Premier roi Bourbon, Henri IV règne sur la France de 1589 à 1610. Né à Pau en 1553, ce souverain protestant converti au catholicisme met fin aux guerres de Religion en signant l'édit de Nantes en 1598. Il meurt assassiné par François Ravaillac à Paris.
Henri de Bourbon naît le 13 décembre 1553 au château de Pau, fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, reine de Navarre. Élevé dans la foi calviniste par sa mère, il combat dès 1568 dans les armées protestantes sous les ordres de Gaspard de Coligny lors de la troisième guerre de Religion. Le 9 juin 1572, à la mort de Jeanne d'Albret, il devient roi de Navarre sous le nom d'Henri III. Le 18 août 1572, son mariage à Paris avec Marguerite de Valois, sœur du roi Charles IX, doit sceller la réconciliation entre catholiques et protestants. Six jours plus tard éclate le massacre de la Saint-Barthélemy auquel il échappe en abjurant le protestantisme. Maintenu prisonnier à la cour de France jusqu'en février 1576, il s'échappe pour rejoindre les armées huguenotes et revenir au calvinisme. En 1584, la mort de François d'Anjou, frère d'Henri III, le désigne comme héritier légitime du trône en vertu de la loi salique.
Le 1er août 1589, l'assassinat d'Henri III par le moine ligueur Jacques Clément fait d'Henri de Navarre le roi de France. Confronté à la Ligue catholique dirigée par le duc de Mayenne et soutenue par Philippe II d'Espagne, il livre les batailles d'Arques en 1589 et d'Ivry en mars 1590. Le 25 juillet 1593, il abjure le protestantisme en la basilique Saint-Denis, ce qui lui ouvre les portes de Paris en mars 1594, après son sacre à Chartres le 27 février. L'édit de Nantes, signé en avril 1598, accorde des droits religieux, civils et politiques aux protestants et met fin aux guerres de Religion. Avec son ministre Maximilien de Béthune, duc de Sully, il redresse les finances, encourage l'agriculture, lance de grands travaux à Paris dont la place Royale et la place Dauphine, et prépare un projet d'expansion territoriale baptisé le Grand Dessein.
1553 : naissance au château de Pau le 13 décembre
1572 : devient roi de Navarre et épouse Marguerite de Valois
1572 : échappe au massacre de la Saint-Barthélemy
1587 : remporte la bataille de Coutras contre l'armée royale
1589 : devient roi de France après l'assassinat d'Henri III
1590 : victoire à la bataille d'Ivry contre le duc de Mayenne
1593 : abjure le protestantisme à Saint-Denis le 25 juillet
1594 : sacre à la cathédrale de Chartres le 27 février
1598 : signe l'édit de Nantes et la paix de Vervins avec l'Espagne
1599 : annulation du mariage avec Marguerite de Valois
1600 : épouse Marie de Médicis à Lyon
1601 : naissance du futur Louis XIII
1606 : élève Maximilien de Béthune à la dignité de duc de Sully
1610 : assassinat rue de la Ferronnerie à Paris le 14 mai
Henri de Bourbon est le fils d'Antoine de Bourbon, duc de Vendôme et chef de la maison de Bourbon, et de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, fille de Marguerite d'Angoulême et nièce de François Ier. Il passe son enfance au château de Coarraze en Béarn et reçoit une éducation calviniste rigoureuse imposée par sa mère. Marié à Paris le 18 août 1572 à Marguerite de Valois dite la Reine Margot, sœur de Charles IX, il vit séparé d'elle depuis longtemps lorsqu'il obtient l'annulation de leur union en 1599. Le 17 décembre 1600, il épouse à Lyon Marie de Médicis, nièce du grand-duc de Toscane, qui lui donne six enfants dont le futur Louis XIII, né le 27 septembre 1601, et Henriette-Marie de France, future reine d'Angleterre.
Sa vie sentimentale, restée légendaire, compte de nombreuses favorites dont les plus marquantes furent Gabrielle d'Estrées, rencontrée en 1590 par l'entremise de Roger de Bellegarde et qui lui donna trois enfants légitimés dont César de Vendôme, puis Catherine-Henriette de Balzac d'Entragues, marquise de Verneuil, et Charlotte de Montmorency. Henri IV reconnut huit enfants illégitimes. Politiquement, il s'appuie sur le fidèle Maximilien de Béthune, futur duc de Sully, ainsi que sur Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroi, hérité du Conseil d'Henri III. Il protège également le poète François de Malherbe et entretient des relations diplomatiques avec le pape Clément VIII, l'Angleterre et les Provinces-Unies.
Le 14 mai 1610, Henri IV quitte le Louvre en carrosse vers seize heures pour rejoindre Maximilien de Béthune, duc de Sully, à l'Arsenal. Rue de la Ferronnerie, près des Halles, son carrosse se trouve bloqué par un encombrement. François Ravaillac, un catholique fanatique d'Angoulême, profite de l'arrêt pour bondir sur le marchepied et frapper le roi de trois coups de couteau à la poitrine. Le deuxième coup, mortel, perfore le poumon gauche et l'artère pulmonaire. Le roi meurt en quelques minutes, durant le trajet de retour au Louvre. Le duc d'Épernon, présent dans le carrosse, ne peut prévenir l'attentat. Une autopsie est pratiquée le lendemain par dix-sept médecins et onze chirurgiens. Ravaillac est jugé puis écartelé en place de Grève le 27 mai 1610. Marie de Médicis, sacrée reine la veille de l'assassinat, assure la régence du royaume durant la minorité de Louis XIII.
Henri IV est inhumé dans la nécropole royale de la basilique Saint-Denis. En octobre 1793, lors de la Révolution française, son cercueil est ouvert et son corps, remarquablement conservé, exposé au public avant d'être jeté dans une fosse commune. En 1817, Louis XVIII fait rassembler les ossements royaux dans un ossuaire de la crypte de la basilique. Le château de Pau et la statue équestre du Pont-Neuf à Paris perpétuent sa mémoire.
1 - Selon la tradition rapportée par les chroniqueurs Jean-Baptiste Legrain et André Favyn, son grand-père Henri II de Navarre lui frotta les lèvres avec une gousse d'ail et lui fit respirer du vin de Jurançon à sa naissance, un rituel béarnais destiné à le protéger des maladies.
2 - Henri IV passa ses premières années au château de Coarraze, où il jouait pieds nus avec les enfants des paysans béarnais, ce qui lui valut plus tard le surnom de meunier de Barbaste.
3 - Sa langue maternelle n'était pas le français mais le béarnais, un dialecte du gascon issu de l'occitan. En Béarn, on le surnommait noste Enric, c'est-à-dire notre Henri.
4 - En octobre 1793, lors de la profanation des tombes royales de Saint-Denis, son corps fut retrouvé si bien conservé qu'un moulage en plâtre fut réalisé sur son visage, servant ensuite de modèle aux artistes pour ses portraits posthumes.
5 - Sa célèbre formule Paris vaut bien une messe, traditionnellement associée à sa conversion de 1593, est en réalité apocryphe : elle apparaît pour la première fois dans le recueil satirique anonyme Les Caquets de l'accouchée en 1623, attribuée non au roi mais à Sully.
6 - Lors de son discours au Parlement de Paris le 7 janvier 1599 pour faire enregistrer l'édit de Nantes, Henri IV se présenta sans habit royal, simplement vêtu d'un pourpoint, déclarant venir parler à ses sujets comme un père de famille à ses enfants.
- Métier(s) : roi de Navarre, roi de France
- Résidence principale : Paris, palais du Louvre
- Relations de couple : Marguerite de Valois, Marie de Médicis
- Enfants : Louis XIII, Élisabeth, Christine, Nicolas-Henri, Gaston, Henriette-Marie, plus huit enfants illégitimes légitimés
- Distinctions : édit de Nantes, paix de Vervins, restauration du royaume après les guerres de Religion
« Je suis roi et berger qui ne veux répandre le sang de mes brebis, mais les veux rassembler avec douceur et non par force. »
— Discours au Parlement de Paris, 7 janvier 1599
« Je suis roi maintenant, et parle en roi, et veux être obéi. À la vérité, la justice est mon bras droit ; mais si la gangrène s'y prend, le gauche le doit couper. »
— Discours au Parlement de Paris, 7 janvier 1599
« Mon affliction est aussi incomparable que l'était le sujet qui me la donne. Les regrets et les plaintes m'accompagneront jusqu'au tombeau. La racine de mon cœur est morte et ne rejettera plus. »
— Lettre écrite au lendemain de la mort de Gabrielle d'Estrées, avril 1599
« Vous me voyez en mon cabinet, où je viens parler à vous, non point en habit royal, comme mes prédécesseurs, ni avec l'épée et la cape, ni comme un prince qui vient parler aux ambassadeurs étrangers, mais vêtu comme un père de famille, en pourpoint, pour parler franchement à ses enfants. »
— Discours au Parlement de Paris, 7 janvier 1599
Un acte vaut cinq dires.
Qui m'aime, aime mon chien.
Paris vaut bien une messe !
Les déplaisirs talonnent toujours les contentements.
Bonne cuisine et bon vin, c'est le paradis sur terre.
Le naturel des Français est de n'aimer point ce qu'ils voient.
Le meilleur moyen de se défaire d'un ennemi, c'est d'en faire un ami.
Les grands mangeurs et les grands dormeurs sont incapables de quelque chose de grand.
La satisfaction qu'on tire de la vengeance ne dure qu'un moment : celle que nous donne la clémence est éternelle.
« Je suis roi et berger qui ne veux répandre le sang de mes brebis, mais les veux rassembler avec douceur et non par force. »
— Discours au Parlement de Paris, 7 janvier 1599
« Je suis roi maintenant, et parle en roi, et veux être obéi. À la vérité, la justice est mon bras droit ; mais si la gangrène s'y prend, le gauche le doit couper. »
— Discours au Parlement de Paris, 7 janvier 1599
« Mon affliction est aussi incomparable que l'était le sujet qui me la donne. Les regrets et les plaintes m'accompagneront jusqu'au tombeau. La racine de mon cœur est morte et ne rejettera plus. »
— Lettre écrite au lendemain de la mort de Gabrielle d'Estrées, avril 1599
« Vous me voyez en mon cabinet, où je viens parler à vous, non point en habit royal, comme mes prédécesseurs, ni avec l'épée et la cape, ni comme un prince qui vient parler aux ambassadeurs étrangers, mais vêtu comme un père de famille, en pourpoint, pour parler franchement à ses enfants. »
— Discours au Parlement de Paris, 7 janvier 1599
Un acte vaut cinq dires.
Qui m'aime, aime mon chien.
Paris vaut bien une messe !
Les déplaisirs talonnent toujours les contentements.
Bonne cuisine et bon vin, c'est le paradis sur terre.
Le naturel des Français est de n'aimer point ce qu'ils voient.
Le meilleur moyen de se défaire d'un ennemi, c'est d'en faire un ami.
Les grands mangeurs et les grands dormeurs sont incapables de quelque chose de grand.
La satisfaction qu'on tire de la vengeance ne dure qu'un moment : celle que nous donne la clémence est éternelle.