Microbiologiste, généticienne et biochimiste française, Emmanuelle Charpentier a remporté le prix Nobel de chimie 2020 avec Jennifer Doudna pour la découverte des ciseaux moléculaires CRISPR-Cas9, première récompense scientifique conjointement attribuée à deux femmes.
Diplômée en biochimie de l'université Pierre-et-Marie-Curie en 1991, Emmanuelle Charpentier obtient en 1995 un doctorat en microbiologie pour des travaux conduits à l'institut Pasteur sous la direction de Patrice Courvalin, spécialiste de la résistance aux antibiotiques. Elle enchaîne à partir de 1996 plusieurs post-doctorats aux États-Unis : à l'université Rockefeller dans le laboratoire d'Elaine Tuomanen, au centre médical de l'université de New York, à l'institut Skirball, puis au St. Jude Children's Research Hospital de Memphis. Cette mobilité forge sa méthode de recherche. En 2002, elle dirige son premier groupe de recherche à l'université de Vienne, où elle identifie une petite molécule d'ARN régulant la virulence de la bactérie Streptococcus pyogenes. En 2009, elle s'installe à l'université d'Umeå, en Suède, où elle poursuit l'étude du système CRISPR avec sa doctorante Elitza Deltcheva.
En 2011, lors d'un congrès à Porto Rico, elle rencontre la biochimiste américaine Jennifer Doudna, de l'université de Californie à Berkeley. Leur collaboration aboutit en juin 2012 à la publication, dans la revue Science, d'un article décrivant le mécanisme par lequel l'enzyme Cas9, guidée par un duplex tracrARN-crARN, peut découper l'ADN en un site choisi. La découverte ouvre la voie à l'édition ciblée du génome. En 2013, Charpentier cofonde avec Rodger Novak et Shaun Foy la société CRISPR Therapeutics, basée à Zoug, et participe à la création d'ERS Genomics. Elle dirige le département d'infectiologie du centre Helmholtz de Brunswick puis, à partir de 2015, l'Institut Max-Planck de biologie des infections à Berlin. Depuis 2018, elle pilote l'unité Max-Planck pour la science des pathogènes.
1968 : naissance le 11 décembre à Juvisy-sur-Orge
1991 : licence à l'université Pierre-et-Marie-Curie
1995 : doctorat en microbiologie à l'institut Pasteur
1996 : départ pour les États-Unis (université Rockefeller)
2002 : prise de fonctions à l'université de Vienne
2009 : nomination à l'université d'Umeå en Suède
2011 : rencontre avec Jennifer Doudna à Porto Rico
2012 : publication fondatrice sur CRISPR-Cas9 dans Science
2013 : cofondation de CRISPR Therapeutics
2015 : direction de l'Institut Max-Planck de biologie des infections
2017 : élection à l'Académie des sciences le 5 décembre
2018 : prix Kavli en nanosciences avec Jennifer Doudna et Virginijus Šikšnys
2020 : prix Nobel de chimie partagé avec Jennifer Doudna
2021 : nomination à l'Académie pontificale des sciences par le pape François
2025 : doctorat honoris causa de l'Université de Montréal
Emmanuelle Marie Charpentier naît le 11 décembre 1968 à Juvisy-sur-Orge, dans l'Essonne. Son père est responsable des espaces verts de la commune de Sainte-Geneviève-des-Bois et sa mère infirmière au centre hospitalier de Perray-Vaucluse. Elle grandit avec deux sœurs aînées en banlieue parisienne. Adolescente, elle hésite entre une vocation de détective et une vie monastique avant de s'orienter vers les sciences. Elle effectue ses études supérieures à l'université Pierre-et-Marie-Curie puis à l'institut Pasteur, où Patrice Courvalin l'initie à la microbiologie médicale. Sans enfants ni conjoint déclaré publiquement, elle revendique une existence centrée sur la recherche.
Installée à Berlin depuis 2015, elle conserve un fort attachement à la recherche française. Depuis 2022, elle est marraine du programme Impulscience de la Fondation Bettencourt Schueller, qui distingue chaque année sept chercheurs en sciences de la vie. Elle entretient des liens étroits avec ses anciens collaborateurs Jörg Vogel, Krzysztof Chylinski et Martin Jinek. Membre de l'Académie des sciences, de l'Académie des technologies et de l'Académie pontificale des sciences, elle plaide pour une recherche fondamentale décentralisée et critique la hiérarchisation excessive des laboratoires européens.
1 - Adolescente, Emmanuelle Charpentier hésite entre devenir détective et entrer dans les ordres, fascinée par la vie monastique d'une tante religieuse. Elle a confié à l'Université de Montréal en 2025 que la recherche scientifique combine selon elle ces deux vocations.
2 - Avant de rejoindre l'université Rockefeller, elle envoie des dizaines de lettres manuscrites à des laboratoires de microbiologie américains, démarche détaillée dans son autobiographie publiée par la fondation Kavli en 2018.
3 - Sa découverte décisive sur le tracrARN s'appuie sur les travaux d'Elitza Deltcheva, ancienne doctorante de son laboratoire viennois qu'elle fait venir à Umeå pour finaliser la publication de 2010.
4 - Lors de sa promotion dans la Légion d'honneur en 2020, elle est directement élevée au grade de commandeure sans passer par les grades intermédiaires de chevalière et d'officière.
5 - Elle détient plus de cinquante brevets américains liés à la technologie CRISPR-Cas9, selon le National Inventors Hall of Fame qui l'a intronisée en 2024.
- Métier(s) : microbiologiste, généticienne, biochimiste, directrice d'institut de recherche
- Résidence principale : Berlin
- Relations de couple : aucune relation publique déclarée
- Enfants : aucun
- Distinctions : prix Nobel de chimie 2020, prix Kavli 2018, prix Breakthrough 2015, commandeure de la Légion d'honneur, membre de l'Académie des sciences
Ce que je retiens, ce sont les moments de découverte, les eurêka partagés avec mes étudiants.
— UdeMnouvelles, 26 août 2025
Le Nobel, c'est la reconnaissance ultime. Mais ce n'est jamais le travail d'une seule personne.
— UdeMnouvelles, 26 août 2025
Je n'ai pas d'enfant, mais ce n'était pas vraiment calculé. J'ai été happée par mon travail et je me suis rendu compte que ça n'allait pas me manquer.
— Le Temps, 21 avril 2015
Pendant mes post-doctorats à New York, j'ai réalisé que je ne pourrais pas fonctionner dans une structure trop hiérarchique, je devais rapidement créer mon groupe de recherche et être libre.
— Le Temps, 21 avril 2015
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