Général et homme d'État chilien d'ascendance irlandaise et basque, Bernardo O'Higgins Riquelme naît le 20 août 1778 à Chillán. Fils illégitime du vice-roi du Pérou Ambrosio O'Higgins, il dirige la guerre d'indépendance chilienne et gouverne comme premier Directeur Suprême du Chili libre de 1817 à 1823.
Bernardo O'Higgins Riquelme est le fils illégitime d'Ambrosio O'Higgins, officier d'origine irlandaise au service de la Couronne espagnole, successivement Intendant de Concepción, gouverneur du Chili puis vice-roi du Pérou, et d'Isabel Riquelme, fille de Don Simón Riquelme y Goycolea, membre du cabildo de Chillán. Né le 20 août 1778, il n'est pas reconnu par son père et passe ses premières années dans la famille maternelle avant d'être confié, sur décision paternelle, à Juan Albano Pereira, paysan de Talca. De 10 à 12 ans, il reçoit une instruction auprès de maîtres franciscains. Envoyé à Lima vers 1793, il suit les cours du Colegio del Príncipe. Vers 1795, à 17 ans, il est dépêché à Londres pour compléter sa formation au Richmond College, avant de séjourner plusieurs années à Cadix. À Londres, il rencontre le révolutionnaire vénézuélien Francisco de Miranda, qui l'initie aux idéaux d'émancipation de l'Amérique espagnole, et adhère à la Loge Lautaro, organisation secrète vouée à l'indépendance des colonies espagnoles.
De retour au Chili en 1802, après la mort de son père, O'Higgins hérite de la Hacienda San José de Las Canteras et s'établit comme propriétaire terrien. Nommé maire de Chillán en 1804, il est élu député au premier Congrès national du Chili en 1811. Il entre en conflit avec José Miguel Carrera, rival politique et militaire. Son mentor Juan Mackenna, officier d'origine irlandaise, lui transmet ses premières connaissances militaires. À la bataille de El Roble (17 novembre 1813), il prend le commandement au moment décisif, ce qui lui vaut le grade de général en chef. La défaite de Rancagua (octobre 1814) l'oblige à s'exiler en Argentine, où il rencontre José de San Martín. Ensemble, ils franchissent la cordillère et remportent la victoire de Chacabuco (12 février 1817). Proclamé Directeur Suprême le 16 février 1817, O'Higgins signe la Déclaration d'indépendance le 12 février 1818, assure la victoire finale à Maipú le 5 avril 1818, fonde l'École militaire et confie la marine chilienne à l'amiral Lord Thomas Cochrane.
Pendant son mandat de Directeur Suprême (1817-1823), le gouvernement d'O'Higgins fut impliqué dans plusieurs exécutions politiques documentées. Les frères Juan José Carrera et Luis Carrera furent fusillés à Mendoza en 1818. Manuel Rodríguez Erdoíza, patriote populaire, fut assassiné à Tiltil la même année, sous les ordres de Bernardo de Monteagudo, proche collaborateur d'O'Higgins. José Miguel Carrera lui-même, arrêté par des partisans d'O'Higgins en Argentine, fut exécuté à Mendoza en juillet 1821 ; O'Higgins n'intervint pas pour empêcher cette exécution. Ces événements, documentés par l'Encyclopædia Britannica et les historiens chiliens Diego Barros Arana et Miguel Luis Amunátegui, alimentèrent une controverse durable sur l'exercice du pouvoir d'État. Sa constitution de 1822, perçue comme autocratique, accentua le mécontentement des provinces et conduisit à son renversement par Ramón Freire le 28 janvier 1823.
1778 : naissance le 20 août à Chillán, au Chili espagnol
v. 1793 : envoyé à Lima par son père ; suit les cours du Colegio del Príncipe
v. 1795 : études à Londres (Richmond College) ; rencontre Francisco de Miranda
1801 : mort de son père Ambrosio O'Higgins au Pérou
1802 : retour au Chili ; hérite de la Hacienda Las Canteras ; adopte le patronyme O'Higgins
1804 : nommé maire de Chillán
1811 : élu député au premier Congrès national du Chili
1813 : bataille de El Roble (17 novembre) ; promu général en chef des armées
1814 : défaite de Rancagua (1er-2 octobre) ; exil en Argentine avec Isabel Riquelme et Rosa Rodríguez y Riquelme
1817 : victoire de Chacabuco (12 février) ; proclamé Directeur Suprême (16 février) ; fondation de l'École militaire
1818 : signature de la Déclaration d'indépendance (12 février) ; victoire de Maipú (5 avril) ; fondation de la Première Escadre nationale avec Lord Thomas Cochrane
1821 : exécution de José Miguel Carrera à Mendoza (juillet)
1822 : tremblement de terre de Valparaíso ; promulgation d'une constitution controversée
1823 : abdication le 28 janvier face à la rébellion de Ramón Freire ; départ en exil au Pérou
1842 : mort à Lima le 24 octobre des suites de problèmes cardiaques, à l'âge de 64 ans
Bernardo O'Higgins est né de l'union illégitime d'Ambrosio O'Higgins, vice-roi irlandais du Pérou, et d'Isabel Riquelme, issue de l'aristocratie créole de Chillán. Son père, qui ne le rencontra jamais, le soutint financièrement sans reconnaître sa paternité. O'Higgins n'eut pas de mariage officiel. Son fils illégitime Pedro Demetrio O'Higgins (1817-1868) l'accompagna en exil au Pérou avec Isabel Riquelme et sa demi-soeur Rosa Rodríguez y Riquelme. Un documentaire de Pamela Pequeño (2001) signale également une fille prénommée Petronila (vers 1809), de sa liaison avec Patricia Rodríguez. Comme son père, O'Higgins ne reconnut officiellement aucun de ses enfants.
Durant son exil argentin (1814-1817), O'Higgins développa une amitié durable avec José de San Martín, compagnon de la Loge Lautaro. Juan Mackenna, officier irlandais et ancien client d'Ambrosio O'Higgins, avait été son premier mentor militaire, lui transmettant notamment des techniques de cavalerie. Juan Martínez de Rozas, proche de la famille O'Higgins à Concepción, fut l'un de ses premiers soutiens politiques. En exil au Pérou, O'Higgins entretint des relations avec Simón Bolívar, dont le gouvernement lui octroya deux haciendas à San Vicente de Cañete, près de Lima. Il s'engagea également dans la promotion de la vaccination contre la variole au Chili pendant son mandat.
En 1842, le Congrès national chilien vota pour autoriser le retour d'O'Higgins. Alors qu'il se rendait à Callao pour embarquer vers le Chili, il fut frappé de graves problèmes cardiaques et dut rebrousser chemin vers Lima. Il mourut le 24 octobre 1842, à l'âge de 64 ans. Les sources disponibles ne documentent pas les personnalités ayant rendu hommage lors des obsèques à Lima. Ses restes, d'abord inhumés au Pérou, furent rapatriés au Chili en 1869. En 1979, le général Augusto Pinochet ordonna leur transfert à l'Altar de la Patria, devant le Palacio de La Moneda à Santiago. En 2004, ils furent définitivement inhumés dans la Crypte du Libérateur, sous la Plaza de la Ciudadanía.
Les restes de Bernardo O'Higgins reposent depuis 2004 dans la Crypte du Libérateur, sous la Plaza de la Ciudadanía, devant le Palacio de La Moneda à Santiago du Chili. L'Avenida Libertador General Bernardo O'Higgins, artère principale de la capitale, et la Région du Libertador General Bernardo O'Higgins portent son nom. Un buste est érigé à Merrion Square à Dublin, en Irlande, en référence à ses origines irlandaises.
1 - Conservé aux archives de l'évêché de Concepción, son acte de baptême l'identifie simplement comme "Bernardo Higins", sans l'apostrophe familiale ni le préfixe irlandais, reflet discret de son statut de fils illégitime.
2 - Son père Ambrosio O'Higgins ne rencontra jamais Bernardo en personne : les deux hommes n'entretinrent qu'une relation épistolaire et financière, Ambrosio supervisant les études de son fils sans reconnaître sa paternité devant les autorités coloniales.
3 - À la bataille de Chacabuco (12 février 1817), O'Higgins chargea les royalistes en désobéissant au plan de manoeuvre de San Martín. Le colonel Miguel Estanislao Soler y vit une insubordination ; San Martín qualifia ultérieurement ce geste de décisif pour la victoire patriote.
4 - Dans une lettre datée du 12 novembre 1821, O'Higgins exposa à Lord Thomas Cochrane son projet d'étendre l'indépendance aux Philippines via la conquête de Guayaquil et des îles Galapagos ; ce plan fut abandonné lors de son exil forcé.
5 - Son patronyme est la forme anglicisée du nom irlandais gaélique Ó hUiginn, que les anglophones ne parvenaient pas à prononcer ; c'est sous cette forme que son père Ambrosio se fit connaître en Espagne puis au Chili.
6 - Tout officier chilien promu au grade de général reçoit une réplique du sabre de combat de Bernardo O'Higgins, tradition honorifique maintenue par les forces armées chiliennes.
- Métier(s) : Militaire (capitaine général), homme d'État
- Résidence principale : Chillán (Chili) puis Lima (Pérou) en exil
- Relations de couple : Patricia Rodríguez (relation non officielle)
- Enfants : Pedro Demetrio O'Higgins (1817-1868) ; Petronila (vers 1809, selon documentaire de 2001)
- Distinctions : Capitaine général (armée chilienne) ; Grand maréchal du Pérou ; Brigadier (Río de la Plata) ; Général (Grande Colombie)
Cette victoire et cent autres n'auront aucune signification si nous ne maîtrisons pas la mer.
— Déclaration après la bataille de Chacabuco, février 1817 (traduit de l'espagnol, d'après Encyclopædia Britannica, entrée «O'Higgins, Bernardo», 2008)
À moi jeunes gens ! Ou vivre avec honneur, ou mourir avec gloire ! Que les braves me suivent !
— Bataille de El Roble, 17 novembre 1813 (traduit de l'espagnol, d'après Diego Barros Arana, Historia general de Chile, tomo IX)
Au moins j'ai la consolation de laisser le Chili indépendant de toute domination étrangère, respecté à l'extérieur et couvert de gloire par ses faits d'armes.
— Discours d'abdication, Santiago, 28 janvier 1823 (traduit de l'espagnol, d'après Miguel Luis Amunátegui, La dictadura de O'Higgins)
L'Amérique est libre. Désormais, le général O'Higgins n'existe plus : je suis seulement Bernardo O'Higgins, un simple citoyen. Ma mission américaine est accomplie.
— Discours à Simón Bolívar lors des célébrations de la bataille d'Ayacucho, Lima, 1824 (traduit de l'espagnol, d'après Luis Valencia Avaria, O'Higgins, el buen genio de América, Universitaria, Santiago, 1980)