Pianiste et compositrice allemande de l'époque romantique, Clara Schumann, née Wieck à Leipzig le 13 septembre 1819, mène une carrière de concertiste de soixante et un ans, épouse Robert Schumann en 1840 et inspire durablement Johannes Brahms.
Formée par son père Friedrich Wieck, Clara Wieck entre sur scène à neuf ans au Gewandhaus de Leipzig et donne ses débuts de soliste à onze ans. En 1830, elle entreprend une première grande tournée européenne et triomphe à Paris l'année suivante. Goethe la remarque à Weimar en 1831, et son répertoire intègre rapidement les œuvres de Frédéric Chopin, qui la complimente, ainsi que celles de Felix Mendelssohn, Niccolò Paganini et Hector Berlioz. Elle publie ses Quatre Polonaises opus 1 dès 1829, suivies des Soirées musicales opus 6 entre 1834 et 1836, saluées par Franz Liszt. En 1838, à dix-neuf ans, elle est nommée pianiste virtuose à la cour d'Autriche et élue membre de la Société philharmonique de Vienne. Son Concerto pour piano opus 7, écrit entre 1833 et 1835, est créé sous la direction de Mendelssohn au Gewandhaus.
Mariée à Robert Schumann le 12 septembre 1840, elle assure l'essentiel des revenus du couple par ses concerts et ses tournées en Allemagne, au Danemark et en Russie, où elle est reçue par la famille du tsar en 1844. Le 1er janvier 1846, elle crée à Leipzig le Concerto pour piano opus 54 de son mari sous la direction de Mendelssohn. En 1853, le jeune Johannes Brahms, présenté par le violoniste Joseph Joachim, fait son entrée chez les Schumann à Düsseldorf. Veuve en 1856, Clara Schumann s'impose comme l'une des grandes concertistes du XIXe siècle, réalise dix-neuf tournées en Angleterre et donne plus de mille trois cents concerts entre 1831 et 1889. À partir de 1878, elle enseigne au Conservatoire Hoch de Francfort jusqu'en 1892, formant notamment Mathilde Verne et Carl Friedberg.
1819 : naissance le 13 septembre à Leipzig
1828 : premier concert au Gewandhaus de Leipzig
1829 : publication des Quatre Polonaises opus 1
1838 : nommée pianiste virtuose à la cour d'Autriche
1840 : mariage avec Robert Schumann le 12 septembre à Schönefeld
1841 : naissance de sa première fille Marie
1846 : création du Concerto pour piano opus 54 de Robert Schumann à Leipzig
1853 : rencontre avec Johannes Brahms à Düsseldorf
1856 : décès de Robert Schumann le 29 juillet à Endenich
1878 : nomination au Conservatoire Hoch de Francfort
1881 : début de l'édition des œuvres complètes de Robert Schumann chez Breitkopf und Härtel
1891 : dernier concert public le 12 mars à Francfort
1892 : retrait de l'enseignement au Conservatoire Hoch
1896 : décès le 20 mai à Francfort-sur-le-Main
Clara Josephine Wieck naît dans une famille de musiciens. Sa mère Marianne Tromlitz est pianiste et soprano, son père Friedrich Wieck est professeur de piano et marchand de musique à Leipzig. Le divorce de ses parents en 1824 la sépare de sa mère, qui se remarie avec Adolph Bargiel à Berlin et donne naissance au compositeur Woldemar Bargiel, demi-frère de Clara. Sa demi-sœur Marie Wieck devient également pianiste et compositrice. Retirée de l'école publique, Clara reçoit de son père une formation intensive en théorie, harmonie, contrepoint, composition, chant et violon. Le 12 septembre 1840, elle épouse Robert Schumann à Schönefeld, après une bataille judiciaire engagée contre l'opposition de son père.
De son union avec Robert naissent huit enfants entre 1841 et 1854 : Marie, Elise, Julie, Emil, Ludwig, Ferdinand, Eugenie et Felix. Quatre meurent avant elle, dont Felix de tuberculose en 1879 et Julie en 1872 en couches. Sa fille Eugenie partage sa vie avec la cantatrice Marie Fillunger. Au-delà du cercle familial, Clara entretient une amitié constante avec le violoniste Joseph Joachim, la cantatrice Pauline Viardot et la soprano Jenny Lind. Sa relation avec Johannes Brahms, de quatorze ans son cadet, se poursuit par une correspondance suivie jusqu'à sa mort. Elle consacre les dernières décennies de sa vie à éditer les œuvres complètes de son mari chez Breitkopf und Härtel, publiées en trente-quatre volumes entre 1881 et 1893.
Le 26 mars 1896, Clara Schumann est victime d'un accident vasculaire cérébral à Francfort-sur-le-Main. Affaiblie depuis plusieurs années par la surdité et contrainte par moments de se déplacer en chaise roulante, elle ne se remet pas de l'attaque. Elle meurt à son domicile francfortois le 20 mai 1896, à l'âge de soixante-seize ans. Ses filles Marie et Eugenie, ainsi que Johannes Brahms, sont à ses côtés ou la rejoignent dans les derniers jours. Selon une tradition rapportée par plusieurs sources, c'est en écoutant son petit-fils Ferdinand interpréter la Romance en fa majeur opus 28 numéro 2 de Robert Schumann qu'elle s'éteint. Brahms, profondément éprouvé par sa disparition, meurt onze mois plus tard.
Clara Schumann est inhumée aux côtés de son époux Robert Schumann au Vieux-Cimetière de Bonn (Alter Friedhof), conformément à ses dernières volontés. La sépulture commune, surmontée d'un monument funéraire dû au sculpteur Adolf von Donndorf, demeure un lieu de pèlerinage musical fréquenté.
1 - Mutique jusqu'à l'âge de huit ans à la suite de la séparation traumatique d'avec sa mère en 1824, Clara Wieck ne prononce ses premiers mots qu'après avoir commencé à étudier le piano avec son père.
2 - Son répertoire de concertiste compte plus de trois cents œuvres de trente-sept compositeurs différents, ce qui en fait l'un des répertoires les plus vastes de son siècle.
3 - Lors de son dernier concert anglais en 1888 à Londres, le public lui offre plus de cent cinquante bouquets de fleurs déposés sur la scène en hommage à ses tournées britanniques entamées dès 1856.
4 - Elle figure parmi les premières interprètes à jouer en concert sans partition, dès l'âge de treize ans, une pratique que son père lui imposait et qui devient ensuite un standard du récital pianistique.
5 - À sa demande, sa fille aînée Marie convainc Clara de ne pas brûler la correspondance qu'elle avait échangée avec Brahms, lettres que la pianiste avait reçues en retour pour destruction.
6 - L'effigie de Clara Schumann a figuré au verso du billet allemand de cent deutsche marks émis entre 1989 et 2002, jusqu'au passage à l'euro.
- Métier(s) : pianiste, compositrice, professeure de piano
- Résidence principale : Francfort-sur-le-Main de 1878 à 1896
- Relations de couple : épouse de Robert Schumann (1840-1856), amitié durable avec Johannes Brahms
- Enfants : Marie (1841), Elise (1843), Julie (1845), Emil (1846), Ludwig (1848), Ferdinand (1849), Eugenie (1851), Felix (1854)
- Distinctions : pianiste virtuose à la cour d'Autriche (1838), membre de la Société philharmonique de Vienne (1838)
Utilisez les minutes, elles sont irrécupérables.
— Recommandation adressée par Clara Schumann à ses enfants, citée par Deutschland.de (traduit de l'allemand)
La pratique de l'art est une grande partie de mon moi, c'est l'air que je respire.
— Note personnelle de Clara Schumann, citée par le ministère allemand des Affaires étrangères (traduit de l'allemand)
Il fut un temps où je croyais posséder un talent créateur, mais je suis revenue de cette idée. Une femme ne doit pas prétendre composer. Aucune encore n'a été capable de le faire, pourquoi serais-je une exception ?
— Journal personnel de Clara Schumann, cité dans la correspondance, vers 1839 (traduit de l'allemand)
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— Recommandation adressée par Clara Schumann à ses enfants, citée par Deutschland.de (traduit de l'allemand)
La pratique de l'art est une grande partie de mon moi, c'est l'air que je respire.
— Note personnelle de Clara Schumann, citée par le ministère allemand des Affaires étrangères (traduit de l'allemand)
Il fut un temps où je croyais posséder un talent créateur, mais je suis revenue de cette idée. Une femme ne doit pas prétendre composer. Aucune encore n'a été capable de le faire, pourquoi serais-je une exception ?
— Journal personnel de Clara Schumann, cité dans la correspondance, vers 1839 (traduit de l'allemand)