Cette année marque le 10ᵉ anniversaire de sa disparition.
Jean-Claude Decaux, industriel français né le 15 septembre 1937 à Beauvais et mort le 27 mai 2016 à Neuilly-sur-Seine, est l'inventeur de l'Abribus publicitaire et le fondateur en 1964 du groupe JCDecaux, devenu le numéro un mondial du mobilier urbain et de la communication extérieure.
Fils de marchands de chaussures à Beauvais, dans l'Oise, Jean-Claude Decaux est élevé par sa grand-mère. À quinze ans, profitant de l'absence de son père, il placarde dans la ville des affiches pour le magasin familial et en écoule rapidement le stock. Sans diplôme, autodidacte, il se fait émanciper à dix-huit ans et fonde en 1955 une société spécialisée dans les placards publicitaires d'autoroutes, accompagné de ses frères Jean-Pierre et Jean-Marie. En 1964, le législateur français durcit la réglementation et la fiscalité de l'affichage routier, menaçant son activité. La même année, il invente le concept de l'Abribus financé par la publicité : la municipalité ne dépense pas d'argent public, l'annonceur prend en charge le support en échange de l'espace publicitaire. Le premier abri est installé à Lyon, bientôt suivi par Grenoble, Angers et Poitiers.
En 1974, Jean-Claude Decaux lance les panneaux directionnels caissonnés à éclairage intérieur, puis en 1981 les premiers journaux électroniques d'information urbains. À partir des années 1990, il s'entoure d'architectes et de designers de renom pour habiller le mobilier urbain : Jean-Michel Wilmotte dessine les colonnes Morris, Norman Foster les Abribus, Philippe Starck, Patrick Jouin, Martin Szekely et Mario Bellini interviennent sur d'autres gammes. En 1999, il rachète à Vivendi l'afficheur Avenir pour près de six milliards de francs, prenant pied dans la publicité des transports. En 2000, il transmet la direction générale à ses fils Jean-François et Jean-Charles Decaux et prend la présidence du conseil de surveillance. JCDecaux entre en Bourse en 2001. En 2005, il déploie les Vélo'v à Lyon, puis remporte en 2007, face à Clear Channel, la concession parisienne baptisée Vélib'.
1937 : naissance à Beauvais, dans l'Oise
1955 : émancipation à dix-huit ans et création d'une société d'affichage publicitaire routier
1964 : invention du concept d'Abribus financé par la publicité, premier installé à Lyon
1974 : lancement des panneaux directionnels caissonnés éclairés
1980 : conception de la Sanisette, toilette publique autonettoyante, pour la ville de Paris
1981 : lancement des premiers journaux électroniques d'information municipaux
1995-1997 : financement de la réhabilitation du village de Colombey-les-Deux-Églises
1999 : rachat d'Avenir à Vivendi pour près de six milliards de francs
2000 : transmission de la direction générale à ses fils Jean-François et Jean-Charles Decaux
2001 : introduction en Bourse de JCDecaux Holding
2005 : déploiement des Vélo'v à Lyon
2007 : remporte la concession parisienne et déploie le Vélib'
2013 : retrait de la présidence du conseil de surveillance, confiée à son fils Jean-Charles
2015 : fortune personnelle estimée à 6,2 milliards de dollars par Forbes
2016 : décès le 27 mai à Neuilly-sur-Seine, à l'âge de 78 ans
Jean-Claude Decaux grandit à Beauvais, dans une famille de commerçants modestes de l'Oise, ses parents tenant un magasin de chaussures. Il est élevé en grande partie par sa grand-mère, comme nombre d'enfants de commerçants de l'immédiat après-guerre. Sans diplôme universitaire, il quitte tôt le système scolaire pour se lancer dans les affaires. Marié à vingt ans à Danièle Piraud, fille de vendeurs d'électroménager, il devient père de trois garçons : Jean-François, Jean-Charles et Jean-Sébastien Decaux. Tous trois rejoignent l'entreprise familiale et en assurent aujourd'hui la direction. La famille réside principalement à Paris, dans les beaux quartiers de l'Ouest parisien, et Decaux finit ses jours à Neuilly-sur-Seine.
Jean-Claude Decaux s'est lié au village de Colombey-les-Deux-Églises, en Haute-Marne, où il possédait un relais de chasse et une propriété. De 1995 à 1997, il contribue financièrement, via une association qui collecte environ 3,5 millions d'euros, à la réhabilitation du village historiquement associé à Charles de Gaulle : façades, voiries et enfouissement des lignes électriques. Sa propriété de Colombey est revendue en 2005 à Gérard Natali. Il a publiquement refusé la Légion d'honneur. Il revendiquait pour devise celle attribuée au chef d'orchestre Herbert von Karajan : « Seul le meilleur est acceptable. »
Jean-Claude Decaux meurt le vendredi 27 mai 2016 à Neuilly-sur-Seine, à l'âge de 78 ans, à la suite d'une longue maladie dont la nature exacte n'a pas été rendue publique par la famille. Les obsèques sont célébrées dans la plus stricte intimité familiale, sans cérémonie publique. Le décès suscite plusieurs réactions officielles : Pierre Gattaz, alors président du Medef, salue un entrepreneur hors du commun ayant créé un groupe international leader mondial dans son domaine. La presse française unanime souligne le parcours d'un autodidacte parti de Beauvais pour bâtir un groupe coté présent dans plusieurs dizaines de pays. Sa fortune personnelle et familiale est alors estimée à plus de quatre milliards d'euros.
Le lieu de sépulture exact de Jean-Claude Decaux n'a pas été rendu public, les obsèques s'étant tenues en stricte intimité familiale. Son nom reste attaché à Colombey-les-Deux-Églises, dont il finança la réhabilitation, et au siège historique du groupe JCDecaux installé à Plaisir, dans les Yvelines.
1 - Avant d'inventer l'Abribus, Jean-Claude Decaux avait, adolescent, écoulé en quelques jours tout le stock de chaussures du magasin paternel grâce à des affiches collées en ville pendant les vacances de son père.
2 - Il a refusé la Légion d'honneur, distinction très rarement déclinée par les grands patrons français de sa génération.
3 - Il s'inspirait d'une devise du chef d'orchestre Herbert von Karajan : « Seul le meilleur est acceptable », formule qu'il reprenait dans ses échanges avec ses équipes.
4 - Chasseur, il possédait à Colombey-les-Deux-Églises un relais de chasse, situé près de la demeure historique de Charles de Gaulle, La Boisserie.
5 - En 1980, il dessine personnellement la Sanisette, toilette publique autonettoyante installée à Paris pour remplacer les anciennes vespasiennes.
6 - Pour habiller son mobilier urbain, il collabore avec Norman Foster, Philippe Starck, Jean-Michel Wilmotte, Patrick Jouin et Martin Szekely, faisant entrer le design d'auteur dans la rue.
- Métier(s) : industriel, fondateur de JCDecaux, inventeur de l'Abribus publicitaire
- Résidence principale : Paris et Neuilly-sur-Seine
- Relations de couple : marié à Danièle Piraud depuis 1957
- Enfants : Jean-François, Jean-Charles et Jean-Sébastien Decaux
- Distinctions : Légion d'honneur refusée ; Lifetime Achievement Award du World Out of Home Organization en 2015
« Seul le meilleur est acceptable. »
— Devise empruntée à Herbert von Karajan, reprise par Jean-Claude Decaux, citée dans Le Monde, Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider, 21 juillet 2022
« Toute ma carrière a été guidée par une volonté constante d'excellence, un fort accent mis sur le design, et l'obsession de toujours, toujours mettre notre activité publicitaire au service de la collectivité. »
— Site officiel JCDecaux, page « Notre fondateur » (traduit de l'anglais)
« Seul le meilleur est acceptable. »
— Devise empruntée à Herbert von Karajan, reprise par Jean-Claude Decaux, citée dans Le Monde, Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider, 21 juillet 2022
« Toute ma carrière a été guidée par une volonté constante d'excellence, un fort accent mis sur le design, et l'obsession de toujours, toujours mettre notre activité publicitaire au service de la collectivité. »
— Site officiel JCDecaux, page « Notre fondateur » (traduit de l'anglais)