Harald Schumacher, surnommé « Toni », demeure dans l'histoire du football mondial comme l'une des figures les plus contrastées : gardien de but d'élite et champion d'Europe, mais aussi protagoniste d'une action qui marqua durablement la rivalité franco-allemande sur les terrains. Né à Düren en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, il incarne la complexité d'un athlète dont la carrière rayonnante fut constamment rattrapée par un geste violent devenu un symbole.
Harald Schumacher grandit à Düren, ville moyenne de la région de Cologne, où il intègre les structures jeunes du football local. Attiré très jeune par le poste de gardien de but, il rejoint le 1. FC Köln en 1972 et y développe rapidement ses qualités techniques. Imposant physiquement et doté d'une grande envergure, il s'impose dès la fin des années 1970 comme un portier incontournable, réputé pour ses réflexes et son jeu aérien. En Bundesliga, il remporte deux championnats nationaux avec le club de Cologne en 1978 et 1983, ainsi qu'une Coupe d'Allemagne en 1983. Son efficacité et sa présence médiatique lui valent d'être appelé en équipe nationale dès 1979, où il succède à la légende Sepp Maier dans les cages de la Mannschaft.
Sur la scène internationale, Schumacher enchaîne les performances majeures : champion d'Europe en 1980 lors d'un tournoi organisé en Italie, il participe ensuite aux campagnes mondiales de 1982 et 1986, toutes deux conclues en finale par des défaites face à l'Italie puis l'Argentine. Son palmarès en sélection comprend 76 sélections, un record pour un gardien allemand jusqu'en 1996. Après avoir quitté Cologne en 1987, il termine sa carrière en Turquie au Fenerbahçe, puis brièvement à Borussia Dortmund et au FC Schalke 04. Reconverti dans les fonctions administratives, il intègre la direction du 1. FC Köln au début des années 2000. En 2011, la ville de Cologne lui décerne le titre d'ambassadeur sportif, qu'il conserve et exerce activement lors d'événements publics majeurs. En 2024, il multiplie les interventions dans le cadre de l'Euro organisé en Allemagne, représentant la ville hôte de Cologne et participant à la promotion de la compétition. Il demeure également sollicité comme conférencier et consultant dans les médias allemands, où il partage son regard sur l'évolution des gardiens de la Nationalmannschaft.
Le 8 juillet 1982, lors de la demi-finale de la Coupe du monde entre la France et la République fédérale d'Allemagne à Séville, Harald Schumacher percute violemment Patrick Battiston lancé en profondeur après une passe de Michel Platini. Le choc survient hors du cadre du ballon, le gardien allemand ne touchant ni la balle ni le ballon avant de heurter le défenseur français de plein fouet avec l'épaule et l'avant-bras. Patrick Battiston reste plusieurs minutes inconscient sur la pelouse, perd deux dents et souffre d'un traumatisme crânien. L'arbitre néerlandais Charles Corver ne sanctionne pas l'action. L'Allemagne remporte finalement la rencontre aux tirs au but après un score de 3-3 en prolongation. Interrogé après le match, Schumacher adopte une posture détachée et ironise sur l'incident, déclarant qu'il paierait les frais dentaires de Battiston. Ces propos glacials alimentent une colère durable en France, où il reçoit le surnom de « boucher de Séville ».
En 1987, Harald Schumacher publie son autobiographie intitulée Anpfiff (« Coup de sifflet »), dans laquelle il révèle des pratiques controversées au sein de l'équipe nationale allemande. Il y affirme que le dopage était répandu en Bundesliga et en sélection allemande à l'époque. et dénonce plutôt un système généralisé (témoignage choc à l'époque, scandale médiatique, rupture avec coéquipiers). Ces déclarations provoquent un vaste scandale en Allemagne et attirent l'attention des autorités sportives. La publication entraîne également une rupture avec plusieurs anciens coéquipiers et dirigeants de la fédération allemande. Malgré la polémique, Harald Schumacher maintient ses affirmations et contribue à ouvrir le débat sur la question du dopage dans le football professionnel.
Père de trois enfants, Harald Schumacher est marié à Jasmin Schumacher, avec qui il partage une vie intégrée dans le tissu social de Cologne. Le couple apparaît régulièrement lors d'événements publics, notamment lors du Carnaval de Cologne, tradition locale à laquelle l'ancien gardien participe depuis plusieurs décennies. Il réside dans la région rhénane, où il conserve une notoriété importante et bénéficie de l'attachement du public local. Sa vie privée se caractérise par une présence discrète mais constante dans les manifestations culturelles et sportives de la cité. Au fil des années, Schumacher a également exprimé son intérêt pour le golf, pratiquant ce sport régulièrement lors de ses moments de loisir.
Harald Schumacher assure depuis 2011 le rôle d'ambassadeur sportif de Cologne, fonction qu'il exerce de manière bénévole. Il se consacre à la promotion de la ville lors de grands événements sportifs, notamment lors de l'organisation de finales de Coupe d'Allemagne féminine au RheinEnergieStadion. En février 2024, il intervient au Musée du football allemand à Dortmund pour présenter une évocation de la demi-finale de 1982 intitulée « La Nuit de Séville », témoignant de son implication dans la transmission de la mémoire du football allemand. Il poursuit également une activité de conférencier auprès d'entreprises, partageant son expérience du haut niveau et des défis liés au leadership. En avril 2025, il signe le livre d'or de la ville de Cologne en reconnaissance de son engagement citoyen. Harald Schumacher continue par ailleurs d'intervenir dans les médias allemands pour commenter l'actualité des gardiens de but et conseiller des joueurs en activité tels que Manuel Neuer.
Harald Schumacher réside dans la région de Cologne, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, région à laquelle il demeure profondément attaché depuis son enfance à Düren. La ville de Cologne, où il a passé l'essentiel de sa carrière au 1. FC Köln, constitue son ancrage géographique et affectif. Le RheinEnergieStadion, ancienne enceinte du club, demeure un lieu emblématique de son parcours, tout comme le stade de Séville où s'est déroulée la demi-finale de 1982. Il fréquente également le Musée du football allemand à Dortmund, institution où sa carrière et les grands moments de l'histoire de la Nationalmannschaft sont documentés. Cologne reste le centre de son engagement public et de sa vie sociale.
Même si je n'ai malheureusement jamais soulevé le Trophée de la Coupe du Monde, les finales de 1982 et 1986 restent les deux meilleurs moments de ma carrière. Je me rappelle exactement de chaque seconde, du trajet en bus vers le stade jusqu'au coup de sifflet final et les sentiments qui m'ont traversé l'esprit à ce moment-là. Ce sont des expériences plus intenses que n'importe quel titre.
— Inside.fifa
Même si je n'ai malheureusement jamais soulevé le Trophée de la Coupe du Monde, les finales de 1982 et 1986 restent les deux meilleurs moments de ma carrière. Je me rappelle exactement de chaque seconde, du trajet en bus vers le stade jusqu'au coup de sifflet final et les sentiments qui m'ont traversé l'esprit à ce moment-là. Ce sont des expériences plus intenses que n'importe quel titre.
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