Résumé biographique

Chef d’orchestre français, né à Paris le 7 décembre 1935, Jean-Claude Casadesus est la figure centrale de l’Orchestre national de Lille et un artisan majeur de la démocratisation de la musique classique, reconnu pour ses tournées engagées et ses actions pédagogiques.


Parcours

Né Jean-Claude Probst dans une famille d’artistes marquée par la dynastie Casadesus, il grandit à Paris au contact étroit des musiciens et comédiens qui fréquentent le foyer de ses parents, Gisèle Casadesus et Lucien Pascal. Formé aux percussions et à l’écriture musicale au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, il obtient plusieurs premiers prix avant de se perfectionner en direction d’orchestre auprès de Pierre Dervaux et Pierre Boulez. Parallèlement à ses études, il débute comme percussionniste dans diverses formations lyriques et symphoniques, ce qui lui donne une connaissance concrète de l’orchestre. Dans les années 1960, il est engagé au théâtre du Châtelet, à l’Opéra de Paris et à l’Opéra-Comique, où il dirige opérettes, comédies musicales et grands titres du répertoire, imposant peu à peu un style énergique, précis et attentif aux chanteurs comme aux musiciens.
En 1971, il participe à la création de l’Orchestre national des Pays de la Loire, avant de fonder en 1976 l’Orchestre national de Lille, qu’il transforme en outil majeur de rayonnement culturel pour la région Hauts-de-France grâce à des tournées intensives et à une programmation ouverte. À la tête de cette phalange jusqu’en 2016, il multiplie les concerts en France et à l’international, les enregistrements consacrés notamment à Mahler, Berlioz, Prokofiev ou Milhaud, et les collaborations avec de grands solistes. Directeur musical de l’Orchestre Français des Jeunes de 2005 à 2008 et du lille piano(s) festival, il intervient aussi comme chef invité dans de nombreux opéras et festivals européens. Devenu ensuite chef fondateur et directeur musical honoraire, il continue de diriger régulièrement, tout en consacrant une part importante de son activité à la transmission, aux masterclasses et aux projets éducatifs liés à la musique symphonique.


Controverse

En 2019, une enquête de la presse locale met en lumière que la rémunération annuelle de Jean-Claude Casadesus à la tête de l’Orchestre national de Lille a atteint 695 288 euros en 2013, en grande partie financés par des fonds publics. Présentée comme une année exceptionnelle, cette somme suscite un débat régional sur le niveau de salaire des dirigeants d’institutions culturelles subventionnées et sur la transparence de leur gouvernance. Si l’intéressé ne s’exprime pas directement dans ces articles, la polémique nourrit plusieurs prises de position d’élus et de commentateurs interrogeant le rapport entre ambition artistique, exemplarité financière et usage de l’argent public.


Repères chronologiques

1935 : Naissance à Paris de Jean-Claude Probst, futur Jean-Claude Casadesus, dans une famille d’artistes issus de la dynastie Casadesus.
1957 : Obtient plusieurs premiers prix de percussion, de timbales, de contrepoint et de fugue au Conservatoire national supérieur de musique de Paris.
1960 : Reçoit un prix de direction d’orchestre et commence à s’imposer comme jeune chef dans les théâtres parisiens, notamment au Châtelet, à l’Opéra et à l’Opéra-Comique.
1971 : Participe, aux côtés de Pierre Dervaux, à la création de l’Orchestre national des Pays de la Loire, dont il devient l’adjoint permanent.
1976 : Fonde l’Orchestre national de Lille, qu’il transforme progressivement en grande formation symphonique de référence pour la région Nord et pour la scène française.
1994 : Dirige un concert symbolique dans les ruines de la Bibliothèque nationale de Sarajevo, en soutien aux populations touchées par la guerre en ex-Yougoslavie.
1997 : Publie chez Stock le livre Le plus court chemin d’un cœur à un autre, où il retrace son itinéraire et sa conception du métier de chef.
2004 : Reçoit une Victoire d’honneur aux Victoires de la musique classique pour l’ensemble de sa carrière avec l’Orchestre national de Lille.
2005 : Devient directeur musical de l’Orchestre Français des Jeunes, fonction qu’il occupe jusqu’en 2008 aux côtés de nouvelles générations d’instrumentistes.
2013 : Se voit décerner le Prix de l’Engagement Sociétal EY–L’Express pour son action de démocratisation de la musique avec l’Orchestre national de Lille.
2016 : Quitte la direction musicale de l’Orchestre national de Lille et transmet la baguette au chef Alexandre Bloch, tout en restant chef fondateur et directeur musical honoraire.
2019 : Dirige à Rabat un concert interreligieux avec l’Orchestre philharmonique du Maroc, en présence du pape François et du roi Mohammed VI.
2022 : Est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur, consacrant plus d’un demi-siècle de carrière au service de la musique.
2024 : Figure parmi les invités de prestige de festivals français, dont le Festival de Pâques, où il est salué pour son rôle dans la démocratisation de la musique classique.


Vie personnelle et engagements

Issu de la lignée artistique Casadesus, Jean-Claude Casadesus est le fils de la comédienne Gisèle Casadesus et de l’acteur Lucien Probst, connu sous le nom de scène Lucien Pascal. Dans ce milieu où se croisent musiciens, écrivains et comédiens, il grandit entouré notamment de ses oncles et cousins pianistes ou compositeurs, et de ses sœurs Martine Pascal, Béatrice Casadesus et de son frère Dominique Probst. Il épouse en premières noces l’Anglaise Pénélope Copeland, rencontrée comme jeune fille au pair, avec laquelle il a deux enfants, la soprano Caroline Casadesus et l’aventurier et photographe Sébastien Copeland.
D’une seconde union avec la danseuse Anne Sevestre, croisée au théâtre du Châtelet, naît un troisième enfant, Olivier Sevestre, comédien et mannequin. Très attaché à Montmartre, où il a longtemps partagé le voisinage de sa mère, il réside à Paris tout en entretenant un lien privilégié avec la région lilloise à travers l’Orchestre national de Lille. Par ses tournées en usines, prisons, écoles ou hôpitaux, ses interventions dans des instances de réflexion sur l’éducation artistique et ses concerts interreligieux, il défend une vision engagée de la musique comme outil de lien social et de dialogue entre les publics.


Anecdotes

1 - Enfant à Montmartre, il grandit dans l’appartement familial où défilent Camille Saint-Saëns, Fauré, Honegger et d’autres amis musiciens de ses parents, et partage même avec Arthur Honegger une passion très sérieuse pour les locomotives et les trains miniatures.
2 - En juin 1994, il dirige un concert hautement symbolique dans les ruines de la Bibliothèque nationale de Sarajevo, réunissant musiciens et choristes locaux pour un message de solidarité, les recettes étant destinées aux victimes du conflit yougoslave.
3 - En mars 2019, il conduit à Rabat l’Orchestre philharmonique du Maroc dans l’Ave Maria attribué à Caccini, avec trois chanteurs de confessions différentes, lors d’une cérémonie interreligieuse en présence du pape François et du roi Mohammed VI.
4 - En signe d’hommage inhabituel, une rose porte depuis 2019 son nom, « Jean-Claude Casadesus », tandis qu’en 2021 il fait son entrée dans le Petit Larousse illustré, scellant sa place parmi les références culturelles françaises durables.


Points clés

- Métier(s) : Chef d’orchestre, percussionniste, pédagogue, auteur.
- Résidence principale : Paris (quartier de Montmartre, France).
- Relations : Pénélope Copeland ; Anne Sevestre.
- Enfants : Caroline (1962), Sébastien Copeland (1964), Olivier Sevestre (1970).
- Distinctions : Grand officier de la Légion d’honneur, grand officier de l’Ordre national du Mérite, commandeur des Arts et des Lettres, commandeur des Palmes académiques, hautes décorations belges et néerlandaises.