Résumé biographique
L'écrivain et académicien Maurice Genevoix (1890-1980) reste l'un des plus grands témoins de la Première Guerre mondiale et le chantre réaliste et poétique de la nature, notamment à travers ses romans du terroir solognot et du Val de Loire. Sa prose se distingue par une profonde connaissance du monde animal et une volonté de perpétuer la mémoire, faisant de lui une figure majeure de la littérature française du XXe siècle, dont l'œuvre embrasse la ferveur du souvenir et le respect du vivant.
Parcours
Maurice Genevoix, né dans la Nièvre, fait preuve d'une brillante scolarité qui le conduit au lycée Pothier d'Orléans, puis au lycée Lakanal de Sceaux, avant d'intégrer l'École normale supérieure de Paris en 1911. Sa formation, destinée à une carrière universitaire littéraire, est brutalement interrompue par la mobilisation de 1914. Nommé sous-lieutenant au 106e Régiment d'infanterie, il est grièvement blessé par trois balles près des Éparges en avril 1915, perdant l'usage de son bras gauche. Durant sa longue convalescence, encouragé par Paul Dupuy, il commence la rédaction de ses récits de guerre, le premier volume, _Sous Verdun_, paraissant dès 1916. Réformé avec 70% d'invalidité après seize mois d'hôpital, il choisit de renoncer à l'enseignement pour se consacrer entièrement à l'écriture.
Installé dans sa maison des Vernelles à Saint-Denis-de-l'Hôtel, en Val de Loire, il écrit la majeure partie de son œuvre prolifique, forte de plus de cinquante ouvrages. L'obtention du **prix Goncourt** en 1925 pour son roman _Raboliot_, qui célèbre la vie d'un braconnier de Sologne avec un réalisme poétique, marque un tournant. Son œuvre se développe entre témoignages de guerre (_Ceux de 14_, recueil de ses récits de 1949) et romans inspirés par son profond attachement à la nature, comme _La Dernière Harde_ (1938) et _La Forêt perdue_ (1967). Élu à l'Académie française en 1946, il en devient Secrétaire perpétuel de 1958 à 1973, œuvrant en faveur de la défense de la langue française et de la transmission de la mémoire.
Repères de carrière
1914 : Mobilisation comme sous-lieutenant au 106e Régiment d'infanterie.
1915 : Grièvement blessé aux Éparges en avril, entraînant une longue convalescence et sa réforme.
1916 : Publication de Sous Verdun, premier volume de ses souvenirs de guerre.
1925 : Obtention du prix Goncourt pour son roman _Raboliot_, tableau de la Sologne et du braconnage.
1938 : Publication du roman animalier _La Dernière Harde_, illustrant son talent de paysagiste littéraire.
1946 : Élection à l'Académie française, au fauteuil d'André Bellesort.
1949 : Regroupement de ses récits de guerre en un volume sous le titre _Ceux de 14_.
1958 : Devient le Secrétaire perpétuel de l'Académie française, fonction qu'il occupe jusqu'en 1973.
1980 : Parution de son autobiographie _Trente mille jours_.
Vie personnelle et engagements
Né à Decize, dans la Nièvre, en 1890, Maurice Genevoix grandit dans le Val de Loire, région qui marque profondément son enfance et devient la source d'inspiration majeure d'une partie significative de son œuvre régionaliste. Il est le fils de Gabriel Genevoix et de Camille Balichon. Son enfance est notamment marquée par le décès précoce de sa mère alors qu'il n'a que douze ans. Il a également survécu de justesse à la diphtérie grâce à l'intervention de son oncle. Son expérience traumatisante et fondatrice de la Grande Guerre, au cours de laquelle il a été gravement blessé, le pousse à se dévouer au témoignage et à la transmission de la mémoire des combattants, faisant de lui le porte-parole reconnu de sa génération. Il entretient des liens d'amitié profonds, notamment avec son camarade du front Robert Porchon, dont la mort l'affecte grandement et à qui il dédie son premier récit.
Bien que très discret sur sa vie privée, on sait qu'il s'est marié à trois reprises et qu'il est le père de deux filles. Maurice Genevoix s'est marié en premières noces à Yvonne Allégret en 1917, puis avec Suzanne Ney en 1928, et enfin avec Marie-Thérèse de Saint-Pierre. Il a eu deux filles, Alice et Françoise. Son engagement le plus notable fut celui de la mémoire de la Grande Guerre et son rôle en tant que président du Mémorial de Verdun. Il fut également un ardent défenseur de la nature, de la chasse et du patrimoine, engagements qui se reflètent dans ses romans animaliers et son lyrisme de la nature. Il était un homme sportif et d'une grande vitalité, qui a continué à écrire jusqu'à ses derniers jours.
Lieu de mémoire
Maurice Genevoix s'est éteint le 8 septembre 1980 à Xàbia, en Espagne, où il résidait une partie de l'année. Sa sépulture initiale se trouvait au cimetière de Passy à Paris. Cependant, en reconnaissance de son rôle d'écrivain-témoin de la Grande Guerre, le président de la République a décidé son entrée au Panthéon. Le transfert de son cercueil au Panthéon a eu lieu le 11 novembre 2020. Un circuit pédestre et des espaces culturels à Châteauneuf-sur-Loire rendent également hommage à son attachement au Val de Loire.
Contexte du décès
L'écrivain Maurice Genevoix est mort le 8 septembre 1980 à l'âge de 89 ans, dans sa résidence de Xàbia, sur la côte espagnole. L'ancien Secrétaire perpétuel de l'Académie française s'était retiré peu à peu de ses fonctions quelques années avant son décès. L'annonce de la mort de Maurice Genevoix a marqué la fin d'une longue et féconde vie littéraire, entièrement dédiée au témoignage et à l'art. L'écrivain, qui a échappé plusieurs fois à la mort, notamment lors de la Première Guerre mondiale, s'est éteint paisiblement dans la sérénité de sa retraite méditerranéenne.
Anecdotes
1 - Blessé grièvement sur le front en 1915, il perdit l'usage de son bras gauche après avoir été touché par trois balles, ce qui l'obligea à renoncer à la carrière universitaire qu'il avait initialement envisagée à l'École normale supérieure.
2 - L'écrivain a puisé l'essentiel de la matière de son célèbre roman _Raboliot_, prix Goncourt 1925, en passant de longues heures à écouter les récits d'un taxidermiste solognot nommé M. Beaufils, connaisseur des braconniers de la région.
3 - En 1974, Maurice Genevoix démissionne de son poste de Secrétaire perpétuel de l'Académie française pour se retirer définitivement dans sa maison des Vernelles, face à la Loire, se sentant trop âgé pour cette fonction.
4 - Sauvé enfant de la diphtérie grâce à un sérum de l'Institut Pasteur rapporté par son oncle, il a côtoyé la mort dès son plus jeune âge, un thème qui imprègne son œuvre littéraire ultérieure de manière notable et récurrente.
5 - Son entrée au Panthéon en 2020 fut décidée par le Président de la République pour faire de lui le « porte-parole » de la génération de _Ceux de 14_, reconnaissant ainsi la valeur de son témoignage sur la Grande Guerre.
Points clés
- Métier(s) : Écrivain, poète, académicien, officier de réserve
- Résidence principale : Châteauneuf-sur-Loire, Xàbia, Paris (Panthéon)
- Relations : Yvonne Allégret (1917), Suzanne Ney (1928), Marie-Thérèse de Saint-Pierre (dates omises)
- Enfants : Alice (date omise), Françoise (date omise)
- Distinctions : Grand-croix de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1914-1918, Prix Goncourt (1925)