Naissance
Bourg-la-Reine (92), France
Décès
duel
Nationalité
Astrologie

Biographie

Évariste Galois, mathématicien français né le 25 octobre 1811 à Bourg-la-Reine, est mort à vingt ans des suites d'un duel. Républicain engagé, il a fondé la théorie des groupes et posé les bases de la théorie de Galois, dont l'influence sur l'algèbre abstraite reste déterminante.


Parcours

Nicolas-Gabriel Galois, père d'Évariste et directeur d'une pension de jeunes gens rattachée à l'Université impériale, est élu maire de Bourg-la-Reine lors des Cent-Jours. Adélaïde-Marie Demante, sa mère, fille d'un président du tribunal de Louviers, assure seule l'instruction d'Évariste jusqu'à ses douze ans, lui enseignant le français, le latin et le grec. Entré comme interne au Collège royal Louis-le-Grand en 1823, Galois s'y révèle d'abord un bon élève en humanités classiques, primé en latin et en grec au concours général. Sa découverte des mathématiques lors de la réforme scolaire de 1826 modifie profondément son orientation : il dévore les Éléments de géométrie d'Adrien-Marie Legendre et les oeuvres de Joseph-Louis Lagrange. Son professeur de mathématiques spéciales, Louis Richard, reconnaît sa supériorité sur ses condisciples et conserve douze de ses copies. En 1829, à dix-sept ans, Galois publie son premier article dans les Annales de mathématiques pures et appliquées de Joseph Diez Gergonne, consacré aux fractions continues périodiques.

Après deux échecs au concours d'entrée à l'École polytechnique (1828 et 1829), Galois intègre l'École préparatoire, rebaptisée École normale après la révolution de juillet 1830, où il se lie avec Auguste Chevalier. Il soumet plusieurs mémoires à l'Académie des sciences : en 1829 à Augustin-Louis Cauchy, en 1830 à Joseph Fourier pour le grand prix, tous deux perdus ; une troisième version est rejetée par Siméon Denis Poisson et Sylvestre-François Lacroix en juillet 1831 pour manque de clarté. Ces travaux fondent la théorie des groupes et les corps de Galois, devenus essentiels en cryptographie. Expulsé de l'École normale en janvier 1831 après avoir publié une lettre critique contre le directeur Joseph-Daniel Guigniaut, Galois s'investit dans l'action républicaine. Condamné à six mois de prison à Sainte-Pélagie en octobre 1831, il y côtoie François-Vincent Raspail et Gérard de Nerval. Ses manuscrits, recueillis après sa mort par Auguste Chevalier et Alfred Galois, sont confiés à Joseph Liouville, qui les publie en 1846 dans le Journal de mathématiques pures et appliquées.


Controverse

Évariste Galois est traduit en justice à deux reprises pour faits politiques. En mai 1831, il est arrêté pour incitation au régicide après avoir porté, au banquet des Vendanges de Bourgogne, un toast menaçant à Louis-Philippe en brandissant un poignard. Son avocat plaide le caractère privé de la réunion ; Galois est acquitté par le jury. En juillet 1831, il est de nouveau arrêté sur le pont Neuf, en compagnie d'Ernest Duchâtelet, tous deux en costume d'artilleur de la Garde nationale et porteurs d'armes. Jugé en correctionnelle le 23 octobre 1831, Galois est condamné à six mois d'emprisonnement pour port illégal de l'uniforme militaire, peine confirmée en appel le 3 décembre. Il est incarcéré à Sainte-Pélagie, puis transféré en mars 1832 à la clinique Faultrier en raison de l'épidémie de choléra, sur décision du préfet de police Henri Gisquet.


Repères chronologiques

1811 : naissance le 25 octobre à Bourg-la-Reine, deuxième enfant de Nicolas-Gabriel Galois et d'Adélaïde-Marie Demante
1823 : entrée comme interne au Collège royal Louis-le-Grand
1826 : découverte des mathématiques après la réforme scolaire ; premier prix au concours général de mathématiques
1829 : publication du premier article dans les Annales de Gergonne (mai) ; suicide de Nicolas-Gabriel Galois (2 juillet) ; admission à l'École préparatoire (octobre)
1830 : publication de trois articles dans le Bulletin de Férussac, dont l'article fondateur de la théorie des corps finis
1830 : Trois Glorieuses ; Galois consigné dans son école par le directeur Guigniaut ; expulsion de l'École normale (décembre)
1831 : arrestation lors du banquet des Vendanges de Bourgogne (9 mai) ; acquittement par le jury
1831 : seconde arrestation sur le pont Neuf (14 juillet) ; condamnation à six mois de prison (23 octobre) ; incarcération à Sainte-Pélagie
1832 : transfert à la clinique Faultrier puis libération fin avril
1832 : duel le 30 mai près de l'étang de la Glacière ; mort le 31 mai à l'Hôpital Cochin d'une péritonite
1832 : funérailles le 2 juin au cimetière du Montparnasse, en présence de deux à trois mille personnes
1843 : Joseph Liouville présente à l'Académie des sciences les résultats de Galois sur les équations algébriques
1846 : publication des manuscrits dans le Journal de mathématiques pures et appliquées de Liouville
1895 : Sophus Lie publie son étude sur l'influence de Galois lors du centenaire de l'École normale supérieure


Vie personnelle et engagements

Évariste Galois est le fils de Nicolas-Gabriel Galois (1775-1829), directeur d'un pensionnat et maire de Bourg-la-Reine, et d'Adélaïde-Marie Demante (1788-1872), fille d'un président du tribunal de Louviers. Il a une soeur aînée, Nathalie Théodore (née en 1808), et un frère cadet, Alfred Galois (né en 1814), présent à son chevet lors de sa mort. Son père, victime d'une campagne de diffamation orchestrée par un curé de paroisse et un adjoint municipal, se suicide le 2 juillet 1829 dans son appartement parisien de la rue Jean-de-Beauvais. Galois ne se marie pas. En 1832, il s'éprend de Stéphanie-Félicie Poterin du Motel, rencontrée à la clinique Faultrier, sentiment apparemment non partagé.

Républicain convaincu à partir de 1830, Galois fréquente la Société des amis du peuple et côtoie des figures comme Ulysse Trélat et Godefroi Cavaignac. Son amitié avec Auguste Chevalier, condisciple à l'École préparatoire, est la plus documentée : Chevalier publie sa nécrologie dans la Revue encyclopédique en septembre 1832 et transmet ses manuscrits à Joseph Liouville. La mathématicienne Sophie Germain mentionne Galois dans une lettre d'avril 1831, notant sa situation difficile après son expulsion. Alexandre Dumas, présent au banquet des Vendanges de Bourgogne en mai 1831, évoque l'incident dans ses Mémoires.


Contexte du décès

Évariste Galois meurt le 31 mai 1832 à l'Hôpital Cochin de Paris d'une péritonite consécutive à une blessure par balle à l'abdomen, reçue lors d'un duel le 30 mai près de l'étang de la Glacière. Un paysan le découvre blessé et le conduit à l'hôpital ; il décède dans les bras de son frère Alfred Galois, ayant refusé l'assistance d'un prêtre. L'identité de son adversaire reste incertaine : les noms de Pescheux d'Herbinville et d'Ernest Duchâtelet sont avancés par les historiens. Auguste Chevalier publie sa nécrologie dans la Revue encyclopédique en septembre 1832. Joseph Liouville reconnaît en 1843 l'importance des travaux de Galois sur les équations algébriques et les publie en 1846 dans le Journal de mathématiques pures et appliquées.


Lieux de mémoire

Évariste Galois a été inhumé le 2 juin 1832 dans la fosse commune du cimetière du Montparnasse à Paris. L'emplacement exact de sa sépulture est inconnu. Un mémorial est élevé en son honneur au cimetière de Bourg-la-Reine. Plus d'une quinzaine de voies publiques et d'établissements d'enseignement en France portent son nom, ainsi qu'un cratère de la Lune.


Anecdotes

1 - Son professeur de mathématiques spéciales, Louis Richard, conserve douze de ses copies et les remet plus tard à Charles Hermite. Ces documents sont aujourd'hui conservés à la Bibliothèque de l'Institut de France avec l'ensemble des manuscrits de Galois.
2 - En janvier 1831, après son expulsion de l'École normale, Galois ouvre un cours public d'algèbre supérieure à la librairie d'Antoine Caillot, au 5 rue de Sorbonne. Selon la Gazette des Écoles, environ trente auditeurs assistent à la première séance.
3 - Lors du banquet républicain du 9 mai 1831, Galois brandit un poignard en portant un toast menaçant à Louis-Philippe. Alexandre Dumas, présent dans la salle, quitte les lieux selon ses Mémoires. Galois attribuera ce geste aux « fumées du vin » dans une lettre à Chevalier.
4 - Dans sa lettre-testament du 29 mai 1832, Galois inscrit en marge d'un théorème la mention « Je n'ai pas le tems ». Cette formulation, conservée à l'Institut de France, a été interprétée à tort par certains biographes comme rédigée la nuit du duel.
5 - À la prison Sainte-Pélagie, François-Vincent Raspail consigne dans sa correspondance que Galois s'enivre à deux reprises pour répondre aux défis de ses compagnons de cellule. Une tentative de le placer au cachot provoque selon Raspail une mutinerie générale des prisonniers républicains.


Points clés

- Métier(s) : Mathématicien
- Résidence principale : Bourg-la-Reine (enfance), Paris (dernières années)
- Relations de couple : Stéphanie-Félicie Poterin du Motel (1832, sentiment non partagé)
- Enfants : aucun
- Distinctions : aucune décernée de son vivant


Postérité

47 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

Voir le top des scientifiques avec le plus de voies en France

Autres mathématiciens

Citations

Je meurs victime d'une infâme coquette.

— Lettre à tous les républicains, 29 mai 1832, citée dans Paul Dupuy, La vie d'Évariste Galois, Annales scientifiques de l'ENS, 1896

J'ai été provoqué par deux patriotes... il m'a été impossible de refuser.

— Lettre à Napoléon Lebon et à Vincent Delaunay, 29 mai 1832, citée dans Paul Dupuy, La vie d'Évariste Galois, Annales scientifiques de l'ENS, 1896

il y aura, j'espère, des gens qui trouveront leur profit à déchiffrer tout ce gâchis.

— Lettre-testament à Auguste Chevalier, 29 mai 1832, publiée dans Revue encyclopédique, septembre 1832

Gardez mon souvenir puisque le sort ne m'a pas donné assez de vie pour que la patrie sache mon nom.

— Lettre-testament à Auguste Chevalier, 29 mai 1832, citée dans Paul Dupuy, La vie d'Évariste Galois, Annales scientifiques de l'ENS, 1896

Tu prieras publiquement Jacobi ou Gauss de donner leur avis, non sur la vérité, mais sur l'importance des théorèmes.

— Lettre-testament à Auguste Chevalier, 29 mai 1832, publiée dans Revue encyclopédique, septembre 1832

Questions autour de Évariste Galois

Comment est mort Évariste Galois ?
Évariste Galois est décédé le 31 mai 1832 à Paris d'une péritonite, après avoir reçu une balle à l'abdomen lors d'un duel le 30 mai près de l'étang de la Glacière. Il avait vingt ans. Il mourut à l'Hôpital Cochin dans les bras de son frère Alfred.
Qu'a inventé Évariste Galois ?
Évariste Galois a fondé la théorie des groupes et posé les bases de la théorie de Galois, qui permet de déterminer si une équation algébrique est résoluble par radicaux. Ses travaux ont aussi initié l'étude des corps de Galois, devenus essentiels à la cryptographie moderne.
Quel était le parcours scolaire d'Évariste Galois ?
Évariste Galois a étudié au Collège royal Louis-le-Grand à Paris à partir de 1823, avant d'intégrer l'École préparatoire (future École normale) en 1829. Il a échoué à deux reprises au concours d'entrée de l'École polytechnique, en 1828 puis en 1829.
Pourquoi Évariste Galois s'est-il battu en duel ?
Les circonstances précises du duel d'Évariste Galois restent obscures. Dans ses dernières lettres, il évoque une dispute liée à une femme, Stéphanie-Félicie Poterin du Motel. Son frère Alfred a pour sa part avancé l'hypothèse d'un complot politique.
Qui est né le même jour que Évariste Galois ?
Katy Perry, Benjamin Constant, Lara Croft, Elena Lenina et Job sont nés le 25 octobre comme Évariste Galois.
À quel âge est mort Évariste Galois ?
Évariste Galois est mort à 20 ans, le 31 mai 1832.
Qui est mort le même jour que Évariste Galois ?
Arlene Golonka, Joseph Haydn, Jacques Monod, Étienne Roda-Gil et Romain Bouteille sont morts le 31 mai comme Évariste Galois.
Quels scientifiques français sont du signe Scorpion comme Évariste Galois ?
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