Geneviève de Fontenay, née Geneviève Suzanne Marie-Thérèse Mulmann le 30 août 1932 à Longwy, est une femme d'affaires française qui a présidé le comité Miss France de 1981 à 2010, après y avoir travaillé depuis 1954 aux côtés de son compagnon Louis Poirot.
Aînée d'une fratrie de dix enfants, Geneviève Mulmann grandit à Hagondange, en Lorraine, où son père André Mulmann exerce comme ingénieur des mines dans les aciéries. Scolarisée chez les religieuses de la Miséricorde à Metz, elle quitte le lycée pour entrer à l'école hôtelière de Strasbourg, puis suit une formation d'esthéticienne à Paris à l'âge de 17 ans. En 1953, elle rencontre Louis Poirot, alors délégué du comité Miss France présidé par Guy Rinaldo, d'une vingtaine d'années son aîné. Le couple s'installe à Saint-Cloud. En 1954, Geneviève de Fontenay intègre l'association Miss France comme secrétaire générale. Elle travaille parallèlement comme modéliste et mannequin pour la maison Cristóbal Balenciaga. En 1957, alors qu'elle défile pour cette maison de couture, elle est élue Miss Élégance, titre qui marque le début de sa notoriété publique. Elle adopte dès cette époque le costume noir et blanc qui ne la quittera plus.
Après le décès de Louis Poirot le 16 mars 1981, Geneviève de Fontenay prend la tête du comité Miss France et transforme l'organisation en société commerciale, en y associant son fils Xavier Poirot. En 1986, l'élection est retransmise pour la première fois à la télévision sur FR3, à l'initiative de Sabine Mignot et avec Guy Lux comme présentateur. Le concours migre sur TF1 en 1987. En 2002, la société Endemol reprend la partie commerciale et télévisuelle de l'entreprise. Geneviève de Fontenay co-présente l'élection avec Jean-Pierre Foucault et, certaines années, avec Sylvie Tellier. En 2010, à la suite d'un conflit éthique avec Endemol, elle quitte le comité Miss France et crée le comité Miss Prestige National, qu'elle dirige jusqu'en 2016. Elle a travaillé aux côtés d'animateurs tels que Sacha Distel, Yves Lecoq et Julien Lepers au cours de ses décennies à la tête du concours.
En 2007, Geneviève de Fontenay exige la restitution du titre de Valérie Bègue, Miss France 2008, à la suite de la publication par le magazine Entrevue de photos jugées suggestives. La société Miss France refuse le retrait du titre mais remplace Valérie Bègue par la dauphine Laura Tanguy pour les concours internationaux Miss Monde et Miss Univers 2008. En 2019, après que Sylvie Tellier déclare ne pas s'opposer à la candidature d'une femme transgenre à Miss France, Geneviève de Fontenay qualifie publiquement cette éventualité de contre nature, déshonorante et salissante pour le titre. Les associations STOP Homophobie et SOS Homophobie déposent plainte pour injure publique et provocation à la haine en raison de l'identité de genre. En juin 2023, elle est mise en examen pour ces faits. La procédure s'éteint à son décès le 1er août 2023.
1932 : naissance le 30 août à Longwy (Meurthe-et-Moselle)
1949 : formation d'esthéticienne à Paris à 17 ans
1953 : rencontre de Louis Poirot, délégué du comité Miss France
1954 : entrée au comité Miss France comme secrétaire générale ; naissance de Ludovic
1957 : élection au titre de Miss Élégance ; adoption du costume noir et blanc et du chapeau
1961 : naissance de Xavier Poirot de Fontenay, second fils
1981 : décès de Louis Poirot le 16 mars ; Geneviève de Fontenay prend la présidence du comité Miss France
1984 : suicide de Ludovic Poirot à 29 ans à Versailles
1986 : première retransmission télévisée de Miss France sur FR3, avec Guy Lux
2002 : cession de la partie commerciale du comité à la société Endemol ; médaille du Mérite et Dévouement Français
2008 : conflit avec Endemol autour de Valérie Bègue, Miss France 2008
2010 : rupture avec le comité Miss France ; création du comité Miss Prestige National
2016 : retrait officiel de tous les concours de beauté
2023 : décès le 1er août à Saint-Cloud à l'âge de 90 ans
Geneviève de Fontenay est la fille d'André Mulmann, ingénieur des mines, et de Marie-Thérèse Martin, femme au foyer. Aînée de dix enfants, elle grandit dans un milieu de petite bourgeoisie lorraine. Elle rencontre Louis Poirot en 1953 et vit avec lui en union libre jusqu'à sa mort en 1981. Le couple a deux fils : Ludovic, né en 1954, qui se suicide à 29 ans dans son appartement de Versailles, et Xavier, né le 13 octobre 1961 à Saint-Cloud, qui reprend la gestion du concours Miss France aux côtés de sa mère. Geneviève de Fontenay réside à Saint-Cloud, ville à laquelle elle restera attachée jusqu'à sa mort.
Au fil de sa carrière, Geneviève de Fontenay entretient des relations de travail avec les grandes figures des concours de beauté et des médias français, dont l'animateur Jean-Pierre Foucault et sa successeure à la tête de Miss France, Sylvie Tellier, avec laquelle ses relations sont parfois conflictuelles. Sur le plan politique, elle soutient successivement Arlette Laguiller en 2002, Ségolène Royal en 2007, François Hollande en 2012 et Emmanuel Macron en 2017. Elle adhère brièvement en 2016 à La Manif pour tous de Ludovine de La Rochère avant de s'en distancer. Elle reçoit en 2002 la médaille du Mérite et Dévouement Français et refuse la Légion d'honneur.
Geneviève de Fontenay décède le 1er août 2023 à 23 heures à la clinique du Val d'Or de Saint-Cloud, des suites d'un arrêt cardiaque survenu dans son sommeil. Son fils Xavier Poirot annonce le décès le lendemain via un communiqué transmis à TF1 et LCI. Selon ses dernières volontés, aucune Miss ne participe à la cérémonie funèbre. Elle est inhumée dans la stricte intimité au cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine, aux côtés de son compagnon Louis Poirot et de leur fils Ludovic. Sa successeure à la tête du comité, Sylvie Tellier, lui rend hommage publiquement. Le 16 décembre 2023, lors de l'élection de Miss France 2024, 39 anciennes Miss, de Muguette Fabris à Indira Ampiot, lui rendent hommage collectivement sur scène.
Geneviève de Fontenay repose au cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), dans le caveau familial partagé avec son compagnon Louis Poirot, décédé le 16 mars 1981, et leur fils Ludovic, mort en 1984. La cérémonie funèbre s'est tenue dans la stricte intimité familiale, sans la présence d'aucune Miss France, conformément aux voeux qu'elle avait exprimés de son vivant.
1 - Depuis 1957 et jusqu'à sa mort, elle porte exclusivement le même chapeau noir et blanc créé par le modiste Daniel Masson sous la dénomination « Le Fontenay », adopté sur les conseils de Louis Poirot qui jugeait sa tête trop petite pour son corps.
2 - Autodidacte revendiquée, elle quitte le lycée sans passer le baccalauréat et le déclare dans Le Nouvel Observateur, affirmant en être « fière ».
3 - En 2004, son double de cire est inauguré au musée Grévin à Paris. Elle commente avec détachement que cette idée l'amuse de se retrouver ainsi immortalisée au musée de son vivant.
4 - Sa résidence de Saint-Cloud était construite dans l'ancienne propriété de l'actrice Viviane Romance, élue Miss Paris en 1930, coïncidence qu'elle ne découvre qu'après son emménagement dans la résidence Feudon-Béarn, et qu'elle aimait à raconter.
5 - Elle refuse la Légion d'honneur et le fait savoir publiquement dans Le Nouvel Observateur en janvier 2015, estimant que la distribuer à tort et à travers revient à la désacraliser au nom de tous ceux qui ont mérité cette distinction.
- Métier(s) : femme d'affaires, directrice de concours de beauté
- Résidence principale : Saint-Cloud
- Relations de couple : Louis Poirot (1953-1981, union libre, jusqu'à son décès)
- Enfants : Ludovic Poirot (1954-1984), Xavier Poirot de Fontenay (né le 13 octobre 1961)
- Distinctions : médaille du Mérite et Dévouement Français (2002) ; Légion d'honneur refusée
J'ai toujours voté à gauche, sauf quand j'ai voté Jacques Chirac contre Le Pen.
— Le Point, interview du 23 avril 2018
C'est vraiment désacraliser le ruban que de le distribuer à n'importe qui comme des médailles en chocolat.
— Interview publiée le 2 janvier 2015, Le Nouvel Observateur
J'ai toujours refusé les maillots de bains deux pièces, car j'estime que le nombril à l'air lors de l'élection, c'est de l'exhibition !
— France Soir, article nécrologique, 1er août 2023