Biographie

André Breton, né le 19 février 1896 à Tinchebray dans l'Orne et mort le 28 septembre 1966 à Paris, est un poète, écrivain et théoricien français considéré comme le principal fondateur et animateur du mouvement surréaliste, dont il a défini les principes dans ses célèbres manifestes.

Parcours

André Breton grandit à Pantin, en banlieue parisienne, dans une famille de la petite bourgeoisie catholique. Élève au lycée Chaptal, il entame des études de médecine qu'il abandonne pour la littérature. Mobilisé en 1915, il est affecté comme infirmier à l'hôpital de Nantes, où il rencontre Jacques Vaché, figure décisive dans sa vocation avant-gardiste. En 1917, à l'hôpital du Val-de-Grâce, il se lie avec Louis Aragon. En 1919, il fonde avec Aragon et Philippe Soupault la revue Littérature, et publie Les Champs magnétiques, premier texte d'écriture automatique, avec Soupault. Après un passage par le mouvement Dada de Tristan Tzara, il rompt avec celui-ci pour fonder le surréalisme.

En 1924, Breton publie le Manifeste du surréalisme, acte fondateur du mouvement, suivi d'un second manifeste en 1930. Il publie Nadja en 1928, Les Vases communicants en 1932 et L'Amour fou en 1937, œuvres majeures mêlant récit autobiographique et réflexion théorique. Adhérent au Parti communiste français en 1927, il en est exclu en 1933 pour indiscipline. Exilé aux États-Unis de 1941 à 1946 durant la Seconde Guerre mondiale, il séjourne à New York et en Martinique, où il rencontre Aimé Césaire. De retour à Paris, il poursuit son activité de théoricien, collectionneur d'art et animateur du groupe surréaliste jusqu'à la fin de sa vie. Il publie L'Art magique en 1957 et Le Surréalisme et la peinture dans une édition enrichie en 1965.

Controverse

L'homophobie assumée d'André Breton a été documentée par plusieurs sources, dont L'Express en 2014 et dans divers essais universitaires. Breton rejetait ouvertement l'homosexualité au sein du mouvement surréaliste, ce qui alimenta notamment son mépris public pour Jean Cocteau. Cette position contribua à des exclusions de membres du groupe. Par ailleurs, son autoritarisme au sein du mouvement lui valut le surnom de « pape du surréalisme », ses contemporains lui reprochant des méthodes jugées dictatoriales : exclusions arbitraires, ruptures fracassantes avec d'anciens alliés comme Robert Desnos, Antonin Artaud ou Salvador Dalí.

Repères chronologiques

1896 : Naissance le 19 février à Tinchebray (Orne)
1919 : Cofondation de la revue Littérature avec Aragon et Soupault ; publication des Champs magnétiques
1924 : Publication du premier Manifeste du surréalisme
1928 : Publication de Nadja
1930 : Publication du Second Manifeste du surréalisme
1937 : Publication de L'Amour fou
1941 : Exil aux États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale
1946 : Retour en France
1950 : Publication de l'Anthologie de l'humour noir (édition définitive)
1957 : Publication de L'Art magique
1966 : Décès le 28 septembre à Paris, à l'âge de 70 ans

Vie personnelle et engagements

Fils unique de Louis-Justin Breton, gendarme originaire des Vosges, et de Marguerite-Marie-Eugénie Le Gouges, André Breton a été marié trois fois. Il épouse Simone Kahn en 1921, dont il divorce en 1931. En 1934, il se marie avec la peintre Jacqueline Lamba, avec laquelle il a sa fille unique, Aube Elléouët Breton. Leur divorce est prononcé en 1943. En 1945, il épouse Elisa Bindhoff Enet, d'origine chilienne, qui reste sa compagne jusqu'à sa mort en 1966.

Breton adhère au Parti communiste français en 1927 et s'en éloigne en 1933, dénonçant le stalinisme. En 1938, au Mexique, il rédige avec Léon Trotski et Diego Rivera le manifeste Pour un art révolutionnaire indépendant. Collectionneur passionné d'art océanien, amérindien et surréaliste, il fréquentait assidûment le marché aux puces de Saint-Ouen. Son atelier du 42, rue Fontaine à Paris, rempli de milliers d'objets, a fait l'objet d'une vente aux enchères chez Drouot en 2003, suscitant une vive polémique dans le monde culturel.

Contexte du décès

Le 27 septembre 1966, André Breton, souffrant d'une insuffisance respiratoire, est rapatrié de Saint-Cirq-Lapopie, village du Lot où il avait acquis une maison en 1951. Il décède le lendemain, le 28 septembre 1966, à l'hôpital Lariboisière à Paris, à l'âge de 70 ans. Ses obsèques se tiennent au cimetière des Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris, en présence de nombreuses personnalités du monde littéraire et artistique.

Lieux de référence

André Breton est inhumé au cimetière des Batignolles à Paris (17e), 31e division. Sur sa tombe, décorée d'un octaèdre étoilé, figure l'épitaphe tirée de son œuvre. Sa maison de Saint-Cirq-Lapopie, dans le Lot, est un lieu de mémoire du surréalisme. Le mur reconstitué de son atelier du 42, rue Fontaine est exposé au Centre Pompidou à Paris.

Anecdotes

André Breton détestait la couleur rose et la musique de fond dans les restaurants, qu'il jugeait insupportables. Il quittait un établissement dès qu'une mélodie retentissait.

En 1938, lors de sa rencontre avec Léon Trotski au Mexique, Breton fut si intimidé qu'il eut du mal à prendre la parole durant leurs premiers échanges, selon Diego Rivera.

Breton possédait une collection de plus de 5 300 objets d'art dans son atelier de la rue Fontaine, accumulés sur plus de cinquante ans. La vente de cette collection en 2003 a rapporté plus de 46 millions d'euros.

Il avait coutume de fréquenter chaque samedi le marché aux puces de Saint-Ouen, à la recherche d'objets insolites qu'il appelait des « trouvailles » surréalistes.

Points clés

- Métier(s) : Poète, écrivain, essayiste, théoricien de l'art
- Résidence principale : Paris (42, rue Fontaine, 9e arrondissement) et Saint-Cirq-Lapopie (Lot)
- Relations de couple : Simone Kahn (1921-1931), Jacqueline Lamba (1934-1943), Elisa Bindhoff Enet (1945-1966)
- Enfants : Aube Elléouët Breton (née en 1935, avec Jacqueline Lamba)
- Distinctions : Fondateur du surréalisme, auteur des Manifestes du surréalisme