Cette année marque le 30ᵉ anniversaire de sa disparition.
Christine Pascal, actrice, scénariste et réalisatrice française née le 29 novembre 1953 à Lyon, a obtenu le prix Louis-Delluc en 1992 pour Le Petit Prince a dit, film qui lui vaut également une nomination au César du meilleur réalisateur.
Christine Pascal grandit à Lyon, où elle suit des études de lettres à la faculté tout en fréquentant le conservatoire d'art dramatique de la ville. C'est là que le cinéaste Bertrand Tavernier la remarque en 1973, lors du tournage de L'Horloger de Saint-Paul. Elle retrouvera ce réalisateur à quatre autres reprises, notamment dans Que la fête commence (1975), pour lequel elle est nommée au César du meilleur second rôle, Le Juge et l'assassin (1976), Des enfants gâtés (1977), dont elle cosigne le scénario avec Charlotte Dubreuil, et Autour de minuit (1986). Son premier grand rôle, celui de Jeanne, lui est confié dès 1974 par le réalisateur Michel Mitrani dans Les Guichets du Louvre. Elle tourne également avec Claude Miller dans La Meilleure Façon de marcher (1975) et avec le cinéaste polonais Andrzej Wajda dans Les Demoiselles de Wilko (1979), aux côtés d'Isabelle Huppert et de Nicole Garcia. Ces années constituent pour elle une période d'intense activité comme comédienne, à la croisée du cinéma d'auteur français et européen.
En 1979, Christine Pascal passe derrière la caméra avec Félicité, long métrage autobiographique qu'elle écrit, réalise et dans lequel elle interprète le rôle principal. En 1984, elle dirige Isabelle Huppert et Richard Berry dans La Garce, thriller inscrit dans les codes du film noir. Son troisième long métrage, Zanzibar (1988), avec Fabienne Babe, dépeint les contradictions du milieu cinématographique. C'est cependant Le Petit Prince a dit (1992), produit par Robert Boner et interprété par Richard Berry et Anémone, qui consacre sa carrière de réalisatrice : le film remporte le prix Louis-Delluc et le prix du meilleur scénario au Festival de Montréal, et vaut à Christine Pascal une nomination au César du meilleur réalisateur, la quatrième femme à obtenir cette distinction dans l'histoire du prix. En 1994, elle prête sa voix à Sigourney Weaver dans La Jeune Fille et la Mort de Roman Polanski. Son dernier film, Adultère, mode d'emploi (1995), avec Karin Viard, Vincent Cassel et Richard Berry, reçoit un accueil plus réservé.
1953 : naissance le 29 novembre à Lyon, 2e arrondissement
1973 : premier rôle au cinéma dans L'Horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier
1974 : premier grand rôle dans Les Guichets du Louvre de Michel Mitrani
1975 : nomination au César du meilleur second rôle pour Que la fête commence
1977 : cosigne le scénario de Des enfants gâtés avec Charlotte Dubreuil
1979 : réalise, écrit et interprète son premier long métrage, Félicité
1982 : épouse le producteur suisse Robert Boner ; acquiert la nationalité suisse
1984 : réalise La Garce, avec Isabelle Huppert et Richard Berry
1988 : réalise Zanzibar, avec Fabienne Babe
1992 : Le Petit Prince a dit obtient le prix Louis-Delluc et le prix du meilleur scénario à Montréal
1993 : nomination au César du meilleur réalisateur pour Le Petit Prince a dit
1994 : voix française de Sigourney Weaver dans La Jeune Fille et la Mort de Roman Polanski
1995 : réalise Adultère, mode d'emploi, son dernier film
1996 : décède le 30 août à Garches ; inhumée au cimetière du Père-Lachaise
2003 : son psychiatre traitant est condamné au pénal et au civil
2019 : sa soeur Michèle Pascal publie Christine Pascal : mémoires croisées de deux soeurs
Christine Pascal est scolarisée en pension chez des religieuses durant son enfance. Ses études de lettres à Lyon l'amènent parallèlement au conservatoire d'art dramatique, point de départ de sa carrière. En 1978, lors du tournage du film suisse Les Petites Fugues de Yves Yersin, pour lequel elle exerce comme assistante de production, elle rencontre le producteur Robert Boner. Ils se marient en 1982, ce qui lui confère la nationalité suisse. Sa soeur Michèle Pascal lui consacre en 2019 un ouvrage préfacé par Bertrand Tavernier qui s'appuie sur les journaux intimes de la cinéaste.
Durant ses années de formation à Paris, Christine Pascal partage un appartement avec Isabelle Adjani et Isabelle Huppert, alors jeunes comédiennes débutantes. Sa collaboration artistique avec Richard Berry traverse l'ensemble de sa filmographie de réalisatrice. Elle entretient également des liens professionnels étroits avec la réalisatrice Diane Kurys, avec laquelle elle tourne Coup de foudre (1983), et avec Eric Rochant, qui la dirige dans Les Patriotes (1993). La Cinémathèque française lui rend hommage en 2013 avec une rétrospective complète de son oeuvre.
Christine Pascal est hospitalisée depuis le 24 août 1996 pour des troubles psychiatriques à la clinique du Château, établissement privé situé à Garches, dans les Hauts-de-Seine. Dans la nuit du 30 au 31 août 1996, elle se donne la mort en sautant par une fenêtre de la clinique. Elle avait 42 ans. A la suite de la plainte déposée par son époux Robert Boner, une instruction judiciaire est ouverte contre le psychiatre traitant et le directeur de l'établissement. En mars 2003, le psychiatre est condamné au pénal et au civil pour défaut de surveillance, tandis que la clinique est relaxée. L'institution fait l'objet d'une nouvelle condamnation en 2007 pour un suicide survenu en 2004 dans ses locaux.
Christine Pascal est inhumée au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, dans la 8e division. En 2013, la Cinémathèque française lui consacre une rétrospective complète couvrant l'ensemble de son oeuvre d'actrice et de réalisatrice. Sa soeur Michèle Pascal publie en 2019 un livre de mémoires aux éditions LettMotif, préfacé par Bertrand Tavernier, qui inclut deux scénarios inédits.
1 - Alors étudiante en lettres à Lyon, Christine Pascal est repérée en 1973 par Bertrand Tavernier, lui-même originaire de Lyon, alors qu'il cherche des acteurs pour L'Horloger de Saint-Paul avec Philippe Noiret et Jean Rochefort.
2 - Christine Pascal partage un appartement à Paris avec Isabelle Adjani et Isabelle Huppert à leurs débuts, lorsque les trois jeunes femmes sont, selon des témoignages ultérieurs, "pauvres et jeunes actrices pleines d'illusions et de désir de gloire".
3 - En 1978, elle exerce comme assistante de production sur Les Petites Fugues du réalisateur suisse Yves Yersin, poste inhabituel pour une actrice confirmée : c'est là qu'elle rencontre le producteur Robert Boner.
4 - En répondant à un questionnaire de Proust en 1984 dans le magazine Première, Christine Pascal déclare souhaiter mourir "en se suicidant, le moment voulu", déclaration restée dans la mémoire de ses proches.
5 - Adultère, mode d'emploi (1995) est sélectionné comme candidat suisse pour la catégorie du meilleur film en langue étrangère aux 68e Oscars, une distinction liée à la nationalité suisse acquise par Christine Pascal lors de son mariage.
- Métier(s) : actrice, réalisatrice, scénariste
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Robert Boner (mariage 1982, décédée 1996)
- Enfants : aucun enfant documenté
- Distinctions : prix Louis-Delluc 1992 pour Le Petit Prince a dit ; prix du meilleur scénario au Festival de Montréal 1992 ; nomination au César du meilleur second rôle 1976 ; nomination au César du meilleur réalisateur 1993