Anne Frank, auteure allemande d'origine juive née le 12 juin 1929 à Francfort-sur-le-Main, morte en février ou mars 1945 au camp de Bergen-Belsen, auteure du Journal d'Anne Frank, rédigé entre 1942 et 1944 dans la clandestinité à Amsterdam, devenu l'un des témoignages les plus lus au monde sur la persécution nazie et la Shoah.
Née le 12 juin 1929 à Francfort-sur-le-Main dans une famille juive libérale et cultivée, Anne grandit auprès de son père Otto Frank, homme d'affaires, de sa mère Edith Frank-Holländer et de sa soeur aînée Margot, née en 1926. La famille quitte l'Allemagne en 1933, peu après l'accession d'Adolf Hitler au pouvoir et les premières lois antisémites. Otto Frank s'installe à Amsterdam, où il fonde une société de négoce d'épices et d'herbes aromatiques, Opekta. Edith et les deux filles le rejoignent en février 1934. Formée à l'école Montessori, vive, curieuse, passionnée de cinéma et d'écriture, Anne apprend le néerlandais et grandit dans la capitale des Pays-Bas jusqu'à l'invasion allemande de mai 1940.
Les lois antijuives s'appliquent progressivement aux Pays-Bas occupés : port de l'étoile jaune, interdiction des écoles publiques, couvre-feu. En juillet 1942, Margot reçoit une convocation pour un camp de travail en Allemagne. La famille décide de se cacher. Le 6 juillet 1942, les Frank entrent dans la clandestinité dans l'annexe secrète des bureaux d'Opekta, au 263 Prinsengracht à Amsterdam, rejoints par la famille Van Pels et, plus tard, par Fritz Pfeffer. Huit personnes vivent ainsi cachées pendant plus de deux ans, aidées par des employés d'Otto Frank : Miep Gies, Johannes Kleiman, Victor Kugler et Bep Voskuijl. Le journal commence le 12 juin 1942, jour des 13 ans de son auteure, dans un carnet à carreaux offert pour l'occasion. Adressé à une destinataire imaginaire nommée Kitty, il relate le quotidien de l'annexe, les tensions, les espoirs, les réflexions d'une adolescente sur la guerre, la condition féminine et l'écriture. En mars 1944, l'appel radio du ministre néerlandais en exil Gerrit Bolkestein, demandant aux civils de conserver leurs témoignages sur l'Occupation, pousse Anne Frank à réécrire et retravailler son journal en vue d'une publication.
Le 4 août 1944, la Gestapo fait irruption dans l'annexe sur dénonciation. L'identité du dénonciateur n'a jamais été établie avec certitude malgré de nombreuses enquêtes. Les huit clandestins sont arrêtés, transférés à la prison d'Amsterdam puis au camp de transit de Westerbork. Le 3 septembre 1944, ils sont déportés par le dernier convoi en partance pour Auschwitz-Birkenau. À l'arrivée, Otto Frank est séparé de sa femme et de ses filles, pour ne plus jamais les revoir. Edith Frank reste à Auschwitz ; tombée malade fin novembre 1944, elle meurt à l'infirmerie du camp le 6 janvier 1945, d'épuisement et de famine, à 44 ans. En octobre ou novembre 1944, Anne et Margot sont transférées au camp de Bergen-Belsen, en Allemagne. Les conditions y sont catastrophiques. Margot Frank meurt du typhus en février 1945, à 19 ans. Sa cadette succombe au même mal quelques jours après elle, en février ou mars 1945, à 15 ans. Le camp est libéré par les Britanniques le 15 avril 1945. Otto Frank est le seul des huit clandestins de l'annexe à survivre à la déportation.
Après l'arrestation, Miep Gies retrouve les cahiers dans l'annexe et les conserve sans les lire, dans l'espoir de les remettre à leur auteure. Elle les remet à Otto Frank après la guerre. L'historien Jan Romein publie un extrait dans le quotidien Het Parool en avril 1946, provoquant un tel écho qu'une maison d'édition accepte le manuscrit. Het Achterhuis paraît aux Pays-Bas en juin 1947. La traduction française, Journal de Anne Frank, paraît en 1950. La traduction américaine, The Diary of a Young Girl, en 1952. La pièce adaptée par Frances Goodrich et Albert Hackett est créée à Broadway en 1955 et remporte le prix Pulitzer en 1956. Le film de George Stevens sort en 1959. Le journal est traduit en plus de 70 langues et vendu à plus de 35 millions d'exemplaires.
Le destin familial s'achève en plusieurs étapes. Edith Frank meurt la première, le 6 janvier 1945, à l'infirmerie d'Auschwitz-Birkenau, d'épuisement et de famine, à 44 ans, séparée de ses filles depuis leur transfert vers l'ouest. Margot Frank meurt du typhus à Bergen-Belsen en février 1945, à 19 ans. Sa cadette succombe au même mal quelques jours après elle, en février ou mars 1945, à 15 ans. Les deux soeurs sont inhumées dans une fosse commune au camp, dont l'emplacement exact n'a jamais été identifié. Le camp de Bergen-Belsen est libéré le 15 avril 1945 par les soldats britanniques. Otto Frank, libéré d'Auschwitz par l'Armée rouge le 27 janvier 1945, apprend la mort de ses filles après la guerre. Il s'installe chez Miep Gies et son mari à Amsterdam et consacre le reste de sa vie à la diffusion du journal.
La famille Frank forme une cellule cultivée et unie, attachée à ses racines juives sans être pratiquante. Otto Frank est la figure centrale de la vie de sa fille cadette : leur relation de confiance et de complicité intellectuelle traverse tout le journal. Les rapports avec Edith sont plus tendus, selon ce qu'Anne écrit elle-même. Dans l'annexe, le partage de chambre avec Fritz Pfeffer est vécu difficilement. Les relations avec Augusta van Pels sont décrites comme conflictuelles. En revanche, un attachement sentimental se développe avec Peter van Pels, le fils de la famille voisine de cache, longuement évoqué dans les derniers mois du journal.
Dès l'entrée dans la clandestinité, l'écriture devient le refuge central. Nourrie de lectures dans l'annexe, passionnée de littérature et de cinéma, Anne Frank exprime dans son journal l'ambition explicite de devenir écrivaine ou journaliste. Dans une entrée du 5 avril 1944, elle formule le désir de continuer à vivre après sa mort à travers ses écrits. À côté du journal, elle rédige des nouvelles, des fables et les premiers chapitres d'un roman, La Vie de Cady, réunis dans le recueil Contes et récits.
La survie des huit clandestins repose entièrement sur un réseau de protecteurs. Miep Gies ravitaille l'annexe en nourriture et en nouvelles du monde extérieur au péril de sa vie. Johannes Kleiman et Victor Kugler gèrent la façade commerciale des bureaux pour dissimuler la présence des fugitifs. Bep Voskuijl apporte livres et journaux. Après la guerre, Miep Gies devient l'une des témoins les plus actives de cette mémoire. Elle meurt en 2010 à 100 ans.
Née à Francfort-sur-le-Main, Anne Frank grandit à Amsterdam dans le quartier de Rivierenbuurt puis dans le Jordaan. L'annexe secrète du 263 Prinsengracht, où elle vit cachée de juillet 1942 à août 1944, est conservée et ouverte au public depuis 1960 sous le nom de Maison Anne Frank, l'un des sites mémoriaux les plus visités d'Europe. Elle meurt à Bergen-Belsen, dont le site est aujourd'hui un mémorial en Basse-Saxe, Allemagne. Sa famille est inhumée dans une fosse commune du camp, sans emplacement identifié.
104 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
Je veux continuer à vivre après ma mort.
— Journal d'Anne Frank, entrée du 5 avril 1944
Le papier a plus de patience que les gens.
Pense à toutes les merveilles qui t'entourent et sois heureux.
Il est absolument impossible de construire sur une base de mort, de misère et de confusion.
Vous pouvez toujours, toujours donner quelque chose, même si c'est seulement la gentillesse.
Les parents ne peuvent que donner des conseils ou de bonnes indications, le développement ultime de la personnalité d'un individu repose entre ses propres mains.
À peine idéalismes, rêves, belles espérances ont-ils le temps de germer en nous, qu'ils sont aussitôt atteints et totalement dévastés par l'épouvante de la réalité.
Je veux continuer à vivre après ma mort.
— Journal d'Anne Frank, entrée du 5 avril 1944
Le papier a plus de patience que les gens.
Pense à toutes les merveilles qui t'entourent et sois heureux.
Il est absolument impossible de construire sur une base de mort, de misère et de confusion.
Vous pouvez toujours, toujours donner quelque chose, même si c'est seulement la gentillesse.
Les parents ne peuvent que donner des conseils ou de bonnes indications, le développement ultime de la personnalité d'un individu repose entre ses propres mains.
À peine idéalismes, rêves, belles espérances ont-ils le temps de germer en nous, qu'ils sont aussitôt atteints et totalement dévastés par l'épouvante de la réalité.