Née le 22 mai 1938 à New York et morte dans la même ville le 21 janvier 1999, Susan Strasberg est une actrice américaine de théâtre, de cinéma et de télévision. Fille de Lee Strasberg, elle s'est imposée à 17 ans dans le rôle d'Anne Frank à Broadway avant une carrière internationale.
Susan Elizabeth Strasberg grandit à New York au contact des élèves de l'Actors Studio dirigé par son père Lee Strasberg, parmi lesquels Marlon Brando, Julie Harris, Maureen Stapleton et Walter Matthau. Après une formation à la Professional Children's School, puis à la High School of Music & Art et à la High School of Performing Arts, elle fait ses débuts à quatorze ans en 1953 dans la pièce Maya jouée off-Broadway, suivie d'une apparition dans un épisode de Goodyear Television Playhouse réalisé par Delbert Mann. En 1954, elle interprète Juliette dans Roméo et Juliette pour le Kraft Television Theatre. L'année suivante, elle débute au cinéma dans La Toile d'araignée de Vincente Minnelli, puis incarne Millie Owens, la sœur cadette du personnage de Kim Novak, dans Picnic de Joshua Logan.
En 1955, à dix-sept ans, elle crée le rôle d'Anne Frank dans la production de Broadway du Journal d'Anne Frank mise en scène par Garson Kanin, tenue à l'affiche pendant 717 représentations jusqu'en 1957. Cette interprétation lui vaut une nomination aux Tony Awards à dix-huit ans et la propulse en couverture de Life à deux reprises en 1955, puis de Newsweek. Elle enchaîne avec Les Feux du théâtre de Sidney Lumet en 1958, puis tourne en Europe : Kapò de Gillo Pontecorvo en 1960 aux côtés d'Emmanuelle Riva et Laurent Terzieff, Hurler de peur produit par la Hammer en 1961, et Le Désordre de Franco Brusati en 1962 avec Alida Valli et Renato Salvatori. Sa carrière se poursuit dans des films de contre-culture comme Le Voyage de Roger Corman en 1967 avec Peter Fonda et Un monde psychédélique en 1968 avec Jack Nicholson.
1938 : naissance le 22 mai à New York
1953 : débuts à quatorze ans dans la pièce Maya off-Broadway
1955 : premier rôle au cinéma dans La Toile d'araignée de Vincente Minnelli, puis Picnic de Joshua Logan
1955 : création du rôle d'Anne Frank à Broadway dans la mise en scène de Garson Kanin
1956 : nomination aux Tony Awards à dix-huit ans pour The Diary of Anne Frank
1958 : rôle principal dans Les Feux du théâtre de Sidney Lumet
1961 : tournage de Kapò de Gillo Pontecorvo, aux côtés d'Emmanuelle Riva
1963 : interprète La Dame aux camélias à Broadway dans une mise en scène de Franco Zeffirelli
1965 : mariage avec l'acteur Christopher Jones le 25 septembre à Las Vegas
1966 : naissance de sa fille Jennifer Robin
1968 : divorce d'avec Christopher Jones
1980 : publication de son autobiographie Bittersweet
1986 : rôle dans Delta Force de Menahem Golan
1992 : publication de Marilyn and Me: Sisters, Rivals, Friends
1993 : membre du jury de la 43e Berlinale
1999 : décès le 21 janvier à New York à l'âge de soixante ans
Susan Strasberg naît dans une famille profondément liée au théâtre américain. Son père, Lee Strasberg, né à Boudaniv en Galicie (aujourd'hui en Ukraine), est directeur artistique de l'Actors Studio et théoricien de la méthode. Sa mère, Paula Strasberg, née Pearl Miller à New York, est une ancienne actrice de Broadway devenue coach et confidente de Marilyn Monroe. Son frère cadet, John Strasberg, devient également professeur d'art dramatique. Susan fréquente la Professional Children's School, puis la High School of Music & Art et la High School of Performing Arts à New York. Avant son mariage, elle entretient des relations avec Bobby Driscoll, Warren Beatty, Cary Grant et Richard Burton, rencontré pendant la pièce Léocadia de Jean Anouilh en 1957.
Le 25 septembre 1965, à Las Vegas, elle épouse l'acteur Christopher Jones, rencontré sur le tournage de la série The Legend of Jesse James. Leur fille Jennifer Robin naît six mois plus tard avec une malformation cardiaque congénitale, que Susan Strasberg attribue dans ses mémoires à la consommation de drogues du couple. Le divorce est prononcé en 1968. Marilyn Monroe, élève de Lee Strasberg, est décrite par Susan comme une « sœur de substitution » dans la maison familiale. Dans les années 1990, elle se tourne vers une recherche spirituelle et travaille jusqu'à sa mort sur un manuscrit intitulé Confessions of a New Age Heretic.
Au milieu des années 1990, un cancer du sein est diagnostiqué à Susan Strasberg. Bien que considérée comme en rémission pendant un temps, elle meurt de la maladie à son domicile new-yorkais le 21 janvier 1999, à l'âge de soixante ans. Au moment de son décès, elle travaillait à un troisième ouvrage intitulé Confessions of a New Age Heretic, consacré à son cheminement spirituel personnel. Sa disparition est annoncée par le New York Times sous la plume de Mel Gussow, ainsi que par le Los Angeles Times et The Guardian, qui rappellent son rôle séminal dans The Diary of Anne Frank à Broadway en 1955.
À Rome, le Teatro Tordinona, où elle s'était produite lors de son installation italienne au début des années 1960, a dédié une salle à sa mémoire. Sa fille Jennifer Robin Jones lui survit. Susan Strasberg laisse également deux ouvrages publiés, Bittersweet et Marilyn and Me: Sisters, Rivals, Friends, devenus des sources de référence sur la famille Strasberg et l'Actors Studio.
1 - Pour son autobiographie Bittersweet publiée en 1980, Susan Strasberg reçoit une avance de 100 000 dollars et vend les droits de publication pour 300 000 dollars, signe de l'attente éditoriale autour de la famille Strasberg.
2 - George Stevens écarte Susan Strasberg de l'adaptation cinématographique du Journal d'Anne Frank en 1959, refusant de subir l'influence de sa mère Paula sur le plateau ; l'actrice n'est même pas autorisée à passer de test.
3 - Lors du tournage d'un épisode de CBS Playhouse intitulé The Experiment, le jeune Michael Douglas, débutant, lui dit avant une scène d'amour : « J'espère que vous ne le prendrez pas personnellement, Susan, si j'ai une érection. »
4 - L'épisode Equation danger de la série Les Envahisseurs, diffusé en France sur l'ORTF à partir de 1969, fait d'elle un visage familier du public français bien avant la sortie de ses derniers films.
5 - Lorsqu'elle interprète La Dame aux camélias à Broadway en 1963, mise en scène par Franco Zeffirelli, le spectacle ne tient l'affiche que treize représentations malgré l'aura du metteur en scène italien.
6 - En 1993, elle siège au jury de la 43e Berlinale, l'une des rares reconnaissances institutionnelles internationales reçues en dehors du monde anglo-saxon.
- Métier(s) : actrice de théâtre, de cinéma et de télévision, autrice
- Résidence principale : New York
- Relations de couple : mariée à Christopher Jones de 1965 à 1968
- Enfants : Jennifer Robin Jones, née en 1966
- Distinctions : nomination aux Tony Awards en 1956 pour The Diary of Anne Frank
J'ai fait des choses médiocres parce qu'ainsi je n'avais pas à me mettre à l'épreuve. J'avais un besoin énorme de ne pas faire honte à mon père.
— Los Angeles Times, entretien avec Grant Lee (traduit de l'anglais)
J'adore jouer la comédie. Je veux dire que je ne peux pas concevoir de ne pas le faire. Mais c'est moins important pour moi depuis que j'ai commencé à écrire, parce que j'aime vraiment écrire.
— Philadelphia Inquirer, entretien avec Maralyn Lois Polak, 1983 (traduit de l'anglais)
Cela me semblait totalement intenable, de jouer depuis 25 ans - j'avais joué Juliette, Cléopâtre et Anne Frank - et j'étais là, assise à Hollywood, à attendre que quelqu'un veuille bien de moi.
— The Independent, nécrologie par Tom Vallance, 1999 (traduit de l'anglais)
J'ai fait des choses médiocres parce qu'ainsi je n'avais pas à me mettre à l'épreuve. J'avais un besoin énorme de ne pas faire honte à mon père.
— Los Angeles Times, entretien avec Grant Lee (traduit de l'anglais)
J'adore jouer la comédie. Je veux dire que je ne peux pas concevoir de ne pas le faire. Mais c'est moins important pour moi depuis que j'ai commencé à écrire, parce que j'aime vraiment écrire.
— Philadelphia Inquirer, entretien avec Maralyn Lois Polak, 1983 (traduit de l'anglais)
Cela me semblait totalement intenable, de jouer depuis 25 ans - j'avais joué Juliette, Cléopâtre et Anne Frank - et j'étais là, assise à Hollywood, à attendre que quelqu'un veuille bien de moi.
— The Independent, nécrologie par Tom Vallance, 1999 (traduit de l'anglais)