Roschdy Zem, acteur, réalisateur et scénariste franco-marocain né le 28 septembre 1965 à Gennevilliers, a construit une filmographie de plus de cent titres et s'est imposé comme l'une des personnalités les plus éclectiques du cinéma français, récompensé d'un César du meilleur acteur en 2020 et d'un prix d'interprétation à Cannes en 2006.
Issu d'une famille marocaine installée dans le bidonville de Nanterre, Roschdy Zamzem grandit à Drancy après un séjour de plusieurs années dans une famille d'accueil belge flamandophone. Faute de trouver un lycée acceptant de le scolariser en terminale, il s'engage brièvement dans l'armée, puis vend des chaussures au marché aux puces de Clignancourt pendant une dizaine d'années. C'est à 20 ans, en s'inscrivant au théâtre Mogador, qu'il découvre la scène. Repéré par un assistant d'André Téchiné, il obtient de petits rôles dans J'embrasse pas (1991) et Ma saison préférée (1993). La reconnaissance vient au milieu des années 1990 avec deux performances remarquées : un toxicomane dans N'oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois (1995) et un veilleur de nuit dans En avoir (ou pas) de Laetitia Masson (1995). S'enchaînent alors des collaborations avec Patrice Chéreau pour Ceux qui m'aiment prendront le train (1998) et Pierre Jolivet pour Ma petite entreprise (1999), film qui lui vaut une première nomination au César du meilleur second rôle masculin.
Les années 2000 marquent une diversification assumée : aux côtés de Fanny Ardant dans Change moi ma vie (2001), dans la comédie populaire Chouchou de Merzak Allouache (2003), puis dans le polar 36 Quai des Orfèvres d'Olivier Marchal (2004) et dans Va, vis et deviens de Radu Mihaileanu (2005), pour lequel il apprend l'hébreu. En 2006, Indigènes de Rachid Bouchareb lui vaut le prix d'interprétation masculine partagé au Festival de Cannes avec ses quatre co-interprètes Jamel Debbouze, Sami Bouajila, Bernard Blancan et Samy Naceri. La même année, il franchit la caméra et réalise Mauvaise foi, comédie sur un couple mixte avec Cécile de France. Récompensé du César du meilleur acteur en 2020 pour le rôle du commissaire Daoud dans Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin, il cumule depuis lors plusieurs réalisations et une filmographie d'acteur qui dépasse le cap des cent productions. En septembre 2026, il préside le jury de la 52e édition du Festival du cinéma américain de Deauville, et sort Billie Melody dans lequel il incarne le personnage de Tony.
1965 : naissance le 28 septembre à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), dans une famille d'origine marocaine
1985 : s'inscrit au théâtre Mogador à Paris, début de sa formation scénique
1987 : première apparition à l'écran dans Les Keufs de Josiane Balasko
1991 : premier rôle notable dans J'embrasse pas d'André Téchiné
1995 : double révélation avec N'oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois et En avoir (ou pas) de Laetitia Masson
1999 : nomination au César du meilleur second rôle pour Ma petite entreprise de Pierre Jolivet
2005 : nomination au César du meilleur second rôle pour Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois
2006 : prix d'interprétation masculine partagé au Festival de Cannes pour Indigènes de Rachid Bouchareb ; réalise son premier long métrage, Mauvaise foi
2008 : nomination au César du meilleur second rôle pour La Fille de Monaco d'Anne Fontaine
2011 : dirige Omar m'a tuer, sélectionné comme candidat marocain aux Oscars pour le meilleur film en langue étrangère
2014 : réalise Bodybuilder
2016 : Chocolat, retraçant la vie du clown Rafael Padilla avec Omar Sy, atteint deux millions d'entrées et est vendu dans près de quarante pays
2019 : tourne dans Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin ; réalise Persona non grata
2020 : remporte le César du meilleur acteur le 28 février pour son rôle dans Roubaix, une lumière
2022 : réalise et joue dans Les Miens, présenté en compétition à la 79e Mostra de Venise
2025 : joue le commandant Mohamed Bida dans 13 jours 13 nuits de Martin Bourboulon, présenté hors compétition à Cannes
2026 : préside le jury de la 52e édition du Festival du cinéma américain de Deauville (4-13 septembre)
Roschdy Zem est le fils d'un père ouvrier du bâtiment et d'une mère femme de ménage, tous deux immigrés marocains. Son prénom lui a été attribué en hommage à l'acteur égyptien Rouchdi Abaza. Il a grandi à Drancy (Seine-Saint-Denis) au sein d'une fratrie de cinq enfants, après un placement de plusieurs années dans une famille flamandophone belge organisé par le Secours catholique. Il a fréquenté le collège Jacques-Jorissen à Drancy, puis des établissements à Bondy et Livry-Gargan avant d'être exclu du système scolaire en fin de première. Il a partagé quinze ans de vie commune avec Nicole, psychologue de profession, dont il a eu deux enfants : Nina, également comédienne, et Chad.
Depuis 2023, Roschdy Zem partage la vie de Sarah Poniatowski, décoratrice d'intérieur fondatrice de Maison Sarah Lavoine et ancienne épouse du chanteur Marc Lavoine. Passionné de football, Zem évoque régulièrement le PSG dans ses interviews, et pratique le golf, activité dont il parle volontiers. Il entretient des liens durables avec des comédiens tels que Sami Bouajila, partenaire de longue date, et a notamment participé à une série humanitaire pour l'ONG Solidarités International. Il s'est engagé à plusieurs reprises sur les questions d'éducation en Seine-Saint-Denis, territoire où il a vécu vingt-cinq ans.
1 - Avant de devenir acteur, Roschdy Zem a vendu des chaussures et des jeans aux puces de Clignancourt pendant une dizaine d'années. Il a décrit ce travail comme une véritable école de théâtre, les meilleurs vendeurs devant adapter leur personnalité à chaque client pour déclencher la vente.
2 - Son prénom a été choisi par sa mère en hommage à Rouchdi Abaza (1926-1980), acteur égyptien populaire des années 1950-1960 : un choix qui lui a longtemps valu d'être interrogé sur ses origines supposées égyptiennes.
3 - Pour incarner un père juif dans Va, vis et deviens de Radu Mihaileanu (2005), Roschdy Zem a appris l'hébreu, et a pris l'accent serbe pour La Californie de Jacques Fieschi (2006) : deux préparations linguistiques distinctes la même année.
4 - Chocolat (2016), qu'il réalise avec Omar Sy dans le rôle principal, a été vendu dans près de quarante pays et a atteint deux millions d'entrées en France, un résultat peu commun pour un biopic sur un artiste tombé dans l'oubli depuis la Belle Époque.
5 - Sa fille Nina Zem, née de sa relation avec Nicole, a suivi la voie du cinéma : elle apparaît notamment dans Les Miens (2022), long métrage réalisé et joué par son père, présenté à la Mostra de Venise.
6 - Ne trouvant pas de lycée à Drancy pour poursuivre sa terminale malgré des résultats scolaires corrects, Roschdy Zem s'est engagé dans l'armée française pendant quelques mois avant de bifurquer vers le commerce ambulant, puis le théâtre.
- Métier(s) : acteur, réalisateur, scénariste
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Nicole (env. 15 ans, séparés) ; Sarah Poniatowski (depuis 2023)
- Enfants : Nina Zem, Chad Zem
- Distinctions : César du meilleur acteur 2020 (Roubaix, une lumière) ; prix d'interprétation masculine partagé au Festival de Cannes 2006 (Indigènes)
« Acteur ça reste un truc de loser. »
— Magazine Libération Next, septembre 2010
« J'ai quand même le sentiment qu'on se débarrassait plus facilement des élèves à l'époque. »
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« Disons que je considérais le cinéma comme une récréation. Mon vrai métier, c'était les puces. »
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« J'aime les deux, c'est totalement différent. Jouer, c'est à la fois jouissif et frustrant. Mettre en scène, c'est terriblement excitant. »
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« Les puces, c'était un lieu de rencontres extraordinaire. [...] Les meilleurs vendeurs, c'est ceux qui savaient trouver la personnalité à endosser pour créer chez le client plaisir et confiance. »
— Interview TroisCouleurs, novembre 2024