Résumé biographique
Figure du cyclisme de longue durée, Robert Marchand s’est imposé comme un recordman centenaire, associé aux records de l’heure sur piste, à Mitry-Mory, à l’Ardèche et à l’histoire du sport de haut niveau après 100 ans.
Parcours
Né le 26 novembre 1911 à Amiens, Robert Marchand grandit pendant la Première Guerre mondiale, placé dans une ferme de Bourbon-l’Archambault avant de rejoindre ses parents à Fontenay-sous-Bois, puis de quitter l’école à 11 ans. Il pratique d’abord la gymnastique, devient champion de France de la pyramide en 1924 et moniteur en 1934, tout en découvrant le cyclisme amateur. Sapeur-pompier de Paris de 1932 à 1936, il part ensuite travailler au Venezuela, puis au Canada, avant de revenir définitivement en France en 1960, où il exerce divers métiers manuels et commerciaux. Il reprend sérieusement le vélo en 1978, enchaîne cyclosportives et épreuves de fond, puis établit, à partir de 2012, plusieurs records de l’heure dans des catégories masters créées pour les plus de 100 puis 105 ans.
Repères de carrière
1924 : Champion de France de la pyramide en gymnastique.
1932–1936 : Sapeur-pompier de Paris.
1947 : Départ au Venezuela (éleveur de volailles, conducteur d’engins, planteur de canne à sucre).
1953–1957 : Retour en France, puis départ comme bûcheron au Canada.
1960 : Installation définitive en France, activités de maraîcher, vendeur de chaussures puis marchand de vin.
1978 : Reprise sérieuse du cyclisme et participation à de nombreuses cyclosportives (Bordeaux-Paris, Paris-Roubaix amateur, L’Ardéchoise).
1992 : Paris–Moscou à vélo.
2011 : Un col en Ardèche est baptisé col du Marchand en son honneur.
17 février 2012 : Record de l’heure des plus de 100 ans à Aigle (24,251 km).
28 septembre 2012 : Record des 100 km catégorie +100 ans à Lyon.
31 janvier 2014 : Nouveau record de l’heure des plus de 100 ans à Saint-Quentin-en-Yvelines (26,927 km).
4 janvier 2017 : Record de l’heure des plus de 105 ans (22,547 km) à Saint-Quentin-en-Yvelines.
Août 2017 : Titre de champion du monde Gran Fondo dans sa catégorie d’âge à Albi.
2018 : Annonce de sa retraite sportive tout en poursuivant le vélo de manière ponctuelle.
22 mai 2021 : Décès à 109 ans à Mitry-Mory.
Vie personnelle et engagements
Issu d’un milieu ouvrier, Robert Marchand vit une enfance marquée par la guerre et le travail agricole précoce. Il épouse Micheline en décembre 1939 ; le mariage s’achève en 1943 avec le décès de son épouse, internée à l’hôpital Sainte-Anne. Le couple n’a pas d’enfants, et Robert Marchand restera veuf par la suite. Engagé très tôt dans le mouvement ouvrier, il adhère à la CGT en 1926, soutient le Front populaire dans les années 1930, puis rejoint le Parti communiste français en 1962, dont il reste membre jusqu’à sa mort. Après ses années passées au Venezuela et au Canada, il s’installe durablement à Mitry-Mory, où il vit longtemps dans un petit appartement avant de rejoindre un Ehpad en 2020, tout en continuant à pratiquer le vélo d’appartement.
Anecdotes
1 – Pendant la Première Guerre mondiale, enfant placé dans une ferme à Bourbon-l’Archambault, il est mis au travail très jeune et quitte définitivement l’école à 11 ans.
2 – Avant le cyclisme, il se distingue en gymnastique : champion de France de la pyramide en 1924 et membre d’une équipe championne de France en 1933, puis moniteur de gymnastique en 1934.
3 – Sa trajectoire professionnelle le conduit à être tour à tour sapeur-pompier de Paris, éleveur de poulets, planteur de canne à sucre au Venezuela, bûcheron au Canada, puis maraîcher, vendeur de chaussures et marchand de vin en France.
4 – À 100 ans, il établit à Aigle le premier record de l’heure officiellement reconnu pour la catégorie des plus de 100 ans (24,251 km), puis porte ce record à 26,927 km à 102 ans à Saint-Quentin-en-Yvelines.
5 – À 105 ans, il inaugure la catégorie des plus de 105 ans avec 22,547 km en une heure sur le vélodrome national, devenant une référence mondiale des performances de très grand âge.
6 – Militant syndical et politique, il refuse la Légion d’honneur mais accepte la médaille de la Jeunesse et des Sports, la médaille d’or de la Fédération française de cyclisme, l’Ordre national du Mérite et une médaille d’honneur de la CGT.
Lieux de mémoire
Né à Amiens, Robert Marchand est associé à Bourbon-l’Archambault et Fontenay-sous-Bois pour son enfance, puis à Mitry-Mory, où il réside durant plusieurs décennies et termine sa vie en Ehpad, le 22 mai 2021. Les routes ardéchoises, le col du Marchand et le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines constituent des lieux de référence de sa mémoire sportive.
Contexte du décès
Robert Marchand meurt dans la nuit du 21 au 22 mai 2021, à 109 ans, dans un Ehpad de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, où il avait été admis en 2020 après plusieurs chutes et un affaiblissement consécutif au premier confinement lié à la pandémie de Covid-19. Il continue alors à utiliser un vélo d’appartement. Son décès suscite de nombreux hommages dans la presse, dans le milieu cycliste, chez les sapeurs-pompiers de Paris et au sein du mouvement syndical. Ses obsèques ont lieu le 28 mai 2021 à Mitry-Mory, en présence de responsables politiques, syndicaux et de nombreux cyclistes de son club, qui accompagnent symboliquement son cercueil à vélo.
Points clés
• Métier(s) : cycliste amateur sur piste et route, sapeur-pompier de Paris, moniteur de gymnastique, éleveur de volailles, planteur de canne à sucre, conducteur d’engins, bûcheron, maraîcher, vendeur de chaussures, marchand de vin
• Résidence principale : Mitry-Mory, France
• Relations : Micheline (épouse, mariage 1939, veuvage 1943)
• Enfants : aucun
• Distinctions : médaille de la Jeunesse et des Sports (2009), médaille d’or de la Fédération française de cyclisme (2012), chevalier de l’Ordre national du Mérite (2015), médaille d’honneur de la CGT (2016)