Compositeur, dramaturge, chef d'orchestre et théoricien allemand du XIXe siècle, Richard Wagner a refondu l'opéra romantique autour du concept d'œuvre d'art totale et fondé le Festival de Bayreuth en 1876, où ses dix opéras de maturité sont encore joués chaque été.
Wilhelm Richard Wagner naît à Leipzig en 1813 et grandit à Dresde dans l'orbite théâtrale de son beau-père, l'acteur Ludwig Geyer. Après des leçons d'harmonie avec Christian Gottlieb Müller puis un passage à l'université de Leipzig sous la direction du Thomaskantor Christian Theodor Weinlig, il devient directeur musical à Wurtzbourg, Magdebourg, Königsberg et Riga. Endetté, il fuit en 1839 vers Londres puis Paris. La tempête essuyée durant la traversée inspire Le Vaisseau fantôme. À Paris, il survit en réorchestrant des opéras d'autres compositeurs et compose Rienzi, créé à Dresde en 1842 avec un succès retentissant. Il y occupe ensuite pendant six ans la direction d'orchestre du théâtre de la cour, créant Le Vaisseau fantôme puis Tannhäuser. Son engagement aux côtés de l'anarchiste Mikhaïl Bakounine pendant l'insurrection de Dresde en 1849 lui vaut un mandat d'arrêt et un exil de douze ans en Suisse.
À Zurich, il publie ses essais théoriques majeurs, dont L'Œuvre d'art de l'avenir et Opéra et Drame, où il formule la notion de Gesamtkunstwerk. La rencontre avec la poétesse Mathilde Wesendonck, femme de son protecteur Otto Wesendonck, lui inspire Tristan et Isolde, achevé en 1859. En 1864, le jeune roi Louis II de Bavière le rappelle à Munich, éponge ses dettes et fait monter Tristan et Isolde en 1865. Sa liaison avec Cosima, fille de Franz Liszt et épouse du chef d'orchestre Hans von Bülow, provoque un scandale qui le contraint à s'installer à Tribschen, près de Lucerne. Il y achève Les Maîtres chanteurs de Nuremberg en 1867 puis épouse Cosima en 1870. La construction de son théâtre à Bayreuth, financée notamment par Louis II, aboutit à l'inauguration du Festspielhaus le 13 août 1876.
En 1850, Wagner publie dans la Neue Zeitschrift für Musik, sous le pseudonyme de K. Freigedank, l'essai Das Judentum in der Musik (Le Judaïsme dans la musique), où il s'en prend nommément aux compositeurs Felix Mendelssohn et Giacomo Meyerbeer et appelle à l'« auto-annihilation » des Juifs dans la culture allemande. Il republie le pamphlet en 1869 sous son vrai nom, provoquant des protestations lors d'une représentation des Maîtres chanteurs. Ces écrits, prolongés par Qu'est-ce qui est allemand ? (1879), expliquent la brouille de Friedrich Nietzsche avec lui. Récupérée par le régime national-socialiste via sa belle-fille Winifred Wagner, amie d'Adolf Hitler, son œuvre fait l'objet d'un boycott de facto par l'Orchestre philharmonique d'Israël depuis la fondation du pays.
1813 : naissance à Leipzig le 22 mai
1831 : inscription à l'université de Leipzig
1836 : mariage avec l'actrice Minna Planer
1842 : création de Rienzi à Dresde
1849 : exil après l'insurrection de Dresde
1850 : création de Lohengrin à Weimar par Franz Liszt
1864 : Louis II de Bavière devient son mécène
1865 : création de Tristan et Isolde à Munich
1868 : création des Maîtres chanteurs de Nuremberg
1870 : mariage avec Cosima von Bülow le 25 août
1876 : inauguration du Festspielhaus de Bayreuth le 13 août
1882 : création de Parsifal à Bayreuth le 26 juillet
1883 : décès à Venise le 13 février
Wilhelm Richard Wagner est le neuvième enfant du couple formé en 1798 par Carl Friedrich Wagner, greffier de la police municipale de Leipzig, et Johanna Rosine Paetz, fille d'un boulanger. Son père meurt du typhus six mois après sa naissance. Sa mère épouse l'acteur et dramaturge Ludwig Geyer, qui transmet à Richard sa passion pour le théâtre et dont le compositeur porte le nom jusqu'à ses quatorze ans. La famille emménage à Dresde et déménage ensuite au gré des engagements de sa sœur aînée, l'actrice Rosalie Wagner. Son oncle Adolf Wagner, philologue, lui transmet le goût d'Homère, Shakespeare, Dante et Gœthe dans sa bibliothèque.
Wagner épouse en 1836 l'actrice Minna Planer, dont il se sépare en 1862. Sa liaison avec Cosima von Bülow, fille de Franz Liszt et de la comtesse Marie d'Agoult, donne naissance à Isolde en 1865, puis Eva et Siegfried Wagner. Il fréquente à Zurich le philosophe Arthur Schopenhauer, dont la pensée pessimiste irrigue ses livrets, et l'anarchiste russe Mikhaïl Bakounine à Dresde. Sous l'influence de Schopenhauer, il devient végétarien et publie une apologie de la cause animale dans Art et Religion. Ses appuis politiques incluent le roi Louis II de Bavière, son principal mécène.
Richard Wagner est emporté par une crise d'angine de poitrine le 13 février 1883 vers quinze heures, au Palazzo Vendramin Calergi sur le Grand Canal de Venise, où il avait loué l'entresol pour passer l'hiver avec sa famille. Il souffrait depuis plusieurs années de crises cardiaques répétées, aggravées par une première attaque sérieuse en mars 1882. Sa dépouille est transférée à Bayreuth trois jours plus tard, le 16 février. Le compositeur Franz Liszt, présent à Venise lors de ses derniers mois, et le poète Gabriele d'Annunzio rendent un hommage public. Les funérailles, qualifiées de grandioses tant à Venise que sur le chemin du retour, sont suivies d'une inhumation privée.
Richard Wagner repose dans un caveau aménagé dans le jardin de sa villa Wahnfried à Bayreuth, où son épouse Cosima est inhumée à ses côtés en 1930. Le Palazzo Vendramin Calergi à Venise abrite aujourd'hui un musée Wagner. Une plaque rédigée par Gabriele d'Annunzio orne le mur d'enceinte donnant sur le Grand Canal.
1 - Wagner croit longtemps être le fils biologique de son beau-père Ludwig Geyer et signe ainsi les premiers manuscrits de ses mémoires Mein Leben, jusqu'à ce que Cosima fasse remplacer cette mention par le nom de Friedrich Wagner dans l'édition imprimée de 1880.
2 - Pour fêter les trente-trois ans de Cosima en décembre 1870, Wagner fait exécuter dans l'escalier de la villa de Tribschen une œuvre de chambre pour treize instrumentistes restée surnommée l'Idylle de Siegfried, du prénom de leur fils né l'année précédente.
3 - En 1882, le peintre Auguste Renoir réalise à Palerme l'esquisse d'un portrait du compositeur en l'espace d'une seule séance de pose, alors que Wagner achève la partition de Parsifal.
4 - Lors de la seizième et dernière représentation de Parsifal en 1882, le chef d'orchestre Hermann Levi est victime d'un malaise pendant l'acte III ; Wagner descend discrètement dans la fosse, prend la baguette et dirige l'œuvre jusqu'à sa conclusion.
5 - La veille de sa mort à Venise, Wagner joue au piano son Élégie en la bémol majeur, longtemps appelée par erreur Thème de Porazzi, esquissée vingt-cinq ans plus tôt pour Tristan et Isolde puis achevée en 1882 et offerte à Cosima.
6 - L'astéroïde (3992) Wagner, découvert en 1987, et un cratère de la planète Mercure portent son nom.
- Métier(s) : compositeur, chef d'orchestre, dramaturge, écrivain, théoricien
- Résidence principale : Bayreuth (villa Wahnfried)
- Relations de couple : Minna Planer (1836-1862), Cosima Liszt von Bülow (1870-1883)
- Enfants : Isolde (1865), Eva, Siegfried Wagner
- Distinctions : fondateur du Festival de Bayreuth, œuvre intégrée au répertoire mondial de l'opéra
67 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
« Nous devons aimer tous les hommes, pour pouvoir nous aimer de nouveau nous-mêmes et retrouver la joie de vivre. »
— L'Art et la Révolution, essai, 1849 (traduit de l'allemand)
« Il y a nombre de sujets sur lesquels nous sommes tout à fait francs entre nous, par exemple que je traite l'harmonie de manière tout à fait différente depuis que je me suis familiarisé avec les compositions de Liszt. »
— Lettre à Hans von Bülow, 1859 (traduit de l'allemand)
« Si je ressens une souffrance comme profonde, c'est que ma sensibilité à moi est profonde. Ainsi ma sensibilité fait-elle une vérité de la souffrance d'un autre. Plus l'être dont je puis partager la douleur est petit, plus grand se manifeste le cercle de ma capacité émotive. »
— Journal de Richard Wagner, cité par Élisabeth de Fontenay (traduit de l'allemand)
La joie n'est pas dans les choses, elle est en nous.
La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots.
Est-ce que l'art est autre chose qu'un aveu de notre impuissance ?
Quelle noblesse d'avoir un ami, mais combien plus noble d'être un ami.
Il importe peu de descendre du singe : le tout est de ne pas y remonter.
Celui qui désire espère et croit en lui-même, celui-là est heureux de voir les autres espérer et croire.
La nécessité de l'amour est la seule qui soit vraiment belle. Arriver à cette connaissance, telle est la tâche de l'histoire du monde.
« Nous devons aimer tous les hommes, pour pouvoir nous aimer de nouveau nous-mêmes et retrouver la joie de vivre. »
— L'Art et la Révolution, essai, 1849 (traduit de l'allemand)
« Il y a nombre de sujets sur lesquels nous sommes tout à fait francs entre nous, par exemple que je traite l'harmonie de manière tout à fait différente depuis que je me suis familiarisé avec les compositions de Liszt. »
— Lettre à Hans von Bülow, 1859 (traduit de l'allemand)
« Si je ressens une souffrance comme profonde, c'est que ma sensibilité à moi est profonde. Ainsi ma sensibilité fait-elle une vérité de la souffrance d'un autre. Plus l'être dont je puis partager la douleur est petit, plus grand se manifeste le cercle de ma capacité émotive. »
— Journal de Richard Wagner, cité par Élisabeth de Fontenay (traduit de l'allemand)
La joie n'est pas dans les choses, elle est en nous.
La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots.
Est-ce que l'art est autre chose qu'un aveu de notre impuissance ?
Quelle noblesse d'avoir un ami, mais combien plus noble d'être un ami.
Il importe peu de descendre du singe : le tout est de ne pas y remonter.
Celui qui désire espère et croit en lui-même, celui-là est heureux de voir les autres espérer et croire.
La nécessité de l'amour est la seule qui soit vraiment belle. Arriver à cette connaissance, telle est la tâche de l'histoire du monde.