Marc Messier, acteur et scénariste québécois né le 16 août 1947 à Granby, est connu pour la pièce Broue, détentrice d'un record Guinness, la télésérie Lance et compte, La Petite Vie et la franchise Les Boys. Il est décédé le 7 juillet 2026 à 78 ans.
Fils d'un barbier de Granby, Marc Messier consacre son enfance au hockey et à la natation. C'est un enseignant d'anglais du Collège de Granby qui, en lui demandant de réciter le monologue du père dans Hamlet de Shakespeare, déclenche sa vocation. Il rejoint l'Option théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, où il se forme auprès des professeurs Jacques Zouvi et Jacques Létourneau. Ses débuts professionnels s'effectuent sur les planches : Cyrano de Bergerac à la Nouvelle Compagnie Théâtrale en 1973, puis Yerma au Théâtre du Rideau Vert en 1974. En 1975, il obtient un premier rôle récurrent à la télévision dans Avec le temps. C'est dans un bar qu'il effectue la rencontre déterminante de sa carrière : celle de Michel Côté et Marcel Gauthier, deux acteurs d'Alma, avec qui il cofonde en 1979 la pièce Broue, comédie à sketches se déroulant dans une taverne et cosignée par sept auteurs.
Présentée au Théâtre des Voyagements devant 80 spectateurs, Broue prend progressivement une ampleur sans précédent. En 2006, le trio Michel Côté, Marcel Gauthier et Marc Messier reçoit le record Guinness pour la pièce interprétée le plus longtemps par une même distribution, avec 3 322 représentations sur 38 ans. En 1986, Messier accède à la notoriété avec le rôle de Marc Gagnon dans Lance et compte, télésérie écrite par Réjean Tremblay et réalisée par Jean-Claude Lord, qui lui vaut deux prix Gémeaux en 1988 et 1989. Entre 1993 et 1998, il interprète Réjean Pinard dans La Petite Vie de Claude Meunier, série aux cotes d'écoute historiques. À partir de 1997, il incarne Bob Chicoine dans la franchise Les Boys de Louis Saia, rôle repris dans quatre films et une série. En 2004, il tient le rôle de Louis-Bernard Lapointe dans Grande Ourse et sa suite L'Héritière de Grande Ourse, qui totalisent 20 prix Gémeaux.
1947 : naissance le 16 août à Granby, Québec
1973 : débuts professionnels dans Cyrano de Bergerac à la Nouvelle Compagnie Théâtrale
1974 : rôle dans Yerma au Théâtre du Rideau Vert, mise en scène d'Olivier Reichenbach
1975 : premier rôle récurrent à la télévision dans la série Avec le temps
1979 : cofondation de la pièce Broue avec Michel Côté et Marcel Gauthier au Théâtre des Voyagements
1986 : début du rôle de Marc Gagnon dans la télésérie Lance et compte (Radio-Canada)
1988 : prix Gémeaux du meilleur rôle de soutien pour Lance et compte, deuxième saison
1989 : prix Gémeaux du meilleur premier rôle masculin pour Lance et compte, troisième saison
1993 : début du rôle de Réjean Pinard dans La Petite Vie de Claude Meunier
1997 : rôle de Bob Chicoine dans le film Les Boys de Louis Saia
2003 : prix Gémeaux collectif pour l'ensemble des comédiens de La Petite Vie
2006 : record Guinness décerné au trio de Broue pour plus de 3 322 représentations
2009 : Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale du Québec
2017 : Croix du service méritoire, décernée le 4 avril par la Couronne canadienne
2023 : nomination au rang d'officier de l'Ordre du Canada
2026 : décès le 7 juillet à Montréal à l'âge de 78 ans
Marc Messier est le fils d'un barbier de Granby et a deux soeurs, Marielle Messier et Denise Messier. Il étudie au Collège de Granby avant de rejoindre le Cégep de Saint-Hyacinthe. Il a trois enfants : Gabrielle Dubuc-Messier, née d'une première union et professeure de biologie à l'université, Félix Messier et Jeanne Messier, nés de sa relation avec Lyne Sainte-Marie, rencontrée en 1999 et dont il se sépare ultérieurement. Reconnu pour sa discrétion, il déclare à La Presse en 2024 ne pas vouloir mettre ses enfants à l'avant-plan, ce métier étant le sien et non le leur.
Marc Messier entretient des liens d'amitié durables avec Claude Meunier et Marcel Gauthier. Rémy Girard, partenaire dans Les Boys et La Petite Vie, et Éric Bruneau le qualifient respectivement de grand comédien et de mentor à son décès. L'acteur est reconnu sur les plateaux pour sa générosité, connaissant le nom de chaque technicien et refusant toute hiérarchie. Dans les années 2020, il présente plus de 80 fois Seul... sur scène à travers le Québec, avant d'incarner le rôle principal du Père de Florian Zeller au Théâtre du Nouveau Monde en 2023. Il pratique le vélo et le tennis.
Marc Messier décède le 7 juillet 2026 à Montréal à l'âge de 78 ans. Selon les informations rapportées par Hugo Dumas dans La Presse, il était traité pour une maladie du sang considérée comme bien contrôlée. Un virus respiratoire survenu au début de l'été 2026 aggrave son état et provoque un arrêt cardiaque fatal. La famille et l'agence Goodwin n'ont pas divulgué la cause exacte, mentionnant uniquement une brève maladie. L'acteur s'est éteint entouré de ses proches. La première ministre Christine Fréchette annonce la mise en berne du drapeau du Québec sur la tour centrale de l'hôtel du Parlement lors des obsèques. Rémy Girard, Claude Meunier et Éric Bruneau rendent hommage publiquement dès l'annonce du décès.
1 - À 15 ans, un enseignant du Collège de Granby lui demande de réciter le monologue du père dans Hamlet. Marc Messier déclare en 2024 que le théâtre est alors devenu une obsession, rien dans son enfance sportive ne l'ayant prédestiné à pareille carrière.
2 - Avant de s'imposer au théâtre, Marc Messier reçoit une invitation du club junior du Canadien de Montréal pour un camp d'entraînement de hockey, discipline dans laquelle il excelle durant son enfance à Granby.
3 - Pour Lance et compte, l'auteur Réjean Tremblay laisse Marc Messier improviser librement quatre ou cinq scènes par saison, estimant qu'il apporte à Marc Gagnon une profondeur que le texte seul ne peut anticiper. Tremblay s'en nourrit ensuite pour écrire les saisons suivantes.
4 - Marc Messier refuse d'abord le rôle du Père de Florian Zeller au TNM, jugeant les planches trop exigeantes après Broue. C'est lors d'une soirée avec le metteur en scène Serge Denoncourt qu'il confie vouloir relever ce défi dramatique ; Denoncourt accepte le soir même.
5 - Dans les années 2020, Marc Messier présente plus de 80 représentations de son tout premier spectacle solo, Seul... sur scène, à travers le Québec, un format inédit après une carrière consacrée au jeu d'ensemble et jamais au one-man-show.
- Métier(s) : acteur, scénariste
- Résidence principale : Montréal
- Relations de couple : Lyne Sainte-Marie (séparation après 1999), première union non documentée publiquement
- Enfants : Gabrielle Dubuc-Messier, Félix Messier, Jeanne Messier
- Distinctions : prix Gémeaux (1987, 1988, 1989, 2003), prix Artis 2010, Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale du Québec (2009), Croix du service méritoire (2017), officier de l'Ordre du Canada (2023), record Guinness collectif (2006)
J'ai vraiment pogné quelque chose ! À partir de ce moment-là, le théâtre est devenu une obsession.
— La Presse, entrevue publiée en 2024 (reprise dans La Voix de l'Est, 7 juillet 2026)
Faire Broue a été une expérience magique. On pouvait faire le métier qu'on aimait devant des salles pleines.
— La Presse, entrevue publiée en 2024 (reprise dans La Presse, 7 juillet 2026)
On n'a jamais rien tenu pour acquis. On doutait toujours un peu. La comédie est quelque chose de fragile. Tu sautes une virgule et c'est moins drôle !
— La Presse, entrevue publiée en 2024 (reprise dans La Presse, 7 juillet 2026)
C'est difficile de prendre une décision définitive dans ce métier. Mais si je prends ma retraite, je ne ferai pas une grande déclaration dans les journaux. Tout le monde s'en foutrait !
— La Presse, entrevue publiée en 2024 (reprise dans La Presse, 7 juillet 2026)
J'ai vraiment pogné quelque chose ! À partir de ce moment-là, le théâtre est devenu une obsession.
— La Presse, entrevue publiée en 2024 (reprise dans La Voix de l'Est, 7 juillet 2026)
Faire Broue a été une expérience magique. On pouvait faire le métier qu'on aimait devant des salles pleines.
— La Presse, entrevue publiée en 2024 (reprise dans La Presse, 7 juillet 2026)
On n'a jamais rien tenu pour acquis. On doutait toujours un peu. La comédie est quelque chose de fragile. Tu sautes une virgule et c'est moins drôle !
— La Presse, entrevue publiée en 2024 (reprise dans La Presse, 7 juillet 2026)
C'est difficile de prendre une décision définitive dans ce métier. Mais si je prends ma retraite, je ne ferai pas une grande déclaration dans les journaux. Tout le monde s'en foutrait !
— La Presse, entrevue publiée en 2024 (reprise dans La Presse, 7 juillet 2026)