Marc Blondel incarne une figure singulière du syndicalisme français : celle du tribun ouvrier qui refusait toute compromission avec le pouvoir, armé d'une verve populaire et d'une image soigneusement cultivée : bretelles et savates au bureau, casquette et écharpe rouge dans la rue. Secrétaire général de Force Ouvrière de 1989 à 2004, il a porté haut le mot d'ordre du « syndicalisme de la feuille de paie », résolument ancré dans la défense du pouvoir d'achat et l'indépendance syndicale.
Fils de militaire, petit-fils de cheminot, Marc Fiacre Henri Blondel passe son enfance à Hénin-Liétard dans le bassin minier du Pas-de-Calais, un terreau qu'il revendique toute sa vie comme matrice de son engagement. Enfant des corons, il forge dans cette terre ouvrière une identité syndicale qu'il ne cessera d'alimenter. Après son baccalauréat, il monte à Paris où il enchaîne les petits boulots pour financer des études de droit qu'il n'achève jamais : auxiliaire des postes et télécommunications, garçon de café, vendeur sur les marchés, enseignant occasionnel. En 1958, il adhère à Force Ouvrière et milite parallèlement à l'Union de la gauche socialiste. Rapidement, il gravit les échelons : dès 1960, il devient secrétaire du syndicat des organismes sociaux de la région parisienne, puis secrétaire permanent de l'union syndicale des employés. Il reprend une activité salariée entre 1963 et 1970, tout en poursuivant son ascension syndicale.
Initié franc-maçon en 1961 sous l'influence d'André Bergeron et Fred Zeller, il rejoint la loge République du Grand Orient de France et se rapproche du courant trotskiste lambertiste, allant jusqu'à prêter les locaux de sa section syndicale à l'Organisation communiste internationaliste. En 1965, il prend la tête du secrétariat de la Fédération des employés et cadres, puis en 1974, il en devient secrétaire général. Son influence grandit : en 1973, il siège à l'exécutif de la Fédération internationale des employés, techniciens et cadres, et en 1980, il intègre le bureau confédéral de Force Ouvrière. Le 7 mars 1989, il est élu secrétaire général de FO avec 53,6 % des voix, bousculant Claude Pitous, dauphin désigné d'André Bergeron. Réélu triomphalement en 1992 (98 %), 1996 (85 %) et 2000, il impose une ligne combative : défense intransigeante de l'indépendance syndicale, opposition frontale à la réforme Fillon des retraites en 2003, rejet de la loi Aubry sur les 35 heures en 1998, qu'il qualifie de piège pour le pouvoir d'achat , combat pour la défense de la Sécurité sociale et la libre négociation. En décembre 1995, il est l'un des meneurs de la grande grève qui paralyse la France. En 2004, au congrès de Lille, il ne se représente pas, cédant la place à Jean-Claude Mailly après quinze ans de règne.
En 2007, le conseil de prud'hommes de Paris condamne Force Ouvrière à verser 88 594 euros à l'ancien chauffeur de Marc Blondel pour non-respect du code du travail : horaires dépassés, heures supplémentaires impayées, congés bafoués, absence de repos hebdomadaire. L'affaire révèle le décalage entre le discours syndical et les pratiques internes. Par ailleurs, Marc Blondel est mis en examen pour avoir fait financer par la mairie de Paris, pendant dix ans, le salaire de son garde du corps, soit environ 280 000 euros. Force Ouvrière accepte de rembourser la somme à l'hôtel de ville, mais l'épisode écorne l'image d'orateur charismatique intransigeant.
Marc Blondel cultive l'image du fils de prolétaire, attaché à ses racines minières et au mythe ouvrier des corons. Veuf d'un premier mariage, il épouse en secondes noces le 28 décembre 1996 à Saint-Géréon (Loire-Atlantique) sa compagne depuis vingt ans, Josiane Gobert, qui fut également sa secrétaire et surnommée affectueusement dans les milieux syndicaux. Les détails sur d'éventuels enfants ou sur sa fratrie demeurent absents des sources publiques, Marc Blondel ayant maintenu une grande discrétion sur sa sphère familiale. Il est connu pour sa passion de la tauromachie : en 1986, il fonde La Querencia de Paris, l'un des deux principaux clubs taurins de la capitale, auquel il apporte son soutien constant jusqu'à sa mort et qu'il défend comme une question de liberté culturelle et politique. Franc-maçon depuis 1961 au Grand Orient de France (loge République), il inscrit son engagement syndical dans une filiation philosophique laïque et anticléricale. En juillet 2007, il devient président de la Fédération nationale de la libre pensée (FNLP), où il milite pour la réhabilitation collective des soldats fusillés pour l'exemple durant la Première Guerre mondiale, combat qu'il considère comme une exigence de justice et de mémoire ouvrière. Il cosigne également des appels pour les droits humains, notamment en faveur du onzième panchen-lama tibétain en résidence surveillée en Chine depuis 1995.
Souffrant d'insuffisance cardiaque chronique, il meurt le 16 mars 2014 à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, à l'âge de 75 ans, des suites de troubles cardiaques. Il repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris, aux côtés des grandes figures ouvrières de l'histoire française.
Marc Blondel décède le 16 mars 2014 à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, à l'âge de 75 ans, des suites d'une insuffisance cardiaque chronique. Les hommages affluent de tous horizons syndicaux et politiques, saluant le « général » de FO, figure combative et indépendante du syndicalisme français. Ses obsèques ont lieu dans l'intimité familiale et syndicale, conformément à sa discrétion personnelle. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, lieu emblématique de mémoire ouvrière et laïque.
Marc Blondel passe son enfance à Hénin-Liétard, dans le bassin minier du Pas-de-Calais, terre ouvrière qui forge son identité syndicale. Après son baccalauréat, il s'installe à Paris où il exerce ses multiples petits boulots et mène toute sa carrière syndicale. Il réside dans la capitale jusqu'à sa mort. Le 16 mars 2014, il décède à l'hôpital du Val-de-Grâce, dans le 5e arrondissement de Paris. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans le 20e arrondissement, lieu emblématique de mémoire ouvrière où reposent de nombreuses figures du mouvement social français.
Rien ne peut entrer en l'homme qui ne corresponde en quelque façon à un besoin d'expression.
Rien ne peut entrer en l'homme qui ne corresponde en quelque façon à un besoin d'expression.