Résumé biographique
Figure du cinéma français et international, Marcel Dalio s’impose comme acteur de composition associé à des films de référence comme La Grande Illusion, La Règle du jeu, Casablanca ou Les Aventures de Rabbi Jacob, avec un parcours marqué par l’exil, Hollywood et un long retour sur les écrans français.
Parcours
Né à Paris le 23 novembre 1899, Marcel Benoît Blauschild se forme brièvement au Conservatoire d’art dramatique après la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il sert dans l’artillerie lourde et reçoit la croix de guerre. Il débute dans les années 1920 dans les cabarets et revues de music-hall, avant d’apparaître au cinéma dès 1931. Il s’impose dans le cinéma français grâce à des rôles marquants dans Pépé le Moko, La Grande Illusion et La Règle du jeu. D’origine juive, il se réfugie aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, où il tourne de nombreux films à Hollywood. De retour en Europe après 1945, il alterne productions françaises et américaines jusqu’aux années 1970, au cinéma, au théâtre et à la télévision.
Repères de carrière
23/11/1899 : Naissance à Paris (5e arrondissement).
Années 1920 : Débuts dans les cabarets, revues et au théâtre à Paris.
1931 : Premiers rôles à l’écran dans des courts métrages comme Les Quatre Jambes.
1937 : Rôles marquants dans Pépé le Moko et La Grande Illusion de Jean Renoir.
1939 : Interprète le marquis de La Chesnaye dans La Règle du jeu de Jean Renoir.
1940 : Exil vers le Portugal puis l’Amérique, avant d’entrer à Hollywood pendant la guerre.
1942 : Apparition dans Casablanca de Michael Curtiz.
1953-1954 : Rôles dans Les hommes préfèrent les blondes et Sabrina à Hollywood.
1960 : Retour marqué au polar français avec Classe tous risques de Claude Sautet.
1962 : Rôle de Malichot dans le film de cape et d’épée Cartouche.
1973 : Incarnation de Rabbi Jacob dans Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury.
1974 : Jean Rochefort lui consacre le court métrage T’es fou Marcel....
1976 : Publication de ses souvenirs Mes années folles.
1977 : Présence au Festival de Cannes avec La Communion solennelle.
18/11/1983 : Décès à Paris après plus de cinquante ans de carrière.
Vie personnelle et engagements
Issu d’une famille juive originaire de Roumanie, Marcel Dalio naît et grandit à Paris, notamment autour du Quartier latin et des rues populaires où ses parents, Isidore Blauschild et Sarah Cerf, exercent des métiers modestes. Engagé durant la Première Guerre mondiale, il est décoré de la croix de guerre. Il se marie une première fois en 1936 avec l’actrice Jany Holt, puis en 1939 avec l’actrice Madeleine Lebeau, rencontrée dans le milieu artistique, avec laquelle il partage l’exil en Amérique pendant la Seconde Guerre mondiale. Après un nouveau divorce, il refait sa vie entre la France et les États-Unis et épouse en 1981 à Los Angeles Madeleine Prime. Son identité juive et l’expérience de la persécution marquent durablement sa trajectoire, nourrissant son rapport au métier et à certains rôles.
Anecdotes
1 – Il adopte le pseudonyme « Dalio » au début de sa carrière, nom de scène popularisé par ses emplois comiques et fixé au cinéma avant la guerre, notamment après le succès de films comme Pépé le Moko et La Grande Illusion.
2 – Pendant l’Occupation, la propagande nazie utilise son visage sur des affiches pour représenter « le Juif typique », alors qu’il a déjà fui la France ; plusieurs membres de sa famille meurent dans les camps de concentration.
3 – En 1940, fuyant l’Europe avec Madeleine Lebeau, il se retrouve bloqué au Mexique à bord du S.S. Quanza, ses visas pour le Chili étant reconnus comme des faux ; il ne peut gagner les États-Unis qu’après l’obtention de documents temporaires canadiens.
4 – Son rôle de Rabbi Jacob dans Les Aventures de Rabbi Jacob en 1973 le replace au premier plan du cinéma populaire français, dans un personnage de rabbin fantasy devenu l’une de ses apparitions les plus reconnaissables.
5 – En 1974, Jean Rochefort lui consacre le court métrage T’es fou Marcel..., et Dalio publie ensuite le livre de souvenirs Mes années folles, qui revient sur ses débuts, l’exil et le travail à Hollywood.
Lieux de mémoire
Marcel Dalio naît à Paris, dans le 5e arrondissement, et passe son enfance dans des quartiers populaires parisiens. Son exil le conduit à Lisbonne, au Mexique, puis en Amérique du Nord avant Hollywood. Il finit sa vie à Paris, avenue du Président-Kennedy, et repose au cimetière parisien de Bagneux, division 106.
Contexte du décès
Marcel Dalio meurt à Paris en novembre 1983, à 84 ans. Il est retrouvé décédé le 19 novembre dans son appartement du 30, avenue du Président-Kennedy, dans le 16e arrondissement, les médecins situant le décès entre le 15 et le 18 novembre. Sa dépouille est inhumée au cimetière parisien de Bagneux, dans la 106e division, où sa tombe constitue aujourd’hui un repère de mémoire pour les amateurs d’histoire du cinéma.
Points clés
• Métier(s) : acteur de cinéma, acteur de théâtre, acteur de télévision
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Jany Holt (mariage 1936–1939), Madeleine Lebeau (mariage 1939–1943), Madeleine Prime (mariage 1981–1983)
• Enfants : non renseignés
• Distinctions : croix de guerre 1914-1918







