Cette année marque le 1er anniversaire de sa disparition.
Photographe documentaire britannique, Martin Parr a renouvelé le regard sur la vie quotidienne, les classes sociales et le tourisme de masse par des images en couleur crues, ironiques et minutieusement construites, devenues des références de la culture visuelle contemporaine.
Né le 23 mai 1952 à Epsom, dans le Surrey, Martin Parr découvre très tôt la photographie grâce à son grand-père George, membre de la Royal Photographic Society. Après des études à Manchester Polytechnic entre 1970 et 1973, il s'inscrit dans le mouvement de la nouvelle photographie documentaire britannique aux côtés de Daniel Meadows et Brian Griffin. Installé à Hebden Bridge à partir de 1975, il réalise en noir et blanc la série rurale The Non-Conformists, centrée sur les chapelles méthodistes et la vie agricole en déclin. Au début des années 1980, il vit en Irlande, publie Bad Weather, Calderdale Photographs et A Fair Day, et forge progressivement un langage visuel attentif aux rituels ordinaires et aux marqueurs d'identité sociale.
En 1982, installé à Wallasey, près de Liverpool, il adopte définitivement la couleur, influencé par Joel Meyerowitz, William Eggleston et les cartes postales de John Hinde. Il photographie les vacances populaires à New Brighton et publie The Last Resort en 1986. Parr poursuit avec The Cost of Living, consacré à la bourgeoisie de l'ère Thatcher, puis avec Small World et Common Sense, qui dissèquent le tourisme mondialisé et la société de consommation. Membre de Magnum Photos à partir de 1994, puis président de l'agence, il multiplie expositions, commandes et publications, tout en enseignant la photographie et en développant un travail de collectionneur et d'éditeur autour du livre de photographie.
La carrière de Martin Parr est marquée par plusieurs controverses. Dès 1986, The Last Resort est accusé par certains critiques de caricaturer la classe ouvrière. En 1994, son admission à Magnum Photos provoque un vote disputé, certains photographes jugeant son approche trop satirique. En 2020, il soutient la réédition du livre London de Gian Butturini, où une juxtaposition d'images est dénoncée comme raciste ; face aux critiques, Parr retire son texte, présente des excuses publiques et renonce à la direction artistique du Bristol Photo Festival.
1952 : Naissance à Epsom, dans le Surrey, en Angleterre.
1970 : Début des études de photographie à Manchester Polytechnic.
1975 : Installation à Hebden Bridge et lancement de la série rurale The Non-Conformists.
1982 : Installation à Wallasey et passage définitif à la couleur.
1986 : Publication et expositions de The Last Resort.
1994 : Admission comme membre à part entière de l'agence Magnum Photos.
2008 : Réception de la Centenary Medal de la Royal Photographic Society.
2014 : Création de la Martin Parr Foundation, consacrée à la photographie britannique et irlandaise, à Bristol.
2021 : Nomination comme commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (CBE).
2024 : Sortie du documentaire I Am Martin Parr.
2025 : Décès à son domicile de Bristol, après plus de cinquante ans de pratique photographique.
Issu d'une famille de classe moyenne du Surrey, Martin Parr choisit très tôt la photographie comme vocation, encouragé par son grand-père George, photographe amateur. Il épouse en 1980 l'écrivaine et chercheuse Susie Mitchell. Le couple s'installe successivement dans le Yorkshire, en Irlande puis à Bristol, où naît leur fille unique, Ellen, en 1986. À partir des années 2000, Parr consacre une part croissante de son énergie à la transmission de la photographie britannique. Il crée à Bristol la Martin Parr Foundation, ouverte au public en 2017, qui conserve ses archives et soutient la production d'auteurs centrés sur la Grande-Bretagne et l'Irlande.
La trajectoire de Martin Parr s'articule autour de quelques lieux clefs : Epsom, ville natale ; Hebden Bridge et le nord de l'Angleterre, où se construit son regard sur les communautés rurales ; Wallasey et New Brighton, théâtres de The Last Resort ; puis Bristol, où il s'installe durablement et fonde la Martin Parr Foundation.
Martin Parr meurt le 6 décembre 2025, à 73 ans, à son domicile de Bristol, des suites d'un myélome diagnostiqué en 2021. L'annonce est faite conjointement par la Martin Parr Foundation et Magnum Photos. Les hommages se multiplient dans la presse internationale, rappelant son humour mordant, son regard sur les classes sociales britanniques et l'ampleur de son œuvre, marquée par plus d'une centaine de livres et de nombreuses expositions.
1 - Dès ses débuts, Martin Parr travaille comme photographe dans un centre de vacances Butlin's et découvre les cartes postales très saturées de John Hinde. Cette imagerie populaire, kitsch et colorée, influence durablement sa palette et son usage du flash.
2 - Installé à Bristol, Parr considère la plage comme son laboratoire de prédilection. Lorsqu'il teste un nouvel appareil ou une nouvelle combinaison d'objectifs, il se rend sur le littoral le plus proche, qu'il décrit comme un espace démocratique idéal pour observer comportements et attitudes.
3 - Collectionneur de livres de photographie, Parr affirme que le photobook est l'énoncé le plus abouti d'un photographe. Il rassemble une collection considérable et coédite la série de volumes The Photobook: A History.
4 - Sa série Common Sense est exposée simultanément en 1999 dans 41 lieux répartis dans 17 pays. Cette diffusion simultanée lui vaut une mention au livre Guinness des records et renforce sa visibilité internationale.
- Métier(s) : photographe documentaire, photojournaliste, collectionneur de photobooks, commissaire et enseignant en photographie.
- Résidence principale : Bristol, Angleterre (Royaume-Uni).
- Relations : marié à Susie Mitchell (1980-2025).
- Enfants : une fille, Ellen (née en 1986), un petit-fils, George.
- Distinctions : HonFRPS (2005), Centenary Medal de la Royal Photographic Society (2008), prix Erich-Salomon (2006), Lucie Award pour la photographie documentaire (2014), CBE (2021).