Milan Kundera

Naissance
Brno, Tchéquie
Décès
Nationalité
Astrologie
Taille 184 cm

Autre personnalité née le 01/04/1929

Biographie

Romancier, essayiste et dramaturge franco-tchèque, Milan Kundera est un écrivain dont l'œuvre, traduite dans le monde entier, explore avec lucidité et ironie les thèmes de l'exil, de l'identité et des turbulences de l'Histoire européenne du XXe siècle.


Parcours

Né le 1er avril 1929 à Brno en Tchécoslovaquie, Milan Kundera grandit dans une famille d'intellectuels et se passionne très tôt pour la littérature, la musique et le théâtre. Après des études de littérature et de cinéma, il enseigne à l'Institut des hautes études cinématographiques de Prague. Son premier roman, La Plaisanterie, publié en 1967, rencontre un vif succès et le propulse sur la scène littéraire internationale. Suite au Printemps de Prague en 1968, ses livres sont interdits et il perd son poste d'enseignant.

Après s'être exilé en France en 1975, Milan Kundera poursuit son œuvre romanesque avec des titres tels que Le Livre du rire et de l'oubli (1979), L'Insoutenable légèreté de l'être (1984) ou L'Immortalité (1990). À partir de 1993, il choisit le français comme langue d'écriture, publiant notamment La Lenteur (1995) et L'Ignorance (2000). Naturalisé français en 1981, il est élu à l'Académie française en 2020. Il vit depuis de nombreuses années à Paris dans une existence discrète.


Repères chronologiques

1929 : Naissance à Brno, en Tchécoslovaquie
1967 : Publication du roman La Plaisanterie
1975 : Exil en France
1979 : Parution du Livre du rire et de l'oubli
1981 : Obtient la nationalité française
1984 : Publication de L'Insoutenable légèreté de l'être
1993 : Adopte le français comme langue d'écriture
2011 : Prix mondial Cino Del Duca pour l'ensemble de son œuvre
2020 : Élu à l'Académie française
2023 : Décès le 11 juillet à Paris


Vie personnelle et engagements

Milan Kundera est le fils du pianiste et musicologue Ludvik Kundera. Après une enfance marquée par la Seconde Guerre mondiale et les bouleversements politiques en Tchécoslovaquie, il adhère brièvement au Parti communiste dont il est exclu en 1950. Il épouse Vera Hrabankova en 1958, qui restera sa compagne et sa plus proche collaboratrice, relisant et dactylographiant tous ses manuscrits. Sa seule passion déclarée en dehors de l'écriture est la musique, héritage de son père.


Anecdotes

1 - Son roman L'Insoutenable légèreté de l'être a été adapté au cinéma par Philip Kaufman en 1988.
2 - Mélomane, Milan Kundera a déclaré que sans la musique de Janáček, il ne serait jamais devenu écrivain.
3 - Attaché à la précision de son style, il est connu pour relire et corriger ses traductions dans le détail.


Points clés

- Métier(s) : Romancier, essayiste, dramaturge
- Résidence principale : Paris, France
- Relations de couple : Marié depuis 1958 à Vera Hrabankova
- Distinctions : Prix Médicis étranger (1973), Prix Jérusalem (1985), Prix mondial Cino Del Duca (2011), Académie française (2020)

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Autres écrivains nés dans les années 1920

Citations

Et si l'Histoire plaisantait ?
Enfant : existence sans biographie.
Musique : une pompe à gonfler l'âme.
Solitude : douce absence de regards.
Le roman doit détruire les certitudes.
Un amour excessif est un amour coupable.
La religion et l'humour sont incompatibles.
Le plus grand plaisir, c'est d'être admiré.
Il y a des idées qui sont comme un attentat.
L'amour physique est impensable sans violence.
Qui cherche l'infini n'a qu'à fermer les yeux.
Comme on est sans défense devant la flatterie !
Qui se venge aujourd'hui se vengera aussi demain.
La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie.
Les amants ont toujours un comportement illogique.
Trahir, c'est sortir du rang et partir dans l'inconnu.
Quand on tue de grands rêves il coule beaucoup de sang.
La parodie n'est-elle pas le destin éternel de l'homme ?
Le sens de la vie c'est justement de s'amuser avec la vie.
Celui qui ne se soucie pas du but, ne demande pas où il va !
La valeur d'un hasard est égale à son degré d'improbabilité.
Etre possédé par l'actualité, c'est être possédé par l'oubli.
Ne pouvoir vivre qu'une vie, c'est comme ne pas vivre du tout.
La discrétion qui, de toutes les vertus, est la vertu suprême.
Les croyants ont un sens aigu de la mise en scène des miracles.
On désire toujours, par dessus tout, l'inaccessible, avec avidité.
Dans le jeu on n'est pas libre, pour le joueur le jeu est un piège.
Les métaphores sont dangereuses. L'amour commence par une métaphore.
On ne veut être maître de l'avenir que pour pouvoir changer le passé.
La mémoire du dégoût est plus grande que la mémoire de la tendresse !
Le sentiment d'amour nous abuse tous par une illusion de connaissance.
Les destinées humaines sont entre elles soudées d'un ciment de sagesse.
Rien de plus inutile que de vouloir prouver quelque chose aux imbéciles.
L'unité de l'humanité signifie : personne ne peut s'échapper nulle part.
Le souci de sa propre image, voilà l'incorrigible immaturité de l'homme.
La nostalgie du Paradis, c'est le désir de l'homme de ne pas être homme.
Il n'est rien comme la jalousie pour absorber un être humain tout entier.
La beauté est l'abolition de la chronologie et la révolte contre le temps.
Le présent, ce point invisible, ce néant qui avance lentement vers la mort.
Les grands romans sont toujours un peu plus intelligents que leurs auteurs.
La seule raison d'être du roman est de dire ce que seul le roman peut dire.
Le romancier doit montrer le monde tel qu'il est : une énigme et un paradoxe.
Le romancier apprend à ses lecteurs à comprendre le monde comme une question.
Ce ne sont pas les ennemis, mais les amis qui condamnent l'homme à la solitude.
Le piège de la haine, c'est qu'elle nous enlace trop étroitement à l'adversaire.
On ne badine pas avec les métaphores. L'amour peut naître d'une seule métaphore.
Le romancier n'est ni historien ni prophète : il est explorateur de l'existence.
La tête est pleine de rêves, et le derrière, telle une ancre, nous retient au sol.
Il existe, en effet, une circonstance où même la voix la plus faible est entendue.
Le plus grand malheur de l'homme, c'est un mariage heureux. Aucun espoir de divorce.
C'est toujours drôle quand un narrateur joue un rôle comique dans sa propre histoire.
Lorsque le coeur a parlé, il n'est pas convenable que la raison élève des objections.
L'excitation est le fondement de l'érotisme, son énigme la plus profonde, son mot-clé.
Le roman est le fruit d'une illusion humaine. L'illusion de pouvoir comprendre autrui.
La vitesse est la forme d'extase dont la révolution technique a fait cadeau à l'homme.
L'homme désire l'éternité mais il ne peut avoir que son ersatz : l'instant de l'extase.
"Je pense, donc je suis" est un propos d'intellectuel qui sous-estime les maux de dents.
“Je pense, donc je suis” est un propos d'intellectuel qui sous-estime les maux de dents.
L'homme compense le poids du mal dont on lui a écrasé l'échine par la masse de sa haine.
La source de la peur est dans l'avenir, et qui est libéré de l'avenir n'a rien à craindre.
Beaucoup de gens, peu d'idées, et comment faire pour nous différencier les uns des autres ?
Imprimer la forme à une durée, c'est l'exigence de la beauté mais aussi celle de la mémoire.
Les enfants sont sans passé et c'est tout le mystère de l'innocence magique de leur sourire.
Rien n'est plus humiliant que de ne pas trouver de réponse cinglante à une attaque cinglante.
Ceux qui gaspillent leur sensibilité à tort et à travers n'en ont plus quand il faut en avoir.
On a tous tendance à voir dans la force un coupable et dans la faiblesse une innocente victime.
Seule une très grande intelligence est capable d'insuffler un sens logique aux idées insensées.
Les grands problèmes des nations ne peuvent nous faire oublier les modestes problèmes du coeur.
Il comprend que cette impatience de parler est en même temps un implacable désintérêt à écouter.
Pour qu'un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant.
Mais qu'est-ce que "être sérieux" ? Est sérieux celui qui croit à ce qu'il fait croire aux autres.
Les femmes ne recherchent pas le bel homme. Les femmes recherchent l'homme qui a eu de belles femmes.
Il en va de l'érotisme comme de la danse : l'un des partenaires se charge toujours de conduire l'autre.
Danser dans une ronde est magique ; la ronde nous parle depuis les profondeurs millénaires de la mémoire.
Publier ce que l'auteur a supprimé est donc le même acte de viol que censurer ce qu'il a décidé de garder.
Le rêve est la preuve qu'imaginer, rêver ce qui n'a pas été, est l'un des plus profonds besoins de l'homme.
Le sondage est devenu une sorte de réalité supérieure ; ou pour le dire autrement, il est devenu la vérité.
Lorsqu'une femme ne vit pas suffisamment avec son corps, le corps finit par lui apparaître comme un ennemi.
Quand les choses se passent trop vite, personne ne peut être sûr de rien, de rien du tout, même pas de soi-même.
L'amour ne se manifeste pas dans le désir de coucher avec quelqu'un, mais dans le désir de dormir avec quelqu'un.
Je préfère vivre en optimiste et me tromper, que vivre en pessimiste pour la seule satisfaction d'avoir eu raison.
Le pouvoir du journaliste ne se fonde pas sur le droit de poser une question, mais sur celui d'exiger une réponse.
La bêtise des gens consiste à avoir une réponse à tout. La sagesse d'un roman consiste à avoir une question à tout.
Plus vaste est le temps que nous avons laissé derrière nous, plus irrésistible est la voix qui nous invite au retour.
Uriner dans la nature est un rite religieux par lequel nous promettons à la terre d'y retourner, un jour, tout entier.
Le véritable amour est absolument sourd à ce que peut dire le reste du monde, c'est justement à cela qu'on le reconnaît.
La sensualité c'est la mobilisation maximale des sens : on observe l'autre intensément et on écoute ses moindres bruits.
Toute femme mesure le degré de son vieillissement à l'intérêt ou au désintérêt que les hommes manifestent pour son corps.
Concevoir le diable comme un partisan du Mal et l'ange comme un combattant du Bien, c'est accepter la démagogie des anges.
Comme une grande musique qu'on peut réécouter sans fin, les grands romans eux aussi sont faits pour des lectures répétées.
Si tout homme avait la possibilité d'assassiner clandestinement et à distance, l'humanité disparaîtrait en quelques minutes.
La culture, c'est la mémoire du peuple, la conscience collective de la continuité historique, le mode de penser et de vivre.
Aujourd'hui on peut faire de la musique avec des ordinateurs, mais l'ordinateur a toujours existé dans la tête des compositeurs.
Un événement n'est pas disqualifié par son caractère accidentel, au contraire c'est le hasard qui lui donne sa beauté, sa poésie.
Crois-moi il n'est rien de plus beau que de réaliser des idées folles... Je voudrais que ma vie ne soit qu'une suite d'idées folles.
Séduire une femme, c'est à la portée du premier imbécile. Mais il faut aussi savoir rompre ; c'est à cela qu'on reconnaît un homme mûr.
La jalousie possède l'étonnant pouvoir d'éclairer l'être unique d'intenses rayons et de maintenir les autres hommes dans une totale obscurité.
La honte n'a pas pour fondement une faute que nous aurions commise, mais la sensation insupportable que cette humiliation est visible par tous.
La politique, c'est l'écume sale sur la surface de la rivière, alors qu'en fait la vie de la rivière s'accomplit à une bien plus grande profondeur.
Le roman est ennemi de la vitesse, la lecture doit être lente et le lecteur doit rester sous le charme d'une page, d'un paragraphe, d'une phrase même.
Et puis un jour on sait et on comprend beaucoup de choses, mais il est trop tard, car toute la vie aura été décidée à une époque où on ne savait rien.
Il faut arroser les souvenirs comme les fleurs en pot et cet arrosage exige un contact régulier avec des témoins du passé , c'est-à-dire avec des amis .
Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage, l'instant où l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses.
Notre vie quotidienne est bombardée de hasards, plus exactement de rencontres fortuites entre les gens et les événements, ce qu'on appelle des coïncidences.
Le jeune homme qui court après la gloire n'a aucune idée de ce qu'est la gloire. Ce qui donne un sens à notre conduite nous est toujours totalement inconnu.
L'existence n'est pas ce qui s'est passé, l'existence est le champ des possibilités humaines, tout ce que l'homme peut devenir, tout ce dont il est capable.
Les extrêmes marquent la frontière au-delà de laquelle la vie prend fin, et la passion de l'extrémisme, en art comme en politique, est désir déguisé de mort.
Ce qui distingue l'autodidacte de celui qui a fait des études, ce n'est pas l'ampleur des connaissances, mais des degrés différents de vitalité et de confiance en soi.
Le fleuve coule de siècle en siècle et les histoires des hommes ont lieu sur la rive. Elles ont lieu pour être oubliées demain et que le fleuve n'en finisse pas de couler.
Il est des regards à la tentation desquels personne ne résiste : par exemple le regard sur un accident de la circulation ou sur une lettre d'amour qui appartient à l'autre.
L'histoire est tout aussi légère que l'individu, insoutenablement légère, légère comme un duvet, comme une poussière qui s'envole, comme une chose qui va disparaître demain.
Le droit de tuer un cerf ou une vache, c'est la seule chose sur laquelle l'humanité toute entière soit fraternellement d'accord, même pendant les guerres les plus sanglantes.
Notre seule liberté est de choisir entre l'amertume et le plaisir. L'insignifiance de tout étant notre lot, il ne faut pas la porter comme une tare, mais savoir s'en réjouir.
Si quelque chose m'a toujours profondément écoeuré chez l'homme, c'est bien de voir comment sa cruauté, sa bassesse et son esprit borné parviennent à revêtir le masque du lyrisme.
Et si l'Histoire plaisantait ?
Enfant : existence sans biographie.
Musique : une pompe à gonfler l'âme.
Solitude : douce absence de regards.
Le roman doit détruire les certitudes.
Un amour excessif est un amour coupable.
La religion et l'humour sont incompatibles.
Le plus grand plaisir, c'est d'être admiré.
Il y a des idées qui sont comme un attentat.
L'amour physique est impensable sans violence.
Qui cherche l'infini n'a qu'à fermer les yeux.
Comme on est sans défense devant la flatterie !
Qui se venge aujourd'hui se vengera aussi demain.
La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie.
Les amants ont toujours un comportement illogique.
Trahir, c'est sortir du rang et partir dans l'inconnu.
Quand on tue de grands rêves il coule beaucoup de sang.
La parodie n'est-elle pas le destin éternel de l'homme ?
Le sens de la vie c'est justement de s'amuser avec la vie.
Celui qui ne se soucie pas du but, ne demande pas où il va !
La valeur d'un hasard est égale à son degré d'improbabilité.
Etre possédé par l'actualité, c'est être possédé par l'oubli.
Ne pouvoir vivre qu'une vie, c'est comme ne pas vivre du tout.
La discrétion qui, de toutes les vertus, est la vertu suprême.
Les croyants ont un sens aigu de la mise en scène des miracles.
On désire toujours, par dessus tout, l'inaccessible, avec avidité.
Dans le jeu on n'est pas libre, pour le joueur le jeu est un piège.
Les métaphores sont dangereuses. L'amour commence par une métaphore.
On ne veut être maître de l'avenir que pour pouvoir changer le passé.
La mémoire du dégoût est plus grande que la mémoire de la tendresse !
Le sentiment d'amour nous abuse tous par une illusion de connaissance.
Les destinées humaines sont entre elles soudées d'un ciment de sagesse.
Rien de plus inutile que de vouloir prouver quelque chose aux imbéciles.
L'unité de l'humanité signifie : personne ne peut s'échapper nulle part.
Le souci de sa propre image, voilà l'incorrigible immaturité de l'homme.
La nostalgie du Paradis, c'est le désir de l'homme de ne pas être homme.
Il n'est rien comme la jalousie pour absorber un être humain tout entier.
La beauté est l'abolition de la chronologie et la révolte contre le temps.
Le présent, ce point invisible, ce néant qui avance lentement vers la mort.
Les grands romans sont toujours un peu plus intelligents que leurs auteurs.
La seule raison d'être du roman est de dire ce que seul le roman peut dire.
Le romancier doit montrer le monde tel qu'il est : une énigme et un paradoxe.
Le romancier apprend à ses lecteurs à comprendre le monde comme une question.
Ce ne sont pas les ennemis, mais les amis qui condamnent l'homme à la solitude.
Le piège de la haine, c'est qu'elle nous enlace trop étroitement à l'adversaire.
On ne badine pas avec les métaphores. L'amour peut naître d'une seule métaphore.
Le romancier n'est ni historien ni prophète : il est explorateur de l'existence.
La tête est pleine de rêves, et le derrière, telle une ancre, nous retient au sol.
Il existe, en effet, une circonstance où même la voix la plus faible est entendue.
Le plus grand malheur de l'homme, c'est un mariage heureux. Aucun espoir de divorce.
C'est toujours drôle quand un narrateur joue un rôle comique dans sa propre histoire.
Lorsque le coeur a parlé, il n'est pas convenable que la raison élève des objections.
L'excitation est le fondement de l'érotisme, son énigme la plus profonde, son mot-clé.
Le roman est le fruit d'une illusion humaine. L'illusion de pouvoir comprendre autrui.
La vitesse est la forme d'extase dont la révolution technique a fait cadeau à l'homme.
L'homme désire l'éternité mais il ne peut avoir que son ersatz : l'instant de l'extase.
"Je pense, donc je suis" est un propos d'intellectuel qui sous-estime les maux de dents.
“Je pense, donc je suis” est un propos d'intellectuel qui sous-estime les maux de dents.
L'homme compense le poids du mal dont on lui a écrasé l'échine par la masse de sa haine.
La source de la peur est dans l'avenir, et qui est libéré de l'avenir n'a rien à craindre.
Beaucoup de gens, peu d'idées, et comment faire pour nous différencier les uns des autres ?
Imprimer la forme à une durée, c'est l'exigence de la beauté mais aussi celle de la mémoire.
Les enfants sont sans passé et c'est tout le mystère de l'innocence magique de leur sourire.
Rien n'est plus humiliant que de ne pas trouver de réponse cinglante à une attaque cinglante.
Ceux qui gaspillent leur sensibilité à tort et à travers n'en ont plus quand il faut en avoir.
On a tous tendance à voir dans la force un coupable et dans la faiblesse une innocente victime.
Seule une très grande intelligence est capable d'insuffler un sens logique aux idées insensées.
Les grands problèmes des nations ne peuvent nous faire oublier les modestes problèmes du coeur.
Il comprend que cette impatience de parler est en même temps un implacable désintérêt à écouter.
Pour qu'un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant.
Mais qu'est-ce que "être sérieux" ? Est sérieux celui qui croit à ce qu'il fait croire aux autres.
Les femmes ne recherchent pas le bel homme. Les femmes recherchent l'homme qui a eu de belles femmes.
Il en va de l'érotisme comme de la danse : l'un des partenaires se charge toujours de conduire l'autre.
Danser dans une ronde est magique ; la ronde nous parle depuis les profondeurs millénaires de la mémoire.
Publier ce que l'auteur a supprimé est donc le même acte de viol que censurer ce qu'il a décidé de garder.
Le rêve est la preuve qu'imaginer, rêver ce qui n'a pas été, est l'un des plus profonds besoins de l'homme.
Le sondage est devenu une sorte de réalité supérieure ; ou pour le dire autrement, il est devenu la vérité.
Lorsqu'une femme ne vit pas suffisamment avec son corps, le corps finit par lui apparaître comme un ennemi.
Quand les choses se passent trop vite, personne ne peut être sûr de rien, de rien du tout, même pas de soi-même.
L'amour ne se manifeste pas dans le désir de coucher avec quelqu'un, mais dans le désir de dormir avec quelqu'un.
Je préfère vivre en optimiste et me tromper, que vivre en pessimiste pour la seule satisfaction d'avoir eu raison.
Le pouvoir du journaliste ne se fonde pas sur le droit de poser une question, mais sur celui d'exiger une réponse.
La bêtise des gens consiste à avoir une réponse à tout. La sagesse d'un roman consiste à avoir une question à tout.
Plus vaste est le temps que nous avons laissé derrière nous, plus irrésistible est la voix qui nous invite au retour.
Uriner dans la nature est un rite religieux par lequel nous promettons à la terre d'y retourner, un jour, tout entier.
Le véritable amour est absolument sourd à ce que peut dire le reste du monde, c'est justement à cela qu'on le reconnaît.
La sensualité c'est la mobilisation maximale des sens : on observe l'autre intensément et on écoute ses moindres bruits.
Toute femme mesure le degré de son vieillissement à l'intérêt ou au désintérêt que les hommes manifestent pour son corps.
Concevoir le diable comme un partisan du Mal et l'ange comme un combattant du Bien, c'est accepter la démagogie des anges.
Comme une grande musique qu'on peut réécouter sans fin, les grands romans eux aussi sont faits pour des lectures répétées.
Si tout homme avait la possibilité d'assassiner clandestinement et à distance, l'humanité disparaîtrait en quelques minutes.
La culture, c'est la mémoire du peuple, la conscience collective de la continuité historique, le mode de penser et de vivre.
Aujourd'hui on peut faire de la musique avec des ordinateurs, mais l'ordinateur a toujours existé dans la tête des compositeurs.
Un événement n'est pas disqualifié par son caractère accidentel, au contraire c'est le hasard qui lui donne sa beauté, sa poésie.
Crois-moi il n'est rien de plus beau que de réaliser des idées folles... Je voudrais que ma vie ne soit qu'une suite d'idées folles.
Séduire une femme, c'est à la portée du premier imbécile. Mais il faut aussi savoir rompre ; c'est à cela qu'on reconnaît un homme mûr.
La jalousie possède l'étonnant pouvoir d'éclairer l'être unique d'intenses rayons et de maintenir les autres hommes dans une totale obscurité.
La honte n'a pas pour fondement une faute que nous aurions commise, mais la sensation insupportable que cette humiliation est visible par tous.
La politique, c'est l'écume sale sur la surface de la rivière, alors qu'en fait la vie de la rivière s'accomplit à une bien plus grande profondeur.
Le roman est ennemi de la vitesse, la lecture doit être lente et le lecteur doit rester sous le charme d'une page, d'un paragraphe, d'une phrase même.
Et puis un jour on sait et on comprend beaucoup de choses, mais il est trop tard, car toute la vie aura été décidée à une époque où on ne savait rien.
Il faut arroser les souvenirs comme les fleurs en pot et cet arrosage exige un contact régulier avec des témoins du passé , c'est-à-dire avec des amis .
Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage, l'instant où l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses.
Notre vie quotidienne est bombardée de hasards, plus exactement de rencontres fortuites entre les gens et les événements, ce qu'on appelle des coïncidences.
Le jeune homme qui court après la gloire n'a aucune idée de ce qu'est la gloire. Ce qui donne un sens à notre conduite nous est toujours totalement inconnu.
L'existence n'est pas ce qui s'est passé, l'existence est le champ des possibilités humaines, tout ce que l'homme peut devenir, tout ce dont il est capable.
Les extrêmes marquent la frontière au-delà de laquelle la vie prend fin, et la passion de l'extrémisme, en art comme en politique, est désir déguisé de mort.
Ce qui distingue l'autodidacte de celui qui a fait des études, ce n'est pas l'ampleur des connaissances, mais des degrés différents de vitalité et de confiance en soi.
Le fleuve coule de siècle en siècle et les histoires des hommes ont lieu sur la rive. Elles ont lieu pour être oubliées demain et que le fleuve n'en finisse pas de couler.
Il est des regards à la tentation desquels personne ne résiste : par exemple le regard sur un accident de la circulation ou sur une lettre d'amour qui appartient à l'autre.
L'histoire est tout aussi légère que l'individu, insoutenablement légère, légère comme un duvet, comme une poussière qui s'envole, comme une chose qui va disparaître demain.
Le droit de tuer un cerf ou une vache, c'est la seule chose sur laquelle l'humanité toute entière soit fraternellement d'accord, même pendant les guerres les plus sanglantes.
Notre seule liberté est de choisir entre l'amertume et le plaisir. L'insignifiance de tout étant notre lot, il ne faut pas la porter comme une tare, mais savoir s'en réjouir.
Si quelque chose m'a toujours profondément écoeuré chez l'homme, c'est bien de voir comment sa cruauté, sa bassesse et son esprit borné parviennent à revêtir le masque du lyrisme.

Questions autour de Milan Kundera

Qui est né le même jour que Milan Kundera ?
Sofia Lesaffre, Vincent Bolloré, Le Concombre masqué, Atmen Kelif et Philippe Martinez sont nés le 1 avril comme Milan Kundera.
À quel âge est mort Milan Kundera ?
Milan Kundera est mort à 94 ans, le 11 juillet 2023.
Qui est mort le même jour que Milan Kundera ?
Maria del Carmen Bousada de Lara, Satoru Iwata, Robert Ryan, Shelley Duvall et Louis Bozon sont morts le 11 juillet comme Milan Kundera.
Quels écrivains sont nés en 1929 comme Milan Kundera ?
Quels écrivains sont du signe Bélier comme Milan Kundera ?
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