Alain Bauer, criminologue français né le 8 mai 1962 à Paris, est professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers et ancien Grand Maître du Grand Orient de France. Conseiller de plusieurs gouvernements, il a été condamné en mars 2025 pour recel de favoritisme.
Alain Bauer effectue ses études secondaires aux lycées Simone Weil et Arago, puis entre à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, à Tolbiac, où il obtient un DESS de politique publique et gestion des organisations. Il y noue en 1980 des liens durables avec Manuel Valls, dont il deviendra le parrain du deuxième fils, et avec le communicant Stéphane Fouks. Engagé dès 15 ans au Parti socialiste, il rejoint l'UNEF-ID puis les rangs rocardiens. Entre 1988 et 1990, il est conseiller du Premier ministre Michel Rocard. En 1994, il fonde AB Associates, société de conseil en sécurité et gestion des crises, qu'il préside jusqu'à sa dissolution en juillet 2010. Auteur prolifique, il publie en 2000 son premier ouvrage de criminologie, Amérique, la violence, le crime, coécrit avec Émile Perez aux Presses universitaires de France.
En mars 2009, un décret du président Nicolas Sarkozy crée la première chaire de criminologie appliquée au Conservatoire national des arts et métiers, dont Alain Bauer devient le titulaire. Cette nomination soulève une vive contestation universitaire : dans une tribune publiée par Le Monde, les chercheurs Michel Lallement, Christine Lazerges et Philip Milburn dénoncent des publications « contestées par tous les spécialistes reconnus ». Il soutient en 2016 sa thèse de doctorat en droit à l'université Côte d'Azur, sous la direction de Christian Vallar. Conseiller de la police de New York, de la Sûreté du Québec et du Los Angeles Sheriff Department, il enseigne également au John Jay College of Criminal Justice et à l'université Fudan de Shanghai. Il a été consultant des présidents Nicolas Sarkozy et du ministre de l'Intérieur Manuel Valls sur les questions de terrorisme, après avoir conseillé Jean-Pierre Chevènement.
Alain Bauer a été mis en cause à partir de 2014, après un article de Laurent Mauduit dans Mediapart, pour des contrats conclus entre ses sociétés et la Caisse des dépôts et consignations sans appel d'offres. L'enquête révèle six contrats signés entre 2008 et 2012 pour 925 000 euros, ainsi que des achats du guide gastronomique Champérard, qu'il contrôlait à 50 %, pour 333 596 euros. Son domicile et le siège d'Aéroports de Paris sont perquisitionnés en janvier 2017. Le procès se tient en novembre et décembre 2024. Le 5 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris le condamne à douze mois de prison avec sursis, 375 000 euros d'amende, soit la peine maximale prévue par la loi, et trois ans d'exclusion des marchés publics, pour recel de favoritisme. Augustin de Romanet et Jean-Pierre Jouyet, anciens dirigeants de la CDC, sont condamnés pour favoritisme dans le même dossier. Alain Bauer est également placé sous statut de témoin assisté dans l'enquête sur Renault-Nissan liée à Carlos Ghosn.
1962 : naissance à Paris, dans le 13e arrondissement, le 8 mai
1977 : adhésion au Parti socialiste à 15 ans
1980 : rencontre avec Manuel Valls et Stéphane Fouks à Tolbiac
1988-1990 : conseiller du Premier ministre Michel Rocard
1994 : création d'AB Associates
2000 : élu Grand Maître du Grand Orient de France
2003 : nommé président du conseil d'orientation de l'Observatoire national de la délinquance par Nicolas Sarkozy
2009 : titulaire de la première chaire de criminologie appliquée au CNAM
2012 : élu président du Conseil national des activités privées de sécurité
2016 : doctorat en droit à l'université Côte d'Azur ; promu commandeur de la Légion d'honneur
2017 : perquisitions à son domicile dans l'enquête CDC
2021 : participation à l'émission Au bout de l'enquête avec Marie Drucker sur France 2
2024 : procès dans l'affaire de la Caisse des dépôts
2025 : condamnation à douze mois de prison avec sursis et 375 000 euros d'amende
Alain Bauer naît à Paris le 8 mai 1962, fils de Georges Bauer et de Monique Ejzenberg. Il est issu d'une famille juive originaire d'Europe de l'Est ayant fui les pogroms. Il passe sa jeunesse dans la capitale, suit les cours des lycées Simone Weil et Arago avant d'intégrer l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où il décroche un DESS de politique publique et gestion des organisations. C'est sur les bancs de Tolbiac, en 1980, qu'il scelle son amitié avec Manuel Valls et Stéphane Fouks, ce que la presse a depuis surnommé le « pacte de Tolbiac ». Sa vie familiale demeure tenue à l'écart du domaine public : aucune information vérifiée n'a été rendue publique concernant une éventuelle épouse ou des enfants.
Franc-maçon initié au Grand Orient de France dès l'obtention de son baccalauréat, Alain Bauer en gravit rapidement les échelons : conseiller de l'ordre auprès de Philippe Guglielmi de 1996 à 1999, il en devient Grand Maître de 2000 à 2003, fonction qu'il occupe à 38 ans. Il démissionne de toutes ses responsabilités nationales au sein de l'obédience en 2005. Proche de figures du Parti socialiste comme Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Jacques Urvoas, il a entretenu des relations professionnelles étroites avec Nicolas Sarkozy et Michel Rocard. Il est membre laïc du conseil de direction de l'Institut européen en sciences des religions.
1 - À 38 ans, en 2000, Alain Bauer devient l'un des plus jeunes Grands Maîtres élus à la tête du Grand Orient de France, après avoir été initié dès la fin de ses études secondaires.
2 - Selon un article de StreetPress de 2022, il a accédé directement au DESS sans passer par les années intermédiaires de licence et de maîtrise, grâce à un dispositif universitaire dérogatoire de la Sorbonne.
3 - Il copilote depuis plus de vingt ans le guide gastronomique Champérard, dont il détient 50 % des parts, fait apparu dans le dossier judiciaire de la Caisse des dépôts en 2014.
4 - Il reçoit en 2003 un Big Brother Award décerné par Privacy International, qu'il qualifie publiquement dans Les Échos de « tribunal populaire à sens unique ».
5 - À l'approche des Jeux olympiques de Paris 2024, il qualifie sur France 5 la cérémonie d'ouverture de « folie criminelle », un avis démenti par le déroulé sans incident de l'événement, ce qu'a souligné Thierry Reboul, directeur de la création de Paris 2024, sur BFMTV.
- Métier(s) : criminologue, professeur émérite au CNAM, consultant en sécurité, essayiste
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : non documentées publiquement
- Enfants : non documentés publiquement
- Distinctions : commandeur de la Légion d'honneur (2016), officier de l'ordre national du Mérite (2006), commandeur de l'ordre des Palmes académiques, commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2010)
« La cérémonie d'ouverture des Jeux est une folie criminelle. »
— C dans l'air, France 5, juillet 2024
« Au-delà du côté excessif des attaques personnelles, le sort de la criminologie m'apparaît beaucoup trop important pour que le processus lancé soit interrompu par une campagne basée sur des motifs plus militants et politiques que scientifiques. »
— Le Monde, 11 février 2009
« J'ai un mépris amusé pour ce genre de tribunal populaire à sens unique où il ne m'a jamais été donné l'occasion de me défendre. On fait de moi un défenseur de la tolérance zéro alors que j'ai toujours écrit l'inverse, encore faut-il savoir lire. »
— Les Échos, 27 janvier 2003
« La cérémonie d'ouverture des Jeux est une folie criminelle. »
— C dans l'air, France 5, juillet 2024
« Au-delà du côté excessif des attaques personnelles, le sort de la criminologie m'apparaît beaucoup trop important pour que le processus lancé soit interrompu par une campagne basée sur des motifs plus militants et politiques que scientifiques. »
— Le Monde, 11 février 2009
« J'ai un mépris amusé pour ce genre de tribunal populaire à sens unique où il ne m'a jamais été donné l'occasion de me défendre. On fait de moi un défenseur de la tolérance zéro alors que j'ai toujours écrit l'inverse, encore faut-il savoir lire. »
— Les Échos, 27 janvier 2003