Alain Finkielkraut, essayiste, philosophe et académicien français né le 30 juin 1949 à Paris de parents juifs polonais rescapés de la Shoah, est l'animateur de l'émission Répliques sur France Culture depuis 1985 et membre de l'Académie française depuis 2014.
Alain Luc Finkielkraut naît le 30 juin 1949 à Paris de Daniel Finkielkraut, maroquinier originaire de Varsovie déporté à Auschwitz en 1942 et rescapé, et de Janka Finkielkraut, née à Lviv, qui survécut à l'extermination de sa famille avant de se réfugier en France. Naturalisé français en 1950, il suit une formation d'excellence : classes préparatoires au lycée Henri-IV, admission à l'École normale supérieure de Saint-Cloud en 1969, maîtrise de philosophie, puis agrégation de lettres modernes en 1972. Il enseigne ensuite au lycée Paul-Langevin de Beauvais de 1974 à 1976, puis au département de littérature française de l'université de Californie à Berkeley de 1976 à 1978. De retour en France, il publie en 1977 avec Pascal Bruckner Le Nouveau Désordre amoureux, pamphlet contre le mythe de la révolution sexuelle issue de Mai 68, ouvrage qui lui vaut une première notoriété. En 1980, Le Juif imaginaire interroge l'identité des Juifs nés après la guerre et fonde ses thèmes de prédilection : mémoire, transmission, identité.
Avec La Défaite de la pensée, publié chez Gallimard en 1987, Alain Finkielkraut s'impose dans le débat intellectuel français : l'essai dénonce la dissolution de la haute culture au profit de la culture de masse et s'écoule à plus de 40 000 exemplaires. La même année, il commence à enseigner l'histoire des idées au département humanités et sciences sociales de l'École polytechnique, poste qu'il occupera jusqu'en 2014, avant d'être remplacé par le philosophe Michaël Fossel. Depuis le 21 septembre 1985, il anime chaque semaine l'émission Répliques sur France Culture, où il reçoit deux invités aux positions opposées et propose sa propre voix en tiers. En 2000, il cofonde l'Institut d'études lévinassiennes à Jérusalem avec Benny Lévy et Bernard-Henri Lévy. Le 10 avril 2014, il est élu à l'Académie française au fauteuil 21, succédant à l'écrivain Félicien Marceau, par 16 voix sur 28 dès le premier tour. Il est accueilli sous la Coupole le 28 janvier 2016 par l'historien Pierre Nora.
En novembre 2005, à la suite des émeutes dans les banlieues françaises, Alain Finkielkraut accorde une interview au quotidien israélien Haaretz. La traduction d'extraits publiée par Le Monde suscite de vives réactions : le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), dirigé par Mouloud Aounit, annonce vouloir porter plainte pour incitation à la haine raciale, avant de renoncer à cette procédure après que Finkielkraut présente des excuses publiques sur Europe 1. Des collègues de l'École polytechnique, à l'initiative de Gilles Dowek, publient une pétition contestant ses propos. Cette affaire, documentée par Le Monde, L'Humanité et plusieurs médias nationaux, constitue la polémique publique la mieux sourcée autour de sa personne. Par ailleurs, en 2003, le cinéaste Eyal Sivan l'avait poursuivi en diffamation après des déclarations sur son film Route 181 ; la cour d'appel de Paris avait requalifié les faits en diffamation raciale et débouté le plaignant pour qualification erronée, sans condamner Finkielkraut.
1949 : naissance le 30 juin à Paris de parents juifs polonais réfugiés
1950 : naturalisation française de la famille Finkielkraut
1969 : admission à l'École normale supérieure de Saint-Cloud
1972 : agrégation de lettres modernes
1974 : poste de professeur au lycée Paul-Langevin de Beauvais
1976 : enseignement au département de littérature française de l'université de Californie à Berkeley
1977 : publication de Le Nouveau Désordre amoureux avec Pascal Bruckner
1980 : publication de Le Juif imaginaire
1984 : La Sagesse de l'amour, couronné du prix européen de l'essai Charles-Veillon
1985 : mariage avec l'avocate Sylvie Topaloff ; lancement de l'émission Répliques sur France Culture
1987 : publication de La Défaite de la pensée (Gallimard)
1989 : début de l'enseignement à l'École polytechnique
1992 : publication de Le Mécontemporain. Charles Péguy, lecteur du monde moderne, grand prix Moron de l'Académie française
1994 : nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur
2000 : cofondation de l'Institut d'études lévinassiennes avec Benny Lévy et Bernard-Henri Lévy
2005 : polémique liée à son interview dans le quotidien israélien Haaretz sur les émeutes de banlieue
2009 : prix de l'essai de l'Académie française pour Un coeur intelligent ; nomination au grade d'officier de la Légion d'honneur
2013 : publication de L'Identité malheureuse
2014 : élection à l'Académie française au fauteuil 21 le 10 avril
2016 : réception sous la Coupole le 28 janvier par Pierre Nora
2022 : hospitalisation de trois mois à la suite d'une infection nosocomiale
2026 : publication de Le Coeur lourd, entretien avec Vincent Trémolet de Villers (Gallimard)
Alain Finkielkraut est le fils unique de Daniel Finkielkraut, maroquinier varsovien déporté à Auschwitz et rescapé, et de Janka Finkielkraut, née à Lviv et survivante de la Shoah. Il effectue ses classes préparatoires au lycée Henri-IV avant d'intégrer l'École normale supérieure de Saint-Cloud. En 1985, il épouse Sylvie Topaloff, avocate inscrite au barreau de Paris depuis 1976, spécialisée dans la défense des victimes de l'amiante, de l'usine AZF et des attentats du 13 novembre 2015. Le couple a un fils, Thomas Finkielkraut, scénariste. Sylvie Topaloff est la soeur du chanteur Patrick Topaloff.
Partisan du maoïsme dans sa jeunesse, Alain Finkielkraut rompt avec la gauche radicale dès 1973 en prenant position en faveur d'Israël lors de la guerre du Kippour. Il cosigne en 1989 avec Régis Debray et Élisabeth Badinter un appel dans Le Nouvel Observateur contre le port du voile islamique à l'école. Marqué par la pensée de Milan Kundera, de Hannah Arendt et d'Emmanuel Levinas, il entretient des liens durables avec l'historienne Mona Ozouf, qu'il reçoit régulièrement dans Répliques. Il collabore depuis 2012 au magazine Causeur fondé par la journaliste Élisabeth Lévy.
1 - Engagé dans le maoïsme à l'ère de Mai 68, Alain Finkielkraut rompt avec la gauche radicale dès 1973 lorsqu'il prend position en faveur d'Israël lors de la guerre du Kippour, à contre-courant de ses camarades militants.
2 - La Défaite de la pensée (1987) s'est vendue à plus de 40 000 exemplaires selon GfK, un résultat rare pour un essai philosophique en France, qui propulse Finkielkraut dans le débat public national.
3 - En 2022, hospitalisé pendant trois mois à la suite d'une infection nosocomiale, il ne peut tenir son antenne pendant plusieurs semaines, ce qui conduit la direction de France Culture à communiquer publiquement sur son état de santé.
4 - Répliques, dont la devise intérieure est empruntée à Montaigne, totalisait 262 630 téléchargements en podcast en janvier 2015 et réunissait 319 000 auditeurs hebdomadaires, selon les données de France Culture.
5 - Il avait simulé une inaptitude au service militaire pour éviter l'incorporation, selon le témoignage de son condisciple au lycée Henri-IV, l'écrivain Pascal Bruckner, rapporté dans des sources biographiques.
- Métier(s) : essayiste, philosophe, producteur de radio, académicien
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : marié à Sylvie Topaloff depuis 1985
- Enfants : Thomas Finkielkraut (scénariste)
- Distinctions : chevalier de la Légion d'honneur (1994), officier de la Légion d'honneur (2009), prix européen de l'essai Charles-Veillon (1984), grand prix Moron de l'Académie française (1992), prix de l'essai de l'Académie française (2009), membre de l'Académie française (fauteuil 21, élu 2014)
« Je suis fier et heureux d'être membre de cette institution anachronique. »
— Entretien avec Jérôme Béglé, lepoint.fr, 10 avril 2014
« Au tout début, était le conformisme. En mai 1968, comme la majorité de ceux qu'on commençait à appeler les "jeunes", j'ai été happé puis porté par la vague. »
— Un coeur intelligent, Stock/Flammarion, 2009, p. 10
« Je présente des excuses à ceux que ce personnage que je ne suis pas a blessés. La leçon, c'est qu'en effet je ne dois plus donner d'interview, notamment à des journaux dont je ne contrôle pas ou je ne peux pas contrôler le destin ou la traduction. »
— Europe 1, 25 novembre 2005, cité par Libération
« Je suis né à Paris et suis le fils d'immigrants polonais, mon père a été déporté de France, ses parents ont été déportés et assassinés à Auschwitz, mon père est rentré d'Auschwitz en France. Ce pays mérite notre haine. Ce qu'il a fait à mes parents était beaucoup plus brutal que ce qu'il a fait aux Africains. »
— Haaretz, 18 novembre 2005 (traduit de l'hébreu/anglais)
Aigrivain : homme de lettres.
Fliction : histoire policière.
Cafardeux : couple qui s'ennuie.
Naturiste : corps sage sans corsage.
Bidingue : qui délire en deux langues.
Maccablé : cadavre au visage soucieux.
Doctambule : érudit de la vie nocturne.
Pistonner : hurler de bonheur en urinant.
Larmoir : meuble servant à ranger les pleurs.
Bébétude : torpeur du nourrisson après la tétée.
Sophistoqué : qui se dit fou pour soigner son image.
Chatrouiller : avoir une peur déraisonnable des guilis.
Spécouler : faire en Bourse quelques opérations désastreuses.
Grêve : air distrait de celui qui s'évade de son travail en songe.
Babarbiturique : tranquillisant assez fort pour endormir un éléphant.
Epoustoufler : étonner sa femme par un regain inattendu d'appétit sexuel.
Lire n'est pas un acte de consommation culturelle, c'est une conversation.
Eldoradin : qui n'accepte de partager avec personne son petit coin de paradis.
Béconomiser : ménager ses bisous, gérer avec parcimonie son capital tendresse.
Tactic : ensemble des moyens et des ruses mis en oeuvre pour remonter le temps.
Camenbour : style de blagues qu'on aime bien faire entre la poire et le fromage.
Fainéhantise : peur obsédante de la paresse, du temps mort, de la durée non remplie.
La culture : le domaine où se déroule l'activité spirituelle et créatrice de l'homme.
Fananatique : qui consacre, à célébrer les femmes ou à les séduire, une ardeur infatigable.
Rhinoféroce : gros mammifère corné et connu pour son extrême méchanceté dès qu'il attrape un rhume.
Dans les temps démocratiques, toutes les autorités deviennent suspectes, sauf l'autorité de l'opinion.
Le silence se meurt, le bruit prend partout le pouvoir ; c'est la seule calamité écologique dont personne ne parle.
Contrôleur : employé de la SNCF dont la fonction est d'empêcher les passagers de mettre leurs pieds sur les banquettes.
L'art consiste à ne pas laisser la nature se dissoudre en moyens de production, en objets de consommation ou en symboles mathématiques.
Internet est le rendez-vous des chercheurs, mais aussi celui de tous les cinglés, de tous les voyeurs et de tous les ragots de la terre.
Oedipeux : individu nourri au sein maternel jusqu'à l'âge de sa majorité, et qui garde de ce régime une saine corpulence et un visage joufflu.
Avec la télévision, il n'y a plus qu'un flux permanent, un ruissellement ininterrompu, tout coule et rien ne reste. L'oeil ne contemple plus, il avale.
Il n'y a plus de choses dans l'univers d'Internet, il n'y a plus que des informations et des images. Vivre parmi les non-choses : tel est le sort commun.
Il n'est pas moins déloyal de s'approprier les morts que de les laisser tomber. Il n'est pas moins désinvolte d'oublier leur transcendance que d'oublier leur existence.