Né le 15 mai 1856 à Chittenango, dans l'État de New York, et mort le 6 mai 1919 à Hollywood, Lyman Frank Baum est un écrivain américain, pionnier du conte de fées américain. Auteur de quatorze romans sur le pays d'Oz, il signe en 1900 The Wonderful Wizard of Oz, adapté à l'écran en 1939.
Septième des neuf enfants de Benjamin Ward Baum, entrepreneur dans le pétrole en Pennsylvanie, et de Cynthia Stanton, Lyman Frank Baum grandit dans le domaine familial de Rose Lawn, près de Syracuse. Enfant à la santé fragile, il est scolarisé deux ans à l'Académie militaire de Peekskill avant un retour précipité à domicile. Adolescent, il fonde avec son frère Henry Clay Baum le journal amateur The Rose Lawn Home Journal, puis se lance à vingt ans dans l'élevage de volailles, publiant en 1886 son premier ouvrage, un traité sur la poule de Hambourg. En 1880, son père lui offre un théâtre à Richburg. Baum y écrit et interprète The Maid of Arran, mélodrame musical inspiré de A Princess of Thule de William Black. La tournée s'achève par l'incendie du théâtre, qui détruit costumes et manuscrits.
Après son mariage avec Maud Gage en 1882, Baum installe sa famille à Aberdeen, dans le Dakota du Sud, où il ouvre en 1888 Baum's Bazaar puis dirige The Aberdeen Saturday Pioneer. Les deux entreprises échouent. Établi à Chicago en 1891, il devient reporter pour l'Evening Post, voyageur de commerce, puis rédacteur du magazine professionnel The Show Window. Sa rencontre avec l'illustrateur William Wallace Denslow donne naissance à Father Goose: His Book (1899), succès éditorial de l'année, puis à The Wonderful Wizard of Oz (1900). L'adaptation scénique de 1902, à laquelle collaborent Julian Mitchell et Paul Tietjens, triomphe à Broadway. Treize suites au pays d'Oz suivront, jusqu'au posthume Glinda of Oz.
En tant que rédacteur en chef de The Aberdeen Saturday Pioneer, Baum publie deux éditoriaux appelant à l'extermination des peuples autochtones. Le premier, daté du 20 décembre 1890 et paru cinq jours après la mort du chef sioux Sitting Bull, qualifie les Amérindiens survivants de « meute de chiens hargneux » et plaide pour « l'annihilation totale du peu d'Indiens restants ». Le second, publié le 3 janvier 1891, soit cinq jours après le massacre de Wounded Knee, réitère cet appel. Ces textes ont été republiés en 1990 par le sociologue Robert Venables, de l'université Cornell. En 2006, deux descendants directs de Baum ont présenté des excuses publiques à la nation Sioux pour les propos de leur ancêtre.
1856 : naissance le 15 mai à Chittenango, État de New York
1868 : entrée à l'Académie militaire de Peekskill
1880 : ouverture du théâtre offert par son père à Richburg
1882 : mariage avec Maud Gage le 9 novembre à Fayetteville
1886 : publication du premier ouvrage, The Book of the Hamburgs
1888 : installation à Aberdeen, Dakota du Sud
1890 : direction de The Aberdeen Saturday Pioneer
1891 : déménagement à Chicago
1897 : parution de Mother Goose in Prose, illustré par Maxfield Parrish
1899 : succès de Father Goose: His Book, avec William Wallace Denslow
1900 : publication de The Wonderful Wizard of Oz
1902 : adaptation musicale de The Wizard of Oz à Broadway
1910 : installation à Hollywood
1914 : fondation de The Oz Film Manufacturing Company
1919 : mort le 6 mai à sa résidence Ozcot, Hollywood
Lyman Frank Baum est le fils de Benjamin Ward Baum, négociant ayant fait fortune dans le pétrole en Pennsylvanie, et de Cynthia Stanton, issue d'une famille méthodiste rigoureuse. Il fréquente brièvement la Syracuse Classical School avant son passage par l'Académie militaire de Peekskill. Le 9 novembre 1882, il épouse à Fayetteville Maud Gage, fille de la suffragiste Matilda Joslyn Gage, cofondatrice de la National Woman Suffrage Association avec Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton. La cérémonie repose sur des vœux strictement identiques, choix rare pour l'époque. Le couple a quatre fils : Frank Joslyn (1883), Robert Stanton (1886), Harry Neal (1889) et Kenneth Gage (1891).
Sa belle-mère Matilda Joslyn Gage, initiée au sein du Conseil des matrones iroquoises, exerce une influence durable sur ses convictions. À Aberdeen, Baum occupe les fonctions de secrétaire du club local pour l'égalité du suffrage, et accueille Susan B. Anthony lors de son passage dans la région. Théosophe convaincu, il intègre cette spiritualité à plusieurs de ses récits. Installé à Hollywood en 1910, il rejoint le cercle masculin The Uplifters fondé par Harry Marston Haldeman, qui compte également Will Rogers et pour lequel il écrit plusieurs pièces de circonstance. Hamlin Garland figure parmi ses correspondants littéraires.
Lyman Frank Baum est victime d'un accident vasculaire cérébral le 5 mai 1919, suivi d'un coma. Il meurt le lendemain, 6 mai 1919, à son domicile hollywoodien baptisé Ozcot, neuf jours avant son soixante-troisième anniversaire. Dans un moment de lucidité, il adresse à son épouse Maud Gage Baum ses derniers mots : « Now we can cross the Shifting Sands », en référence au désert entourant le pays d'Oz. Son fils Kenneth Gage Baum, démobilisé après son service dans l'armée des États-Unis, est présent à son chevet, ainsi que son fils Robert Stanton Baum. Son fils aîné Frank Joslyn Baum, alors capitaine en service, ne peut le rejoindre à temps. La nouvelle, relayée par la presse américaine, suscite des hommages dans la presse littéraire.
Lyman Frank Baum est inhumé au Forest Lawn Memorial Park de Glendale, en Californie. Sa résidence Ozcot, située à l'angle de Magnolia et Rose à Hollywood, a été démolie après la mort de son épouse Maud en 1953 pour laisser place à un immeuble d'habitation. Un centre d'interprétation existe à Chittenango, son lieu de naissance.
1 - Baum détestait son prénom Lyman, hérité d'un oncle paternel, et a utilisé toute sa vie son second prénom Frank. Il signait ses œuvres « L. Frank Baum » et ses pièces de jeunesse sous le pseudonyme scénique de Louis F. Baum.
2 - Outre son nom, Baum a publié sous au moins sept pseudonymes : Edith Van Dyne, Floyd Akers, Schuyler Staunton, Laura Bancroft, John Estes Cooke, Captain Hugh Fitzgerald et Suzanne Metcalf, principalement pour des séries jeunesse à la demande de ses éditeurs.
3 - Dans l'invitation à leurs noces d'argent en 1907, Baum livre un bilan chiffré du mariage : « Disputes : quelques-unes seulement. Larmes de l'épouse : trois fois. Jurons du mari : mille cent quatre-vingt-sept fois, jamais contre l'épouse. »
4 - Baum a fondé en 1914 The Oz Film Manufacturing Company à Hollywood, dont le conseil d'administration comprenait Louis F. Gottschalk et Harry Marston Haldeman. La société, qui distribua brièvement des œuvres aux côtés de débutants comme Harold Lloyd et Hal Roach, fut revendue à Universal en 1915.
5 - Maud Gage Baum a détruit après la mort de son mari l'essentiel de ses manuscrits inédits, qu'elle jugeait inutiles dès lors que les livres étaient publiés, privant la postérité de quatre romans dits « perdus ».
6 - Le Dorothy de Baum ne situe l'action qu'au Kansas par évocation ; l'auteur n'avait visité cet État qu'une seule fois et avait surtout vécu dans le Dakota du Sud, terre des tornades qui inspirèrent l'ouverture du roman.
- Métier(s) : écrivain, dramaturge, journaliste, producteur de cinéma
- Résidence principale : Hollywood, Californie (résidence Ozcot)
- Relations de couple : Maud Gage, épousée le 9 novembre 1882, jusqu'à sa mort en 1919
- Enfants : Frank Joslyn (1883), Robert Stanton (1886), Harry Neal (1889), Kenneth Gage (1891)
- Distinctions : Lewis Carroll Shelf Award attribué en 1968 à The Wonderful Wizard of Oz (posthume)
« Maintenant, nous pouvons traverser les Sables Mouvants. »
— Derniers mots rapportés par Maud Gage Baum, 6 mai 1919 (traduit de l'anglais)
« Disputes : quelques-unes seulement. Larmes de l'épouse : trois fois. Jurons du mari : mille cent quatre-vingt-sept fois, jamais contre l'épouse. Fauchés, parfois ; à court d'argent, souvent. »
— Invitation aux noces d'argent du couple Baum, 1907 (traduit de l'anglais)
« Les Blancs, par le droit de conquête, par la justice de la civilisation, sont les maîtres du continent américain, et la meilleure sécurité pour les colons frontaliers sera assurée par l'annihilation totale du peu d'Indiens restants. »
— Éditorial dans The Aberdeen Saturday Pioneer, 20 décembre 1890 (traduit de l'anglais)
« Maintenant, nous pouvons traverser les Sables Mouvants. »
— Derniers mots rapportés par Maud Gage Baum, 6 mai 1919 (traduit de l'anglais)
« Disputes : quelques-unes seulement. Larmes de l'épouse : trois fois. Jurons du mari : mille cent quatre-vingt-sept fois, jamais contre l'épouse. Fauchés, parfois ; à court d'argent, souvent. »
— Invitation aux noces d'argent du couple Baum, 1907 (traduit de l'anglais)
« Les Blancs, par le droit de conquête, par la justice de la civilisation, sont les maîtres du continent américain, et la meilleure sécurité pour les colons frontaliers sera assurée par l'annihilation totale du peu d'Indiens restants. »
— Éditorial dans The Aberdeen Saturday Pioneer, 20 décembre 1890 (traduit de l'anglais)