Laurent Mourguet

1769–1844 · † à 75 ans
Naissance
3 mars 1769
Lyon (69), France
Décès
Nationalité
Astrologie

Biographie

Laurent Mourguet, canut lyonnais reconverti en marionnettiste forain, né le 3 mars 1769 à Lyon et mort le 30 décembre 1844 à Vienne, est le créateur de Guignol, personnage emblématique du théâtre de marionnettes français. Issu du monde ouvrier de la soie, presque illettré, il invente par nécessité un art populaire qui devient le porte-parole du petit peuple lyonnais et reste indissociable du patrimoine culturel de sa ville deux siècles après sa mort.


Parcours

Fils d'une famille de tisseurs, Laurent Mourguet exerce d'abord le métier de canut dans un contexte économique précaire. La crise de l'industrie textile qui suit la Révolution française le contraint à se reconvertir. À partir de 1793, il devient marchand forain, vendant notamment des baumes et des remèdes. Pour attirer la clientèle lors des foires, il s'empare de marionnettes à gaine, s'inspirant du répertoire italien et du personnage de Polichinelle. L'arrachage de dents, pratique alors courante chez les marchands ambulants, lui sert d'attraction ultime : tambours et facéties des poupées couvrent les cris des patients. Installé place des Célestins à Lyon, il comprend rapidement que le public local veut des histoires ancrées dans son propre quotidien. Vers 1797, il commence à se produire régulièrement comme marionnettiste.

Vers 1804, Mourguet crée Gnafron, savetier amateur de beaujolais, dont le caractère s'inspire directement de son associé Louis Josserand, père de famille nombreuse comme lui, avec qui il forme son premier duo scénique. C'est Josserand, personnage haut en couleur du milieu forain lyonnais, qui donne au personnage son goût du vin et sa faconde populaire. Vers 1808, Mourguet fait apparaître Guignol, dont les traits et le costume de canut évoquent ses propres origines. Le personnage parle le jargon des canuts, ce parler lyonnais mêlé de termes techniques du tissage et d'expressions de la rue, qui donne à ses spectacles une saveur et une vérité que nul autre registre n'aurait pu produire. Le succès est immédiat. Guignol devient le porte-parole du petit peuple, utilisant l'humour et le franc-parler pour critiquer les autorités et les injustices sociales sous le Premier Empire puis sous la Restauration. Mourguet improvise constamment à partir de l'actualité locale, ce qui rend ses spectacles subversifs et vivants. Il transmet son savoir-faire à ses enfants, notamment à sa fille Rose-Pierrette et à son fils Étienne, qui deviennent ses premiers collaborateurs. La troupe familiale itinérante se fixe progressivement dans divers théâtres lyonnais.


Repères chronologiques

  • 1769 : naissance le 3 mars à Lyon, au sein d'une famille de tisseurs.
  • 1788 : mariage avec Jeanne Esterle, avec qui il aura dix enfants.
  • 1793 : quitte le métier de canut pour devenir marchand forain.
  • Vers 1797 : débuts de ses activités de marionnettiste pour attirer les clients lors des foires.
  • Vers 1804 : création de la marionnette Gnafron, inspirée de son associé Louis Josserand.
  • Vers 1808 : apparition de Guignol dans ses spectacles de rue.
  • 1835 : se retire de la scène lyonnaise pour s'installer dans la Drôme.
  • 1844 : décès le 30 décembre à Vienne, dans l'Isère, à 75 ans.

Vie personnelle et engagements

Laurent Mourguet grandit dans le milieu ouvrier lyonnais de la soie. Marié en 1788 à Jeanne Esterle, il élève dix enfants dans une période d'instabilité politique et économique majeure. Sa famille constitue le coeur de sa troupe : Rose-Pierrette et Étienne apprennent à ses côtés la manipulation des marionnettes et l'art de l'improvisation. Cette structure familiale permet de transmettre et de conserver un répertoire entièrement oral, Mourguet étant presque illettré et n'ayant jamais couché ses pièces par écrit. Ce sont les sociétaires du Caveau lyonnais qui, bien après sa mort, transcrivent et fixent ce répertoire pour en éviter l'affadissement. Son associé Louis Josserand, compagnon des premières années foraines, joue un rôle déterminant dans la genèse de Gnafron et dans la mise en place du duo comique qui structure les spectacles.

Sans engagement politique formel, Mourguet manifeste par son art une défense constante des opprimés et une critique des puissants. À travers Guignol, il exprime les revendications de la classe ouvrière lyonnaise, particulièrement lors des périodes de troubles sociaux. Son engagement est celui d'un humaniste populaire, utilisant le rire comme outil de résistance contre la misère. Il rassemble autour de son castelet des spectateurs de toutes conditions, faisant du théâtre de marionnettes un espace de liberté d'expression rare sous des régimes peu enclins à la tolérer.


Contexte du décès

Laurent Mourguet meurt le 30 décembre 1844 à Vienne, dans l'Isère, à 75 ans, de causes naturelles. Il s'était retiré auprès d'une de ses filles après avoir quitté Lyon en 1835. Ses obsèques se déroulent dans la simplicité, à l'image de la vie modeste qu'il mène malgré sa notoriété locale. Il est d'abord inhumé au cimetière de Vienne. Ses restes sont ensuite transférés au cimetière de Loyasse à Lyon, le principal cimetière de la ville, marquant un retour symbolique dans sa cité natale. Un monument commémoratif orné de son buste, réalisé par le sculpteur Jean-Baptiste Larrivée, est érigé à Lyon dans le quartier Saint-Georges.


Lieux de référence

Laurent Mourguet naît et fait toute sa carrière à Lyon, où il s'installe durablement place des Célestins avant de se produire dans divers théâtres de la ville. Il se retire dans la Drôme en 1835, puis à Vienne dans l'Isère où il meurt. Ses restes reposent au cimetière de Loyasse à Lyon. Un monument commémoratif lui est dédié dans le quartier Saint-Georges, dans le quartier historique des canuts et des gens de la Saône.


Anecdotes

  • Le visage de Guignol serait, selon la tradition orale, un autoportrait stylisé de Mourguet lui-même : traits ronds, expression malicieuse, costume de canut. La marionnette porterait ainsi les traits de son créateur sans que celui-ci ne l'ait jamais explicitement revendiqué par écrit.
  • Mourguet attirait les passants en tant que marchand de remèdes et de baumes. L'arrachage de dents, attraction ultime de sa pratique foraine, était accompagné de tambours et de facéties de marionnettes pour couvrir les cris des patients et divertir la foule pendant l'attente.
  • Presque illettré, Mourguet n'a jamais couché une seule pièce par écrit. Tout son répertoire est transmis oralement à ses enfants. Ce sont les sociétaires du Caveau lyonnais qui, bien après sa mort, le transcrivent pour en éviter la disparition et l'affadissement progressif.
  • Le personnage de Gnafron, créé vers 1804, est directement inspiré de Louis Josserand, l'associé forain de Mourguet. Josserand prête à la marionnette son caractère bon vivant, son goût du beaujolais et sa gouaille de compagnon de route, au point que certains contemporains reconnaissaient le modèle dans la poupée.
  • Le jargon des canuts, mélange de termes techniques du tissage et d'expressions de la rue propres aux quartiers ouvriers lyonnais, est la langue de Guignol. Cette langue spécifique est l'une des raisons pour lesquelles les spectacles de Mourguet résonnent avec une vérité sociale que la langue littéraire n'aurait pas pu produire.

Points clés

  • Métier(s) : marionnettiste, canut, marchand forain
  • Résidence principale : Lyon
  • Relations de couple : marié à Jeanne Esterle (1788)
  • Enfants : dix enfants dont Rose-Pierrette et Étienne, premiers collaborateurs de la troupe
  • Distinctions : monument commémoratif avec buste (sculpteur Jean-Baptiste Larrivée) dans le quartier Saint-Georges à Lyon
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Questions autour de Laurent Mourguet

Qui est Laurent Mourguet ?
Laurent Mourguet est un marionnettiste lyonnais né en 1769, créateur des personnages de Guignol et de Gnafron, figures emblématiques du théâtre de marionnettes français.
Quand Laurent Mourguet a-t-il créé Guignol ?
Guignol apparaît vers 1808 dans les spectacles de rue de Laurent Mourguet, après la création de Gnafron vers 1804. Ces dates sont des conventions historiographiques, Mourguet n'ayant jamais rien couché par écrit.
Quand et où Laurent Mourguet est-il mort ?
Laurent Mourguet meurt le 30 décembre 1844 à Vienne, dans l'Isère, à 75 ans.
Où est enterré Laurent Mourguet ?
Ses restes reposent au cimetière de Loyasse à Lyon, après transfert depuis le cimetière de Vienne où il avait été inhumé à sa mort.
Laurent Mourguet savait-il lire et écrire ?
Non. Mourguet était presque illettré et n'a jamais couché ses pièces par écrit. Son répertoire était entièrement oral, transmis à ses enfants et transcrit après sa mort par les sociétaires du Caveau lyonnais.
Qui est né le même jour que Laurent Mourguet ?
À quel âge est mort Laurent Mourguet ?
Laurent Mourguet est mort à 75 ans, le 30 décembre 1844.
Qui est mort le même jour que Laurent Mourguet ?
Tom Wilkinson, Bernie Hamilton, Bobby Farrell, Évelyne Leclercq et Arthur Davidson sont morts le 30 décembre comme Laurent Mourguet.
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