Sculpteur, peintre et dessinateur suisse, Jean Tinguely, né le 22 mai 1925 à Fribourg et mort le 30 août 1991 à Berne, est l'une des figures du Nouveau Réalisme. Il est principalement connu pour ses sculptures cinétiques motorisées, dont l'autodestructrice Homage to New York présentée au MoMA en 1960.
Fils d'un employé de la fabrique Cailler, Jean Tinguely grandit à Bâle où sa famille s'installe en 1928. En 1941, il entre comme apprenti décorateur au grand magasin Globus et suit en parallèle des cours à l'École des arts appliqués de Bâle jusqu'en 1945. Il y noue une amitié durable avec Daniel Spoerri, ancien danseur du ballet du Berner Staatsoper. En 1953, il s'installe à Paris, d'abord à Montigny-sur-Loing, puis impasse Ronsin, où il croise Constantin Brâncuși, Yves Klein et Larry Rivers. À partir de 1954, il développe ses premiers reliefs Méta-Mécaniques, puis ses Méta-Matics, machines à dessiner motorisées qui parodient l'abstraction lyrique. En avril 1955, il expose à la galerie Denise René aux côtés de Marcel Duchamp, Alexander Calder, Victor Vasarely et Jesús-Rafael Soto dans l'exposition Le Mouvement, considérée comme l'acte fondateur de l'art cinétique.
Le 17 mars 1960, dans le jardin du Museum of Modern Art à New York, Tinguely présente Homage to New York, machine autodestructrice conçue avec l'ingénieur de Bell Labs Billy Klüver et à laquelle Robert Rauschenberg ajoute une contribution. Le 27 octobre 1960, il signe la Déclaration constitutive du Nouveau Réalisme rédigée par Pierre Restany dans l'appartement parisien d'Yves Klein, aux côtés d'Arman, César, Daniel Spoerri, Raymond Hains, Jacques Villeglé, François Dufrêne et Martial Raysse. En 1964, il réalise Heureka pour l'Exposition nationale suisse à Lausanne. En 1966, il conçoit avec Niki de Saint Phalle et Per Olof Ultvedt la sculpture monumentale Hon au Moderna Museet de Stockholm, dirigé par Pontus Hultén. Suivront le Cyclop à Milly-la-Forêt à partir de 1969, le Crocrodrome au Centre Pompidou en 1977 et la Fontaine Stravinsky à Paris en 1983.
1925 : naissance le 22 mai à Fribourg
1928 : installation de la famille à Bâle
1941 : apprentissage de décorateur chez Globus et inscription à l'École des arts appliqués de Bâle
1951 : mariage avec Eva Aeppli à Bâle
1953 : installation à Paris, impasse Ronsin ; naissance de sa fille Myriam
1955 : exposition Le Mouvement à la galerie Denise René
1959 : présentation des Méta-Matics à la première Biennale de Paris
1960 : performance Homage to New York au MoMA le 17 mars ; signature du manifeste du Nouveau Réalisme le 27 octobre
1964 : Heureka pour l'Exposition nationale suisse de Lausanne
1971 : mariage avec Niki de Saint Phalle le 13 juillet
1976 : reçoit le prix Wilhelm Lehmbruck de la ville de Duisbourg
1977 : Le Crocrodrome de Zig et Puce pour l'inauguration du Centre Pompidou ; inauguration de la Fasnachtsbrunnen à Bâle
1983 : inauguration de la Fontaine Stravinsky à Paris avec Niki de Saint Phalle
1985 : première hospitalisation à Berne et opération cardiaque
1988 : inauguration de la fontaine de Château-Chinon, commandée par François Mitterrand
1991 : décès le 30 août à l'hôpital de l'Île à Berne
Jean Charles Tinguely, surnommé Jeannot par ses proches, est l'enfant unique de Charles Célestin Tinguely, employé puis responsable d'entrepôt à la fabrique de chocolats Cailler à Bâle, et de Jeanne-Louise Ruffieux, originaire du Pâquier et femme de chambre avant son mariage. Élevé dans un foyer francophone et catholique du quartier bâlois de Gundeldingen, il fréquente la Thiersteinerschulhaus puis suit dès 1941 les cours du soir de l'École des arts appliqués de Bâle, où il rencontre Eva Aeppli, sculptrice qu'il épouse en 1951 et avec laquelle il a une fille, Myriam, née en 1953. En juillet 1971, il épouse en secondes noces Niki de Saint Phalle.
À Bâle, il fréquente la maison du libraire Heinrich Koechlin où se retrouvent réfugiés politiques, anarchistes et communistes ; il y forge sa culture politique en lisant Friedrich Engels, Kropotkine, Bakounine et Alexandre Herzen. Pendant près de vingt ans, il est membre de la clique de carnaval anti-conformiste bâloise des Kuttlebutzer, à laquelle il fournit costumes et masques en 1976 et 1977. À partir de 1983, il vit à Neyruz, dans le canton de Fribourg, où il acquiert l'ancienne auberge L'Aigle noir. En 1988, il achète une ancienne fabrique à La Verrerie pour y développer le Torpedo Institut, ensemble industriel de plus de 3000 m² qui devient sa plus vaste réalisation, jamais entièrement ouverte au public.
Le 20 août 1991, Jean Tinguely est victime d'un infarctus selon le Musée Tinguely de Bâle ; il est hospitalisé à l'hôpital de l'Île à Berne, où il meurt dix jours plus tard, le 30 août 1991, à l'âge de 66 ans. Plusieurs sources de presse rapportent une hémorragie cérébrale comme cause finale du décès. Les obsèques se déroulent le 4 septembre à Fribourg, conformément à ses dernières volontés : le cortège est ouvert par une fanfare et par l'une de ses machines, Chahut, qui pétarade et fume devant la foule. Le corps est inhumé au cimetière de Neyruz en présence de ses deux anciennes épouses, Niki de Saint Phalle et Eva Aeppli.
Jean Tinguely repose au cimetière de Neyruz, dans le canton de Fribourg. Le Musée Tinguely de Bâle, ouvert en 1996 sur la base d'une donation de 55 sculptures faite par Niki de Saint Phalle, est conçu par l'architecte tessinois Mario Botta. L'Espace Jean-Tinguely–Niki-de-Saint-Phalle est inauguré à Fribourg en 1998.
1 - Selon plusieurs biographies, Jean Tinguely est renvoyé de son premier emploi pour avoir arraché du mur la pointeuse de pointage des employés, geste qui annonce sa contestation des cadences industrielles.
2 - Enfant, il construit en cachette de petites roues à aubes en bois le long des ruisseaux des environs de Bâle, sans aucune intention artistique : ces dispositifs hydrauliques préfigurent ses futures sculptures motorisées.
3 - Pour Homage to New York au MoMA le 17 mars 1960, la machine fonctionne 27 minutes avant qu'un pompier new-yorkais n'intervienne pour l'arroser ; Tinguely reçoit ce qu'il prend pour une marque d'enthousiasme officielle et qui se révèle être une citation pour trouble à l'ordre public et violation du code des incendies.
4 - Passionné de Formule 1, il réalise en 1984 la Fontaine Jo Siffert à Fribourg en hommage au pilote suisse, et conçoit dans les usines Renault la machine rotative Pit-Stop à partir de pièces détachées de deux Formule 1.
5 - En juin 1991, deux mois avant sa mort, il participe au Kulturgüterzug organisé par Klaus Littmann à Bâle, train de marchandises dont chaque wagon est confié à un artiste (Bernhard Luginbühl, Daniel Spoerri, Ben Vautier, Jim Whiting et Milena Palakarkina figurent parmi les autres contributeurs).
6 - En 1992, six mois après sa mort, Milena Palakarkina donne naissance à son fils Jean-Sébastien Tinguely.
- Métier(s) : sculpteur, peintre, dessinateur
- Résidence principale : Neyruz, canton de Fribourg, Suisse (1983-1991)
- Relations de couple : Eva Aeppli (1951-1971), Niki de Saint Phalle (1971-1991)
- Enfants : Myriam Tinguely (1953, avec Eva Aeppli) ; Jean-Sébastien Tinguely (1992, posthume, avec Milena Palakarkina)
- Distinctions : prix Wilhelm Lehmbruck de la ville de Duisbourg (1976)
« La mort n'existe pas ! La mort n'existe que pour ceux qui refusent d'accepter ce qui évolue. Tout change. La mort est le passage d'un mouvement à un autre. »
— Cité dans la biographie officielle du Musée Tinguely de Bâle
« Lorsque j'étais petit, j'avais très peur du noir, tout prenait alors des formes inquiétantes, et aujourd'hui encore je ne supporte pas les papiers à motifs, ils me rappellent mes angoisses enfantines. »
— Cité par la galerie d'estampes Champetier (Hommage à Jean Tinguely)
« Alors, j'ai commencé à faire une chose très bizarre : plusieurs samedis et dimanches de suite j'ai commencé à construire de jolies petites roues en bois, bricolées comme ça, le long d'un ruisseau. Aucune idée d'art ! »
— Cité par la galerie d'estampes Champetier (Hommage à Jean Tinguely)
« Pour moi, l'art est toujours une révolte, il reste révolte. Je dirais aussi qu'on s'en fout de l'art, qu'il n'y a pas d'art, mais l'art c'est une révolte. Ce que je fais : je me révolte contre quelque chose. Mais j'organise cette révolte. »
— Entretien cité par Grand Palais, Portrait de Jean Tinguely
« La peinture ! C'était impossible pour moi ; je n'arrivais pas à, disons, décider : Voilà, c'est terminé. C'est à partir de là, au fond, que le mouvement s'est imposé à moi. Le mouvement me permettait tout simplement d'échapper à cette pétrification, à cette fin. »
— Cité par la galerie d'estampes Champetier (Hommage à Jean Tinguely)
« La mort n'existe pas ! La mort n'existe que pour ceux qui refusent d'accepter ce qui évolue. Tout change. La mort est le passage d'un mouvement à un autre. »
— Cité dans la biographie officielle du Musée Tinguely de Bâle
« Lorsque j'étais petit, j'avais très peur du noir, tout prenait alors des formes inquiétantes, et aujourd'hui encore je ne supporte pas les papiers à motifs, ils me rappellent mes angoisses enfantines. »
— Cité par la galerie d'estampes Champetier (Hommage à Jean Tinguely)
« Alors, j'ai commencé à faire une chose très bizarre : plusieurs samedis et dimanches de suite j'ai commencé à construire de jolies petites roues en bois, bricolées comme ça, le long d'un ruisseau. Aucune idée d'art ! »
— Cité par la galerie d'estampes Champetier (Hommage à Jean Tinguely)
« Pour moi, l'art est toujours une révolte, il reste révolte. Je dirais aussi qu'on s'en fout de l'art, qu'il n'y a pas d'art, mais l'art c'est une révolte. Ce que je fais : je me révolte contre quelque chose. Mais j'organise cette révolte. »
— Entretien cité par Grand Palais, Portrait de Jean Tinguely
« La peinture ! C'était impossible pour moi ; je n'arrivais pas à, disons, décider : Voilà, c'est terminé. C'est à partir de là, au fond, que le mouvement s'est imposé à moi. Le mouvement me permettait tout simplement d'échapper à cette pétrification, à cette fin. »
— Cité par la galerie d'estampes Champetier (Hommage à Jean Tinguely)