Hans Beck est un inventeur et concepteur de jouets allemand, né le 6 mai 1929 à Greiz (Thuringe) et mort le 30 janvier 2009 à Markdorf, en Bade-Wurtemberg. Concepteur chez geobra Brandstätter à partir de 1958, il est mondialement connu comme le créateur de la figurine Playmobil, lancée au Salon du jouet de Nuremberg en 1974.
Formé comme menuisier-ébéniste, Hans Beck quitte la zone d'occupation soviétique en 1948 pour rejoindre l'Allemagne de l'Ouest, où il achève son apprentissage dans une entreprise de Bamberg. Sa passion pour le modélisme, et plus particulièrement pour les avions miniatures, attire l'attention de Horst Brandstätter, propriétaire de l'entreprise familiale geobra Brandstätter, basée à Zirndorf, près de Nuremberg. Brandstätter l'embauche en 1958 comme concepteur. Beck développe d'abord plusieurs produits pour l'enfant : tirelires, tracteurs miniatures, téléphones en plastique. Promu responsable du développement en 1971-1972, il reçoit alors la mission de concevoir une nouvelle ligne de jouets capable de relancer la maison. Il travaille pendant trois ans sur un système de figurines articulées en plastique, mesurant 7,5 centimètres, dimension calibrée pour la main d'un enfant de quatre ans.
Beck présente son prototype au Salon international du jouet de Nuremberg en février 1974. Les acheteurs professionnels l'accueillent avec scepticisme, mais une firme néerlandaise commande la production d'une année entière, ouvrant la voie au succès. Dès l'automne 1974, geobra Brandstätter réalise trois millions de Deutsche Mark de chiffre d'affaires sur la nouvelle ligne, baptisée Playmobil. L'export international débute en 1975. Les premiers thèmes — chevaliers, ouvriers du bâtiment, Indiens — deviennent des classiques durables. Beck dirige le service Recherche et Développement pendant vingt-quatre ans, fixant la doctrine maison résumée par sa formule : pas d'horreur, pas de violence, pas de tendance éphémère. Il conçoit personnellement les premières extensions de l'univers, en observant systématiquement le comportement des enfants face aux prototypes.
Pendant sa retraite, Hans Beck engage un contentieux judiciaire avec son ancien employeur geobra Brandstätter, qu'il poursuit jusqu'à son décès. Beck estimait ne pas avoir reçu une reconnaissance suffisante, financière et morale, pour la paternité du concept Playmobil. Le différend, mentionné dans plusieurs notices nécrologiques anglo-saxonnes, n'a pas donné lieu à une résolution publique avant sa mort en janvier 2009.
1929 : naissance le 6 mai à Greiz, en Thuringe
1948 : fuite de la zone d'occupation soviétique vers Bamberg
1958 : embauche par Horst Brandstätter chez geobra à Zirndorf
1971 : nomination comme responsable du développement, début du projet de figurine
1974 : présentation des premiers Playmobil au Salon du jouet de Nuremberg
1975 : début de l'exportation internationale des figurines
1981 : introduction des figurines enfants dans la gamme
1998 : départ à la retraite après quarante ans chez geobra Brandstätter
2000 : intégration parmi les cent personnalités allemandes représentées par une statue dans le pavillon allemand de l'Exposition universelle de Hanovre
2009 : décès le 30 janvier à Markdorf, sur les rives du lac de Constance
Hans Beck grandit à Greiz, en Thuringe, comme fils aîné d'un commerçant indépendant. Ses parents divorcent durant son enfance et chacun se remarie : Beck se retrouve avec une sœur germaine et huit demi-frères et demi-sœurs, pour qui il fabrique ses premiers jouets dès l'âge de dix ans, des petites voitures et des figurines en bois. La famille a ensuite vécu à Zirndorf, en Bavière, ville dotée d'une longue tradition d'industrie du jouet. Sa formation initiale d'apprenti-menuisier, commencée chez une connaissance de son père en Thuringe, se poursuit après son passage à l'Ouest dans un atelier de Bamberg. Hans Beck est marié et père d'au moins un fils, conformément aux mentions des nécrologies de presse parues à son décès.
Sa rencontre professionnelle décisive est celle avec Horst Brandstätter, qui le repère grâce au modélisme aéronautique, son loisir de prédilection. Beck cultive une discrétion publique constante : il accorde peu d'entretiens médiatisés, préférant le travail d'atelier à l'exposition. Sa philosophie de jouet, fondée sur le refus de la violence et des modes passagères, conditionne l'ensemble des extensions Playmobil produites sous sa direction. Après sa retraite en 1998, il s'installe à Markdorf, sur les rives du lac de Constance, où il vit jusqu'à sa mort. Son avis de décès dans la presse allemande est illustré d'une figurine de chevalier Playmobil.
Hans Beck meurt le 30 janvier 2009 à Markdorf, dans le Bade-Wurtemberg, au bord du lac de Constance, à l'âge de 79 ans. Le communiqué officiel publié par geobra Brandstätter indique que le décès survient « des suites d'une grave maladie », sans préciser la pathologie. Aucun détail médical complémentaire n'a été rendu public par la famille ni par l'entreprise. Horst Brandstätter, dirigeant de geobra, lui rend hommage en saluant un collaborateur ayant œuvré « avec un grand talent d'artisan et une grande qualification ». La presse internationale, notamment Le Monde par la signature de Claire Gatinois, Libération, The Independent sous la plume de David Childs, et l'agence Associated Press, publient des nécrologies dans les jours qui suivent.
Hans Beck repose dans la région de Markdorf, dans le sud de l'Allemagne. Sa figure est par ailleurs honorée depuis l'année 2000 par une statue exposée dans le pavillon allemand de l'Exposition universelle de Hanovre, parmi cent personnalités sélectionnées, dont Konrad Adenauer, Ludwig van Beethoven et Rainer Werner Fassbinder.
1 - Avant de s'imposer sous le nom de Playmobil, les figurines étaient appelées en interne « Klicky », d'après le bruit produit par leurs articulations lors de la manipulation. Le nom commercial définitif a été retenu pour le lancement de 1974 à Nuremberg.
2 - La hauteur exacte de 7,5 centimètres n'est pas un choix esthétique mais ergonomique : Hans Beck l'a calculée pour qu'un enfant de quatre ans puisse saisir, manipuler et faire tenir debout la figurine sans aide adulte.
3 - Beck avait publiquement déclaré que les jumbo-jets, les extraterrestres et les dinosaures n'auraient jamais leur place dans l'univers Playmobil. La gamme a finalement intégré ces trois catégories après son départ.
4 - Hans Beck testait personnellement chaque prototype auprès d'enfants, en leur tendant la figurine sans aucune explication préalable. Il considérait que l'acceptation immédiate du jouet par l'enfant était le seul critère de validation pertinent.
5 - Lors du Salon de Nuremberg de 1974, plusieurs grossistes ont jugé les figurines trop simples ou trop chères. C'est la commande d'un distributeur néerlandais, achetant la production annuelle entière, qui a sauvé le projet.
6 - Sa nécrologie publiée dans la presse allemande arborait l'image d'un Playmobil-chevalier, l'un des trois thèmes inauguraux qu'il avait conçus en 1974.
- Métier(s) : inventeur, concepteur de jouets, menuisier-ébéniste de formation
- Résidence principale : Markdorf, sur les rives du lac de Constance
- Relations de couple : marié, identité de l'épouse non publique
- Enfants : au moins un fils, prénom non rendu public
- Distinctions : statue dans le pavillon allemand de l'Exposition universelle de Hanovre 2000, parmi cent personnalités allemandes honorées
« Pas d'horreur, pas de violence, pas de tendance éphémère. »
— Doctrine maison reprise par geobra Brandstätter et la presse allemande, notamment nordbayern.de, février 2009 (traduit de l'allemand)
« Mes figurines étaient assez simples, mais elles laissaient aux enfants de la place pour leur imagination. »
— Interview rapportée par The Christian Science Monitor, 7 octobre 1997 (traduit de l'anglais)
« Playmobil est un jouet qui n'impose aucun scénario aux enfants ; il stimule au contraire leur imagination. »
— Communication geobra Brandstätter, citée par la presse internationale (traduit de l'allemand)
« Pas d'horreur, pas de violence, pas de tendance éphémère. »
— Doctrine maison reprise par geobra Brandstätter et la presse allemande, notamment nordbayern.de, février 2009 (traduit de l'allemand)
« Mes figurines étaient assez simples, mais elles laissaient aux enfants de la place pour leur imagination. »
— Interview rapportée par The Christian Science Monitor, 7 octobre 1997 (traduit de l'anglais)
« Playmobil est un jouet qui n'impose aucun scénario aux enfants ; il stimule au contraire leur imagination. »
— Communication geobra Brandstätter, citée par la presse internationale (traduit de l'allemand)