Luigi Boccherini, né en 1743 et mort en 1805, est un compositeur et violoncelliste italien de la période classique. Contemporain de Haydn et Mozart, il a développé un style galant caractérisé par une douceur mélodique et une virtuosité instrumentale, bien que son œuvre abondante soit souvent résumée à son célèbre Menuet.
Né à Lucques (Lucca) en Toscane dans une famille de musiciens, Luigi Boccherini montre très tôt des dispositions pour le violoncelle. Après des études à Rome et des débuts dans l'orchestre de sa ville natale, il entame une carrière itinérante qui le mène à Vienne puis à Paris en 1767, où il publie ses premières œuvres et acquiert une renommée internationale. Séduit par les promesses de l'ambassadeur d'Espagne, il s'installe à Madrid en 1768, un choix qui l'éloignera des grands centres musicaux européens mais lui offrira une relative stabilité.
Il entre au service de l'Infant Don Luis, frère du roi Charles III, pour qui il compose une grande quantité de musique de chambre, notamment des quintettes à cordes. Après la mort de son protecteur en 1785, il obtient une pension du roi Frédéric-Guillaume II de Prusse, lui-même violoncelliste amateur. La fin de sa vie est assombrie par la perte de ses mécènes et des problèmes de santé. Malgré le soutien tardif de Lucien Bonaparte, il meurt dans une grande précarité, laissant une œuvre riche de plus de 500 pièces.
1743 : Naissance à Lucques (Italie).
1757 : Études de violoncelle à Rome.
1767 : Voyage à Paris et publication de ses premiers trios et quatuors.
1768 : Installation définitive en Espagne.
1770 : Entre au service de l'Infant Don Luis comme compositeur de la chambre.
1785 : Décès de l'Infant ; devient compositeur de la chambre du roi de Prusse.
1799 : Dédie des œuvres à Lucien Bonaparte, mécène français à Madrid.
1805 : Décès à Madrid (Espagne).
La vie privée de Luigi Boccherini est marquée par l'amour et le deuil. Il épouse en premières noces Clementina Pelicho, chanteuse soprano, avec qui il a sept enfants. Après la mort de celle-ci en 1785, il se remarie en 1787 avec Joaquina Porreti, fille d'un violoncelliste. Il voit mourir successivement ses deux épouses et plusieurs de ses enfants, des tragédies qui accentuent sa mélancolie. Isolé à la cour d'Espagne, il a cultivé un style personnel, donnant au violoncelle un rôle mélodique de premier plan.
Luigi Boccherini s'éteint le 28 mai 1805 à Madrid, à l'âge de 62 ans, probablement des suites d'une tuberculose pulmonaire. Il est inhumé dans la fosse commune de l'église San Justo à Madrid. En 1927, ses restes sont exhumés et rapatriés dans sa ville natale de Lucques, où ils reposent dans la basilique San Francesco.
Né à Lucques (Italie), Boccherini a passé l'essentiel de sa vie en Espagne, notamment à Madrid et au palais royal d'Aranjuez, résidence de son mécène l'Infant Don Luis.
Son célèbre Menuet (tiré du Quintette à cordes en mi majeur, op. 11 n° 5) est devenu si populaire de son vivant que Boccherini en était agacé, se plaignant que le public ne voulait entendre que cette courte pièce au détriment de ses compositions plus sérieuses.
Le violoniste Giuseppe Puppo l'a affublé d'un surnom : « La femme de Haydn », suggérant que sa musique ressemblait à celle de Haydn, mais avec plus de douceur.
Il a introduit une innovation dans la musique de chambre : le quintette à deux violoncelles, lui permettant de jouer lui-même la partie de premier violoncelle tout en étant soutenu par une basse solide.
Une légende raconte que le roi Charles III d'Espagne, agacé par un passage répétitif dans une de ses œuvres, lui aurait demandé de le changer. Boccherini aurait au contraire doublé la longueur du passage.
Je sais bien que la musique est faite pour parler au cœur de l'homme ; et c'est à quoi je m'efforce de parvenir autant que je le puis : la musique sans sentiment est insignifiante.
— Lettre à Marie-Joseph Chénier, 1799 - Source citée par le Centro Studi Boccherini
Je sais bien que la musique est faite pour parler au cœur de l'homme ; et c'est à quoi je m'efforce de parvenir autant que je le puis : la musique sans sentiment est insignifiante.
— Lettre à Marie-Joseph Chénier, 1799 - Source citée par le Centro Studi Boccherini