Leiji Matsumoto

† à 85 ans
le 25 janvier 1938
Décédé le 13 février 2023
Naissance :  Kurume ,  Japon  
Nationalité : japonaise

Biographie

Auteur japonais majeur de science-fiction graphique, Leiji Matsumoto a façonné l’imaginaire du space opera en manga et en animation, entre mélancolie, héroïsme et antimilitarisme, et a marqué plusieurs générations grâce à des univers partagés devenus des références mondiales.


Parcours

Né le 25 janvier 1938 à Kurume (préfecture de Fukuoka, Japon) sous le nom d’Akira Matsumoto, il se tourne très tôt vers le dessin et publie ses premiers récits dans la presse spécialisée au milieu des années 1950. Installé à Tokyo à la fin de son adolescence, il construit une carrière de mangaka et d’illustrateur en alternant séries d’aventure et récits plus ancrés dans le quotidien. Sa percée intervient au début des années 1970 avec Otoko Oidon, chronique sociale qui l’impose au grand public. Dans la même période, il signe aussi Gun Frontier, et affirme un style reconnaissable : silhouettes élancées, héroïnes hiératiques, et atmosphère mélancolique. Ses histoires, souvent traversées par une sensibilité pacifiste, accordent une place centrale au voyage, au destin et à la mémoire. Il fait ses débuts en 1954 avec Mitsubachi no bōken, publié sous son nom civil, avant d’adopter son pseudonyme artistique.
Son nom devient indissociable du space opera. Il participe à la conception visuelle de Space Battleship Yamato (1974) puis crée deux piliers de son univers : Space Pirate Captain Harlock (1977) et Galaxy Express 999 (1977), adaptés en séries et films d’animation et diffusés largement hors du Japon. En 1978, il reçoit le Shogakukan Manga Award pour Galaxy Express 999 et pour une série de récits de guerre souvent regroupée sous le titre Senjō Manga Series. Il étend ensuite son “Leijiverse” avec Queen Millennia et Queen Emeraldas, et collabore à des projets internationaux, dont Interstella 5555 (2003) associé à Daft Punk. Décoré de l’Ordre du Soleil levant en 2010, il est fait chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2012. Dans les années 2010, il relance aussi le personnage avec Captain Harlock: Dimensional Voyage (2014), nouvelle variation sur le récit d’origine, publiée au Japon.


Controverse

Au début des années 2000, une controverse professionnelle oppose Leiji Matsumoto au producteur Yoshinobu Nishizaki autour des droits liés à Space Battleship Yamato. En mars 2002, un tribunal de Tokyo statue sur la titularité des droits du franchise, puis les parties concluent un accord en 2003. À la suite de ce cadre, certains projets sont ajustés et Matsumoto renomme notamment un développement intitulé Great Yamato. L’épisode contribue à clarifier, pour l’industrie, la séparation entre l’exploitation du nom et des éléments narratifs d’un côté, et des conceptions visuelles de l’autre.


Repères chronologiques

1938 : naissance à Kurume (Fukuoka), au Japon
1954 : débuts publiés avec Mitsubachi no bōken
1971 : percée avec Otoko Oidon
1974 : participation à Space Battleship Yamato
1977 : création de Space Pirate Captain Harlock
1977 : lancement de Galaxy Express 999
1978 : Shogakukan Manga Award pour Galaxy Express 999 et Senjō Manga Series
2003 : projet animé Interstella 5555 lié à Daft Punk
2010 : décoré de l’Ordre du Soleil levant (rayons d’or avec rosette)
2012 : chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres (France)
2023 : décès à Tokyo


Vie personnelle et engagements

Sur le plan familial, il épouse en 1961 la mangaka Miyako Maki. Le couple partage un même milieu professionnel et collabore à plusieurs occasions, Matsumoto assurant le plus souvent le dessin tandis que Maki intervient sur des projets liés à l’édition. Au cours de sa carrière, l’auteur maintient une présence publique régulière lors d’expositions et de séances de dédicaces. Le 15 novembre 2019, il est victime de graves difficultés respiratoires lors d’un événement à Turin et est hospitalisé ; son entourage annonce ensuite une amélioration de son état. Il conserve alors un suivi médical rapproché.
Ses engagements se lisent d’abord dans ses thèmes, souvent explicitement antimilitaristes, nourris par le récit familial de la Seconde Guerre mondiale et par son intérêt pour la mémoire des victimes. Parallèlement, il soutient la diffusion d’une culture scientifique tournée vers l’espace : des communications publiques le présentent comme responsable de YAC, organisation japonaise associée à des actions éducatives. Sa reconnaissance institutionnelle est marquée par l’Ordre du Soleil levant (2010) et, en France, par sa nomination au rang de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres (2012). Ces distinctions soulignent son impact culturel international.


Lieux de référence

Né à Kurume, il s’impose ensuite à Tokyo, où il travaille et où il meurt. Pour suivre ses traces, la ville portuaire de Tsuruga (préfecture de Fukui) propose un parcours urbain jalonné de statues en bronze de personnages de Galaxy Express 999 et Space Battleship Yamato. À Kitakyushu (Fukuoka), le Kitakyushu Manga Museum consacre un espace à son œuvre et présente régulièrement des expositions liées à la scène manga locale.


Contexte du décès

Leiji Matsumoto s’éteint à 85 ans, à l’hôpital à Tokyo, des suites d’une insuffisance cardiaque aiguë. Son agence annonce officiellement le décès et précise qu’une cérémonie funéraire a lieu dans l’intimité, réservée à la famille proche. Une rencontre d’hommage ouverte au public est ensuite organisée à Tokyo, rassemblant professionnels de l’animation, auteurs et admirateurs venus saluer son rôle dans l’essor mondial du manga et de l’anime de science-fiction. Les messages publiés à cette occasion insistent sur la continuité de son univers, souvent décrit comme un voyage vers « la mer des étoiles ».


Où se recueillir ?

Pour rendre hommage à l’auteur, plusieurs lieux publics associés à son œuvre sont visités par les admirateurs. À Tsuruga (Fukui), la « Symbol Road » aligne des statues en bronze inspirées de Galaxy Express 999 et Space Battleship Yamato, devenues un itinéraire de mémoire. À Kitakyushu, le Kitakyushu Manga Museum présente un espace consacré à Matsumoto, régulièrement enrichi par des expositions et documents de référence.


Anecdotes

1 - Sous son pseudonyme, il est surtout connu comme Leiji Matsumoto, mais il naît Akira Matsumoto : c’est sous ce nom civil qu’il publie dès 1954 Mitsubachi no bōken, avant d’installer durablement sa signature artistique.
2 - Son univers a rencontré la pop internationale : il supervise la partie visuelle du projet animé Interstella 5555 (2003), conçu avec Daft Punk, dont les clips forment un long-métrage musical de science-fiction.
3 - À Tsuruga, des statues en bronze de ses personnages sont installées en 1999 le long d’un parcours urbain ; elles reprennent notamment des scènes et figures de Galaxy Express 999 et de Space Battleship Yamato.
4 - Il a aussi dessiné pour le Japon des projets de design hors bande dessinée, comme le bateau-bus tokyoïte Himiko, un water bus au style futuriste qui a contribué à populariser son esthétique auprès d’un public non spécialiste.


Points clés

- Métier(s) : mangaka, illustrateur, créateur d’univers d’animation
- Résidence principale : Tokyo (Japon)
- Relations : Miyako Maki (épouse, mariage en 1961)
- Enfants : Makiko Matsumoto (fille)
- Distinctions : Shogakukan Manga Award (1978), Ordre du Soleil levant (2010), Ordre des Arts et des Lettres (2012)


Autres dessinateurs de manga nés dans les années 1930

Questions autour de Leiji Matsumoto

Qui est né le même jour que Leiji Matsumoto ?
Maria Kirilenko, Robert Boyle, Marie-Paule Belle, Florence Geanty et Jean-Marc Ayrault sont nés le 25 janvier comme Leiji Matsumoto.
À quel âge est mort Leiji Matsumoto ?
Leiji Matsumoto est mort à 85 ans, le 13 février 2023.
Qui est mort le même jour que Leiji Matsumoto ?
Henri Salvador, David Janssen, Andreas Katsulas, Martin Balsam et Serge Sauvion sont morts le 13 février comme Leiji Matsumoto.
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