Stéphane Charbonnier, dit Charb, est un dessinateur satirique et journaliste français né le 21 août 1967 à Conflans-Sainte-Honorine. Directeur de la publication de Charlie Hebdo à partir de 2009, il est assassiné le 7 janvier 2015 lors de l'attentat islamiste qui frappe la rédaction du journal.
Stéphane Charbonnier grandit à Pontoise (Val-d'Oise), où il est scolarisé au collège des Louvrais avant d'intégrer le lycée Camille Pissarro. Il publie ses premiers dessins dans le journal du collège, sous le pseudonyme Charb, et obtient un baccalauréat A2 en 1987. Après un stage à La Gazette du Val-d'Oise et des collaborations à des publications locales, il suit une formation en BTS de publicité qu'il abandonne pour se consacrer entièrement au dessin. C'est grâce à Jean-Pierre Boudine, qui le remarque en 1987 lors de l'émission télévisée Droit de réponse, qu'il entre en contact avec le milieu de la presse. Charb contribue alors aux revues mathématiques Tangente et Quadrature, avant de rejoindre en 1991 l'hebdomadaire satirique La Grosse Bertha, fondé par Jean-Cyrille Godefroy. L'année suivante, il suit Philippe Val et Cabu, qui quittent ce journal pour relancer Charlie Hebdo, publication dont la première version avait cessé de paraître en 1981.
Au sein de Charlie Hebdo, Charb tient la rubrique « Charb n'aime pas les gens » et publie une chronique mensuelle dans la gazette de Fluide glacial. Il publie plusieurs séries en album, dont Maurice et Patapon (six tomes parus entre 2005 et 2013) et Marcel Keuf, le flic. En 2007 et 2008, il est dessinateur de plateau sur l'émission T'empêches tout le monde de dormir de Marc-Olivier Fogiel sur M6. Succédant à Philippe Val, il devient directeur de la publication de Charlie Hebdo en 2009, qu'il dirige en trio avec Riss et Gérard Biard. En 2011, après la publication d'un numéro intitulé « Charia Hebdo », les locaux sont incendiés et Charb placé sous protection policière permanente. En 2012, la parution de caricatures du prophète Mahomet lui vaut de nouvelles menaces de mort, et son nom est inscrit sur une liste de cibles publiée par la revue djihadiste Inspire. En 2013, il coécrit avec Zineb El Rhazoui La Vie de Mahomet, aux éditions Les Échappés.
1967 : naissance le 21 août à Conflans-Sainte-Honorine (Seine-et-Oise)
1987 : obtention du baccalauréat A2 au lycée Camille Pissarro de Pontoise
1987 : premières collaborations aux revues mathématiques Tangente et Quadrature
1991 : entrée à l'hebdomadaire satirique La Grosse Bertha
1992 : intègre la rédaction de Charlie Hebdo relancé par Philippe Val et Cabu
1995 : création des mascottes Quotillon et Rognons pour le journal Mon quotidien
2005 : parution du premier tome de Maurice et Patapon aux éditions Hoëbeke
2009 : nommé directeur de la publication de Charlie Hebdo, succédant à Philippe Val
2009 : publication de Marx, mode d'emploi avec Daniel Bensaïd aux éditions La Découverte
2011 : incendie des locaux de Charlie Hebdo après la parution du numéro « Charia Hebdo » ; placement sous protection policière
2012 : publication de caricatures du prophète Mahomet, menaces de mort reçues
2013 : coécrit La Vie de Mahomet avec Zineb El Rhazoui
2015 : assassiné le 7 janvier lors de l'attentat contre Charlie Hebdo, à Paris
2015 : décoration à titre posthume des insignes de chevalier de la Légion d'honneur (décret du 31 décembre 2015)
2023 : Pontoise baptise une rue en sa mémoire et lui décerne le titre de citoyen d'honneur
Stéphane Charbonnier est le fils de Michel Jean-Marie Charbonnier, technicien des Postes, télégraphes et téléphones (PTT), et de Denise Charbonnier, née Ouvrard, secrétaire. Il grandit à Pontoise, où ses parents résident. Charb se revendique publiquement comme « célibataire pur et dur ». Après l'attentat du 7 janvier 2015, Jeannette Bougrab, ancienne secrétaire d'État, se présente comme sa compagne. Son frère, Laurent Charbonnier, dément formellement, au nom de la famille, tout « engagement relationnel » entre eux. La relation est en revanche confirmée par l'entourage amical de Charb, notamment par Caroline Fourest et l'animateur Éric Jean-Jean.
Militant de longue date du Parti communiste français (PCF), Charb apporte son soutien au Front de gauche lors des élections européennes de 2009 et des régionales de 2010. En novembre 2011, il déclare sur le plateau de Laurent Ruquier dans On n'est pas couché que son candidat à la présidentielle de 2012 est Jean-Luc Mélenchon. Il illustre des ouvrages du philosophe Daniel Bensaïd et collabore avec le sociologue Philippe Corcuff pour une chronique littéraire. En 2012, Charb réalise une fresque dans les locaux du mouvement Femen à Clichy. Passionné de tir sportif, il demande sans succès une autorisation de port d'arme pour assurer sa protection.
Le 7 janvier 2015, les frères Saïd Kouachi et Chérif Kouachi, deux djihadistes français, pénètrent dans les locaux de la rédaction de Charlie Hebdo, rue Nicolas-Appert à Paris (11e arrondissement), en pleine conférence de rédaction. Les terroristes s'assurent que Charb est présent en le nommant et l'abattent en premier, avant de tirer sur les autres personnes présentes. Le policier assurant sa protection est également tué. L'attentat fait douze morts. La cérémonie d'hommage se tient le 16 janvier 2015 au hall Saint-Martin de Pontoise, en présence des ministres Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem et Fleur Pellerin, ainsi que de Jean-Luc Mélenchon et du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. Charb est inhumé dans la stricte intimité au cimetière de Pontoise.
Charb est inhumé au cimetière de Pontoise (Val-d'Oise), la ville où il a grandi et vécu. En 2023, Pontoise, qui l'avait fait citoyen d'honneur, baptise une rue en sa mémoire. En octobre 2025, la famille de Charb adresse une lettre au président Emmanuel Macron pour demander son entrée au Panthéon, demande soutenue publiquement par Riss, directeur de Charlie Hebdo.
1 - Charb a participé en 2010 à l'édition du Petit Larousse illustré, contribuant à une série de dessins humoristiques intégrés à un ouvrage de référence vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires.
2 - Charb a finalisé son essai Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes le 5 janvier 2015, deux jours seulement avant l'attentat qui le tue. L'ouvrage est publié à titre posthume en avril 2015.
3 - Passionné de tir sportif, Charb pratiquait cette activité dans le stand d'une association et avait formellement demandé une autorisation de port d'arme pour sa protection, qui lui avait été refusée par les autorités.
4 - En 1987, Jean-Pierre Boudine repère Charb dans le public de l'émission Droit de réponse, où le jeune homme lève des cartons dessinés. Il prend contact avec la régie et noue une collaboration durable avec lui pour les revues Tangente et Quadrature.
5 - Un amendement parlementaire dit « amendement Charb », porté par le groupe communiste et républicain au Sénat, est voté après sa mort pour permettre aux particuliers d'investir dans la presse avec un avantage fiscal de 30 à 50 %.
- Métier(s) : dessinateur satirique, journaliste, directeur de publication
- Résidence principale : Pontoise (Val-d'Oise)
- Relations de couple : non officiellement documentées
- Enfants : aucun
- Distinctions : chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume (décret du 31 décembre 2015)
Je n'ai pas l'impression d'égorger quelqu'un avec un feutre. Je ne mets pas de vies en danger.
— Propos recueillis par Télérama, janvier 2015
C'est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux.
— Interview Le Monde, 19 septembre 2012
En France, la liberté d'expression n'est pas assez utilisée par ceux qui ont les moyens de s'en servir.
— Interview diffusée en 2012, citée par Brut (août 2019) et Franceinfo (août 2018)
On a eu en vingt ans quatorze procès avec l'extrême droite catholique et un seul procès avec l'islam. Quel est le problème en France, c'est l'islam ou l'extrême droite catholique ?
— Interview AFP, septembre 2012, citée dans Le Point