François Ravaillac

1577–1610 · † à 33 ans
Naissance
1577
Angoulême (16), France
Décès
27 mai 1610
exécution par écartèlement
Nationalité

Biographie

François Ravaillac est un régicide français né en 1577 à Angoulême et exécuté le 27 mai 1610 en place de Grève à Paris. Catholique fanatisé hanté par des visions mystiques, il assassine le roi Henri IV de trois coups de couteau rue de la Ferronnerie, le 14 mai 1610.


Parcours

Fils cadet de Jean Ravaillac, secrétaire greffier du maire d'Angoulême, et de Françoise Dubreuil, François Ravaillac grandit dans une région d'Angoumois traumatisée par les guerres de religion. Ses oncles maternels, Julien et Nicolas Dubreuil, chanoines à la cathédrale d'Angoulême, lui enseignent la lecture et l'écriture tout en lui inculquant la haine des Huguenots. Dès l'âge de onze ans, il travaille comme valet de chambre et clerc chez Maître Du Port des Rosiers, conseiller au siège présidial d'Angoulême. En 1595, il devient coursier judiciaire pour un procureur angoumoisin, ce qui l'amène à se rendre fréquemment à Paris. Vers 1602, âgé de 25 ans, il s'installe dans la capitale où il sert quatre années durant de correspondant à son employeur. La famille, ruinée par la conduite de son père, sombre progressivement dans la misère.

En 1606, Ravaillac abandonne son emploi pour tenter d'entrer dans l'Ordre strict des Feuillants comme frère convers. Il en est expulsé après quelques semaines en raison de ses écrits faisant référence à l'« éternelle Providence ». Le jour même de son exclusion, il tente sans succès de rejoindre la Compagnie de Jésus rue Saint-Antoine, mais le père supérieur est absent. De retour à Angoulême, il devient maître d'école et enseigne le catéchisme à 80 enfants. Très mal payé, le plus souvent en nature, il est emprisonné pour dettes à la fin de l'année 1608. À sa sortie, hanté depuis 1606 par des visions mystiques, il s'estime convié à une guerre sainte contre l'Antéchrist Henri IV. Il monte à Paris à la Pentecôte 1609, sans parvenir à rencontrer le roi.


Controverse

Le procès de Ravaillac devant le Parlement de Paris, qui dure dix jours, conclut à l'acte isolé d'un fanatique catholique. Soumis quatre fois à la question, notamment au supplice des brodequins, l'accusé maintient avoir agi seul. Plusieurs historiens contestent néanmoins cette version. Le journaliste Jean-François Bège estime que le régicide aurait été manipulé et secondé par une seconde équipe. L'hypothèse d'un complot fomenté à Bruxelles fut envisagée dès les jours suivant la mort du roi : lors des interrogatoires, il fut demandé à Ravaillac quand il s'était rendu à Bruxelles. L'historien François Pernot, dans son ouvrage de 2010, rejette en revanche la thèse du complot. Le débat historiographique demeure ouvert.


Repères chronologiques

1577 : naissance à Angoulême
1588 : Jean Ravaillac, son père, perd son poste de greffier après une tentative d'assassinat contre le duc d'Épernon
1595 : devient coursier judiciaire pour un procureur d'Angoulême
1602 : s'installe à Paris comme correspondant juridique
1606 : entre puis est exclu de l'Ordre des Feuillants, premières visions mystiques
1608 : emprisonnement pour dettes à Angoulême
1609 : vision lui ordonnant de tuer Henri IV, premier voyage régicide à Paris à la Pentecôte
1609 : seconde tentative à Noël, sans succès
10 mai 1610 : repas à Angoulême chez Hélie Béliard, ancien conseiller du roi, où il apprend les projets militaires d'Henri IV
14 mai 1610 : assassinat d'Henri IV rue de la Ferronnerie à Paris
14-17 mai 1610 : détention à l'Hôtel de Retz puis chez le duc d'Épernon
17 mai 1610 : transfert à la Conciergerie
27 mai 1610 : condamnation par le Parlement de Paris, supplice et écartèlement en place de Grève


Vie personnelle et engagements

François Ravaillac naît dans une famille de la bourgeoisie de robe angoumoisine en déclin. Son père, Jean Ravaillac, secrétaire greffier du maire d'Angoulême, sombre dans l'alcool après avoir perdu son poste en 1588 pour participation à une tentative d'assassinat contre Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d'Épernon. Sa mère, Françoise Dubreuil, illettrée mais profondément pieuse, est la sœur des chanoines Julien et Nicolas Dubreuil. Son frère aîné Geoffroy Ravaillac, praticien, se fait connaître par sa brutalité et ses démêlés judiciaires. La famille occupe d'abord une maison de la paroisse Saint-Paul à Angoulême avant de devoir en louer le rez-de-chaussée. François ne se marie pas et n'a pas d'enfants connus.

Ses convictions religieuses dominent toute son existence. Catholique mystique, il aide sa mère à obtenir la séparation de ses biens d'avec son père, lequel avait installé une concubine dans leur logis de Magnac-sur-Touvre, à l'est d'Angoulême. À Paris, il sollicite le Père d'Aubigny, jésuite de la rue Saint-Antoine, pour confesser son intention régicide. Le religieux tente de le tempérer et lui conseille de retourner dans son pays. Sur le chemin du retour, devant un Christ crucifié à Étampes, Ravaillac se persuade à nouveau de la nécessité de son acte. Ses lectures sont marquées par les théoriciens du tyrannicide, notamment Jean de Salisbury.


Contexte du décès

François Ravaillac est exécuté le 27 mai 1610 en place de Grève à Paris, après dix jours de procès. Le Parlement de Paris le condamne pour le crime de lèse-majesté divine et humaine au premier chef. Auparavant, il est soumis à quatre reprises à la question, notamment au supplice des brodequins. Avant le supplice, il se confesse auprès des docteurs en Sorbonne Jean Filesac et Gamaches. L'arrêt prévoit qu'il soit tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, que sa main droite tenant le couteau soit brûlée au soufre, que du plomb fondu et de l'huile bouillante soient versés sur les plaies, puis qu'il soit écartelé par quatre chevaux. Ses membres réduits en cendres sont jetés au vent.


Lieux de mémoire

Aucune sépulture n'existe : conformément à l'arrêt du Parlement, le corps de François Ravaillac fut entièrement consumé par le feu, ses cendres dispersées et le reste de sa dépouille démembré par la foule en place de Grève. Sa maison natale à Angoulême fut rasée par décision judiciaire, avec interdiction de bâtir sur l'emplacement. Le couteau du crime est conservé par la famille de Caumont La Force.


Anecdotes

1 - L'arrêt du Parlement de Paris du 27 mai 1610 interdit à perpétuité aux frères, sœurs, oncles et neveux de François Ravaillac de porter le nom de Ravaillac, sous peine de mort. Son frère Geoffroy prend alors le patronyme de Montalque.
2 - Ses parents, Jean Ravaillac et Françoise Dubreuil, sont condamnés à l'exil. Ils s'établissent dans le hameau isolé de Rosnay, sur l'actuelle commune de Lavigny dans le Jura, alors en Franche-Comté espagnole. Leur nom s'y transforme en Ravaillard puis Ravoyard.
3 - Le couteau utilisé pour le régicide fut récupéré par Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force, présent dans le carrosse royal. L'arme, longue de 36 cm avec une lame de 26 cm et un manche en corne de cerf, fut conservée au château de La Force jusqu'à sa destruction en 1793.
4 - Ravaillac avait volé son couteau dans une auberge parisienne près des Quinze-Vingts. Hésitant après son larcin, il en épointa la lame, avant de la réparer lors d'un arrêt à Étampes devant un Christ crucifié.
5 - Avant son passage à l'acte, il enseignait le catéchisme à 80 enfants à Angoulême. Payé le plus souvent en nature par dons de nourriture, il vivait dans un état proche de la mendicité.
6 - En septembre 2025, le poignard attribué au régicide fut exposé publiquement à La Force, en Dordogne, pour la première fois depuis plus de cent ans, dans le cadre de l'exposition Les Caumont et La Force, une grande histoire.


Points clés

- Métier(s) : coursier judiciaire, frère convers, maître d'école, régicide
- Résidence principale : Angoulême, puis Paris à partir de 1602
- Relations de couple : célibataire, sans union connue
- Enfants : aucun enfant connu
- Distinctions : condamné à mort par le Parlement de Paris pour le crime de lèse-majesté divine et humaine au premier chef

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Questions autour de François Ravaillac

Qui est François Ravaillac ?
François Ravaillac est un régicide français né en 1577 à Angoulême, qui a assassiné le roi Henri IV de trois coups de couteau le 14 mai 1610, rue de la Ferronnerie à Paris.
Pourquoi François Ravaillac a-t-il tué Henri IV ?
Catholique fanatisé hanté par des visions mystiques, François Ravaillac considérait Henri IV comme un tyran favorable aux protestants. Il interprétait les projets militaires du roi dans la succession de Clèves et Juliers comme le début d'une guerre contre le pape.
Comment François Ravaillac a-t-il été exécuté ?
François Ravaillac a été écartelé en place de Grève à Paris le 27 mai 1610, après avoir été tenaillé, brûlé au soufre, au plomb fondu et à l'huile bouillante. Ses cendres furent dispersées au vent.
François Ravaillac a-t-il agi seul dans l'assassinat d'Henri IV ?
Lors de son procès devant le Parlement de Paris, François Ravaillac a affirmé avoir agi seul, accomplissant une mission divine. Certains historiens contemporains comme Jean-François Bège évoquent néanmoins l'hypothèse d'un complot, contestée par François Pernot.
Qu'est devenue la famille de François Ravaillac après son exécution ?
Les frères et sœurs de François Ravaillac ont été contraints de changer de nom sous peine de mort. Ses parents furent exilés et s'établirent à Rosnay, dans l'actuel Jura, où le patronyme se transforma en Ravaillard puis Ravoyard.
À quel âge est mort François Ravaillac ?
François Ravaillac est mort à environ 33 ans, le 27 mai 1610.
Qui est mort le même jour que François Ravaillac ?
Robert Koch, Joseph Gallieni, Joseph Swan, Małgorzata Dydek et Niccolò Paganini sont morts le 27 mai comme François Ravaillac.
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