Pianiste virtuose et compositeur français, Stéphane Blet, né le 9 mars 1969 à Paris et mort le 7 janvier 2022 à Genève, est passé du statut de prodige du répertoire romantique à celui de polémiste antisémite condamné en justice, après un exil en Turquie à partir de 2016.
Stéphane Blet naît à Paris le 9 mars 1969. Repéré par le pianiste américain Byron Janis, unique élève déclaré de Vladimir Horowitz, il est invité à New York en 1986 et devient le jeune assistant de Horowitz, expérience qui marque durablement son approche du clavier. Il entame la même année une carrière de concertiste et donne ses premiers récitals à la salle Gaveau et au théâtre des Champs-Élysées, dont un « marathon Franz Liszt » en février 1987 où il est rappelé plus de trente minutes par le public, performance saluée par le critique Pierre Petit. À dix-neuf ans, il enregistre un premier disque consacré à Liszt, suivi d'un contrat avec Philips Classics qui produit deux albums dédiés au compositeur hongrois, dont la Sonate en si mineur, retenue parmi les meilleurs CD Diapason 1989. Le chef d'orchestre Carlo Maria Giulini évoquera à son sujet une technique stupéfiante.
Compositeur, Stéphane Blet écrit plus de 300 œuvres, principalement pour piano, jouées notamment par Cyprien Katsaris, Alexandre Paley, İdil Biret, Evelina Borbei, Natalia Sitolenko et Jean Muller. En 1994, il achève une transcription pour piano seul de la Faust-Symphonie de Liszt, travail qui lui vaut le prix de l'Association Franz Liszt. Ses partitions paraissent chez Alphonse Leduc, Combre, Lemoine, Durand-Eschig et Zurfluh. En 1996, le gouvernement turc le décore pour son cycle de rhapsodies turques et ottomanes. Vice-président pendant vingt-cinq ans de l'Académie du disque lyrique, il est nommé professeur à l'École normale de musique de Paris en 2001 et préside plusieurs concours internationaux. Il publie également des essais sur Frédéric Chopin, Robert Schumann, Erik Satie et Liszt.
À partir des années 2010, Stéphane Blet se rapproche d'Alain Soral et du mouvement Égalité et Réconciliation, multipliant les vidéos et conférences contre la franc-maçonnerie, qu'il qualifie publiquement d'institution juive. Le 6 décembre 2017, la XVIIe chambre du tribunal de Paris le reconnaît coupable de provocation à la haine et d'injure raciale, à la suite d'une plainte de la LICRA, et le condamne à 5 000 euros d'amende, assortis de 2 000 euros de dommages et intérêts pour la partie civile. En octobre 2020, il est condamné à six mois de prison ferme pour ses propos antisémites. Par arrêté du 13 juin 2019, le ministère de la Culture prononce son exclusion de l'ordre des Arts et des Lettres.
1969 : naissance le 9 mars à Paris
1984 : enregistrement de son premier disque à quinze ans
1986 : rencontre avec Byron Janis, séjour à New York auprès de Vladimir Horowitz, début de carrière de concertiste
1987 : « marathon Franz Liszt » salle Gaveau en février
1989 : sonate en si mineur de Liszt sélectionnée parmi les meilleurs CD Diapason
1994 : transcription intégrale pour piano de la Faust-Symphonie de Liszt
1996 : décoration par le gouvernement turc pour ses rhapsodies turques et ottomanes
2001 : professeur à l'École normale de musique de Paris
2005 : chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres en juillet
2007 : prix de Pianiste de l'année décerné par la SACEM
2010 : création du prix Grand Orphée d'Or Leyla Gencer
2013 : présidence du Concours international de piano d'Istanbul Orchestra Sion
2016 : installation en Turquie
2017 : condamnation à 5 000 euros d'amende le 6 décembre par le tribunal de Paris
2019 : exclusion de l'ordre des Arts et des Lettres par arrêté du 13 juin
2020 : condamnation à six mois de prison ferme en octobre
2022 : mort le 7 janvier à Genève
Né à Paris, Stéphane Blet commence le piano très jeune et son nom est associé dès l'adolescence aux figures américaines majeures du répertoire romantique, Byron Janis et Vladimir Horowitz, qui le repèrent à New York. Sa carrière croise rapidement celle d'interprètes contemporains comme Cyprien Katsaris, Alexandre Paley, İdil Biret, Evelina Borbei, Natalia Sitolenko et Jean Muller, qui enregistrent ses compositions. Sa filiation maternelle ou paternelle, sa scolarité et sa situation conjugale n'ont pas été rendues publiques par lui-même ni documentées dans les sources biographiques consultées. Selon Conspiracy Watch et Marianne, il aurait connu une rupture avec sa compagne dans les jours précédant sa mort, sans que l'identité de cette dernière n'ait été divulguée.
Engagé dès 2018 aux côtés des Gilets jaunes et de la cause palestinienne, Stéphane Blet vit en Turquie à partir de 2016 et se rapproche de Dieudonné M'Bala M'Bala, dont il préface en 2021 le livre Réponse à Éric Zemmour. Il apparaît aux côtés de Jean-Yves Le Gallou, Emmanuel Ratier et Pierre Hillard dans le documentaire La France maçonnique de Paul-Éric Blanrue et Julien Teil. Selon le journaliste Guillaume Perrier, il se déclarait proche du mouvement islamiste Milli Görüs et serait devenu musulman selon son ami Mehmet Yildiz. En septembre 2020, il apporte un soutien public au militant antisémite Hervé Ryssen alors incarcéré.
Stéphane Blet meurt le 7 janvier 2022 à Genève, après une chute du balcon situé au sixième étage d'un appartement appartenant à des amis qu'il était venu visiter la veille en arrivant par avion de Turquie. Le ministère public du canton de Genève, sollicité par Marianne, confirme sur la base de l'enquête de police et de l'autopsie que la thèse du suicide est privilégiée. Le journaliste Paul Conge, dans Marianne, et le youtubeur Jim Leveilleur, proche du musicien, évoquent une rupture sentimentale récente et de graves difficultés financières. Dieudonné M'Bala M'Bala et le journaliste Pierre Jovanovic lui rendent hommage publiquement. Le polémiste Richard Boutry, sur le plateau de TPMP le 11 janvier, avance la thèse d'un assassinat déguisé, écartée par la justice suisse.
1 - À l'âge de quinze ans, Stéphane Blet enregistre son premier disque, exclusivement consacré à Franz Liszt, et entame la même année une carrière de concertiste, séquence précoce confirmée par sa biographie officielle aux éditions Henry Lemoine.
2 - En février 1987, lors d'un récital à la salle Gaveau intégralement consacré à Liszt, il est rappelé plus de trente minutes par le public, prestation surnommée son « marathon Franz Liszt » par le critique Pierre Petit.
3 - Vice-président de l'Académie du disque lyrique pendant vingt-cinq ans, il crée en 2010 le prix Grand Orphée d'Or Leyla Gencer en hommage à la cantatrice turque, qu'il décerne lors du Concours international de piano d'Istanbul.
4 - Le chef d'orchestre Carlo Maria Giulini, après l'avoir entendu, évoque à son sujet une technique stupéfiante et le plus beau son de piano, citation reprise par sa biographie officielle aux éditions Henry Lemoine.
5 - En 2017, sa conférence sur la franc-maçonnerie diffusée sur YouTube est visionnée 77 000 fois en un seul mois, fait souligné par le politologue Gaël Brustier dans une analyse de la mouvance soralienne.
- Métier(s) : pianiste, compositeur, essayiste, polémiste
- Résidence principale : Istanbul, Turquie, à partir de 2016
- Relations de couple : non documentées publiquement
- Enfants : non documentés publiquement
- Distinctions : prix de l'Association Franz Liszt 1994, décoration du gouvernement turc 1996, chevalier des Arts et des Lettres en juillet 2005 (exclu en juin 2019), médaille d'or de la Société d'encouragement au progrès, prix de Pianiste de l'année SACEM 2007