Jacques Bonnaffé, acteur et metteur en scène français né le 22 juin 1958 à Douai, est l'un des comédiens les plus actifs du cinéma d'auteur hexagonal, avec plus de quatre-vingt-dix films à son actif et une carrière parallèle dédiée à la poésie et aux lectures publiques.
Sixième d'une fratrie de sept enfants dont les deux parents exercent dans l'enseignement, Jacques Bonnaffé grandit à Douai, dans le Nord-Pas-de-Calais, où il pratique le théâtre amateur et le théâtre de rue dès ses années lycéennes. Il entre ensuite au conservatoire de Lille, formation qui détermine son orientation vers le théâtre public. À peine sorti de cette école, il est engagé par Édouard Niermans pour le film Anthracite (1979), mais c'est Jean-Luc Godard qui révèle son visage au grand public dans Prénom Carmen (1983), où il interprète Joseph, le gardien de banque. Le film reçoit le Lion d'or à la Mostra de Venise. Bonnaffé s'inscrit dès ce premier rôle dans un cinéma de recherche : Jean-Charles Tacchella le dirige dans Escalier C (1985), Jacques Doillon dans La Tentation d'Isabelle (1985), pour laquelle il reçoit une nomination au César du meilleur espoir masculin lors de la cérémonie de 1986, puis René Féret dans Baptême (1989), nouvelle nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle.
La décennie suivante confirme l'exigence de ses choix : Philippe Garrel, Marcel Bluwal, Tonie Marshall, Jacques Rivette, Alain Corneau, Dominik Moll figurent parmi les réalisateurs qui font appel à lui. En 1999, Vénus Beauté (Institut) de Tonie Marshall rassemble deux millions d'entrées, et Va savoir de Jacques Rivette est présenté en compétition au Festival de Cannes 2001. Parallèlement, Bonnaffé construit une compagnie théâtrale autonome, la Compagnie faisan, créée en 2005, qui reçoit le Molière de la compagnie en 2009 pour le spectacle L'Oral et Hardi, d'après les textes du poète belge Jean-Pierre Verheggen. Ce spectacle, mis en scène par Bonnaffé lui-même, tourne pendant plus de quatre ans en France et à l'étranger. En 2014 et 2015, il interprète Monseigneur Poileaux, président fictif de la Conférence des évêques de France, dans la série Ainsi soient-ils sur Arte, rôle qui lui vaut le prix du meilleur acteur de l'Association des critiques de séries en 2016. La même année, il reçoit le prix Raymond-Devos de la langue française. Son engagement pour la poésie le conduit à animer de 2015 à 2019, quatre jours par semaine, l'émission quotidienne "Jacques Bonnaffé lit la poésie" sur France Culture. En 2024, il retrouve le Nord de la France comme décor dans En fanfare d'Emmanuel Courcol, aux côtés de Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin, film réunissant 2,6 millions de spectateurs et recevant sept nominations aux Césars 2025. En 2026, il rejoint Denis Lavant et Aurélien Recoing dans une production de Samuel Beckett mise en scène par Jacques Osinski au Théâtre de l'Atelier à Paris.
1958 : naissance le 22 juin à Douai (Nord), sixième enfant d'une famille d'enseignants
1979 : premiers pas au cinéma dans Anthracite, réalisé par Édouard Niermans
1983 : rôle de Joseph dans Prénom Carmen de Jean-Luc Godard, Lion d'or à Venise
1985 : La Tentation d'Isabelle de Jacques Doillon et Escalier C de Jean-Charles Tacchella
1986 : nomination au César du meilleur espoir masculin pour La Tentation d'Isabelle
1989 : Baptême de René Féret ; nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle
1995 : prête sa voix à Kevin Spacey pour le doublage français de Usual Suspects
1999 : Vénus Beauté (Institut) de Tonie Marshall, César du meilleur film
2001 : Va savoir de Jacques Rivette, sélection officielle au Festival de Cannes
2005 : fondation de la Compagnie faisan
2009 : Molière de la compagnie pour L'Oral et Hardi
2015 : lancement de l'émission quotidienne "Jacques Bonnaffé lit la poésie" sur France Culture
2016 : prix du meilleur acteur ACS pour Ainsi soient-ils ; prix Raymond-Devos de la langue française
2022 : nommé chevalier de l'Ordre national du Mérite par décret du 23 novembre
2024 : En fanfare d'Emmanuel Courcol, 2,6 millions d'entrées, 7 nominations aux Césars 2025
2026 : En attendant Godot de Samuel Beckett, mise en scène de Jacques Osinski, au Théâtre de l'Atelier (mars-mai)
Jacques Bonnaffé est le sixième enfant d'une famille de sept enfants dont les deux parents sont enseignants. Ce milieu de l'instruction publique dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais nourrit un attachement durable à la langue et aux textes populaires, visible dans son travail sur le poète picard Jules Mousseron, dont il interprète les histoires en langue picarde pendant quatorze ans avec la fanfare de son spectacle Cafougnette et l'Défilé. Il est le père de Léon Bonnaffé, acteur et auteur formé à l'école du Théâtre national de Strasbourg, qui poursuit une carrière indépendante dans le théâtre contemporain.
Passionné de cyclisme, il a consacré un ouvrage à ce sujet, Vélolavie (Filipacchi, 2004, photographies de Xavier Lambours), centré sur les courses cyclistes du Nord-Pas-de-Calais. Sa pratique artistique s'étend à des banquets littéraires, des concerts parlés avec le musicien de jazz Louis Sclavis, et des performances poétiques dans des lieux atypiques autant que dans des salles officielles. Militant de la poésie vivante, il a travaillé à la mise en voix de textes d'Arthur Rimbaud, Jack Kerouac, Jean-Pierre Verheggen, Valérie Rouzeau et Jacques Darras, parmi d'autres. En novembre 2022, il est nommé chevalier de l'Ordre national du Mérite au titre de la culture, pour quarante-trois ans de services.
1 - En 1995, Jacques Bonnaffé prête sa voix à Kevin Spacey pour le doublage français de Usual Suspects de Bryan Singer, film qui remporte l'Oscar du meilleur scénario original et lance la carrière mondiale de Spacey.
2 - Pendant quatorze ans, il interprète en langue picarde les textes du poète-mineur Jules Mousseron dans le spectacle Cafougnette et l'Défilé, jouant systématiquement avec une fanfare en direct lors de représentations itinérantes dans tout le Nord-Pas-de-Calais.
3 - L'émission "Jacques Bonnaffé lit la poésie" qu'il anime sur France Culture de 2015 à 2019 est sa propre initiative : en août 2019, il annonce lui-même y mettre fin après s'être, selon ses termes, "bagarré" l'année précédente pour la maintenir sur l'antenne.
4 - Auteur du livre Vélolavie (Filipacchi, 2004), il documente sa passion pour le cyclisme nordiste au travers de photographies de Xavier Lambours, dans un territoire qui est aussi celui de sa formation théâtrale.
5 - Il a publié en 2017, aux éditions Bayard, La poésie c'est autre chose : petite conférence, un essai de 59 pages qui distille sa conception de la lecture à voix haute, à contre-courant des usages académiques de la récitation.
- Métier(s) : acteur, metteur en scène, lecteur public, animateur radio
- Résidence principale : non documentée
- Relations de couple : non documentées
- Enfants : Léon Bonnaffé (acteur et auteur, formé au Théâtre national de Strasbourg)
- Distinctions : nomination au César du meilleur espoir masculin (1986, La Tentation d'Isabelle) ; nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle (1990, Baptême) ; Molière de la compagnie 2009 (L'Oral et Hardi) ; prix du meilleur acteur ACS 2016 (Ainsi soient-ils) ; prix Raymond-Devos de la langue française 2016 ; chevalier de l'Ordre national du Mérite (2022)
« J'aime beaucoup la voix et tout ce qu'elle porte avec elle. J'aime d'ailleurs le chant. C'est un formidable lâcher-prise. »
— Entretien, Relikto.com (sans date précise, vers 2016-2017)
« Avec le théâtre, la poésie ou les romans, la disposition de la parole n'est pas la même. Au théâtre, on doit faire ressentir. Alors qu'en poésie, on est déjà dans une écriture du ressenti. Si on joue, on arrive vite à saturation. Au cinéma, on est encore ailleurs. »
— Entretien, Relikto.com (sans date précise, vers 2016-2017)
« J'aime beaucoup la voix et tout ce qu'elle porte avec elle. J'aime d'ailleurs le chant. C'est un formidable lâcher-prise. »
— Entretien, Relikto.com (sans date précise, vers 2016-2017)
« Avec le théâtre, la poésie ou les romans, la disposition de la parole n'est pas la même. Au théâtre, on doit faire ressentir. Alors qu'en poésie, on est déjà dans une écriture du ressenti. Si on joue, on arrive vite à saturation. Au cinéma, on est encore ailleurs. »
— Entretien, Relikto.com (sans date précise, vers 2016-2017)