Résumé biographique

Manuel de Falla est un compositeur espagnol du début du XXe siècle, né à Cadix et associé au renouveau de la musique classique espagnole, dont les œuvres comme La vida breve, El amor brujo, Noches en los jardines de España ou El sombrero de tres picos marquent profondément le dialogue entre écriture savante, flamenco et cante jondo.


Parcours

Né le 23 novembre 1876 à Cadix dans une famille bourgeoise, Manuel de Falla reçoit très tôt une formation de piano, d’abord auprès de sa mère puis de professeurs locaux, avant d’intégrer le Conservatoire royal de Madrid, où il obtient un premier prix de piano en 1899. Il se forme à la composition auprès de Felipe Pedrell, qui l’oriente vers les traditions musicales espagnoles. En 1904-1905, il compose l’opéra La vida breve, bientôt récompensé par l’Académie des beaux-arts. Installé à Paris de 1907 à 1914, il fréquente Debussy, Ravel, Dukas ou Stravinsky. De retour en Espagne pendant la Première Guerre mondiale, il crée El amor brujo puis Noches en los jardines de España. À partir de 1921, il s’établit à Grenade, avant de partir en exil en Argentine en 1939, où il meurt le 14 novembre 1946 à Alta Gracia.


Repères de carrière

23 novembre 1876 : Naissance à Cadix, Espagne.
1899 : Premier prix de piano au Conservatoire royal de Madrid.
1904-1905 : Composition de l’opéra La vida breve.
1907 : Installation à Paris, rencontres avec Debussy, Ravel, Dukas et Stravinsky.
1er avril 1913 : Création de La vida breve au Casino municipal de Nice, en version française La vie brève.
15 avril 1915 : Création d’El amor brujo au Teatro Lara de Madrid.
9 avril 1916 : Création de Noches en los jardines de España au Teatro Real de Madrid.
22 juillet 1919 : Création du ballet El sombrero de tres picos au Alhambra Theatre de Londres par les Ballets russes.
1921-1922 : Installation durable à Grenade et élaboration du Concurso de Cante Jondo.
13-14 juin 1922 : Organisation du Concurso de Cante Jondo à l’Alhambra de Grenade avec le concours de Federico García Lorca.
1923 : Achèvement de l’opéra de marionnettes El retablo de maese Pedro.
5 novembre 1926 : Création du Concerto pour clavecin et orchestre de chambre à Barcelone, avec Wanda Landowska en soliste.
1935 : Élu associé de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique.
2 octobre 1939 : Départ en exil vers l’Argentine, arrivée à Buenos Aires le 18 octobre.
1940 : Reçoit la Grand-croix de l’ordre civil d’Alphonse X le Sage.
14 novembre 1946 : Décès à Alta Gracia, province de Córdoba, Argentine.


Vie personnelle et engagements

Issu d’une famille de commerçants de Cadix, Manuel de Falla est le fils de José María Falla et de María Jesús Matheu. Profondément croyant, il reste très attaché au catholicisme tout au long de sa vie. Il ne se marie pas et n’a pas d’enfants, partageant une grande partie de son existence avec sa sœur María del Carmen, qui s’occupe de lui, notamment durant ses années d’exil en Argentine. Installé à Grenade à partir de 1921, il s’implique dans la défense du cante jondo et des traditions andalouses, notamment à travers le Concurso de Cante Jondo de 1922. Marqué par la guerre civile espagnole et l’arrivée au pouvoir de Franco, il choisit de rester en exil en Argentine malgré les sollicitations du régime pour revenir en Espagne.


Anecdotes

1 – Manuel de Falla était connu pour une obsession très marquée de la propreté : il passait plusieurs heures par jour à se laver les mains et à nettoyer son piano avec du savon de glycérine et de l’alcool, au point de développer des problèmes dermatologiques et tendineux, selon des témoignages rapportés au XXIe siècle.
2 – En 1922, il conçoit et soutient à Grenade, avec Federico García Lorca et d’autres intellectuels, le Concurso de Cante Jondo, un festival-concours organisé sur l’esplanade des Aljibes de l’Alhambra, destiné à préserver les formes les plus anciennes du flamenco en réservant les prix aux amateurs.
3 – Sa maison de Grenade, située sur le flanc de la colline de l’Alhambra, où il réside entre 1922 et 1939, a été transformée en Casa-Museo Manuel de Falla en 1962, conservant mobilier, partitions et objets personnels, et jouxtant aujourd’hui l’Auditorio Manuel de Falla consacré à la musique.
4 – Après sa mort en Argentine, ses restes, d’abord inhumés dans un cimetière de Córdoba, sont transférés en 1947 à Cadix et déposés dans la crypte de la cathédrale, où ils deviennent un lieu de recueillement pour les admirateurs de son œuvre.
5 – La mémoire de Manuel de Falla est également présente dans la vie quotidienne espagnole : son effigie a figuré sur le billet de 100 pesetas émis en 1970, et une station du métro de Madrid porte son nom sur la ligne 10.


Lieux de mémoire

Né à Cadix, Manuel de Falla passe ses années de formation à Madrid, puis séjourne à Paris avant de s’installer durablement à Grenade, près de l’Alhambra, où sa maison est aujourd’hui un musée et jouxte l’Auditorio Manuel de Falla. Exilé à Alta Gracia en Argentine, il y meurt en 1946 ; ses dépouilles reposent depuis 1947 dans la cathédrale de Cadix.


Contexte du décès

En 1939, à la fin de la guerre civile espagnole, Manuel de Falla quitte définitivement l’Espagne avec sa sœur María del Carmen pour l’Argentine, où il dirige plusieurs concerts au Teatro Colón de Buenos Aires avant de s’installer à Alta Gracia, dans la province de Córdoba. Sa santé se dégrade progressivement et il mène une vie retirée, travaillant notamment à la cantate Atlántida. Le 14 novembre 1946, il meurt d’un arrêt cardiaque à son domicile d’Alta Gracia, neuf jours avant son 70e anniversaire, entouré de sa sœur. D’abord inhumé en Argentine, il est exhumé en 1947 et transféré à Cadix, où il reçoit des funérailles solennelles avant d’être placé dans la crypte de la cathédrale, devenue un lieu central de sa mémoire.


Points clés

• Métier(s) : compositeur, pianiste
• Résidence principale : Grenade, Espagne, puis Alta Gracia, Argentine
• Relations : célibataire, vie domestique partagée avec sa sœur María del Carmen (1882-1971)
• Enfants : aucun
• Distinctions : Associé de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique (1935) ; Grand-croix de l’ordre civil d’Alphonse X le Sage (1940)