Marc Blondel

† à 75 ans
le 2 mai 1938
Décédé le 16 mars 2014 Cause de la mort : insuffisance cardiaque
Naissance :  Courbevoie (Hauts-de-Seine, 92)France  
Nationalité : française

Biographie

Marc Blondel incarne une figure singulière du syndicalisme français : celle du tribun ouvrier qui refusait toute compromission avec le pouvoir, armé d'une verve populaire et d'une image soigneusement cultivée : bretelles et savates au bureau, casquette et écharpe rouge dans la rue. Secrétaire général de Force Ouvrière de 1989 à 2004, il a porté haut le mot d'ordre du « syndicalisme de la feuille de paie », résolument ancré dans la défense du pouvoir d'achat et l'indépendance syndicale.


Parcours

Fils de militaire, petit-fils de cheminot, Marc Fiacre Henri Blondel passe son enfance à Hénin-Liétard dans le bassin minier du Pas-de-Calais, un terreau qu'il revendique toute sa vie comme matrice de son engagement. Enfant des corons, il forge dans cette terre ouvrière une identité syndicale qu'il ne cessera d'alimenter. Après son baccalauréat, il monte à Paris où il enchaîne les petits boulots pour financer des études de droit qu'il n'achève jamais : auxiliaire des postes et télécommunications, garçon de café, vendeur sur les marchés, enseignant occasionnel. En 1958, il adhère à Force Ouvrière et milite parallèlement à l'Union de la gauche socialiste. Rapidement, il gravit les échelons : dès 1960, il devient secrétaire du syndicat des organismes sociaux de la région parisienne, puis secrétaire permanent de l'union syndicale des employés. Il reprend une activité salariée entre 1963 et 1970, tout en poursuivant son ascension syndicale.

Initié franc-maçon en 1961 sous l'influence d'André Bergeron et Fred Zeller, il rejoint la loge République du Grand Orient de France et se rapproche du courant trotskiste lambertiste, allant jusqu'à prêter les locaux de sa section syndicale à l'Organisation communiste internationaliste. En 1965, il prend la tête du secrétariat de la Fédération des employés et cadres, puis en 1974, il en devient secrétaire général. Son influence grandit : en 1973, il siège à l'exécutif de la Fédération internationale des employés, techniciens et cadres, et en 1980, il intègre le bureau confédéral de Force Ouvrière. Le 7 mars 1989, il est élu secrétaire général de FO avec 53,6 % des voix, bousculant Claude Pitous, dauphin désigné d'André Bergeron. Réélu triomphalement en 1992 (98 %), 1996 (85 %) et 2000, il impose une ligne combative : défense intransigeante de l'indépendance syndicale, opposition frontale à la réforme Fillon des retraites en 2003, rejet de la loi Aubry sur les 35 heures en 1998, qu'il qualifie de piège pour le pouvoir d'achat , combat pour la défense de la Sécurité sociale et la libre négociation. En décembre 1995, il est l'un des meneurs de la grande grève qui paralyse la France. En 2004, au congrès de Lille, il ne se représente pas, cédant la place à Jean-Claude Mailly après quinze ans de règne.


Controverse

En 2007, le conseil de prud'hommes de Paris condamne Force Ouvrière à verser 88 594 euros à l'ancien chauffeur de Marc Blondel pour non-respect du code du travail : horaires dépassés, heures supplémentaires impayées, congés bafoués, absence de repos hebdomadaire. L'affaire révèle le décalage entre le discours syndical et les pratiques internes. Par ailleurs, Marc Blondel est mis en examen pour avoir fait financer par la mairie de Paris, pendant dix ans, le salaire de son garde du corps, soit environ 280 000 euros. Force Ouvrière accepte de rembourser la somme à l'hôtel de ville, mais l'épisode écorne l'image d'orateur charismatique intransigeant.


Repères chronologiques

  • 1938 : Naissance le 2 mai à Courbevoie (Seine)
  • 1958 : Adhésion à Force Ouvrière
  • 1960 : Secrétaire du syndicat des organismes sociaux de la région parisienne
  • 1961 : Initiation à la loge République du Grand Orient de France
  • 1965 : Secrétaire de la Fédération des employés et cadres
  • 1973 : Membre de l'exécutif de la Fédération internationale des employés, techniciens et cadres
  • 1974 : Secrétaire général de la Fédération des employés et cadres
  • 1980 : Membre du bureau confédéral de Force Ouvrière
  • 1986 : Fondation de La Querencia de Paris
  • 1989 : Élu secrétaire général de Force Ouvrière avec 53,6 % des voix
  • 1995 : Meneur de la grande grève de novembre-décembre
  • 1998 : Opposition publique au projet de loi sur les 35 heures
  • 2003 : Combat contre la réforme Fillon des retraites
  • 2004 : Retrait du secrétariat général au congrès de Lille ; président de la Fédération nationale de la libre pensée jusqu'en 2014
  • 2007 : Condamnation de Force Ouvrière pour non-respect du code du travail envers son chauffeur
  • 2008 : Mariage avec Josiane Gobert
  • 2014 : Décès le 16 mars à Paris

Vie personnelle et engagements

Marc Blondel cultive l'image du fils de prolétaire, attaché à ses racines minières et au mythe ouvrier des corons. Veuf d'un premier mariage, il épouse en secondes noces le 28 décembre 1996 à Saint-Géréon (Loire-Atlantique) sa compagne depuis vingt ans, Josiane Gobert, qui fut également sa secrétaire et surnommée affectueusement dans les milieux syndicaux. Les détails sur d'éventuels enfants ou sur sa fratrie demeurent absents des sources publiques, Marc Blondel ayant maintenu une grande discrétion sur sa sphère familiale. Il est connu pour sa passion de la tauromachie : en 1986, il fonde La Querencia de Paris, l'un des deux principaux clubs taurins de la capitale, auquel il apporte son soutien constant jusqu'à sa mort et qu'il défend comme une question de liberté culturelle et politique. Franc-maçon depuis 1961 au Grand Orient de France (loge République), il inscrit son engagement syndical dans une filiation philosophique laïque et anticléricale. En juillet 2007, il devient président de la Fédération nationale de la libre pensée (FNLP), où il milite pour la réhabilitation collective des soldats fusillés pour l'exemple durant la Première Guerre mondiale, combat qu'il considère comme une exigence de justice et de mémoire ouvrière. Il cosigne également des appels pour les droits humains, notamment en faveur du onzième panchen-lama tibétain en résidence surveillée en Chine depuis 1995.

Souffrant d'insuffisance cardiaque chronique, il meurt le 16 mars 2014 à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, à l'âge de 75 ans, des suites de troubles cardiaques. Il repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris, aux côtés des grandes figures ouvrières de l'histoire française.


Contexte du décès

Marc Blondel décède le 16 mars 2014 à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, à l'âge de 75 ans, des suites d'une insuffisance cardiaque chronique. Les hommages affluent de tous horizons syndicaux et politiques, saluant le « général » de FO, figure combative et indépendante du syndicalisme français. Ses obsèques ont lieu dans l'intimité familiale et syndicale, conformément à sa discrétion personnelle. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, lieu emblématique de mémoire ouvrière et laïque.


Lieux de référence

Marc Blondel passe son enfance à Hénin-Liétard, dans le bassin minier du Pas-de-Calais, terre ouvrière qui forge son identité syndicale. Après son baccalauréat, il s'installe à Paris où il exerce ses multiples petits boulots et mène toute sa carrière syndicale. Il réside dans la capitale jusqu'à sa mort. Le 16 mars 2014, il décède à l'hôpital du Val-de-Grâce, dans le 5e arrondissement de Paris. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans le 20e arrondissement, lieu emblématique de mémoire ouvrière où reposent de nombreuses figures du mouvement social français.


Anecdotes

  • Marc Blondel arborait au bureau bretelles et savates, cultivant délibérément une apparence décontractée en décalage avec l'image policée des dirigeants syndicaux.
  • Dans les manifestations, il portait toujours casquette et écharpe rouge, panoplie du tribun ouvrier qu'il revendiquait comme partie intégrante de son identité politique.
  • Il prêtait les locaux de sa section syndicale à l'Organisation communiste internationaliste, illustrant sa proximité avec le trotskisme lambertiste dans les années 1960.
  • Fondateur en 1986 de La Querencia de Paris, il était un aficionado reconnu et défendait la tauromachie contre toute critique, considérant son interdiction comme une question politique avant tout.
  • Il qualifiait le syndicalisme CFDT de « syndicalisme d'accompagnement » et le syndicalisme rassemblé prôné par la CGT de compromis inacceptable avec le pouvoir.
  • En 1989, son élection à la tête de Force Ouvrière avec seulement 53,6 % des voix fut une surprise : il battait Claude Pitous, dauphin désigné d'André Bergeron, marquant une rupture générationnelle.

Points clés

  • Métier(s) : Syndicaliste, secrétaire général de Force Ouvrière (1989-2004)
  • Résidence principale : Paris
  • Relations de couple : Marié en secondes noces à Josiane Gobert le 28 décembre 1996 à Saint-Géréon (Loire-Atlantique)
  • Distinctions : Vice-président de la Confédération internationale des syndicats libres (1989), membre du bureau international du travail (1981-1993, 1996-2008), président de la Fédération nationale de la libre pensée (2007-2014)

Citation

Rien ne peut entrer en l'homme qui ne corresponde en quelque façon à un besoin d'expression.
Rien ne peut entrer en l'homme qui ne corresponde en quelque façon à un besoin d'expression.

Autres syndicalistes

Questions autour de Marc Blondel

Qui est né le même jour que Marc Blondel ?
Édouard Balladur, Bruno Le Roux, Dadju, Theodor Herzl et Lorie Pester sont nés le 2 mai comme Marc Blondel.
À quel âge est mort Marc Blondel ?
Marc Blondel est mort à 75 ans, le 16 mars 2014.
Qui est mort le même jour que Marc Blondel ?
Tibère, Émilie Dequenne, Selma Lagerlöf, Emmanuelle Mottaz et Nicolas de Staël sont morts le 16 mars comme Marc Blondel.
Qui est né à Courbevoie comme Marc Blondel ?
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