libération avant de créer un mouvement politique et de cofonder un média en ligne en 2023.
Laurent Joffrin naît sous le nom de Laurent André Marie Paul Mouchard à Vincennes en 1952. Son père, Jean-Pierre Mouchard, est éditeur de beaux livres avant de devenir gestionnaire de fortune. Sa mère, Chantal Michelet, parente de l'homme politique Edmond Michelet, décède par suicide trois ans après la naissance de son fils. Élevé en partie dans le Vendômois, il suit sa scolarité au collège Stanislas à Paris, puis obtient en 1974 un diplôme à l'Institut d'études politiques de Paris, section économie-finance, et une licence en sciences économiques. Il milite alors aux Jeunesses socialistes dans le courant de Jean-Pierre Chevènement, et fonde en 1975 avec Denis Olivennes, Patrick Weil et Éric Dupin le club Socialisme et Université, dont il codirige l'organe Le Crayon entre les dents, où il publie sous pseudonyme entre 1976 et 1978. Diplômé du Centre de formation des journalistes en 1977, il entre à l'Agence France-Presse puis participe à la création d'un quotidien éphémère, Forum international. En 1981, il rejoint la rédaction de Libération.
À Libération, Laurent Joffrin crée le service économique avec Pierre Briançon et représente le courant moderniste du journal. En 1984, il cosupervise pour Antenne 2 l'émission Vive la crise !, documentaire fiction présenté par Yves Montand et inspiré par Alain Minc, qui lui vaut des critiques internes pour sa tonalité favorable au libéralisme économique. En 1988, Claude Perdriel le recrute pour prendre la direction de la rédaction du Nouvel Observateur, en remplacement de Franz-Olivier Giesbert. Il y effectue plusieurs passages, alternant avec des fonctions de direction à Libération : directeur de la rédaction du quotidien en 1996-1999, puis directeur de la publication à partir de novembre 2006 avec le soutien d'Édouard de Rothschild, actionnaire de référence, et de Carlo Caracciolo. Il codirige ensuite Libération avec Nathalie Collin à partir de 2009, avant de retrouver la direction du Nouvel Observateur en 2011 aux côtés de Denis Olivennes. En juillet 2014, il revient pour la dernière fois à la tête de la rédaction de Libération, poste qu'il occupe jusqu'en juillet 2020.
En mars 2019, une enquête du Parquet national financier est ouverte à la suite de la révélation d'un versement d'argent non déclaré à Libération, en violation des engagements pris par la direction auprès des représentants des salariés en 2015. Laurent Joffrin, alors directeur de la rédaction, est entendu comme témoin. Il reconnaît publiquement avoir eu connaissance de ce versement. La semaine suivante, il s'abstient exceptionnellement de publier sa chronique quotidienne. Réunis en assemblée générale le 28 mars 2019, les salariés de Libération votent une motion de défiance contre lui, lui reprochant également des pressions sur des salariés et l'insulte publique d'un élu du personnel. Aucune mise en examen n'est prononcée à l'issue de l'enquête.
1952 : naissance le 30 juin à Vincennes sous le nom de Laurent Mouchard
1974 : diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, section économie-finance
1975 : cofondation du club Socialisme et Université avec Denis Olivennes et Patrick Weil
1977 : diplôme du Centre de formation des journalistes ; débuts à l'Agence France-Presse
1981 : intègre la rédaction de Libération
1984 : participe à la réalisation de Vive la crise ! sur Antenne 2, présentée par Yves Montand
1988 : nommé directeur de la rédaction du Nouvel Observateur par Claude Perdriel
1996 : retour à Libération comme directeur de la rédaction
2000 : publication de Les Batailles de Napoléon (Seuil), premier essai d'histoire militaire
2006 : nommé directeur de publication de Libération, avec Édouard de Rothschild actionnaire de référence
2011 : prend pour la troisième fois la direction du Nouvel Observateur
2014 : retour à Libération comme directeur de la rédaction jusqu'en 2020
2019 : reçoit le prix Éric Tabarly et le prix Albatros Sail the World pour Dans le sillage de l'Invincible Armada
2020 : quitte Libération et crée le mouvement politique social-démocrate Les Engagés
2021 : reprend la série des enquêtes de Nicolas Le Floch, créée par Jean-François Parot
2023 : cofonde avec Jean-Paul Mari le média en ligne Le Journal, de gauche réformiste
Laurent Joffrin est marié à Sylvie Delassus, fille d'un vétérinaire de Villedieu-les-Poêles, éditrice chez Robert Laffont, Stock puis Albin Michel. Le couple a une fille, Pauline Delassus, journaliste politique, qui cosigne avec son père en 2026 le récit généalogique Les enfants savent aux éditions Grasset. Laurent Joffrin a grandi dans le Vendômois, passé une partie de sa jeunesse au château de Moncé près d'Amboise, avant d'être scolarisé au collège Stanislas à Paris. Son père, Jean-Pierre Mouchard, entretenait des liens documentés avec Jean-Marie Le Pen, ce que le journaliste a toujours réfuté publiquement en affirmant n'avoir rencontré le fondateur du Front national que deux ou trois fois dans les années 1970.
Passionné de navigation, Laurent Joffrin possède un voilier baptisé Plegmor, amarré à Granville dans la Manche, où il possède une maison au lieu-dit du Fourneau et participe au Salon du livre maritime. Ancien membre du club Le Siècle, qu'il quitte en 2011 en le qualifiant de nouvelle oligarchie, il anime le club de réflexion politique Danton. Ses engagements l'ont conduit à créer en 2020 le mouvement Les Engagés, puis à cofonder en 2023 avec Jean-Paul Mari un média de gauche réformiste, Le Journal. En 2025, il intègre franceinfo comme expert éditorial le week-end.
1 - Le nom de plume Joffrin rend hommage au socialiste Jules Joffrin (1846-1890), député de la Seine : Laurent Mouchard l'adopte à ses débuts car il juge son patronyme difficile à porter dans la presse, le mot désignant aussi un informateur de police.
2 - En 1976, il publie dans le bulletin militant Le Crayon entre les dents une critique anonyme du Nouvel Observateur sous le pseudonyme Paul Helleme, construit à partir des initiales de son nom civil, ce qui provoque l'indignation de Philippe Viannay, vice-président du CFJ qui le forme alors.
3 - En 1984, il cosigne dans Libération un portrait de Philippe de Villiers présenté comme entrepreneur modèle dans le cadre de l'émission Vive la crise !, article qu'il qualifiera lui-même rétrospectivement de désastre journalistique absolu.
4 - Son récit Dans le sillage de l'Invincible Armada (2018) nait lors d'une nuit à mouillage à Ramsgate : il navigue sur son sloop de onze mètres dans le sillage de la flotte espagnole vaincue en 1588, et le livre reçoit en 2019 le prix Éric Tabarly et le prix Albatros Sail the World.
5 - En 2021, il reprend la saga policière des enquêtes de Nicolas Le Floch, créée par Jean-François Parot décédé en 2018, et publie depuis lors un nouveau volume chaque année, poursuivant une série de romans policiers historiques qui se déroulent sous la Révolution française.
- Métier(s) : journaliste, directeur de presse, essayiste, romancier
- Résidence principale : Paris / Granville
- Relations de couple : marié à Sylvie Delassus
- Enfants : Pauline Delassus (journaliste)
- Distinctions : prix Éric Tabarly 2019, prix Albatros Sail the World 2019, mention spéciale du prix Mémoires de la Mer 2019
« La cession d'églises à l'islam serait un beau symbole de concorde et de fraternité. »
— Libération, 9 juillet 2015, éditorial "Des mosquées dans les églises, n'en déplaise aux prêcheurs de haine
« Les journalistes ne sont pas au-dessus du commun des mortels. Nous polémiquons à chaque fois que l'on pense que c'est nécessaire, avec les uns et les autres, et c'est normal qu'il réponde. »
— France Inter, 2009 (à propos de la réaction de Nicolas Sarkozy lors des voeux à la presse du 8 janvier 2008)
« le crime est bien au coeur même du projet communiste. Non pas à cause de l'intention maléfique de ses promoteurs. Mais parce que, sans le crime, leur plan de réorganisation totale de la société est impossible à mettre en oeuvre. »
— Libération, 17 décembre 1997, éditorial "Sauver Lénine ?"