Mathieu Amalric est un acteur et réalisateur français né le 25 octobre 1965 à Neuilly-sur-Seine. Triple César et prix de la mise en scène à Cannes 2010, il est connu pour Le Scaphandre et le Papillon et pour son rôle de méchant dans Quantum of Solace.
Fils du journaliste Jacques Amalric (1938-2021), correspondant étranger du Monde et éditorialiste à Libération, et de Nicole Zand (1933-2024), critique littéraire au Monde, Mathieu Amalric grandit à Paris après des années passées à Washington puis à Moscou, où son père était en poste. Sa scolarité secondaire se déroule au lycée Charlemagne. Dès 1984, étudiant en classe préparatoire littéraire, il obtient un premier rôle dans Les Favoris de la lune d'Otar Iosseliani, ami de ses parents. Après un échec au concours de l'IDHEC en 1985, il entre dans le milieu cinématographique comme accessoiriste, cantinier et régisseur, et effectue en 1987 un stage de mise en scène sur Au revoir les enfants de Louis Malle. Sa carrière d'acteur décolle en 1996 : remarqué dans Le Journal du séducteur de Danièle Dubroux, il tient le rôle principal de Paul Dédalus dans Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) d'Arnaud Desplechin, film pour lequel il reçoit le César du meilleur espoir masculin en 1997. Amalric a déclaré que Desplechin « l'a inventé comme acteur ».
À la fin des années 1990, il s'impose dans le cinéma d'auteur - notamment dans Fin août, début septembre d'Olivier Assayas (1998) - avant de remporter le César du meilleur acteur en 2005 pour Rois et Reine d'Arnaud Desplechin. Sa carrière internationale s'ouvre avec Munich de Steven Spielberg (2005) et Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006). Son interprétation de Jean-Dominique Bauby, journaliste atteint du syndrome d'enfermement, dans Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel (2007) lui vaut un second César du meilleur acteur et une consécration internationale. En 2008, il incarne le méchant Dominic Greene dans Quantum of Solace de Marc Forster. Comme réalisateur, il remporte le prix de la mise en scène à Cannes 2010 pour Tournée (dont il tient également le rôle principal), puis dirige Barbara (2017, prix Louis-Delluc et prix Jean-Vigo) et Serre moi fort (2021). Il collabore régulièrement avec Wes Anderson (The Grand Budapest Hotel, 2014 ; The Phoenician Scheme, 2025) et Roman Polanski (La Vénus à la fourrure, 2013 ; J'accuse, 2019), et incarne le personnage de « JJA » dans la série Le Bureau des légendes (Canal+, 2018-2020).
En février 2008, Mathieu Amalric est absent de la 33e cérémonie des César, où il reçoit le prix du meilleur acteur pour Le Scaphandre et le Papillon, étant alors en tournage de Quantum of Solace. Son discours de remerciements, lu en son nom par Antoine de Caunes, est diffusé en version écourtée : un passage dans lequel Amalric critiquait le rôle croissant des multiplexes et le recul des subventions aux salles d'art et essai avait été supprimé. L'acteur a publiquement déploré cette censure ; la version intégrale du discours a par la suite circulé sur des sites spécialisés.
1965 : naissance le 25 octobre à Neuilly-sur-Seine
1973-1977 : séjour de la famille à Moscou, où Jacques Amalric est correspondant
1984 : premier rôle au cinéma dans Les Favoris de la lune d'Otar Iosseliani
1987 : stage de mise en scène sur Au revoir les enfants de Louis Malle
1997 : César du meilleur espoir masculin pour Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) ; réalise Mange ta soupe, son premier long métrage
2005 : César du meilleur acteur pour Rois et Reine ; premier rôle dans une production américaine avec Munich de Steven Spielberg
2007 : interprète Jean-Dominique Bauby dans Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel
2008 : second César du meilleur acteur ; incarne Dominic Greene dans Quantum of Solace de Marc Forster
2010 : prix de la mise en scène au Festival de Cannes pour Tournée
2013 : deux films dans lesquels il tient le rôle principal (Jimmy P. d'Arnaud Desplechin et La Vénus à la fourrure de Roman Polanski) en compétition officielle à Cannes simultanément
2017 : Barbara obtient le prix Louis-Delluc, le prix Jean-Vigo et le prix du meilleur récit poétique à Cannes (Un Certain Regard)
2018 : rejoint la série Le Bureau des légendes (Canal+) pour les saisons 4 et 5
2021 : Serre moi fort présenté en Cannes Première
2024 : décès de sa mère Nicole Zand, critique littéraire au Monde depuis des décennies
2025 : trois films présentés au Festival de Cannes, dont The Phoenician Scheme de Wes Anderson en compétition officielle
Mathieu Amalric est le fils du journaliste Jacques Amalric (1938-2021), correspondant du Monde et éditorialiste à Libération, et de Nicole Zand (1933-2024), critique littéraire au Monde, dont la mère était issue d'une famille juive polonaise de Cracovie. Sa scolarité secondaire se déroule au lycée Charlemagne à Paris. Il a deux fils avec l'actrice et chanteuse Jeanne Balibar, dont il se sépare au début des années 2000. Avec la metteuse en scène Stéphanie Cléau, rencontrée en 2005 lors de la pièce Les Variations Darwin, il a un troisième enfant en 2007 et collabore à plusieurs projets, dont La Chambre bleue (2014). Il est ensuite le compagnon de la soprano et cheffe d'orchestre canadienne Barbara Hannigan.
Attaché à la culture littéraire depuis ses années de classe préparatoire, Mathieu Amalric développe également une sensibilité musicale affirmée, illustrée par plusieurs documentaires consacrés à Barbara Hannigan (C'est presque au bout du monde, 2015, pour l'Opéra national de Paris). Il enseigne régulièrement à la Fémis, l'école nationale supérieure des métiers de l'image et du son. Nommé chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en janvier 2011, il a exercé comme artiste invité au Fresnoy (studio national des arts contemporains de Tourcoing) en 2010-2011. Ses collaborations traversent des univers artistiques radicalement différents, d'Arnaud Desplechin à Wes Anderson, de David Cronenberg à Nanni Moretti.
1 - En 1984, étudiant en classe préparatoire, Mathieu Amalric décroche son premier rôle cinéma grâce à Otar Iosseliani, ami de ses parents : il n'a alors suivi aucune formation d'acteur et se destine à une carrière littéraire.
2 - En 2004, président du jury courts métrages au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, Mathieu Amalric déclenche un incident en refusant à l'unanimité de décerner le Grand Prix de la compétition française, jugeant les films soumis dépourvus d'inventivité formelle.
3 - En mai 2013, deux films dans lesquels il tient le rôle principal - Jimmy P. d'Arnaud Desplechin et La Vénus à la fourrure de Roman Polanski - sont en compétition officielle à Cannes simultanément, situation rarissime pour un acteur.
4 - Pour La Vénus à la fourrure (2013), Roman Polanski a contacté Mathieu Amalric pour remplacer Louis Garrel au pied levé, alors qu'Amalric travaillait à l'adaptation cinématographique du Rouge et le Noir de Stendhal, projet qui ne verra pas le jour.
5 - En 2011, artiste invité au Fresnoy à Tourcoing, Mathieu Amalric réalise une installation vidéo reconstituant l'appartement de sa professeure de piano à Moscou, où il avait vécu enfant entre 1973 et 1977, dans le cadre de l'exposition « Panorama ».
6 - Lors de la remise de son César 2008, Mathieu Amalric se trouve en tournage de Quantum of Solace : son discours, lu par Antoine de Caunes, est partiellement censuré, le passage sur le recul des salles d'art et essai ayant été supprimé.
- Métier(s) : acteur, réalisateur, scénariste
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Nathalie Boutefeu (années 1980), Jeanne Balibar (fin des années 1990-début 2000), Stéphanie Cléau (2005-vers 2019), Barbara Hannigan (vers 2019-2024)
- Enfants : deux fils avec Jeanne Balibar ; un enfant (né en 2007) avec Stéphanie Cléau
- Distinctions : César du meilleur espoir masculin 1997, César du meilleur acteur 2005 et 2008, prix de la mise en scène Cannes 2010, prix Louis-Delluc 2017, prix Jean-Vigo 2017, chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres 2011
« C'est Desplechin qui m'a inventé comme acteur. »
— Déclaration reprise à de multiples reprises en entretien, notamment rapportée par Télérama
« Pour Tournée, j'ai été comme un vampire qui a pris l'énergie, la joie des stripteaseuses. »
— L'Express, 2010
« Cela fait cinq ans que je n'arrête plus de jouer, je dois arrêter un an et demi pour faire mon film et me réapproprier mon propre corps. »
— La Libre Belgique, 25 février 2008