Cornelius Vanderbilt, magnat américain des transports né en 1794 à Staten Island et mort à New York en 1877, a bâti une fortune colossale dans la navigation à vapeur puis les chemins de fer, devenant à sa mort l'homme le plus riche des États-Unis avec plus de 100 millions de dollars.
Cornelius Vanderbilt quitte l'école à l'âge de onze ans pour travailler sur le bac familial entre Staten Island et Manhattan. À seize ans, il lance sa propre activité de transport fluvial avec un periauger baptisé Swiftsure, transportant marchandises et passagers dans le port de New York. Pendant la guerre de 1812, il décroche un contrat gouvernemental pour ravitailler les avant-postes militaires de la région. En 1817, l'entrepreneur Thomas Gibbons l'embauche pour piloter son bateau à vapeur entre le New Jersey et New York, lui apprenant la gestion d'une grande entreprise et le menant à participer à l'affaire judiciaire Gibbons v. Ogden, plaidée en 1824 devant la Cour suprême par Daniel Webster, qui brise le monopole de la vapeur sur les eaux de New York. Cette décision fonde sa stratégie commerciale future.
À partir de 1829, Vanderbilt développe ses propres lignes de bateaux à vapeur sur la côte est, prenant en 1838 le contrôle du Staten Island Ferry. Pendant la ruée vers l'or californienne de 1849, il bascule vers la navigation océanique et crée l'Accessory Transit Company traversant le Nicaragua, où il s'oppose à l'aventurier William Walker et au financier Charles Morgan. Dans les années 1860, il vire vers le rail et prend successivement le contrôle du New York and Harlem Railroad en 1863, du Hudson River Railroad en 1864 et du New York Central Railroad en 1867. En 1870, il fusionne plusieurs lignes pour fonder le New York Central and Hudson River Railroad, l'une des premières très grandes corporations américaines. Il fait construire le Grand Central Depot, achevé en 1871 à Manhattan.
En 1868, Cornelius Vanderbilt s'engage dans l'Erie War, tentant un corner sur l'action de l'Erie Railway dont son ancien associé Daniel Drew est devenu trésorier. Jay Gould et James Fisk Jr., siégeant au conseil d'administration de l'Erie, ripostent en émettant des actions diluées en violation de la loi de l'État de New York, puis Gould corrompt la législature pour faire légaliser ces nouvelles actions. Vanderbilt récupère une partie de ses pertes par voie judiciaire mais l'épisode reste l'une des affaires de manipulation boursière les plus documentées du XIXe siècle américain. Son testament fait également l'objet d'une procédure contestataire engagée par son fils Cornelius Jeremiah et trois de ses filles, qui invoquent l'influence d'un spirite sur leur père.
1794 : naissance le 27 mai à Staten Island, New York
1810 : achat de son premier periauger pour transporter passagers et marchandises
1813 : mariage avec sa cousine germaine Sophia Johnson le 19 décembre
1817 : entre au service de Thomas Gibbons comme capitaine de bateau à vapeur
1824 : arrêt Gibbons v. Ogden de la Cour suprême brisant le monopole de la vapeur
1833 : survit le 8 novembre à l'accident ferroviaire de Hightstown
1849 : lance sa ligne de paquebots vers la Californie via le Nicaragua
1863 : prend le contrôle du New York and Harlem Railroad
1867 : prend le contrôle du New York Central Railroad
1869 : remariage le 21 août à London (Ontario) avec Frank Armstrong Crawford
1870 : fondation du New York Central and Hudson River Railroad
1871 : achèvement du Grand Central Depot à Manhattan
1873 : don d'un million de dollars pour fonder Vanderbilt University à Nashville
1877 : décès le 4 janvier à Manhattan
Cornelius Vanderbilt naît dans une famille de fermiers néerlandais installés à Staten Island depuis le XVIIe siècle. Son père, également prénommé Cornelius van Derbilt, exploite un bac dans le port de New York ; sa mère Phebe Hand lui transmet le goût du travail et de l'épargne. À dix-neuf ans, le 19 décembre 1813, il épouse sa cousine germaine Sophia Johnson, avec qui il aura treize enfants dont onze atteindront l'âge adulte, parmi lesquels William Henry Vanderbilt (1821), Cornelius Jeremiah Vanderbilt (1830) et George Washington Vanderbilt II, mort jeune pendant la guerre de Sécession. Après le décès de Sophia en 1868, il épouse en 1869 Frank Armstrong Crawford, une cousine originaire de Mobile en Alabama.
Resté toute sa vie membre de l'Église morave, Vanderbilt finance la construction d'une paroisse morave sur Staten Island et donne huit acres et demi de terrain pour le Moravian Cemetery. Sous l'influence de sa seconde épouse, il verse en 1873 un million de dollars à l'évêque méthodiste Holland Nimmons McTyeire pour fonder Vanderbilt University à Nashville, alors le plus grand don philanthropique de l'histoire américaine. Il entretient également une relation tardive avec la spirite Tennessee Celeste Claflin, qui le conseille dans ses affaires. Son biographe T. J. Stiles souligne son rôle structurant dans l'économie corporative moderne.
Cornelius Vanderbilt meurt le 4 janvier 1877 à son domicile new-yorkais du 10 Washington Place, à Manhattan, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. Selon la nécrologie du New York Times publiée le 5 janvier 1877, il est resté confiné dans ses appartements pendant environ huit mois avant son décès, la cause immédiate étant l'épuisement consécutif à une accumulation de troubles chroniques. Au moment de sa mort, sa fortune est estimée à 105 millions de dollars, ce qui en fait l'Américain le plus riche de son époque. Son testament lègue 95 % de l'héritage à son fils aîné William Henry Vanderbilt et à quatre petits-fils, déclenchant une bataille judiciaire d'un an avec ses autres enfants. Il est inhumé dans le caveau familial du Moravian Cemetery de New Dorp, sur Staten Island.
Cornelius Vanderbilt repose au Vanderbilt Family Cemetery and Mausoleum, dans le Moravian Cemetery de New Dorp à Staten Island. Une statue en bronze de plus de deux mètres soixante, sculptée par Ernst Plassmann, se dresse depuis 1929 sur la façade sud du Grand Central Terminal à Manhattan. Une seconde statue, due à Giuseppe Moretti et installée en 1897, orne le campus de Vanderbilt University à Nashville, près de Kirkland Hall.
1 - Le surnom de Commodore lui vient des autres capitaines du port de New York qui l'employaient par dérision dans les années 1810. Ce sobriquet, alors associé au grade le plus élevé de la marine américaine, finit par lui rester durant toute sa vie publique.
2 - Le 8 novembre 1833, Cornelius Vanderbilt manque de périr dans l'accident ferroviaire de Hightstown, sur la Camden and Amboy Railroad du New Jersey. L'ancien président John Quincy Adams se trouve à bord du même train et en sort indemne.
3 - Durant la guerre de Sécession, Vanderbilt offre à la Marine fédérale son plus grand vapeur, baptisé le Vanderbilt, construit pour environ un million de dollars. Le navire est utilisé pour traquer le croiseur confédéré Alabama du capitaine Raphael Semmes.
4 - Pour ce don, il reçoit en 1864 la Congressional Gold Medal votée par le Congrès des États-Unis, distinction civile rare attribuée par une loi spécifique.
5 - Au début 1853, il emmène sa famille en grand tour d'Europe à bord de son yacht à vapeur personnel, le North Star, construit pour cette croisière.
6 - Vanderbilt fut un descendant de Jan Aertson, fermier néerlandais originaire du village de De Bilt, près d'Utrecht, arrivé en Nouvelle-Amsterdam comme engagé en 1650.
- Métier(s) : armateur, magnat des chemins de fer, homme d'affaires
- Résidence principale : New York (Manhattan, 10 Washington Place)
- Relations de couple : Sophia Johnson (1813-1868), Frank Armstrong Crawford (1869-1877)
- Enfants : 13 enfants, dont William Henry Vanderbilt et Cornelius Jeremiah Vanderbilt
- Distinctions : Congressional Gold Medal (1864), intronisation au North America Railway Hall of Fame (1999)
« J'ai été obsédé par l'idée de gagner de l'argent toute ma vie. »
— Cité dans Stiles, The First Tycoon, 2009 (traduit de l'anglais)
« Je n'ai jamais eu le temps de cultiver plus d'une seule ambition. »
— Cité par T. J. Stiles, The First Tycoon: The Epic Life of Cornelius Vanderbilt, Knopf, 2009 (traduit de l'anglais)
« Si j'avais reçu une éducation, je n'aurais pas eu le temps d'apprendre autre chose. »
— Propos rapporté par ses contemporains, cité dans Edward J. Renehan Jr., Commodore: The Life of Cornelius Vanderbilt, Basic Books, 2007 (traduit de l'anglais)
« Vous avez entrepris de me tromper. Je ne vous poursuivrai pas en justice, car la loi est trop lente. Je vous ruinerai. »
— Lettre attribuée à Cornelius Vanderbilt adressée à ses anciens associés Charles Morgan et Cornelius K. Garrison, 1853, citée par T. J. Stiles, The First Tycoon, 2009 (traduit de l'anglais)
« J'ai été obsédé par l'idée de gagner de l'argent toute ma vie. »
— Cité dans Stiles, The First Tycoon, 2009 (traduit de l'anglais)
« Je n'ai jamais eu le temps de cultiver plus d'une seule ambition. »
— Cité par T. J. Stiles, The First Tycoon: The Epic Life of Cornelius Vanderbilt, Knopf, 2009 (traduit de l'anglais)
« Si j'avais reçu une éducation, je n'aurais pas eu le temps d'apprendre autre chose. »
— Propos rapporté par ses contemporains, cité dans Edward J. Renehan Jr., Commodore: The Life of Cornelius Vanderbilt, Basic Books, 2007 (traduit de l'anglais)
« Vous avez entrepris de me tromper. Je ne vous poursuivrai pas en justice, car la loi est trop lente. Je vous ruinerai. »
— Lettre attribuée à Cornelius Vanderbilt adressée à ses anciens associés Charles Morgan et Cornelius K. Garrison, 1853, citée par T. J. Stiles, The First Tycoon, 2009 (traduit de l'anglais)