Résumé biographique
Philosophe français majeur du XXᵉ siècle, Gilles Deleuze a renouvelé la pensée contemporaine par une philosophie du devenir, de la différence et du mouvement. Auteur d’ouvrages influents comme « Différence et répétition » et co-auteur avec Félix Guattari de « L’Anti-Œdipe » et « Mille Plateaux », il a marqué durablement la pensée politique, esthétique et psychanalytique.
Parcours
Né le 18 janvier 1925 à Paris, Gilles Deleuze grandit dans une famille de la bourgeoisie moyenne. Élève au lycée Carnot, il découvre la philosophie à la fin des années 1930. Après la Libération, il intègre la Sorbonne où il suit les cours de Jean Hyppolite, Georges Canguilhem et Maurice de Gandillac. Agrégé de philosophie en 1948, il enseigne d’abord en province, notamment à Amiens et Orléans, avant d’être nommé à la Sorbonne, puis à Lyon et enfin à l’université Paris-VIII à Vincennes, haut lieu du renouveau intellectuel après 1968.
Sa première période (années 1950-1960) se consacre à l’histoire de la philosophie : il publie des études sur Hume, Spinoza, Nietzsche et Kant. En 1968, « Différence et répétition » et « Logique du sens » imposent une écriture dense et novatrice, centrée sur la création conceptuelle. Sa rencontre avec le psychanalyste Félix Guattari en 1969 ouvre une collaboration qui transforme la philosophie politique et critique. Ensemble, ils publient « L’Anti-Œdipe » (1972) et « Mille Plateaux » (1980), réunis sous le titre « Capitalisme et schizophrénie », proposant une pensée du désir, du réseau et de la multiplicité.
Deleuze développe une philosophie anti-hiérarchique et anti-essentialiste, influençant l’art, la littérature et le cinéma. Il publie des essais sur Proust, Kafka, Francis Bacon, et surtout deux volumes sur le cinéma : « L’Image-mouvement » (1983) et « L’Image-temps » (1985). Retiré de l’enseignement après 1987, il continue à écrire jusqu’à la fin de sa vie, privilégiant la clarté conceptuelle à la notoriété publique. Son style, rigoureux et poétique, associe métaphysique et politique dans une langue philosophique inédite.
Repères de carrière
1948 : Agrégation de philosophie.
1953 : Publication de « Empirisme et subjectivité » (Hume).
1968 : « Différence et répétition », thèse de doctorat d’État.
1969 : « Logique du sens ».
1972 : « L’Anti-Œdipe » avec Félix Guattari.
1980 : « Mille Plateaux », second volume de « Capitalisme et schizophrénie ».
1983-1985 : « L’Image-mouvement » et « L’Image-temps » (cinéma).
1991 : « Qu’est-ce que la philosophie ? » (avec Guattari).
1995 : Décès à Paris.
Vie personnelle et engagements
Marié à Denise Paul « Fanny » Grandjouan, traductrice et éditrice, Gilles Deleuze a deux enfants. Réservé, il refuse la notoriété médiatique et se consacre à la recherche et à l’enseignement. Il vit entre Paris et Saint-Léonard-de-Noblat, en Haute-Vienne, où il trouve calme et concentration pour écrire. Souffrant d’une maladie pulmonaire chronique à partir des années 1980, il poursuit néanmoins son travail, donnant ses derniers cours à Vincennes-Saint-Denis jusqu’en 1987.
Philosophe de la liberté et de la créativité, il défend une pensée non autoritaire et ouverte. Hostile au dogmatisme, il s’intéresse à la littérature, au cinéma, à la peinture et à la biologie. Son œuvre valorise la création collective, la transversalité et la critique des structures de pouvoir. Sans engagement partisan explicite, il soutient les luttes sociales et les mouvements intellectuels post-68. Sa pédagogie, fondée sur la lecture inventive et la transmission active, influence plusieurs générations de chercheurs et d’artistes.
Lieu de mémoire
Gilles Deleuze meurt le 4 novembre 1995 à Paris. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse. Sa tombe, sobre, est devenue un lieu de recueil pour étudiants, philosophes et admirateurs du monde entier. Ses cours enregistrés et ses correspondances sont conservés à la Bibliothèque nationale de France et dans plusieurs archives universitaires. De nombreuses institutions continuent d’organiser des colloques et publications autour de son œuvre.
Contexte du décès
Affaibli par une affection pulmonaire sévère, Gilles Deleuze se suicide à son domicile parisien le 4 novembre 1995, à l’âge de 70 ans. Sa disparition provoque une émotion considérable dans les milieux intellectuels. L’université Paris-VIII rend hommage à celui qui avait incarné la liberté de pensée et la transmission créative. Sa mort clôt une œuvre dense, restée cohérente dans son exigence d’expérimentation philosophique.
Anecdotes
1 – À la Sorbonne, il suit assidûment Jean Hyppolite, dont l’enseignement de Hegel influencera sa lecture critique de la dialectique et l’émergence de sa pensée de la différence.
2 – Son bureau à Vincennes était réputé pour son atmosphère d’ouverture : il laissait les étudiants circuler librement, refusant tout modèle de hiérarchie dans l’apprentissage.
3 – Le cinéma fut pour lui une école de perception : il considérait le montage comme une forme de pensée, capable de montrer ce que les concepts ne peuvent pas dire.
Points clés
- Métier(s) : Philosophe, essayiste, enseignant
- Date de naissance : 18 janvier 1925
- Date de décès : 4 novembre 1995
- Résidence principale : Paris (France)
- Relations : Denise Paul Grandjouan (épouse)
- Enfants : 2
- Distinctions : Docteur d’État, professeur émérite de philosophie