Christine Deviers-Joncour, née Anne-Marie Christine Deviers le 28 juin 1947 à La Cassagne, en Dordogne, est une femme de lettres et ancienne conseillère en relations publiques française, connue pour son implication dans l'affaire Elf-Dumas, l'un des plus importants scandales politico-financiers de la Ve République.
Fille unique de Marcel Deviers et de Paulette Deviers, tous deux instituteurs et militants socialistes dans le Périgord, Anne-Marie Christine Deviers grandit à La Cassagne, en Dordogne. Elle est scolarisée au lycée La-Boétie de Sarlat-la-Canéda, où elle rencontre Jean-Jacques de Peretti, élève au collège jésuite Saint-Joseph de la même ville. Enceinte à dix-sept ans, elle épouse Jean-Jacques de Peretti en 1965 et quitte la Dordogne pour Paris, où elle adopte définitivement le prénom Christine. De cette union naît un fils, Frédéric. Le couple se sépare en 1970 et divorce en 1972. En 1976, Christine se remarie avec Claude Joncour, directeur général chez Thomson CGR, filiale d'imagerie médicale de Thomson-CSF, dont elle prend le nom. De ce second mariage naît un fils prénommé Philippe. Par l'intermédiaire de Claude Joncour, qui passe ensuite chez Rhône-Poulenc, elle rencontre Alfred Sirven, figure centrale du réseau de l'ombre du groupe Elf Aquitaine.
C'est entre 1986 et 1988, selon les sources, que Christine Deviers-Joncour fait la connaissance de Roland Dumas, alors ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, soit lors d'une campagne électorale à Sarlat, soit par l'intermédiaire de la famille Dayan, proche du président. En 1989, à la demande d'Alfred Sirven et avec l'appui de Roland Dumas, André Tarallo signe son contrat d'embauche chez Elf Aquitaine International, basée à Genève, en qualité de chargée de mission. Elle perçoit plusieurs rémunérations cumulées : un salaire versé par Elf-Impex, un second par Elf Aquitaine International, et des faux frais sur carte bancaire. Sans bureau ni secrétariat dans les locaux de la société, elle joue un rôle d'intermédiaire destiné à faciliter la vente de six frégates militaires à Taïwan, malgré l'embargo diplomatique imposé par Pékin. En 1992, elle s'installe dans un appartement de 320 m² rue de Lille à Paris, acquis pour 17 millions de francs par une société civile immobilière sans qu'elle n'ait déboursé un centime.
Christine Deviers-Joncour est au coeur de l'affaire Dumas, volet de l'affaire Elf instruit à partir de 1994. Embauchée en 1989 par Elf Aquitaine International sans qualification professionnelle ni expérience des affaires, elle bénéficie de rémunérations cumulées et d'un appartement de 320 m² rue de Lille à Paris, financés par le groupe pétrolier public. En 1997, elle est incarcérée provisoirement pendant cinq mois et demi à la prison de Fleury-Mérogis. En première instance, en mai 2001, le tribunal correctionnel de Paris la condamne à trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis, et 1,5 million de francs d'amende pour recel d'abus de biens sociaux. La condamnation de Roland Dumas, prononcée dans la même affaire, est annulée en appel le 29 janvier 2003. Christine Deviers-Joncour, elle, voit sa peine confirmée mais allégée : 30 mois de prison dont 18 mois ferme, et 152 759 euros d'amende. En parallèle, un tribunal arbitral condamne en 1996 Thomson-CSF à lui verser 25 millions de dollars et 12 millions de francs dans le cadre de l'affaire des frégates de Taïwan, jugement annulé par le Tribunal fédéral suisse en 2009. Loïk Le Floch-Prigent, PDG d'Elf, et Alfred Sirven sont également condamnés dans ce dossier. En 2008, l'administration fiscale française lui réclame encore 11 millions d'euros.
1947 : naissance le 28 juin à La Cassagne, en Dordogne, sous le nom Anne-Marie Christine Deviers
1965 : mariage avec Jean-Jacques de Peretti ; naissance de son fils Frédéric ; installation à Paris
1972 : divorce de Jean-Jacques de Peretti
1976 : mariage avec Claude Joncour ; naissance de son fils Philippe
1986-1988 : rencontre avec Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères
1989 : embauche chez Elf Aquitaine International, à la demande d'Alfred Sirven et d'André Tarallo
1992 : installation dans un appartement de 320 m² rue de Lille à Paris, financé par Elf
1993 : fin de son contrat chez Elf Aquitaine International
1997 : incarcération provisoire de cinq mois et demi à la prison de Fleury-Mérogis
1998 : publication de La Putain de la République aux éditions Calmann-Lévy
2001 : condamnation en première instance à trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis
2003 : condamnation confirmée en appel à 30 mois dont 18 mois ferme et 152 759 euros d'amende
2006 : mariage avec Alf Emil Eik, musicien et compositeur norvégien
2012 : publication de Ces messieurs d'en-haut, aux éditions Jean-Claude Gawsewitch
Christine Deviers-Joncour est la fille unique de Marcel Deviers, instituteur et peintre paysan du Périgord, et de Paulette Deviers, institutrice. Elle grandit dans un foyer socialiste de la Dordogne et fréquente le lycée La-Boétie de Sarlat-la-Canéda. Son premier mariage avec Jean-Jacques de Peretti donne naissance à son fils Frédéric. Son second mariage en 1976 avec Claude Joncour lui donne un second fils, Philippe. En 2006, elle épouse en troisièmes noces Alf Emil Eik, musicien, compositeur et producteur norvégien, avec lequel elle réside une partie du temps en Norvège avant de s'établir dans le Périgord noir.
Après la fin de l'affaire judiciaire, Christine Deviers-Joncour se reconvertit dans l'écriture et publie une dizaine d'ouvrages, entre témoignages politiques, romans et récits intimes. Elle vit dans un village du Périgord noir, où son bureau fut un lieu de repos régulier de Roland Dumas. Elle s'adonne également à l'illustration et à la composition musicale. Ses fils Frédéric et Philippe ont subi des saisies fiscales portant sur leurs comptes bancaires, liées à des donations reçues de leur mère. En 2008, le fisc lui réclame encore 11 millions d'euros. Elle reste active publiquement via les réseaux sociaux et des entretiens accordés à diverses publications indépendantes.
1 - Née Anne-Marie, Christine Deviers-Joncour cesse d'utiliser ce prénom dès son installation à Paris en 1965. Ce changement d'usage, documenté dans plusieurs sources biographiques, accompagne sa rupture symbolique avec le milieu rural périgordin de son enfance.
2 - Durant son incarcération provisoire de cinq mois et demi à la prison de Fleury-Mérogis en 1997, Christine Deviers-Joncour travaille à la bibliothèque pénitentiaire et y obtient un diplôme de bibliothécaire, selon ses propres déclarations dans des interviews ultérieures.
3 - Le titre de son premier ouvrage, La Putain de la République, publié en 1998, reprend mot pour mot le qualificatif qu'un magistrat lui avait attribué. Elle le revendique dans son texte introductif comme une réponse directe au tribunal médiatique.
4 - En 2003, Christine Deviers-Joncour publie un maxi-single sous le pseudonyme Christine DJ, comprenant quatre titres originaux et un remix. Cette incursion dans la chanson fait suite à plusieurs années de procédures judiciaires et de saisies fiscales.
5 - Son père, Marcel Deviers, était instituteur et peintre paysan du Périgord. Selon une notice biographique publiée sur Babelio, il illustra les oeuvres d'Eugène Le Roy, romancier régionaliste périgordin. Christine Deviers-Joncour a grandi dans cet environnement culturel marqué par l'identité locale.
- Métier(s) : ancienne conseillère en relations publiques, femme de lettres
- Résidence principale : Périgord noir (Dordogne)
- Relations de couple : Jean-Jacques de Peretti (1965-1972), Claude Joncour (1976-?), Roland Dumas (relation de 1986-1988 à 2001), Alf Emil Eik (depuis 2006)
- Enfants : Frédéric (né de Jean-Jacques de Peretti), Philippe (né de Claude Joncour)
- Distinctions : aucune distinction officielle documentée
« J'entendais leurs délires, loin d'imaginer qu'ils iraient jusqu'au bout de leur folie. Je les ai vus, à l'époque, se goberger, s'empiffrer sur le dos de la bête. »
— Interview relayée par Les tuyaux de Roze, novembre 2023
« Il était question, à l'automne 1997, de faire tomber "la putain de la République". Puisque c'est au tribunal des médias qu'a été clouée au pilori la caricature d'une femme dans laquelle je ne me reconnais pas, c'est au tribunal de l'opinion que je m'adresse pour la première fois avec mes propres mots. »
— La Putain de la République, Calmann-Lévy, 1998 (incipit)