Ferdinand Cheval, plus connu sous le nom de facteur Cheval, né Joseph Ferdinand Cheval le 19 avril 1836 à Charmes-sur-l'Herbasse dans la Drôme, est un facteur rural français. Il consacre 33 ans de sa vie à construire seul, dans son jardin à Hauterives, le Palais idéal, un monument de style naïf composé de pierres ramassées lors de ses tournées et assemblées avec du mortier.
Joseph Ferdinand Cheval naît dans une famille de petits cultivateurs modestes. Il entre à l'école communale à l'âge de 6 ans et la quitte à 12 ans pour aider son père aux travaux des champs. Il perd sa mère à l'âge de 11 ans et son père à 18 ans. Après son certificat d'études, il devient apprenti boulanger. Il exerce ce métier quelques années, notamment hors de sa région, avant de revenir dans la Drôme. Il travaille brièvement comme ouvrier agricole. À l'âge de 31 ans, il présente le concours des postes et devient facteur rural à pied à Hauterives. Sa tournée quotidienne couvre environ 30 kilomètres à travers les collines drômoises.
En avril 1879, à l'âge de 43 ans, il trébuche sur une pierre de forme étrange lors de sa tournée. Il la ramasse et la qualifie plus tard de « pierre d'achoppement ». Cette pierre réveille en lui un rêve ancien de bâtir un palais. Il commence alors la construction dans son potager, sans aucune formation en architecture ou en maçonnerie. Il ramasse des pierres pendant ses tournées, les transporte le soir avec une brouette, et les assemble la nuit ou les jours de repos. Il mélange chaux, ciment et pierres pour créer des structures complexes. Il s'inspire de la nature, des cartes postales et des magazines illustrés qu'il distribue. Le chantier dure 33 ans, de 1879 à 1912. Il édifie des façades ornées de sculptures, grottes, temples, animaux et inscriptions. Il travaille seul, sans aide extérieure, et transporte des milliers de pierres. À l'âge de 77 ans, il achève le Palais idéal.
Ne pouvant être inhumé dans son palais, il décide de construire son propre tombeau au cimetière d'Hauterives. Il y travaille de 1914 à 1922. Il y inscrit de nombreuses citations et poèmes qu'il rédige lui-même. Il meurt le 19 août 1924 à Hauterives à l'âge de 88 ans. Son œuvre, considérée comme un exemple majeur de l'art naïf, est classée monument historique en 1969 grâce à l'intervention d'André Malraux.
Fils de Jean-François Cheval et de Françoise Rose Sibert, tous deux cultivateurs, il grandit dans un milieu rural modeste. Il se marie deux fois. De son premier mariage naît une fille, Alice, qui meurt en 1894 à l'âge de 15 ans. Son fils unique, issu du deuxième mariage, meurt en 1912 à l'âge de 46 ans. Il vit toute sa vie dans la Drôme, d'abord à Charmes-sur-l'Herbasse puis à Hauterives. Il reste catholique. Il exprime dans les inscriptions de son palais et de son tombeau des réflexions sur la volonté, le travail et la mort. Il écrit notamment : « Je voulais un palais de rêve, j'ai construit un palais de pierre. » Il travaille seul pendant des décennies malgré le regard parfois moqueur des villageois.
Ses engagements se limitent à son œuvre personnelle. Il ne participe pas à des mouvements associatifs ou politiques connus. Il laisse de nombreuses inscriptions sur son monument qui reflètent ses convictions sur la persévérance et la liberté individuelle.
Ferdinand Cheval meurt le 19 août 1924 à Hauterives à l'âge de 88 ans. Il est inhumé dans le tombeau qu'il a lui-même construit au cimetière d'Hauterives. André Malraux contribue plus tard à la reconnaissance de son œuvre.
Il naît à Charmes-sur-l'Herbasse et passe l'essentiel de sa vie adulte à Hauterives dans la Drôme. Le Palais idéal se trouve dans son ancien jardin à Hauterives. Son tombeau est situé au cimetière communal d'Hauterives, près de l'entrée.