Niccolò Paganini, né le 27 octobre 1782 à Gênes et mort le 27 mai 1840 à Nice, est un violoniste, altiste, guitariste et compositeur génois du XIXe siècle. Auteur des Vingt-quatre Caprices op. 1 et de six concertos pour violon, il a transformé la technique de l'instrument et inspiré le romantisme musical européen.
Troisième fils d'Antonio Paganini, docker génois et joueur amateur de mandoline, Niccolò Paganini apprend la mandoline à cinq ans puis le violon à sept, sous la direction stricte de son père. Ses premiers maîtres sont Giovanni Cervetto puis Giacomo Costa, premier violon du théâtre de Gênes. Il donne son premier concert public en 1795 au théâtre San Agostino. Recommandé par le marquis Gian Carlo Di Negro, il étudie à Parme auprès d'Alessandro Rolla, puis suit des leçons de composition avec Ferdinando Paër et Gasparo Ghiretti. En 1796, il découvre L'Arte del violino de Pietro Locatelli, qui marque durablement sa technique. À dix-huit ans, il s'installe à Lucques pour une dizaine d'années et compose pour violon et guitare plus d'une centaine de pièces, étudiant intensément ce second instrument.
Nommé premier violon de l'orchestre lucquois, il devient ensuite virtuose de la Chambre d'Élisa Bonaparte Baciocchi, sœur de Napoléon, qui dirige la principauté. Il compose vers 1805 les Vingt-quatre Caprices pour violon seul, immédiatement jugés injouables par ses contemporains. En 1816, il achève son premier Concerto pour violon. Sa rencontre avec Gioachino Rossini à Bologne ouvre une longue amitié. En 1828, il quitte l'Italie pour Vienne sur l'invitation du chancelier Metternich : début d'une renommée européenne de six années. À Varsovie en 1829, Frédéric Chopin assiste à un de ses concerts. À Paris en 1831, il donne dix concerts en cinq semaines et commande à Hector Berlioz une œuvre pour alto, dont sortira la symphonie Harold en Italie.
1782 : naissance à Gênes le 27 octobre, baptême à l'église San Salvatore le lendemain.
1795 : premier concert public au théâtre San Agostino de Gênes.
1796 : découverte de L'Arte del violino de Pietro Locatelli ; études brèves avec Alessandro Rolla à Parme.
1801 : installation à Lucques pour une dizaine d'années.
1805 : nomination comme virtuose de la Chambre auprès d'Élisa Bonaparte Baciocchi.
1816 : achèvement du premier Concerto pour violon.
1820 : publication des Vingt-quatre Caprices op. 1 chez Ricordi.
1825 : nomination chevalier de l'Éperon d'or par le pape Léon XII ; naissance de son fils Achille à Palerme.
1826 : composition du deuxième Concerto pour violon contenant La Campanella.
1828 : départ pour Vienne, première tournée hors d'Italie ; l'empereur le nomme Kammervirtuos.
1831 : début parisien triomphal, dix concerts en cinq semaines ; voyage à Londres.
1834 : retour en Italie ; achat d'une villa près de Parme ; nomination comme conseiller de l'orchestre ducal par Marie-Louise d'Autriche.
1837 : participation à l'établissement du Casino Paganini à Paris.
1840 : mort à Nice le 27 mai, au 23 rue de la Préfecture.
Niccolò Paganini naît dans une famille modeste de Gênes. Son père Antonio Paganini, docker au port et joueur amateur de mandoline, lui impose un apprentissage musical sévère dès cinq ans. Sa mère, Teresa Bocciardo, est elle aussi amatrice de musique. Son frère aîné Carlo, né en 1778, devient également violoniste et joue à ses côtés dans l'orchestre républicain de Lucques. Il a deux sœurs documentées, Nicoletta et Domenica, cette dernière née en 1788. À treize ans, Niccolò est recommandé par le marquis génois Gian Carlo Di Negro auprès d'Alessandro Rolla à Parme. Il n'est jamais marié, mais sa liaison avec la chanteuse Antonia Bianchi donne naissance en juillet 1825 à Palerme à son unique enfant, Achille Ciro Alessandro Paganini.
Paganini compte parmi ses cercles d'amitiés professionnelles Gioachino Rossini, rencontré à Bologne, ainsi que Hector Berlioz, à qui il offre en 1838 un chèque de vingt mille francs accompagné d'un mot saluant son génie. Il fréquente également Felix Mendelssohn, qui réalise à Londres la partie de guitare au piano d'un de ses Terzetti. Son seul véritable disciple est le violoniste génois Camillo Sivori, à qui il cède en 1840 la copie de son violon réalisée par Jean-Baptiste Vuillaume. À Weimar, en 1830, il rencontre Robert Schumann, qui composera des Études d'après ses Caprices, ainsi que Johann Wolfgang von Goethe. Son fidèle correspondant et avocat tout au long de sa vie est Luigi Guglielmo Germi, lui-même violoniste amateur.
La santé de Niccolò Paganini se détériore à partir des années 1820. Diagnostiqué syphilitique en 1822, il subit des traitements au mercure et à l'opium qui lui font perdre ses dents en 1828. Il est traité pour tuberculose à Paris en 1834. À partir de 1838, il perd progressivement la voix en raison d'une affection du larynx que plusieurs sources qualifient de cancéreuse. Il meurt le 27 mai 1840 à l'âge de 57 ans dans son appartement du 23 rue de la Préfecture, dans le Vieux Nice. L'évêque de Nice, Dominique Galvano, accusant Paganini d'impiété pour avoir refusé l'extrême-onction, lui interdit l'enterrement religieux et l'inhumation en terre consacrée. Le comte Spitalieri de Cessole, son ami et élève, fait alors embaumer le corps. Une plaque commémorative en italien est apposée sur la façade du domicile niçois.
Le corps de Niccolò Paganini connaît un périple de plusieurs décennies entre Nice, le cap Ferrat, Villefranche, la maison paternelle de Romairone près de Gênes puis la villa Paganini à Gaione. En 1876, le pape Pie IX réhabilite le compositeur et son corps est transféré au cimetière de la Steccata à Parme, avant d'être déplacé dans un monument du cimetière de la Villetta de Parme, où il repose aujourd'hui.
1 - À Gênes en 1814, accusé d'enlèvement par le père de la jeune Angiolina Cavanna qu'il avait emmenée à Parme, Paganini passe quelques jours en prison, incident décrit en langue populaire italienne comme étant « au violon ».
2 - Son violon préféré, surnommé « Il Cannone » pour la puissance de son timbre, est un Guarneri del Gesù de 1743 qui lui fut offert vers 1802 à Livourne par un mécène français nommé Livron, après avoir mis en gage son propre instrument pour cause de dettes de jeu.
3 - Passionné de cuisine italienne, il rédige en 1837 une recette personnelle de ravioli à la sauce tomate, considérée comme l'une des premières documentées de ce plat.
4 - Lors de son premier concert à la cathédrale de Lucques en 1801, il imite sur son violon des cris d'animaux, le chant des oiseaux et le son de différents instruments à vent, provoquant l'hilarité du public et la stupéfaction des autorités religieuses.
5 - Le luthier parisien Jean-Baptiste Vuillaume réalise en 1833 une copie quasi identique du « Cannone » lors d'une réparation ; Paganini la cède à Camillo Sivori en 1840 pour cinq cents francs, somme aussitôt renvoyée à Vuillaume en signe de gratitude.
6 - Sa morphologie particulière, marquée par une hyperlaxité ligamentaire des mains, a fait évoquer par certains médecins le syndrome de Marfan ou le syndrome d'Ehlers-Danlos, sans diagnostic médical définitif.
- Métier(s) : violoniste, altiste, guitariste, compositeur
- Résidence principale : Gênes, Lucques, Parme, Nice
- Relations de couple : liaison avec Antonia Bianchi (vers 1824-1828) ; aventures avec Angiolina Cavanna (1814) et projet de mariage non abouti avec Charlotte Watson (1834)
- Enfants : Achille Ciro Alessandro Paganini (né en juillet 1825)
- Distinctions : chevalier de l'Éperon d'or (1825, par Léon XII) ; membre honoraire de l'Académie nationale Sainte-Cécile ; Kammervirtuos de l'empereur d'Autriche (1828)
Ici, on apprécie la vraie musique.
— Lettre de Niccolò Paganini à Luigi Guglielmo Germi, depuis Vienne, 1828 (traduit de l'italien)
Beethoven mort, il n'y avait que Berlioz qui pût le faire revivre.
— Mot manuscrit accompagnant un chèque de Paganini à Hector Berlioz, fin 1838 (traduit de l'italien)
Ce fut le début et l'origine même de ma prédilection pour la corde de sol. Je progressai de jour en jour jusqu'à ce que finalement, je maîtrise complètement ce style d'exercice.
— Autobiographie de Niccolò Paganini, transcrite par Peter Lichtenthal (traduit de l'italien)
Quatre ans avant le couronnement de Napoléon à Milan, je me rendis à Lucques pour la célèbre solennité religieuse de la Sainte-Croix ; selon les statuts, je fus soumis à un examen, et tous se moquaient de mon long archet et de la grosse armature de mes cordes.
— Autobiographie de Niccolò Paganini, transcrite par Peter Lichtenthal (traduit de l'italien)
Ici, on apprécie la vraie musique.
— Lettre de Niccolò Paganini à Luigi Guglielmo Germi, depuis Vienne, 1828 (traduit de l'italien)
Beethoven mort, il n'y avait que Berlioz qui pût le faire revivre.
— Mot manuscrit accompagnant un chèque de Paganini à Hector Berlioz, fin 1838 (traduit de l'italien)
Ce fut le début et l'origine même de ma prédilection pour la corde de sol. Je progressai de jour en jour jusqu'à ce que finalement, je maîtrise complètement ce style d'exercice.
— Autobiographie de Niccolò Paganini, transcrite par Peter Lichtenthal (traduit de l'italien)
Quatre ans avant le couronnement de Napoléon à Milan, je me rendis à Lucques pour la célèbre solennité religieuse de la Sainte-Croix ; selon les statuts, je fus soumis à un examen, et tous se moquaient de mon long archet et de la grosse armature de mes cordes.
— Autobiographie de Niccolò Paganini, transcrite par Peter Lichtenthal (traduit de l'italien)